הַשּׁוֹלֵחַ חָבִית שֶׁל יַיִן בְּיַד כּוּתִי, וְשֶׁל צִיר וְשֶׁל מוּרְיָיס בְּיַד גּוֹי, אִם מַכִּיר חוֹתָמוֹ וּסְתָמוֹ — מוּתָּר, אִם לָאו — אָסוּר!
de la baraita suivante : En ce qui concerne celui qui envoie un tonneau de vin entre les mains d’un Samaritain, ou un tonneau de saumure de poisson ou un tonneau de ragoût de poisson entre les mains d’un gentil, s’il reconnaît son sceau et sa manière de fermer le tonneau, il est permis ; si il ne les reconnaît pas, il est interdit. Apparemment, un tonneau scellé n’est permis que lorsqu’il est reconnaissable.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: לָא קַשְׁיָא — כָּאן בָּעִיר, כָּאן בַּדֶּרֶךְ.
Rabbi Zeira a dit que ce n’est pas difficile. Ici, la première baraita fait référence à des tonneaux situés dans une ville ; là-bas, la seconde baraita fait référence à des tonneaux que le Samaritain transporte sur la route. Les tonneaux scellés sont permis dans une ville, parce que le Samaritain veille à ce que des gentils ne les touchent pas devant qui que ce soit, afin de ne pas perdre le commerce des Juifs. En voyage, il ne s’en soucie pas, car il suppose que personne ne découvrira que le gentil est entré en contact avec le vin.
מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי יִרְמְיָה: מִידֵּי הָנָךְ דְּעִיר לָא בְּדֶרֶךְ אָתוּ? אֶלָּא אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: בֵּין הַגִּיתּוֹת שָׁנִינוּ, כֵּיוָן דְּכוּלֵּי עָלְמָא אָפְכִי, מִירְתַת, אֲמַר: הַשְׁתָּא אִי חָזוּ לִי מַפְסְדוּ לִי.
Rabbi Yirmeya objecte à cela : Est-ce que ces tonneaux situés dans la ville ne sont pas venus par la route eux aussi ? Au contraire, Rabbi Yirmeya dit : Nous avons appris la baraita qui permet les tonneaux scellés uniquement en référence à ceux qui se trouvent entre les pressoirs. Puisque tout le monde se trouve là, le Samaritain est inquiet, car il se dit à lui-même : Maintenant, si quelqu’un me voit permettre à un non-Juif de manipuler le vin, ils me feront perdre mon profit, car les Juifs ne l’achèteront pas.
אִתְּמַר: מִפְּנֵי מָה אָסְרוּ שֵׁכָר שֶׁל גּוֹיִם? רָמֵי בַּר חָמָא אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִשּׁוּם חַתְנוּת, רַב נַחְמָן אָמַר: מִשּׁוּם גִּילּוּי.
Il a été enseigné : Pour quelle raison les Sages ont-ils interdit la bière des gentils ? Rami bar Ḥama dit que Rabbi Yitzḥak dit : C’est en raison de la crainte que des Juifs se lient d’amitié avec des gentils en buvant avec eux, ce qui pourrait conduire au mariage avec des gentils. Rav Naḥman a dit : C’est en raison de la crainte de l’exposition.
אַגִּילּוּי דְּמַאי? אִילֵּימָא גִּילּוּי דְּנַזְיָיתָא — אֲנַן נָמֵי מְגַלֵּינַן! וְאֶלָּא דְּחָבִיתָא — אֲנַן נָמֵי מְגַלֵּינַן! לָא צְרִיכָא, בְּאַתְרָא דִּמְצַלּוּ מַיָּא.
La Guemara demande : À l’égard de quelle forme d’exposition y a-t-il une inquiétude ? Si nous disons que l’inquiétude concerne l’exposition de la cuve, nous exposons nous aussi la cuve, et il n’y a aucune raison d’interdire la bière des gentils plus que celle des Juifs. Et si vous dites : Plutôt, l’inquiétude concerne l’exposition du tonneau, nous exposons nous aussi des tonneaux. La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’interdire la bière dans un endroit où l’eau utilisée pour la brasser peut décanter.
אֶלָּא מֵעַתָּה יָשָׁן תִּשְׁתְּרֵי! דְּאָמַר רַבִּי: יָשָׁן מוּתָּר — אֵין מַנִּיחוֹ לְיַישֵּׁן, הֶחְמִיץ מוּתָּר — אֵין מַנִּיחוֹ לְהַחְמִיץ. גְּזֵירָה יָשָׁן אַטּוּ חָדָשׁ.
La Guemara demande : Si tel est le cas, la bière vieillie devrait être permise, car Rabbi Yehouda HaNassi dit : Une substance qui pourrait contenir de l’eau découverte mais qui a vieilli est permise, car le poison ne lui permet pas de vieillir, puisqu’elle se gâte avant de devenir vieille. De même, si elle a tourné, elle est permise, parce que le poison altère le goût mais ne lui permet pas de tourner. Pourquoi, alors, toute bière est-elle interdite ? La Guemara répond : Les Sages ont promulgué un décret rabbinique concernant la bière vieillie en raison de la préoccupation concernant la bière nouvelle.
