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סָבַר שַׁיּוֹלֵי מְשַׁאֵיל לוֹ, כִּי הֵיכִי דְּמַשְׁאִיל לוֹ מְשַׁאֵיל לְאִינִישׁ אַחֲרִינָא, וַאֲתָא הָהוּא גַּבְרָא לְאוֹרוֹעֵי נַפְשֵׁיהּ.
La Guemara explique la raison de cette indulgence : le non-Juif pense en lui-même que le Juif lui demande son avis, et de même qu’il le lui demande, il le demandera aussi à d’autres personnes. Et le non-Juif raisonne en outre que, si le Juif comprend que le non-Juif lui a donné un mauvais conseil, cet homme-là, c’est-à-dire le non-Juif, se causera du tort à lui-même en portant atteinte à sa propre réputation. On suppose donc que le non-Juif donnera un bon conseil afin d’éviter de ternir sa réputation.
אָמַר רָבָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: סָפֵק חַי סָפֵק מֵת — אֵין מִתְרַפְּאִין מֵהֶן, וַדַּאי מֵת — מִתְרַפְּאִין מֵהֶן.
§ La Guemara analyse une situation dans laquelle on peut recevoir des soins médicaux de la part de gentils. Rava dit que Rabbi Yoḥanan dit, et certains disent que c’était Rav Ḥisda qui dit que Rabbi Yoḥanan dit : S’il y a incertitude quant à savoir si un patient va vivre malgré sa maladie ou mourir de celle-ci, le patient ne peut pas être soigné par des médecins gentils, en raison de la crainte qu’un médecin gentil ne le tue. Mais s’il est certain qu’il mourra de son affection s’il ne reçoit pas de soins médicaux, le patient est soigné par eux, car il est possible qu’un médecin gentil le sauve.
מֵת? הָאִיכָּא חַיֵּי שָׁעָה! לְחַיֵּי שָׁעָה לָא חָיְישִׁינַן.
La Guemara objecte : Même s’il est certain que le patient mourra s’il n’est pas soigné, néanmoins, il y a une valeur à la vie temporaire, c’est-à-dire qu’il est préférable pour le Juif de vivre aussi longtemps que sa maladie le permet plutôt que de risquer une mort prématurée aux mains d’un médecin non-juif. La Guemara explique : Nous ne nous soucions pas de la valeur de la vie temporaire lorsqu’il existe une possibilité de guérison permanente, et il est donc préférable de recevoir des soins médicaux d’un non-juif malgré le risque encouru.
וּמְנָא תֵּימְרָא דִּלְחַיֵּי שָׁעָה לָא חָיְישִׁינַן? דִּכְתִיב: ״אִם אָמַרְנוּ נָבוֹא הָעִיר וְהָרָעָב בָּעִיר וָמַתְנוּ שָׁם״, וְהָאִיכָּא חַיֵּי שָׁעָה! אֶלָּא לָאו לְחַיֵּי שָׁעָה לָא חָיְישִׁינַן.
La Guemara demande : Et d’où dis-tu que nous ne nous soucions pas de la valeur de la vie temporaire ? Comme il est écrit au sujet de la discussion menée par quatre lépreux laissés à l’extérieur d’une ville assiégée : « Si nous disons : Nous entrerons dans la ville, alors la famine est dans la ville, et nous y mourrons ; et si nous restons assis ici, nous mourrons aussi. Maintenant donc, venez, et tombons dans le camp des Araméens ; s’ils nous laissent vivre, nous vivrons ; et s’ils nous tuent, nous ne ferons que mourir » (II Rois 7:4). Les lépreux affamés décidèrent de risquer une mort prématurée plutôt que d’attendre de mourir de faim. La Guemara demande de manière rhétorique : Mais n’y a-t-il pas une vie temporaire à perdre, auquel cas il serait préférable que les lépreux restent à leur emplacement actuel ? Au contraire, n’est-il pas évident que nous ne nous soucions pas de la valeur de la vie temporaire ?
מֵיתִיבִי: לֹא יִשָּׂא וְיִתֵּן אָדָם עִם הַמִּינִין, וְאֵין מִתְרַפְּאִין מֵהֶן אֲפִילּוּ לְחַיֵּי שָׁעָה.
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Une personne ne peut pas avoir de rapports avec des hérétiques, et on ne peut pas être soigné par eux même dans un cas où il est clair que, sans soins médicaux, on ne connaîtra qu’une vie temporaire.
מַעֲשֶׂה בְּבֶן דָּמָא בֶּן אֲחוֹתוֹ שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל שֶׁהִכִּישׁוֹ נָחָשׁ, וּבָא יַעֲקֹב אִישׁ כְּפַר סְכַנְיָא לְרַפּאוֹתוֹ, וְלֹא הִנִּיחוֹ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְאָמַר לוֹ: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָחִי! הַנַּח לוֹ וְאֵרָפֵא מִמֶּנּוּ, וַאֲנִי אָבִיא מִקְרָא מִן הַתּוֹרָה שֶׁהוּא מוּתָּר, וְלֹא הִסְפִּיק לִגְמוֹר אֶת הַדָּבָר עַד שֶׁיָּצְתָה נִשְׁמָתוֹ וָמֵת.
