הוֹגֶה אֶת הַשֵּׁם בְּאוֹתִיּוֹתָיו. וְהֵיכִי עָבֵיד הָכִי? וְהָתְנַן: אֵלּוּ שֶׁאֵין לָהֶם חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא — הָאוֹמֵר אֵין תּוֹרָה מִן הַשָּׁמַיִם, וְאֵין תְּחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: אַף הַהוֹגֶה אֶת הַשֵּׁם בְּאוֹתִיּוֹתָיו!
prononcer le nom ineffable de Dieu avec toutes ses lettres, c’est-à-dire tel qu’il est écrit. La Guemara demande : Et comment pouvait-il faire cela ? Mais n’avons-nous pas appris dans la michna (Sanhedrin 90a) : Voici les personnes qui n’ont pas de part au Monde à Venir : Celui qui dit que la Torah ne vient pas du Ciel ou qu’il n’y a pas de source dans la Torah pour la résurrection des morts. Abba Shaul dit : De même, celui qui prononce le nom ineffable tel qu’il est écrit, avec toutes ses lettres, n’a pas de part au Monde à Venir.
לְהִתְלַמֵּד עֲבַד, כִּדְתַנְיָא: ״לֹא תִלְמַד לַעֲשׂוֹת״, אֲבָל אַתָּה לָמֵד לְהָבִין וּלְהוֹרוֹת.
La Guemara répond : Rabbi Ḥanina ben Teradyon a fait cela pour s’enseigner à lui-même, comme il est enseigné dans une baraita au sujet de l’interdiction de la sorcellerie : « Tu n’apprendras pas à faire » (Deutéronome 18:9) ; cela indique : Mais tu peux apprendre pour comprendre et pour enseigner. En d’autres termes, certaines interdictions ne s’appliquent pas lorsqu’une personne agit uniquement afin d’acquérir une connaissance du sujet.
אֶלָּא מַאי טַעְמָא אִעֲנַשׁ? מִשּׁוּם (הוגה) [דְּהוֹגֶה] אֶת הַשֵּׁם בְּפַרְהֶסְיָא [הֲוָה], וְעַל אִשְׁתּוֹ לַהֲרִיגָה דְּלָא (מַיחָה) [מַחַתָה] בֵּיהּ. מִכָּאן אָמְרוּ: כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ לִמְחוֹת וְאֵינוֹ מוֹחֶה נֶעֱנָשׁ עָלָיו.
La Guemara demande : Quelle est donc la raison pour laquelle il a été puni ? La Guemara répond : Il a été puni parce qu’il prononçait le nom ineffable de Dieu en public, au lieu de le faire en privé. Et sa femme fut condamnée à l’exécution par décapitation parce qu’elle n’a pas protesté contre le fait qu’il agisse ainsi. D’ici les Sages ont déclaré : Quiconque a la capacité de protester efficacement contre la conduite fautive d’un autre et ne proteste pas est puni pour le péché de cette personne.
וְעַל בִּתּוֹ לֵישֵׁב בְּקוּבָּה שֶׁל זוֹנוֹת, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: פַּעַם אַחַת הָיְתָה בִּתּוֹ מְהַלֶּכֶת לִפְנֵי גְּדוֹלֵי רוֹמִי, אָמְרוּ: כַּמָּה נָאוֹת פְּסִיעוֹתֶיהָ שֶׁל רִיבָה זוֹ, מִיָּד דִּקְדְּקָה בִּפְסִיעוֹתֶיהָ. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַאי דִּכְתִיב ״עֲוֹן עֲקֵבַי יְסוּבֵּנִי״? עֲוֹנוֹת שֶׁאָדָם דָּשׁ בַּעֲקֵבָיו בָּעוֹלָם הַזֶּה מְסוּבִּין לוֹ לְיוֹם הַדִּין.
