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מַכָּה שֶׁל חָלָל — אֵין מִתְרַפְּאִין מֵהֶן. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל, דְּאָמַר רַב אַדָּא בַּר מַתְנָה אָמַר רַב: גַּב הַיָּד וְגַב הָרֶגֶל הֲרֵי הֵן כְּמַכָּה שֶׁל חָלָל, וּמְחַלְּלִין עֲלֵיהֶן אֶת הַשַּׁבָּת.
une blessure interne, on ne peut pas être soigné par eux. La Guemara demande : Quelle est la différence entre les deux versions de la déclaration de Rabbi Yoḥanan ? Il y a une différence entre elles concernant le cas de quelqu’un qui a été blessé au dos de la main ou au dos du pied. Comme Rav Adda bar Mattana dit que Rav dit : Les blessures au dos de la main et au dos, c’est-à-dire à la partie supérieure, du pied sont comme une blessure interne, et on peut profaner le Chabbat pour leur traitement.
אָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב: כׇּל מַכָּה שֶׁצְּרִיכָה אוֹמֶד, מְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. אָמַר רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהַאי אִישָּׁתָא צְמִירְתָּא כְּמַכָּה שֶׁל חָלָל דָּמֵי, וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת.
Rav Zutra bar Toviyya dit que Rav dit : En ce qui concerne toute blessure qui nécessite une évaluation médicale afin de déterminer si elle est mortelle ou non, on peut profaner le Chabbat pour son traitement. Rav Shemen bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : Et une fièvre brûlante est semblable à une blessure interne, et par conséquent on peut profaner le Chabbat pour son traitement.
מֵהֵיכָן מַכָּה שֶׁל חָלָל? פֵּירֵשׁ רַבִּי אַמֵּי: מִן הַשָּׂפָה וְלִפְנִים. בָּעֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כַּכֵּי וְשִׁינֵּי מַאי? כֵּיוָן דַּאֲקוּשֵׁי נִינְהוּ כְּמַכָּה דְּבָרָאֵי דָּמוּ, אוֹ דִלְמָא, כֵּיוָן דְּגַוָּאֵי קָיְימִי, כְּמַכָּה שֶׁל חָלָל דָּמוּ?
La Guemara demande : À partir de quel point du corps une blessure est-elle considérée comme une lésion interne ? Rabbi Ami a expliqué : des lèvres vers l’intérieur. Rabbi Eliezer soulève un dilemme : En ce qui concerne des affections situées dans les gencives [kakhei] ou les dents, quelle est la halakha ? Devons-nous dire que, puisqu’elles sont situées dans des parties dures du corps, elles sont semblables à des lésions externes, ou peut-être dire que, puisqu’elles se trouvent à l’intérieur de la bouche, elles sont semblables à des lésions internes ?
אָמַר אַבָּיֵי, תָּא שְׁמַע: הַחוֹשֵׁשׁ בְּשִׁינָּיו לֹא יְגַמֵּעַ בָּהֶן אֶת הַחוֹמֶץ. חוֹשֵׁשׁ הוּא דְּלָא, הָא כָּאֵיב לֵיהּ טוּבָא — שַׁפִּיר דָּמֵי. דִּלְמָא תַּנָּא הֵיכָא דְּכָאֵיב לֵיהּ טוּבָא ״חוֹשֵׁשׁ״ נָמֵי קָרֵי לֵיהּ.
Abaye dit : Viens et écoute une preuve tirée d’une michna (Shabbat 111a) : Celui qui est préoccupé par une douleur aux dents ne peut pas faire passer du vinaigre à travers elles pendant Chabbat à des fins médicinales, car il est généralement interdit par la loi rabbinique d’accomplir des actes de guérison pendant Chabbat. Abaye en déduit : C’est seulement lorsqu’il est simplement préoccupé par une douleur aux dents qu’il ne peut pas les traiter, ce qui indique que si cela lui fait très mal, il est permis de chercher un traitement. La Guemara rejette cette déduction : Peut-être que le tanna caractérise aussi une situation où cela fait très mal comme une simple préoccupation.
