לוֹמַר, שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁמְּקַיְּימִין אוֹתָן אֵין מְקַבְּלִין עֲלֵיהֶם שָׂכָר.
Cela sert à dire que même s’ils accomplissent les sept mitzvot noahides, ils ne reçoivent pas de récompense pour leur accomplissement.
וְלָא? וְהָתַנְיָא: הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ גּוֹי וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה שֶׁהוּא כְּכֹהֵן גָּדוֹל? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה אֹתָם הָאָדָם וָחַי בָּהֶם״, כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״הָאָדָם״, הָא לָמַדְתָּ שֶׁאֲפִילּוּ גּוֹי וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה הֲרֵי הוּא כְּכֹהֵן גָּדוֹל.
La Guemara demande : Et ne sont-ils pas récompensés pour l’accomplissement de ces mitsvot ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Meir disait : D’où est-il déduit que même un non-Juif qui s’adonne à l’étude de la Torah est considéré comme un Grand Prêtre ? Le verset déclare : « Vous garderez donc Mes lois et Mes ordonnances, que si une personne les accomplit, elle vivra par elles » (Lévitique 18:5). Il n’est pas dit : Prêtres, Lévites et Israélites, mais plutôt le terme général “personne”. De là tu apprends que même un non-Juif qui s’adonne à l’étude de la Torah est comme un Grand Prêtre. Cela démontre que les non-Juifs sont récompensés pour l’accomplissement des mitsvot, malgré le fait qu’il ne leur a pas été ordonné de le faire.
אֶלָּא לוֹמַר לָךְ, שֶׁאֵין מְקַבְּלִין עֲלֵיהֶם שָׂכָר כִּמְצוֶּּוה וְעוֹשֶׂה, אֶלָּא כְּמִי שֶׁאֵינוֹ מְצוֶּּוה וְעוֹשֶׂה, דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: גָּדוֹל הַמְצוֶּּוה וְעוֹשֶׂה יוֹתֵר מִשֶּׁאֵינוֹ מְצוֶּּוה וְעוֹשֶׂה.
Au contraire, le verset vient te dire qu’ils ne reçoivent pas une récompense aussi grande pour leur accomplissement que celui qui est commandé et accomplit une mitsva. Au contraire, ils reçoivent une récompense moindre, comme celle de celui qui n’est pas commandé et pourtant accomplit une mitsva. Comme le dit Rabbi Ḥanina : Plus grand est celui qui est commandé d’accomplir une mitsva et l’accomplit que celui qui n’est pas commandé et l’accomplit.
אֶלָּא כָּךְ אוֹמְרִים הַגּוֹיִם לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, יִשְׂרָאֵל שֶׁקִּיבְּלוּהָ הֵיכָן קִיְּימוּהָ?
La Guemara revient à la discussion entre Dieu et les nations du monde, dont les revendications sont rejetées par la réfutation selon laquelle elles n’ont pas reçu la Torah parce qu’elles n’ont pas accompli les sept mitsvot noahides qui leur incombaient. Au contraire, voici ce que les gentils disent devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, quant au peuple juif qui a accepté la Torah, où est la preuve qu’ils ont accompli ses mitsvot ?
אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲנִי מֵעִיד בָּהֶם שֶׁקִּיְּימוּ אֶת הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ. אוֹמְרִים לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, כְּלוּם יֵשׁ אָב שֶׁמֵּעִיד עַל בְּנוֹ? דִּכְתִיב: ״בְּנִי בְּכוֹרִי יִשְׂרָאֵל״. אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: שָׁמַיִם וָאָרֶץ יָעִידוּ בָּהֶם שֶׁקִּיְּימוּ אֶת הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ.
Le Saint, béni soit-Il, leur dit en réponse : Moi, je témoignerai au sujet du peuple juif qu’ils ont accompli la Torah dans son intégralité. Les nations disent devant Lui : Maître de l’Univers, existe-t-il un père qui puisse témoigner au sujet de son fils ? Comme il est écrit : « Israël est Mon fils, Mon premier-né » (Exode 4:22). Puisque Dieu est considéré comme le Père du peuple juif, Il est disqualifié pour témoigner en leur faveur. Le Saint, béni soit-Il, leur dit : Le ciel et la terre témoigneront à leur sujet qu’ils ont accompli la Torah dans son intégralité.
אוֹמְרִים לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, שָׁמַיִם וָאָרֶץ נוֹגְעִין בְּעֵדוּתָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי״, (דְּאָמַר) [וְאָמַר] רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַאי דִּכְתִיב: ״וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם הַשִּׁשִּׁי״? מְלַמֵּד שֶׁהִתְנָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עִם מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית, וְאָמַר: אִם יִשְׂרָאֵל מְקַבְּלִין אֶת תּוֹרָתִי מוּטָב, וְאִם לָאו — אֲנִי אַחֲזִיר אֶתְכֶם לְתוֹהוּ וָבוֹהוּ.
