וְלֹא מוֹרִידִין, אֲבָל הַמִּינִין וְהַמָּסוֹרוֹת וְהַמְשׁוּמָּדִים — מוֹרִידִין וְלֹא מַעֲלִין.
et l’on ne doit pas faire descendre ceux-ci dans une fosse. Mais les hérétiques, les délateurs et les apostats [vehameshummadim] sont descendus dans une fosse, mais non relevés de celle-ci.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנִי שׁוֹנֶה ״לְכׇל אֲבֵדַת אָחִיךָ״ לְרַבּוֹת אֶת הַמְשׁוּמָּד, וְאַתְּ אָמְרַתְּ מוֹרִידִין? סְמִי מִכָּאן מְשׁוּמָּד!
Rabbi Yoḥanan dit à Rabbi Abbahu : J’enseigne que le verset : « Et ainsi tu feras pour tout objet perdu de ton frère » (Deutéronome 22:3), sert à inclure l’apostat dans l’obligation de restituer un objet perdu à un autre Juif ; et toi, tu dis qu’on peut le faire descendre dans une fosse ? Retire le terme apostat d’ici.
וְלִישַׁנֵּי לֵיהּ: כָּאן בִּמְשׁוּמָּד אוֹכֵל נְבֵילוֹת לְתֵיאָבוֹן, כָּאן בִּמְשׁוּמָּד אוֹכֵל נְבֵילוֹת לְהַכְעִיס! קָסָבַר: אוֹכֵל נְבֵילוֹת לְהַכְעִיס — מִין הוּא.
La Guemara demande : Et que Rabbi Abbahou réponde à Rabbi Yoḥanan comme suit : Ici, en ce qui concerne un objet perdu, le verset inclut un apostat parce qu’il se réfère à un apostat qui mange de la viande non casher en raison de son appétit, c’est-à-dire qu’il succombe à la tentation. En revanche, là-bas, en ce qui concerne le fait de faire remonter un apostat d’une fosse, je fais référence à un apostat qui mange de la viande non casher pour exprimer son insolence. La Guemara répond : Rabbi Abbahou soutient que celui qui mange de la viande non casher pour exprimer son insolence est un hérétique, plutôt qu’un apostat.
אִיתְּמַר מְשׁוּמָּד, פְּלִיגִי רַב אַחָא וְרָבִינָא: חַד אָמַר: לְתֵיאָבוֹן — מְשׁוּמָּד, לְהַכְעִיס — מִין הָוֵי, וְחַד אָמַר: אֲפִילּוּ לְהַכְעִיס נָמֵי מְשׁוּמָּד. אֶלָּא אֵיזֶהוּ מִין? זֶה הָעוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה.
§ Il a été déclaré, au sujet de la définition d'un apostat, que Rav Aḥa et Ravina sont en désaccord. L'un dit que quelqu'un qui transgresse une interdiction en raison de son appétit est un apostat, tandis que celui qui transgresse une interdiction afin d'exprimer son insolence est un hérétique. Et l'un dit que même celui qui pèche pour exprimer son insolence est considéré comme un apostat. Alors, qui est considéré comme un hérétique ? C'est un idolâtre.
מֵיתִיבִי: אָכַל פַּרְעוֹשׁ אֶחָד אוֹ יַתּוּשׁ אֶחָד — הֲרֵי זֶה מְשׁוּמָּד; וְהָא הָכָא דִּלְהַכְעִיס הוּא, וְקָתָנֵי מְשׁוּמָּד! הָתָם בָּעֵי לְמִיטְעַם טַעְמָא דְּאִיסּוּרָא.
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita contre l’opinion selon laquelle celui qui faute pour exprimer de l’insolence est considéré comme un hérétique. La baraita enseigne : Si quelqu’un a mangé une seule puce ou un seul moustique, il est considéré comme un apostat. La Guemara précise l’objection : Mais ici il faut supposer que l’insecte a été mangé pour exprimer de l’insolence, puisqu’il est répugnant, et pourtant cette baraitaenseigne que celui qui mange une puce ou un moustique est un apostat. La Guemara répond : Là-bas, il désire goûter la saveur d’un aliment interdit, et il est donc considéré comme mangeant uniquement par tentation.