La Guemara demande : Et pourquoi sa fille a-t-elle été condamnée à s’asseoir dans un bordel ? Comme le dit Rabbi Yoḥanan : Un jour, la fille de Rabbi Ḥanina ben Teradyon marchait devant les nobles de Rome, et ils dirent l’un à l’autre : Comme les pas de cette jeune femme sont gracieux. En entendant cela, elle prit immédiatement soin de continuer à marcher de telle sorte que ses pas continuent à leur plaire. Et c’est la même chose que ce que dit Rabbi Shimon ben Lakish : Quel est le sens de ce qui est écrit : « L’iniquité de mon talon m’entoure » (Psaumes 49:6) ? Cela signifie que les péchés qu’une personne foule du talon dans ce monde, c’est-à-dire qu’elle écarte et auxquels elle ne prête aucune attention parce qu’ils semblent sans importance, par exemple la manière dont on marche, viennent et l’entourent au Jour du Jugement.
בְּשָׁעָה שֶׁיָּצְאוּ שְׁלָשְׁתָּן, צִדְּקוּ עֲלֵיהֶם אֶת הַדִּין, הוּא אָמַר: ״הַצּוּר תָּמִים פׇּעֳלוֹ [וְגוֹ׳]״, וְאִשְׁתּוֹ אָמְרָה: ״אֵל אֱמוּנָה וְאֵין עָוֶל״, בִּתּוֹ אָמְרָה: ״גְּדֹל הָעֵצָה וְרַב הָעֲלִילִיָּה אֲשֶׁר עֵינֶיךָ פְקֻחוֹת עַל כׇּל דַּרְכֵי וְגוֹ׳״, אָמַר רַבִּי: [כַּמָּה] גְּדוֹלִים צַדִּיקִים הַלָּלוּ, שֶׁנִּזְדַּמְּנוּ לָהֶן שָׁלֹשׁ מִקְרָאוֹת שֶׁל צִדּוּק הַדִּין בִּשְׁעַת צִדּוּק הַדִּין.
La Guemara rapporte : Lorsque tous trois sortirent après avoir été condamnés, ils acceptèrent la justice du jugement de Dieu. Rabbi Ḥanina ben Teradyon dit : « Le Rocher, Son œuvre est parfaite ; car toutes Ses voies sont justice » (Deutéronome 32:4). Et sa femme dit la suite du verset : « Dieu de fidélité et sans iniquité. » Sa fille dit : « Grand en conseil et puissant en œuvre ; dont les yeux sont ouverts sur toutes les voies des fils des hommes, pour rendre à chacun selon ses voies » (Jérémie 32:19). Rabbi Yehuda HaNasi dit : Combien ces justes sont grands, puisque ces trois versets, qui parlent de l’acceptation du jugement de Dieu, leur vinrent à l’esprit au moment d’accepter la justice de Son jugement.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי יוֹסֵי בֶּן קִיסְמָא, הָלַךְ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן לְבַקְּרוֹ. אָמַר לוֹ: חֲנִינָא אָחִי, (אָחִי), אִי אַתָּה יוֹדֵעַ שֶׁאוּמָּה זוֹ מִן הַשָּׁמַיִם הִמְלִיכוּהָ? שֶׁהֶחְרִיבָה אֶת בֵּיתוֹ וְשָׂרְפָה אֶת הֵיכָלוֹ, וְהָרְגָה אֶת חֲסִידָיו וְאִבְּדָה אֶת טוֹבָיו, וַעֲדַיִין הִיא קַיֶּימֶת. וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי עָלֶיךָ שֶׁאַתָּה יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה [וּמַקְהִיל קְהִלּוֹת בָּרַבִּים], וְסֵפֶר מוּנָּח לְךָ בְּחֵיקֶךָ!
§ Les Sages ont enseigné : Lorsque Rabbi Yosei ben Kisma tomba malade, Rabbi Ḥanina ben Teradyon alla lui rendre visite. Rabbi Yosei ben Kisma lui dit : Ḥanina, mon frère, ne sais-tu pas que cette nation a reçu la domination par un décret du Ciel ? La preuve est que Rome a détruit le Temple de Dieu, et brûlé Son Sanctuaire, et tué Ses pieux, et détruit Ses meilleurs, et elle existe encore. De toute évidence, tout cela relève d’un décret Divin. Et pourtant, j’ai entendu dire à ton sujet que tu t’assieds et t’adonnes à l’étude de la Torah, et que tu rassembles des assemblées en public, et que tu as un rouleau de la Torah posé sur tes genoux, démontrant ainsi un mépris total pour les décrets émis par les Romains.