Les nations disent devant Lui : Maître de l’Univers, dans cette affaire, le témoignage du ciel et de la terre est entaché par un conflit d’intérêts, comme il est dit : « Si Mon alliance n’était pas avec le jour et la nuit, Je n’aurais pas établi les lois du ciel et de la terre » (Jérémie 33:25). Et au sujet de ce verset, Rabbi Shimon ben Lakish dit : Que signifie ce qui est écrit : « Et il y eut un soir et il y eut un matin, le sixième jour » (Genèse 1:31) ? Cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, a établi une condition avec les actes de la Création, et a dit : Si le peuple juif accepte Ma Torah lors de la révélation au Sinaï, tout ira bien, mais si ils ne l’acceptent pas, Je vous ramènerai au état primordial de chaos et de désordre.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר חִזְקִיָּה, מַאי דִּכְתִיב: ״מִשָּׁמַיִם הִשְׁמַעְתָּ דִּין אֶרֶץ יָרְאָה וְשָׁקָטָה״? אִם יָרְאָה לָמָּה שָׁקְטָה, וְאִם שָׁקְטָה לָמָּה יָרְאָה? אֶלָּא בַּתְּחִלָּה יָרְאָה, וּלְבַסּוֹף שָׁקְטָה.
Et cela est semblable à ce que dit Ḥizkiyya au sujet d’une autre question : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Des cieux Tu fis entendre le jugement ; la terre craignit et se tut » (Psaumes 76:9) ? Si la terre a craint, pourquoi s’est-elle tue, et si elle s’est tue, pourquoi a-t-elle craint ? Celui qui a peur ne reste pas silencieux, et celui qui reste silencieux montre par là qu’il n’a pas peur. Au contraire, tel est le sens du verset : Au début, lorsque Dieu est venu donner la Torah au peuple juif, la terre a craint qu’ils ne l’acceptent pas, et qu’elle soit détruite. C’est à cela que fait allusion l’expression « Des cieux Tu fis entendre le jugement ». Mais finalement, lorsque les Juifs ont accepté la Torah, la terre se tut. Par conséquent, le ciel et la terre sont des parties intéressées et ne peuvent pas témoigner de l’engagement du peuple juif envers la Torah.
אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מִכֶּם יָבֹאוּ וְיָעִידוּ בָּהֶן בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁקִּיְּימוּ אֶת הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, יָבֹא נִמְרוֹד וְיָעִיד בְּאַבְרָהָם שֶׁלֹּא עָבַד עֲבוֹדָה זָרָה, יָבֹא לָבָן וְיָעִיד בְּיַעֲקֹב שֶׁלֹּא נֶחְשַׁד עַל הַגָּזֵל, תָּבֹא אֵשֶׁת פּוֹטִיפֶרַע וְתָעִיד בְּיוֹסֵף שֶׁלֹּא נֶחְשַׁד עַל הָעֲבֵירָה.
Au contraire, le Saint, béni soit-Il, dit aux nations : Que viennent les témoins du milieu de vous et témoignent que le peuple juif a accompli la Torah dans son intégralité. Que Nimrod vienne témoigner au sujet d’Abraham qu’il ne s’est pas livré à l’idolâtrie. Que Laban vienne témoigner au sujet de Jacob qu’il n’est pas suspect de vol (voir Genèse 31:36–42). Que la femme de Potiphar vienne témoigner au sujet de Joseph qu’il n’est pas suspect en ce qui concerne le péché d’adultère (voir Genèse 39:7–12).
יָבֹא נְבוּכַדְנֶצַּר וְיָעִיד בַּחֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה שֶׁלֹּא הִשְׁתַּחֲווּ לַצֶּלֶם, יָבֹא דָּרְיָוֶשׁ וְיָעִיד בְּדָנִיֵּאל שֶׁלֹּא בִּיטֵּל אֶת הַתְּפִלָּה, יָבֹא בִּלְדַּד הַשּׁוּחִי וְצוֹפַר הַנַּעֲמָתִי וֶאֱלִיפַז הַתֵּימָנִי וֶאֱלִיהוּ בֶּן בַּרַכְאֵל הַבּוּזִי וְיָעִידוּ בָּהֶם בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁקִּיְּימוּ אֶת כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִתְּנוּ עֵדֵיהֶם וְיִצְדָּקוּ״.
Que Nabuchodonosor vienne témoigner au sujet de Hanania, Mishaël et Azaria, qu’ils ne se sont pas prosternés devant une image taillée. Que Darius vienne témoigner au sujet de Daniel, qu’il n’a pas négligé sa prière (voir Daniel 6). Que Bildad le Shouhite, et Tsophar le Naamathite, et Éliphaz le Thémanite, et Élihou, fils de Barakéel, le Buzite, amis de Job (voir Job 2:11 et 32:2), viennent témoigner au sujet du peuple juif qu’ils ont accompli la Torah dans son intégralité. Comme il est dit : « Toutes les nations sont rassemblées…qu’ils amènent leurs témoins, afin qu’ils soient justifiés » (Isaïe 43:9), c’est-à-dire que les gentils rassemblés rendront témoignage en faveur du peuple juif et démontreront la justice des Juifs.