אָמַר מָר: מוֹרִידִין אֲבָל לֹא מַעֲלִין. הַשְׁתָּא אַחוֹתֵי מַחֲתִינַן, אַסּוֹקֵי מִיבְּעֵי? אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר חָמָא אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לֹא נִצְרְכָה, שֶׁאִם הָיְתָה מַעֲלָה בַּבּוֹר — מְגָרְרָהּ, דְּנָקֵיט לֵיהּ עִילָּא וְאָמַר: לָא תֵּיחוֹת חֵיוְתָא עִלָּוֵיהּ.
§ La Guemara revient au sujet du fait de faire descendre quelqu’un dans une fosse. Le Maître a dit : Les hérétiques, les délateurs et les apostats sont descendus dans une fosse, mais n’en sont pas remontés. La Guemara analyse cette affirmation : Maintenant qu’il est connu qu’on les fait descendre activement dans une fosse, est-il nécessaire d’enseigner qu’on ne les fait pas remonter de là ? Rav Yosef bar Ḥama a dit que Rav Sheshet a dit : Non, il est nécessaire d’enseigner cette halakha, car on peut en déduire que s’il y avait un rebord dans la fosse, un Juif le gratte afin que celui qui est dans la fosse ne puisse pas remonter grâce à lui, car le Juif emploie un prétexte et dit qu’il enlève le rebord afin que des animaux ne descendent pas sur celui qui est coincé dans la fosse.
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: לֹא נִצְרְכָה, שֶׁאִם הָיְתָה אֶבֶן עַל פִּי הַבְּאֵר, מְכַסָּהּ, אָמַר: לְעַבּוֹרֵי חַיּוּתָא עִילָּוַיהּ. רָבִינָא אָמַר: שֶׁאִם הָיָה סוּלָּם, מְסַלְּקוֹ, אָמַר: בָּעֵינָא לְאַחוֹתֵי בְּרִי מֵאִיגָּרָא.
Rabba et Rav Yosef disent tous deux une réponse différente : Non, il est nécessaire d’enseigner cela, car on peut en déduire que s’il y avait une pierre à l’ouverture du puits dans lequel quelqu’un était tombé, un Juif la couvre et dit qu’il couvre l’ouverture afin d’y faire passer ses animaux. Ravina a dit : On peut apprendre de là que s’il y avait une échelle dans la fosse, un Juif l’enlève et dit : J’ai besoin de l’échelle pour faire descendre mon fils du toit.
תָּנוּ רַבָּנַן: יִשְׂרָאֵל מָל אֶת הַגּוֹי לְשׁוּם גֵּר, לְאַפּוֹקֵי לְשׁוּם מוּרְנָא דְּלָא, וְגוֹי לֹא יָמוּל יִשְׂרָאֵל, מִפְּנֵי שֶׁחֲשׁוּדִין עַל שְׁפִיכוּת דָּמִים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
§ La Guemara traite du sujet consistant à aider un non-Juif ou à recevoir son aide dans le contexte de la circoncision. Les Sages ont enseigné : Un Juif peut circoncire un non-Juif dans le but de faire de lui un converti. Cela exclut la circoncision d’un non-Juif dans le but de retirer un ver [murna], ce qui n’est pas permis, car il est interdit de soigner un non-Juif. Mais on ne peut pas permettre à un non-Juif de circoncire un Juif en aucune circonstance, parce que les non-Juifs sont soupçonnés de verser le sang. Telle est la déclaration de Rabbi Meir.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: גּוֹי מָל אֶת יִשְׂרָאֵל בִּזְמַן שֶׁאֲחֵרִים עוֹמְדִין עַל גַּבּוֹ, אֲבָל בֵּינוֹ לְבֵינוֹ — לָא. וְרַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אֲחֵרִים עוֹמְדִים עַל גַּבּוֹ נָמֵי לָא, דְּזִימְנִין דְּמַצְלֵי לֵיהּ סַכִּינָא וּמְשַׁוֵּי לֵיהּ כְּרוּת שׇׁפְכָה.