תָּא שְׁמַע: רַבִּי יוֹחָנָן חָשׁ בְּצַפְדִּינָא, אֲזַל לְגַבַּהּ דְּהַהִיא מַטְרוֹנִיתָא, עֲבַדָה חַמְשָׁא וּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲמַר לַהּ: לְמָחָר מַאי? אֲמַרָה לֵיהּ: לָא צְרִיכַתְּ. אִי צְרִיכְנָא מַאי? אֲמַרָה: אִשְׁתְּבַע לִי דְּלָא מְגַלֵּית. אִישְׁתְּבַע לַהּ: ״לֵאלָהָא יִשְׂרָאֵל לָא מְגַלֵּינָא״. גַּלִּיָיהּ לֵיהּ, לִמְחַר נְפַק דַּרְשַׁהּ בְּפִירְקָא.
La Guemara propose une preuve différente : Viens et écoute l’incident suivant : Rabbi Yoḥanan souffrait de la maladie tzafdina, qui affecte les dents et les gencives. Il alla chez une certaine matrone non-juive qui était une guérisseuse bien connue. Elle lui prépara un remède le jeudi et le vendredi. Rabbi Yoḥanan lui dit : Que ferai-je demain, pendant Chabbat, lorsque je ne pourrai pas venir chercher le remède chez toi ? Elle lui dit : Tu n’en auras pas besoin. Rabbi Yoḥanan lui demanda : Et si j’en ai besoin, que ferai-je ? Elle lui dit : Jure-moi que tu ne révéleras pas le remède, et je te le dirai, afin que tu puisses le préparer toi-même si tu en as besoin. Rabbi Yoḥanan lui jura : Par le Dieu des Juifs, je ne le révélerai pas. Elle lui révéla le remède. Le lendemain, Rabbi Yoḥanan sortit et l’enseigna publiquement, révélant le secret du remède.
וְהָא אִישְׁתְּבַע לַהּ! ״לֵאלָהָא דְיִשְׂרָאֵל לָא מְגַלֵּינָא״, אֲבָל לְעַמֵּיהּ יִשְׂרָאֵל מְגַלֵּינָא. וְהָאִיכָּא חִילּוּל הַשֵּׁם! דְּגַלִּי לַהּ מֵעִיקָּרָא.
La Guemara objecte : Mais Rabbi Yoḥanan lui a prêté serment qu’il ne révélerait pas son secret. La Guemara explique que son vœu signifiait : Je ne le révélerai pas au Dieu des Juifs, ce qui indique : Mais je le révélerai à Son peuple, les Juifs. La Guemara objecte : Mais même ainsi, n’y a-t-il pas une profanation du nom de Dieu, puisque la matrone pense désormais qu’un grand homme de la stature de Rabbi Yoḥanan a violé son vœu ? La Guemara répond qu’il le lui a révélé dès le départ. Dès qu’elle lui eut divulgué le remède, il l’informa que son vœu ne l’empêcherait pas de le rendre public.
אַלְמָא כְּמַכָּה שֶׁל חָלָל דָּמְיָא. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: שָׁאנֵי צַפְדִּינָא, הוֹאִיל וּמַתְחִיל בְּפֶה וְגוֹמֵר בִּבְנֵי מֵעַיִים.
Concernant la question en jeu, la Guemara déduit : Apparemment, une affection qui touche les gencives est semblable à une lésion interne, puisqu’il fut permis à Rabbi Yoḥanan de préparer le remède pendant le Chabbat. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Tzafdina est différente, car elle commence dans la bouche et se termine dans les intestins, c’est-à-dire que la maladie se propage jusqu’à infecter les intestins de la personne, et elle est donc considérée comme une affection interne même lorsqu’elle n’est encore que dans la bouche. Par conséquent, l’incident impliquant Rabbi Yoḥanan n’apporte aucune preuve, et le dilemme de Rabbi Eliezer demeure non résolu.
מַאי סִימָנֵיהּ? רָמֵי מִידֵּי בֵּי כַכֵּי, וּמַיְיתֵי דְּמָא מִבֵּי דָרֵי. מִמַּאי הָוֵי? מִקָּרִירֵי קָרִירֵי דְּחִיטֵּי, וּמֵחַמִּימֵי חַמִּימֵי דִּשְׂעָרֵי, וּמִשִּׁיּוּרֵי כָּסָא דְּהַרְסָנָא. מַאי עֲבַדָא לֵיהּ? אָמַר רַבִּי אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: מֵי שְׂאוֹר וְשֶׁמֶן זַיִת וָמֶלַח, וּמָר בַּר רַב אָשֵׁי אָמַר: מִשְׁחָא דַּאֲוָוזָא בְּגַדְפָּא דַאֲוָוזָא.