אָמַר לוֹ: מִן הַשָּׁמַיִם יְרַחֲמוּ. אָמַר לוֹ: אֲנִי אוֹמֵר לְךָ דְּבָרִים שֶׁל טַעַם, וְאַתָּה אוֹמֵר לִי ״מִן הַשָּׁמַיִם יְרַחֲמוּ״? תָּמֵהַּ אֲנִי אִם לֹא יִשְׂרְפוּ אוֹתְךָ וְאֶת סֵפֶר תּוֹרָה בָּאֵשׁ! אָמַר לוֹ: רַבִּי, מָה אֲנִי לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא?
Rabbi Ḥanina ben Teradyon lui dit : Le Ciel aura pitié et me protégera. Rabbi Yossei ben Kisma lui dit : Je te dis des choses raisonnables, et tu me dis : Le Ciel aura pitié ? Je me demande si les Romains ne brûleront pas à la fois toi et ton rouleau de Torah par le feu. Rabbi Ḥanina ben Teradyon lui dit : Mon maître, que va-t-il advenir de moi ? Suis-je destiné à la vie dans le Monde à venir ?
אָמַר לוֹ: כְּלוּם מַעֲשֶׂה בָּא לְיָדֶךָ? אָמַר לוֹ: מָעוֹת שֶׁל פּוּרִים נִתְחַלְּפוּ לִי בְּמָעוֹת שֶׁל צְדָקָה וְחִלַּקְתִּים לַעֲנִיִּים. אָמַר לוֹ: אִם כֵּן, מֵחֶלְקְךָ יְהִי חֶלְקִי וּמִגּוֹרָלְךָ יְהִי גּוֹרָלִי.
Rabbi Yosei ben Kisma lui dit : Un incident particulier t’est-il arrivé qui pourrait servir d’indication ? Rabbi Ḥanina ben Teradyon lui dit : J’ai confondu mes propres pièces dont j’avais besoin pour les festivités de Pourim avec des pièces de charité, et je les ai distribuées toutes aux pauvres à mes propres frais. Rabbi Yosei ben Kisma lui dit : Si c’est le cas, que ma part soit de ta part, et que mon sort soit de ton sort.
אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִים עַד שֶׁנִּפְטַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן קִיסְמָא, וְהָלְכוּ כׇּל גְּדוֹלֵי רוֹמִי לְקׇבְרוֹ וְהִסְפִּידוּהוּ הֶסְפֵּד גָּדוֹל, וּבַחֲזָרָתָן מְצָאוּהוּ לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה וּמַקְהִיל קְהִלּוֹת בָּרַבִּים וְסֵפֶר תּוֹרָה מוּנָּח לוֹ בְּחֵיקוֹ.
Les Sages dirent : Il ne se passa même pas quelques jours avant que Rabbi Yosei ben Kisma ne meure de sa maladie, et tous les notables romains allèrent l’enterrer, et ils firent son éloge avec une grande oraison funèbre. Et à leur retour, ils trouvèrent Rabbi Ḥanina ben Teradyon, qui était assis et étudiait la Torah et rassemblait des assemblées en public, avec un rouleau de la Torah posé sur ses genoux.
הֱבִיאוּהוּ וּכְרָכוּהוּ בְּסֵפֶר תּוֹרָה, וְהִקִּיפוּהוּ בַּחֲבִילֵי זְמוֹרוֹת וְהִצִּיתוּ בָּהֶן אֶת הָאוּר, וְהֵבִיאוּ סְפוֹגִין שֶׁל צֶמֶר וּשְׁרָאוּם בְּמַיִם וְהִנִּיחוּם עַל לִבּוֹ, כְּדֵי שֶׁלֹּא תֵּצֵא נִשְׁמָתוֹ מְהֵרָה. אָמְרָה לוֹ בִּתּוֹ: אַבָּא, אֶרְאֲךָ בְּכָךְ? אֲמַר לַהּ: אִילְמָלֵי אֲנִי נִשְׂרַפְתִּי לְבַדִּי הָיָה הַדָּבָר קָשֶׁה לִי, עַכְשָׁיו שֶׁאֲנִי נִשְׂרָף וְסֵפֶר תּוֹרָה עִמִּי, מִי שֶׁמְבַקֵּשׁ עֶלְבּוֹנָהּ שֶׁל סֵפֶר תּוֹרָה הוּא יְבַקֵּשׁ עֶלְבּוֹנִי.