Et les Rabbins disent : On peut permettre à un gentil de circoncire un Juif pendant que d'autres se tiennent au-dessus de lui et observent ses actes, mais non lorsqu'ils sont seuls ensemble. Et Rabbi Meïr dit : Même là où d'autres se tiennent au-dessus de lui, cela n'est pas non plus permis, car il y a des moments où un gentil pourrait incliner le couteau et rendre le Juif comme quelqu'un dont le pénis a été sectionné, et il ne pourra pas engendrer d'enfants.
וְסָבַר רַבִּי מֵאִיר גּוֹי לָא? וּרְמִינְהוּ: עִיר שֶׁאֵין בָּהּ רוֹפֵא יִשְׂרָאֵל וְיֵשׁ בָּהּ רוֹפֵא כּוּתִי וְרוֹפֵא אַרְמַאי — יָמוּל אַרְמַאי וְאַל יָמוּל כּוּתִי, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יָמוּל כּוּתִי וְאַל יָמוּל אַרְמַאי!
La Guemara demande : Mais Rabbi Meïr soutient-il qu’on ne peut pas permettre à un gentil de circoncire un Juif ? Et la Guemara soulève une contradiction à cette affirmation à partir de la baraita suivante : Dans une ville où il n’y a pas de médecin juif, et où il y a un médecin samaritain et un Araméen, c’est-à-dire un médecin gentil, il est préférable que l’Araméen circoncise les garçons juifs de la ville et que le Samaritain ne les circoncise pas. Telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit : Il est préférable que le Samaritain circoncise les garçons et que l’Araméen ne les circoncise pas. Rabbi Meïr soutient qu’il est préférable qu’un gentil araméen pratique la circoncision, malgré le fait que les Samaritains sont considérés comme juifs dans une certaine mesure.
אֵיפוֹךְ, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: יָמוּל כּוּתִי וְלֹא אַרְמַאי, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַרְמַאי וְלֹא כּוּתִי.
La Guemara répond : Inversez leurs opinions, de sorte que Rabbi Meir dise : Il est préférable que le Samaritain circoncise les garçons et non l’Araméen, et que Rabbi Yehuda dise : Il est préférable que l’Araméen les circoncise et non le Samaritain.
וְסָבַר רַבִּי יְהוּדָה אַרְמַאי שַׁפִּיר דָּמֵי? וְהָתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִנַּיִן לְמִילָה בְּגוֹי שֶׁהִיא פְּסוּלָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה אֶת בְּרִיתִי תִשְׁמֹר״.
La Guemara demande : Rabbi Yehouda soutient-il donc qu’il est permis que la circoncision soit effectuée par un Araméen ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda dit : D’où est-il déduit, en ce qui concerne la circoncision effectuée par un gentil, qu’elle n’est pas valide ? Cela est déduit d’un verset, comme il est dit : « Et Dieu dit à Abraham : Quant à toi, tu garderas Mon alliance, toi et ta descendance après toi selon leurs générations » (Genèse 17:9). « Mon alliance » [beriti] ici est une référence à la circoncision [berit mila], et par conséquent le verset enseigne que seuls Abraham et ses descendants, c’est-à-dire les Juifs, sont qualifiés pour pratiquer la circoncision.
אֶלָּא, לְעוֹלָם לָא תֵּיפוֹךְ, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן?
Au contraire, la Guemara suggère, en réalité, ne l’inverse pas. Quant à la contradiction apparente entre les deux déclarations de Rabbi Meir, la Guemara explique : Et de quoi traitons-nous ici ?