La Guemara demande : Quels sont les symptômes de tzafdina ? Si quelqu’un place un objet entre ses dents, du sang coule des rangées de dents. De quoi cela résulte-t-il ? Cela résulte de la consommation d’aliments de blé très froids, et d’orge très chaude, et de restes de poisson frit [kasa deharsena]. Avec quel remède la matrone gentile a-t-elle traité Rabbi Yoḥanan ? Rabbi Aḥa, fils de Rava, a dit : C’était de l’eau dans laquelle on avait fait tremper du levain, de l’huile d’olive et du sel. Et Mar bar Rav Ashi a dit : Elle a enduit ses gencives de graisse d’oie avec une plume d’oie.
אָמַר אַבָּיֵי: אֲנָא עֲבַדִי כּוּלְּהוּ וְלָא אִיתַּסַּאי, עַד דַּאֲמַר לִי הַהוּא טַיָּיעָא: אַיְיתִי קַשְׁיָיתָא דְּזֵיתָא דְּלָא מְלוֹ תִּילְתָּא, וּקְלִנְהוּ אַמָּרָא חַדְתָּא, וְדַבֵּיק (בֵּיהּ) [אַבֵּי] דְּדָרֵיךְ. עֲבַדִי הָכִי וְאִיתַּסַּאי.
Abaye dit : J’ai préparé tous ces remèdes et je n’ai pas été guéri de cette affection jusqu’à ce qu’un certain Arabe me dise le remède pour cela : Prends des noyaux d’olive qui sont mûrs à moins d’un tiers, et brûle-les dans le feu sur une houe neuve, et applique-les le long de la rangée des gencives. J’ai fait cela et j’ai été guéri.
וְרַבִּי יוֹחָנָן הֵיכִי עָבֵיד הָכִי? וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל מַכָּה שֶׁמְּחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת — אֵין מִתְרַפְּאִין מֵהֶן! אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי.
§ Il a été dit plus haut que Rabbi Yoḥanan avait demandé des soins médicaux à un non-juif. La Guemara demande : Et comment Rabbi Yoḥanan a-t-il pu faire cela ? Mais Rabba bar bar Ḥana ne dit-il pas que Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne toute blessure pour laquelle on profane le Chabbat, on ne peut pas être soigné par des non-juifs. Tzafdina est une maladie pour laquelle on profane le Chabbat, et pourtant Rabbi Yoḥanan a été soigné par un non-juif. La Guemara répond : Une personne importante telle que Rabbi Yoḥanan est différente, car les non-juifs n’oseraient pas le tuer.
וְהָא רַבִּי אֲבָהוּ, דְּאָדָם חָשׁוּב הֲוָה, וּרְמָא לֵיהּ יַעֲקֹב מִינָאָה סַמָּא אַשָּׁקֵיהּ, וְאִי לָא רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי דְּלַחֲכוּהּ לְשָׁקֵיהּ, פַּסְקֵיהּ לְשָׁקֵיהּ!
La Guemara soulève cette question : Mais Rabbi Abbahu était un personnage important, et pourtant Ya’akov l’hérétique appliqua sur sa jambe un onguent qui était en réalité un poison. Et n’eût été Rabbi Ami et Rabbi Asi, qui léchèrent sa jambe pour enlever le poison, sa jambe aurait dû être amputée. Apparemment, Ya’akov l’hérétique tenta de tuer Rabbi Abbahu malgré le fait que Rabbi Abbahu était un personnage important.
דְּרַבִּי יוֹחָנָן רוֹפֵא מוּמְחֶה הֲוָה, דְּרַבִּי אֲבָהוּ נָמֵי רוֹפֵא מוּמְחֶה הֲוָה, שָׁאנֵי רַבִּי אֲבָהוּ דְּמוֹקְמִי בֵּיהּ מִינֵי בְּנַפְשַׁיְיהוּ ״תָּמֹת נַפְשִׁי עִם פְּלִשְׁתִּים״.