Ils l’amenèrent pour être condamné, et l’enveloppèrent dans un rouleau de la Torah, l’entourèrent de fagots de branches, et y mirent le feu. Et ils apportèrent des touffes de laine, les trempèrent dans l’eau, et les placèrent sur son cœur, afin que son âme ne quitte pas son corps rapidement, mais qu’il meure lentement et dans la douleur. Sa fille lui dit : Père, dois-je te voir ainsi ? Rabbi Ḥanina ben Teradyon lui dit : Si j’étais brûlé moi seul, cela me serait difficile, mais maintenant que je brûle avec un rouleau de la Torah, Celui qui demandera réparation pour l’outrage fait au rouleau de la Torah demandera aussi réparation pour l’outrage fait à moi.
אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבִּי, מָה אַתָּה רוֹאֶה? אָמַר לָהֶן: (גִּלְיוֹן) [גְּוִילִין] נִשְׂרָפִין וְאוֹתִיּוֹת פּוֹרְחוֹת. אַף אַתָּה פְּתַח פִּיךָ וְתִכָּנֵס בְּךָ הָאֵשׁ. אָמַר לָהֶן: מוּטָב שֶׁיִּטְּלֶנָּה מִי שֶׁנְּתָנָהּ, וְאַל יְחַבֵּל הוּא בְּעַצְמוֹ.
Ses élèves lui dirent : Notre maître, que vois-tu ? Rabbi Ḥanina ben Teradyon leur dit : Je vois le parchemin brûler, mais ses lettres s’envolent vers les cieux. Ils lui dirent : Toi aussi, ouvre la bouche et le feu entrera en toi, et tu mourras rapidement. Rabbi Ḥanina ben Teradyon leur dit : Il est préférable que Celui qui m’a donné mon âme me la reprenne, et qu’on ne se fasse pas de mal à soi-même pour hâter sa mort.
אָמַר לוֹ קְלַצְטוֹנֵירִי: רַבִּי, אִם אֲנִי מַרְבֶּה בַּשַּׁלְהֶבֶת וְנוֹטֵל סְפוֹגִין שֶׁל צֶמֶר מֵעַל לִבְּךָ, אַתָּה מְבִיאֵנִי לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא? אָמַר לוֹ: הֵן. הִשָּׁבַע לִי, נִשְׁבַּע לוֹ. מִיָּד הִרְבָּה בַּשַּׁלְהֶבֶת וְנָטַל סְפוֹגִין שֶׁל צֶמֶר מֵעַל לִבּוֹ, יָצְאָה נִשְׁמָתוֹ בִּמְהֵרָה. אַף הוּא קָפַץ וְנָפַל לְתוֹךְ הָאוּר.
Le bourreau [kaltzatoniri] lui dit : Mon maître, si j’augmente la flamme et retire les touffes de laine de ton cœur, afin que tu meures plus vite et souffres moins, m’amèneras-tu à la vie du Monde à Venir ? Rabbi Ḥanina ben Teradyon dit au bourreau : Oui. Le bourreau dit : Jure-le-moi, que ce que tu dis est vrai. Rabbi Ḥanina ben Teradyon prêta le serment pour lui, et le bourreau augmenta immédiatement la flamme et retira les touffes de laine de son cœur, faisant quе son âme quitte son corps rapidement. Le bourreau sauta lui aussi et tomba dans le feu et mourut.
יָצְאָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: רַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן וּקְלַצְטוֹנֵירִי מְזוּמָּנִין הֵן לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא. בָּכָה רַבִּי וְאָמַר: יֵשׁ קוֹנֶה עוֹלָמוֹ בְּשָׁעָה אַחַת, וְיֵשׁ קוֹנֶה עוֹלָמוֹ בְּכַמָּה שָׁנִים.
Une Voix Divine surgit et dit : Rabbi Ḥanina ben Teradyon et le bourreau sont destinés à la vie du Monde à Venir. En entendant cela, Rabbi Yehuda HaNasi pleura et dit : Il y a celui qui acquiert sa part dans le Monde à Venir en un seul instant, comme le bourreau, et il y a celui qui acquiert sa part dans le Monde à Venir seulement après de nombreuses années de labeur, comme Rabbi Ḥanina ben Teradyon.