רַב פָּפָּא מַפְּיקִין לֵיהּ (לאבבא) [אַבָּבָא] דְּחָנוּתָא, וְשָׁתֵי. רַב אַחַאי מַיְיתוּ לֵיהּ לְבֵיתֵיהּ, וְשָׁתֵי. וְתַרְוַיְיהוּ מִשּׁוּם חַתְנוּת, רַב אַחַאי עָבֵיד הַרְחָקָה יַתִּירְתָּא.
§ La Guemara cite les opinions de divers Sages au sujet de la bière. Rav Pappa faisait apporter la bière appartenant à des gentils depuis la boutique jusqu’à l’entrée de la boutique, et il la buvait à l’extérieur de la boutique. Rav Aḥai faisait apporter la bière chez lui, et il la buvait là-bas. Et tous deux buvaient la bière loin de la présence des gentils en raison de la préoccupation concernant le mariage avec des gentils. La Guemara note que Rav Aḥai s’imposa une mesure préventive extrême au-delà de ce qui est requis par la halakha.
רַב שְׁמוּאֵל בַּר בִּיסְנָא אִיקְּלַע לְמַרְגְּוָאן, אַיְיתוֹ לֵיהּ חַמְרָא וְלָא אִשְׁתִּי, אַיְיתוֹ לֵיהּ שִׁיכְרָא וְלָא אִשְׁתִּי. בִּשְׁלָמָא חַמְרָא מִשּׁוּם שִׁימְצָא, שִׁיכְרָא מִשּׁוּם מַאי? מִשּׁוּם שִׁימְצָא דְּשִׁימְצָא.
La Guemara rapporte que Rav Shmuel bar Bisna se trouva arriver à Marguan, et on lui apporta du vin mais il n’en but pas. Ensuite, on lui apporta de la bière mais il n’en but pas. La Guemara demande : Soit, il ne but pas le vin en raison de la trace [shimtza] des libations, mais pour quelle raison s’abstint-il de boire de la bière ? C’était en raison de la crainte de la trace d’une trace, c’est-à-dire qu’il ne but pas de bière par crainte d’en venir à boire du vin.
אָמַר רַב: הַאי שִׁיכְרָא דַּאֲרַמָּאָה שְׁרֵי, וְחִיָּיא בְּרִי לָא נִישְׁתֵּי מִינֵּיהּ. מָה נַפְשָׁךְ? אִי שְׁרֵי — לְכוּלֵּי עָלְמָא שְׁרֵי, אִי אֲסִיר — לְכוּלֵּי עָלְמָא אֲסִיר!
Rav dit : Cette bière araméenne est permise, mais mon fils Ḥiyya n’en boit pas. La Guemara demande : Quelle que soit la manière dont vous considérez cette question, la déclaration de Rav est difficile : Si la bière est permise, alors elle est permise à tous, et il n’y a aucune raison pour que son fils s’abstienne d’en boire. Et si elle est interdite, elle est interdite à tous, et pourquoi Rav dirait-il qu’elle est permise ?
אֶלָּא, רַב סָבַר מִשּׁוּם גִּילּוּיָא, וְאָזֵיל מְרוֹרָא דִּכְשׁוּתָא וְקָלֵי לֵיהּ זִיהֲרֵיהּ, וְדִלְקֵי מַלְקֵי לֵיהּ טְפֵי, וְחִיָּיא בְּרִי הוֹאִיל וּלְקֵי לָא נִישְׁתֵּי מִינֵּיהּ.
La Guemara explique : Au contraire, Rav soutient que l’interdiction est due à l’exposition, mais l’amertume du houblon dans la bière va et altère le venin du serpent, de sorte qu’il est sans danger pour une personne ordinaire d’en boire. Mais une personne de constitution faible est davantage affaiblie par le venin altéré, et Rav disait : Dans le cas de mon fils Ḥiyya, puisqu’il est faible, il n’en boit pas.
אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הַשְּׁרָצִים יֵשׁ לָהֶן אֶרֶס, שֶׁל נָחָשׁ מֵמִית, שֶׁל שְׁרָצִים אֵינוֹ מֵמִית. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְחִיָּיא בַּר רַב: בַּר אַרְיָא, תָּא וְאֵימָא לָךְ מִילְּתָא מְעַלְּיָיתָא דַּהֲוָה אָמַר רַב אֲבוּךְ, הָכִי אָמַר אֲבוּךְ: הָנֵי אַרַמָּאֵי זוּקָאנֵי — (דַּהֲווֹ שָׁתוּ) [מִשּׁוּם דְּשָׁתוּ] גִּילּוּיָא, (וְלָא מִתוּ) [וְהַאי דְּלָא מָיְיתִי] — אַיְּידֵי דְּאָכְלִי שְׁקָצִים וּרְמָשִׂים חֲבִיל גּוּפַיְיהוּ.
Shmuel dit : Tous les animaux rampants possèdent du venin ; celui d’un serpent tue, tandis que le venin d’autres animaux rampants ne tue pas. Shmuel dit à Ḥiyya bar Rav : Fils d’un lion ! Viens, et je te dirai une chose supérieure que ton père, Rav, a dite. Ceci est ce que ton père a dit : Ces Araméens sont enflés [zukanei] parce qu’ils boivent des liquides découverts, mais ils ne sont pas morts de cela parce qu’ils mangent des créatures répugnantes et des animaux rampants, qui réchauffent leur corps et les rendent ainsi moins sensibles au venin.
אָמַר רַב יוֹסֵף:
Rav Yosef dit :