La Guemara explique : la guérisseuse de Rabbi Yoḥanan était un médecin expert qui ne mettrait pas sa réputation en danger en lui faisant du mal. La Guemara rejette cette explication : Mais la guérisseuse de Rabbi Abbahu était elle aussi un médecin expert. La Guemara répond : Le cas de Rabbi Abbahu est différent, car les hérétiques adoptent en eux-mêmes l’attitude suivante : « Que je meure avec les Philistins » (Juges 16:30), c’est-à-dire que les hérétiques sont prêts à risquer leur vie afin de nuire aux Juifs, en raison de leurs différends religieux. En revanche, les gentils ne mettraient pas leur propre réputation en danger à cette fin, et il était donc permis à Rabbi Yoḥanan d’être soigné par la matrone.
אָמַר שְׁמוּאֵל: הַאי פְּדַעְתָּא סַכַּנְתָּא הִיא, וּמְחַלְּלִין עָלֶיהָ אֶת הַשַּׁבָּת. מַאי אָסוּתַאּ? לְמִיפְסַק דְּמָא — תַּחְלֵי בְּחַלָּא, לְאַסּוֹקֵי — גִּרְדָּא דְּיַבְלָא וְגִירְדָּא דַּאֲסַנָּא, אוֹ נִיקְרָא מִקִּילְקַלְתָּא.
§ La Guemara énumère une série d’affections et leurs remèdes. Shmuel a dit : Cette entaille causée par une épée est considérée comme un danger pour la vie d’une personne, et l’on peut profaner le Chabbat pour son traitement. La Guemara demande : Quel est le remède pour cette blessure ? Pour arrêter le sang, on doit consommer du cresson trempé dans du vinaigre. Pour faire en sorte que la chair repousse sur l’entaille, on applique un onguent fait de copeaux de yavla et de copeaux de buisson épineux, ou un onguent fait de vers provenant des déchets.
אָמַר רַב סָפְרָא: הַאי עִינְבְּתָא פַּרְוַונְקָא דְּמַלְאֲכָא דְמוֹתָא הִיא. מַאי אָסוּתַאּ? טִיגְנָא בְּדוּבְשָׁא, אוֹ כַּרְפְּסָא בְּטִילְיָיא. אַדְּהָכִי וְהָכִי, לַיְתֵי עִינְבְּתָא בַּת מִינַאּ וְנִיגַּנְדַּר (עילוי) [עִילָּוַיהּ], חִיוָּרְתִּי לְחִיוָּרְתִּי וְאוּכַּמְתִּי לְאוּכַּמְתִּי.
Rav Safra a dit : Ces furoncles semblables à des raisins sont les précurseurs [parvanka] de l’Ange de la Mort, c’est-à-dire qu’ils précèdent souvent la mort d’une personne. La Guemara demande : Quel est le remède ? Le remède est soit une plante tigna trempée dans du miel, soit du persil trempé dans du vin. En attendant, pendant que les plantes trempent, il faut prendre un raisin de la même taille et le frotter sur le furoncle, un raisin blanc pour un furoncle blanc et un raisin noir pour un furoncle noir.
אָמַר רָבָא: הַאי סִימְטָא פַּרְוַונְקָא דְּאִשָּׁתָא הִיא, מַאי אָסוּתֵאּ? לִמְחֲיֵיהּ שִׁיתִּין אִיתְקוּטְלֵי, וְלִיקְרְעֵיהּ שְׁתִי וָעֵרֶב, וְהָנֵי מִילֵּי דְּלָא חִיוָּר רֵישֵׁיהּ, אֲבָל חִיוָּר רֵישֵׁיהּ לֵית לַן בַּהּ.
Rava a dit : Cet abcès [simta] est le précurseur de la fièvre. La Guemara demande : Quel est le remède ? Il faut claquer [itkutlei] le furoncle soixante fois avec les doigts, c’est-à-dire faire claquer ses doigts sur le furoncle, puis le déchirer verticalement et horizontalement. La Guemara commente : Et cette déclaration ne s’applique que dans un cas où la tête de l’abcès n’a pas blanchi, mais si sa tête a blanchi, nous n’avons aucun problème avec cela, c’est-à-dire qu’il est en train de guérir et ne présente aucun danger.
רַבִּי יַעֲקֹב חָשׁ
Le rabbin Ya’akov a souffert

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