בְּרוּרְיָא דְּבֵיתְהוּ דְּרַבִּי מֵאִיר, בְּרַתֵּיה דְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן הֲוַאי, אֲמַרָה לֵיהּ: זִילָא בִּי מִלְּתָא דְּיָתְבָא אֲחָתַאי בְּקוּבָּה שֶׁל זוֹנוֹת. שְׁקַל תַּרְקַבָּא דְּדִינָרֵי וַאֲזַל, אֲמַר: אִי לָא אִיתְעֲבִיד בַּהּ אִיסּוּרָא — (מִיתְעֲבִיד) [מִתְרְחִישׁ] נִיסָּא, אִי עֲבַדָה אִיסּוּרָא — לָא (אִיתְעֲבִיד) [מִתְרְחִישׁ] לַהּ נִיסָּא.
§ La Guemara raconte : Berouria, l’épouse de Rabbi Meir, était la fille de Rabbi Ḥanina ben Teradyon. Elle dit à Rabbi Meir : C’est une chose déshonorante pour moi que ma sœur soit assise dans un bordel ; tu dois faire quelque chose pour la sauver. Rabbi Meir prit un récipient [tarkeva] plein de dinars et partit. Il se dit à lui-même : Si aucune transgression n’a été commise avec elle, un miracle sera accompli pour elle ; si elle a commis une transgression, aucun miracle ne sera accompli pour elle.
אֲזַל נְקַט נַפְשֵׁיהּ כְּחַד פָּרָשָׁא, אֲמַר לַהּ: (הַשְׁמִיעִנִי) [הִשָּׁמְעִי] לִי. אֲמַרָה לֵיהּ: דַּשְׁתָּנָא אֲנָא. אֲמַר לַהּ: מִתָּרַחְנָא (מִרְתָח). אֲמַרָה לֵיהּ: נְפִישָׁן טוּבָא (וְאִיכָּא טוּבָא הָכָא) דְּשַׁפִּירָן מִינַּאי. אָמַר: שְׁמַע מִינַּהּ לָא עֲבַדָה אִיסּוּרָא, כֹּל דְּאָתֵי אָמְרָה לֵיהּ הָכִי.
Rabbi Meïr alla se déguiser en chevalier romain, et lui dit : Accède à mes désirs, c’est-à-dire aie des rapports sexuels avec moi. Elle lui dit : Je suis menstruée [dashtana] et je ne peux pas. Il lui dit : J’attendrai. Elle lui dit : Il y a beaucoup de femmes dans le bordel, et il y a beaucoup de femmes ici qui sont plus belles que moi. Il se dit à lui-même : Je peux conclure de ses réponses qu’elle n’a pas commis de transgression, car elle a vraisemblablement dit cela à tous ceux qui viennent.
אֲזַל לְגַבֵּי שׁוֹמֵר דִּידַהּ, אֲמַר לֵיהּ: הֲבַהּ נִיהֲלַי, אֲמַר לֵיהּ: מִיסְתְּפֵינָא מִמַּלְכוּתָא, אֲמַר לֵיהּ: שְׁקוֹל תַּרְקַבָּא דְּדִינָרֵי, פַּלְגָא פְּלַח וּפַלְגָא לֶהֱוֵי לָךְ, אֲמַר לֵיהּ: וְכִי שָׁלְמִי מַאי אֶיעְבֵּיד? אֲמַר לֵיהּ: אֵימָא ״אֱלָהָא דְּמֵאִיר עֲנֵנִי״ וּמִתַּצְּלַתְּ, אֲמַר לֵיהּ:
Rabbi Meir s'approcha de son gardien et lui dit : Donne-la-moi. Le gardien lui dit : J'ai peur que, si je fais cela, je sois puni par le gouvernement. Rabbi Meir lui dit : Prends ce récipient rempli de dinars ; donne la moitié au gouvernement comme pot-de-vin, et l'autre moitié sera pour toi. Le gardien lui dit : Mais quand l'argent sera épuisé, que ferai-je ? Rabbi Meir lui dit : Dis : Dieu de Meir, réponds-moi ! Et tu seras sauvé. Le gardien lui dit :