אָמְרוּ לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, תְּנֶהָ לָנוּ מֵרֹאשׁ וְנַעֲשֶׂנָּה. אָמַר לָהֶן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: שׁוֹטִים שֶׁבָּעוֹלָם! מִי שֶׁטָּרַח בְּעֶרֶב שַׁבָּת יֹאכַל בְּשַׁבָּת, מִי שֶׁלֹּא טָרַח בְּעֶרֶב שַׁבָּת מֵהֵיכָן יֹאכַל בְּשַׁבָּת? אֶלָּא אַף עַל פִּי כֵן, מִצְוָה קַלָּה יֵשׁ לִי וְסוּכָּה שְׁמָהּ, לְכוּ וַעֲשׂוּ אוֹתָהּ.
Les nations disent devant Lui : Maître de l’Univers, donne-nous la Torah à nouveau et nous accomplirons ses mitsvot. Le Saint, béni soit-Il, leur dit en réponse : Insensés du monde ! Pensez-vous pouvoir demander cela ? Celui qui s’est donné de la peine la veille de Chabbat mangera pendant Chabbat, mais celui qui ne s’est pas donné de la peine la veille de Chabbat, d’où mangera-t-il pendant Chabbat ? L’occasion d’accomplir les mitsvot est déjà passée, et il est maintenant trop tard pour demander à les accomplir. Mais malgré tout, J’ai une mitsva facile à accomplir, et son nom est soukka ; allez l’accomplir.
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי? וְהָא אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי דִּכְתִיב ״אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם״, הַיּוֹם לַעֲשׂוֹתָם וְלֹא לְמָחָר לַעֲשׂוֹתָם, הַיּוֹם לַעֲשׂוֹתָם וְלֹא הַיּוֹם לִיטּוֹל שָׂכָר.
La Guemara demande : Et comment peux-tu dire cela, qu’il est possible d’accomplir une mitsva après la fin de ce monde ? Mais Rabbi Yehoshua ben Levi ne dit-il pas : Que signifie ce qui est écrit : « Tu garderas donc le commandement, les lois et les ordonnances, que je te prescris aujourd’hui, pour les accomplir » (Deutéronome 7:11) ? Ce verset enseigne qu’aujourd’hui, dans ce monde, est le temps de les accomplir, mais demain, dans le Monde à Venir, ce n’est pas le temps de les accomplir. En outre, aujourd’hui est le temps de les accomplir, mais aujourd’hui n’est pas le temps de recevoir sa récompense, qui est accordée dans le Monde à Venir.
אֶלָּא, שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּא בִּטְרוּנְיָא עִם בְּרִיּוֹתָיו. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״מִצְוָה קַלָּה״? מִשּׁוּם דְּלֵית בַּיהּ חֶסְרוֹן כִּיס.
La Guemara explique : Mais malgré cela, Dieu a donné aux nations l’occasion d’accomplir une mitsva, car le Saint, béni soit-Il, n’agit pas tyranniquement [beteruneya] envers Ses créatures, mais veut qu’elles sentent qu’elles ont été jugées équitablement. La Guemara demande : Et pourquoi Dieu appelle-t-Il la mitsva de soucca une mitsva facile à accomplir ? Parce que l’accomplissement de la mitsva n’entraîne aucune perte financière.
מִיָּד כׇּל אֶחָד וְאֶחָד נוֹטֵל וְהוֹלֵךְ וְעוֹשֶׂה סוּכָּה בְּרֹאשׁ גַּגּוֹ, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַקְדִּיר עֲלֵיהֶם חַמָּה בִּתְקוּפַת תַּמּוּז, וְכׇל אֶחָד וְאֶחָד מְבַעֵט בְּסוּכָּתוֹ וְיוֹצֵא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נְנַתְּקָה אֶת מוֹסְרוֹתֵימוֹ וְנַשְׁלִיכָה מִמֶּנּוּ עֲבֹתֵימוֹ״. מַקְדִּיר? וְהָא אָמְרַתְּ: אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּא בִּטְרוּנְיָא עִם בְּרִיּוֹתָיו! מִשּׁוּם דְּיִשְׂרָאֵל נָמֵי זִימְנֵי
Immédiatement, chacun et tous les gentils prendront des matériaux et iront construire une soukka sur le toit de leur maison. Et le Saint, béni soit-Il, fera tomber sur eux la chaleur [makdir] du soleil pendant la saison de Tammouz, c’est-à-dire l’été, et chacun et tous ceux qui seront assis dans leur soukka ne pourront pas supporter la chaleur, et donneront un coup de pied à leur soukka et partiront, comme il est dit : « Brisons leurs liens, et rejetons loin de nous leurs cordes » (Psaumes 2:3). La Guemara demande : Pourquoi Dieu chauffe-t-Il le soleil sur eux ? Mais n’as-tu pas dit que le Saint, béni soit-Il, n’agit pas tyranniquement envers Ses créatures ? La Guemara répond : Cela n’est pas considéré comme un comportement tyrannique envers les gentils, car pour le peuple juif aussi, il y a des moments