La baraita rapporte un incident illustrant ce point. Il y eut un incident impliquant ben Dama, le fils de la sœur de Rabbi Yishmael, dans lequel un serpent le mordit. Et après l’attaque, Ya’akov du village de Sekhanya, qui était un hérétique, disciple de Jésus le Nazaréen, vint pour le soigner, mais Rabbi Yishmael ne le lui permit pas. Et ben Dama lui dit : Rabbi Yishmael, mon frère, laisse-le me soigner, et je serai guéri par lui. Et je citerai un verset de la Torah pour prouver qu’accepter un traitement médical d’un hérétique est permis dans cette situation. Mais ben Dama ne parvint pas à achever sa déclaration avant que son âme ne quitte son corps et il mourut.
קָרָא עָלָיו רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אַשְׁרֶיךָ בֶּן דָּמָא, שֶׁגּוּפְךָ טָהוֹר וְיָצְתָה נִשְׁמָתְךָ בְּטׇהֳרָה, וְלֹא עָבַרְתָּ עַל דִּבְרֵי חֲבֵירֶיךָ, שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: ״וּפוֹרֵץ גָּדֵר יִשְּׁכֶנּוּ נָחָשׁ״.
Rabbi Yishmaël récita à son sujet : Heureux es-tu, ben Dama, car ton corps est pur et ton âme est partie dans la pureté, et tu n’as pas transgressé la parole de tes collègues, qui citaient le verset : « Et celui qui perce une clôture, un serpent le mordra » (Ecclésiaste 10:8), c’est-à-dire qu’on est puni pour avoir ignoré une ordonnance des Sages. Cet incident indique qu’il n’est pas permis d’accepter un traitement médical d’un hérétique, même s’il est clair que sans cela il ne vivra que peu de temps.
שָׁאנֵי מִינוּת דְּמָשְׁכָא, דְּאָתֵי לְמִימְּשַׁךְ בָּתְרַיְיהוּ.
La Guemara explique : L’hérésie est différente, car elle est séduisante. En d’autres termes, il est interdit d’accepter un traitement médical d’un hérétique, car on pourrait en venir à être attiré par son hérésie. En revanche, il est permis de recevoir des soins médicaux d’un non-juif s’il est certain que l’on mourra sans traitement.
אָמַר מָר: לֹא עָבַרְתָּ עַל דִּבְרֵי חֲבֵירֶיךָ, שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: ״וּפוֹרֵץ גָּדֵר יִשְּׁכֶנּוּ נָחָשׁ״. אִיהוּ נָמֵי חִוְיָא טַרְקֵיהּ! חִוְיָא דְּרַבָּנַן דְּלֵית לֵיהּ אָסוּתָא כְּלָל.
Le Maître a dit plus haut : Tu n’as pas transgressé la déclaration de tes collègues, qui citaient le verset : « Et celui qui perce une clôture, un serpent le mordra. » La Guemara demande : Mais ben Dama a lui aussi été mordu par un serpent, même avant cette déclaration de Rabbi Yishmaël, alors comment peut-il être considéré comme heureux ? La Guemara explique : Le serpent mentionné dans la malédiction des Sages est différent, car il n’a absolument aucun remède. Bien que ben Dama ait été mordu par un serpent, il aurait pu être guéri.
וּמַאי הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר? ״וְחַי בָּהֶם״ — וְלֹא שֶׁיָּמוּת בָּהֶם.
La Guemara demande : Et qu’aurait dit ben Dama ? Quel verset comptait-il citer comme preuve qu’il lui était permis d’être guéri par un hérétique ? Le verset : « Vous garderez donc Mes lois et Mes ordonnances, que l’homme accomplira et vivra par elles » (Lévitique 18:5). Cela enseigne qu’on doit vivre par les mitsvot de Dieu, et non qu’il doive mourir par elles. Ce verset sert de source à la halakha selon laquelle on peut transgresser une interdiction afin de sauver une vie.
וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל? הָנֵי מִילֵּי בְּצִינְעָא, אֲבָל בְּפַרְהֶסְיָא — לָא. דְּתַנְיָא: הָיָה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאִם אוֹמְרִים לוֹ לָאָדָם ״עֲבוֹד עֲבוֹדָה זָרָה וְאַל תֵּהָרֵג״, שֶׁיַּעֲבוֹד וְאַל יֵהָרֵג? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְחַי בָּהֶם״ — וְלֹא שֶׁיָּמוּת בָּהֶם. יָכוֹל אֲפִילּוּ בְּפַרְהֶסְיָא? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְלֹא תְחַלְּלוּ אֶת שֵׁם קׇדְשִׁי״.
Et pourquoi Rabbi Yishmael est-il en désaccord avec ben Dama ? Il soutient que cette question ne s’applique qu’en privé, mais en public on ne peut pas transgresser un interdit même pour sauver une vie. Comme il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yishmael disait : D’où est-il déduit que si des oppresseurs disent à une personne : Adore une idole et tu ne seras pas tué, elle doit adorer l’idole et ne pas être tuée ? Le verset déclare : « Il vivra par eux », et non qu’il meure par eux. On pourrait penser que cela s’applique même en public. C’est pourquoi le verset déclare : « Et vous ne profanerez pas Mon saint nom » (Lévitique 22:32).
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל מַכָּה שֶׁמְּחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת אֵין מִתְרַפְּאִין מֵהֶן, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל
§ La Guemara examine diverses circonstances dans lesquelles il est permis de recevoir un traitement d’un non-Juif. Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne toute blessure pour laquelle le Chabbat est profané, on ne peut pas être soigné par des non-Juifs. Et il y en a qui disent que Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne toute

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