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דִּנְכִיס יִצְרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ אִידַּךְ: נֵיזִיל אַפִּיתְחָא דְּבֵי זוֹנוֹת וְנִכְפְּיֵיהּ לְיִצְרִין וּנְקַבֵּל אַגְרָא. כִּי מָטוּ הָתָם, חֲזוֹנְהוּ [לְזוֹנוֹת], אִיתְכְּנַעוּ מִקַּמַּיְיהוּ.
car l’inclination à se livrer à l’idolâtrie a été abattue et la tentation de pécher de cette manière n’existe plus. L’autre lui dit : Passons par le chemin qui mène à l’entrée du bordel et maîtrisons notre inclination, et ainsi recevons une récompense. Lorsqu’ils arrivèrent là, ils virent que les prostituées cédèrent devant leur présence, c’est-à-dire qu’elles entrèrent dans le bâtiment par respect pour les Sages.
אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לֵיהּ: ״מְזִמָּה תִּשְׁמֹר עָלֶיךָ תְּבוּנָה תִנְצְרֶכָּה״.
L’un dit à l’autre : D’où as-tu su cela, que les prostituées se retireraient de devant nous par embarras ? Il lui dit : Il est écrit : « De la débauche [mezimma] elle veillera sur toi ; le discernement te gardera » (Proverbes 2:11), c’est-à-dire que la Torah servira de protection contre la débauche.
אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: מַאי ״מְזִמָּה״? אִילֵימָא תּוֹרָה, דִּכְתִיב בַּהּ ״זִמָּה״ וּמְתַרְגְּמִינַן: עֵצַת חִטְאִין, וּכְתִיב: ״הִפְלִיא עֵצָה הִגְדִּיל תּוּשִׁיָּה״. אִי הָכִי, ״זִמָּה״ מִבְּעֵי לֵיהּ! הָכִי קָאָמַר: מִדְּבַר זִימָּה תִּשְׁמוֹר עָלֶיךָ, תּוֹרָה תִנְצְרֶכָּה.
Les Sages dirent à Rava : Quel est le sens de mezimma ? Si nous disons que cela fait référence à la Torah qui te gardera, comme il est écrit en elle : « Zimma » (Lévitique 18:17), et nous traduisons ce terme par : Le conseil des [atzat] pécheurs, montrant que zimma fait référence au conseil ou à la sagesse, et le terme etza est aussi écrit au sujet de la Torah : « Cela aussi vient du Seigneur des armées : Merveilleux est Son conseil [etza], et grande est Sa sagesse » (Isaïe 28:29), cela est difficile. La Guemara explique la difficulté : Si tel est le cas, le verset aurait dû dire : Zimma, et non mezimma. Au contraire, voici ce que le verset dit : Des choses lubriques [midevar zimma], elle veillera sur toi, la Torah te gardera, c’est-à-dire que le terme discernement est une référence à la Torah.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁנִּתְפְּסוּ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא וְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן, אָמַר לוֹ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן: אַשְׁרֶיךָ שֶׁנִּתְפַּסְתָּ עַל דָּבָר אֶחָד, אוֹי לִי שֶׁנִּתְפַּסְתִּי עַל חֲמִשָּׁה דְּבָרִים.
§ La Guemara revient à sa discussion des jugements des Sages par les dirigeants romains. Les Sages ont enseigné : Lorsque Rabbi Elazar ben Perata et Rabbi Ḥanina ben Teradyon furent arrêtés par les Romains à l’époque de la persécution religieuse du peuple juif, Rabbi Elazar ben Perata dit à Rabbi Ḥanina ben Teradyon : Heureux es-tu, car tu as été arrêté pour une seule accusation seulement, celle d’enseigner la Torah en public ; malheur à moi, car j’ai été arrêté pour cinq accusations.
אָמַר לוֹ רַבִּי חֲנִינָא: אַשְׁרֶיךָ שֶׁנִּתְפַּסְתָּ עַל חֲמִשָּׁה דְּבָרִים וְאַתָּה נִיצּוֹל, אוֹי לִי שֶׁנִּתְפַּסְתִּי עַל דָּבָר אֶחָד וְאֵינִי נִיצּוֹל, שֶׁאַתָּה עָסַקְתָּ בַּתּוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים, וַאֲנִי לֹא עָסַקְתִּי אֶלָּא בַּתּוֹרָה [בִּלְבָד].
Rabbi Ḥanina ben Teradyon lui dit : Heureux es-tu, car tu as été arrêté sous cinq chefs d’accusation, mais tu seras sauvé ; malheur à moi, car j’ai été arrêté sous un seul chef d’accusation, mais je ne serai pas sauvé. Tu seras sauvé parce que tu t’es consacré à l’étude de la Torah et aux actes de charité, tandis que moi, je me suis consacré à l’étude de la Torah seulement.
וְכִדְרַב הוּנָא, דְּאָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בִּלְבַד דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֱלוֹהַּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיָמִים רַבִּים לְיִשְׂרָאֵל לְלֹא אֱלֹהֵי אֱמֶת וְגוֹ׳״. מַאי ״לְלֹא אֱלֹהֵי אֱמֶת״? שֶׁכׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בִּלְבַד דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁאֵין לוֹ אֱלוֹהַּ.
La Guemara commente : Et cela est conforme à une déclaration de Rav Houna, car Rav Houna dit : Quiconque s’occupe uniquement de l’étude de la Torah est considéré comme quelqu’un qui n’a pas de Dieu. Comme il est dit : « Pendant de longues périodes, Israël fut sans le vrai Dieu, sans prêtre enseignant, et sans la Torah » (II Chroniques 15:3). Que signifie « sans le vrai Dieu » ? Cela enseigne que quiconque se consacre uniquement à l’étude de la Torah est considéré comme quelqu’un qui n’a pas le vrai Dieu.
וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים לֹא עָסַק? וְהָתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: לֹא יִתֵּן אָדָם מְעוֹתָיו לְאַרְנָקִי שֶׁל צְדָקָה אֶלָּא אִם כֵּן מְמוּנֶּה עָלָיו תַּלְמִיד חָכָם כְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן! (הֵימְנוּהּ) [הֵימוֹנֵי] הוּא דַּהֲוָה מְהֵימַן, מֶיעְבַּד לָא עֲבַד.
La Guemara demande : Et est-il vrai que Rabbi Ḥanina ben Teradyon ne se livrait pas à des actes de charité ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Une personne ne doit pas donner son argent à la caisse de charité [le’arnakei] à moins qu’un érudit de Torah tel que Rabbi Ḥanina ben Teradyon ne soit nommé pour la superviser ? La Guemara répond : On lui faisait confiance pour distribuer la charité avec honnêteté et intégrité, mais lui-même n’accomplissait pas d’actes de charité.
וְהָתַנְיָא, אָמַר לוֹ: מָעוֹת שֶׁל פּוּרִים נִתְחַלְּפוּ לִי בְּמָעוֹת שֶׁל צְדָקָה וְחִלַּקְתִּים לַעֲנִיִּים! מֶיעְבַּד עֲבַד, כִּדְבָעֵי לֵיהּ לָא עֲבַד.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que Rabbi Ḥanina ben Teradyon a dit à Rabbi Yosei ben Kisma : J’ai confondu mes propres pièces dont j’avais besoin pour les festivités de Pourim avec des pièces de charité, et je les ai distribuées toutes aux pauvres à mes propres frais. Comment alors peut-on dire qu’il ne s’est jamais engagé dans des actes de charité ? La Guemara répond : Il a bien accompli des actes de charité, mais il n’en a pas accompli autant qu’il aurait dû, compte tenu de sa richesse.
אַתְיוּהּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא, אֲמַרוּ: מַאי טַעְמָא תָּנֵית, וּמַאי טַעְמָא גָּנְבַתְּ? אֲמַר לְהוּ: אִי סַיָּיפָא לָא סָפְרָא, וְאִי סָפְרָא לָא סַיָּיפָא, וּמִדְּהָא לֵיתַהּ הָא נָמֵי לֵיתַהּ. וּמַאי טַעְמָא קָרוּ לָךְ ״רַבִּי״? רַבָּן שֶׁל תַּרְסִיִּים אֲנִי.
La Guemara revient à la description du procès des Sages. Les Romains amenèrent Rabbi Elazar ben Perata pour son procès et dirent : Quelle est la raison pour laquelle tu as enseigné la Torah, et quelle est la raison pour laquelle tu as volé, car tels étaient les crimes dont il était accusé. Rabbi Elazar ben Perata leur dit : Si quelqu’un est un brigand armé [sayafa], il n’est pas un érudit [safra], et si quelqu’un est un érudit, il n’est pas un brigand armé, c’est-à-dire que je suis accusé de deux crimes mutuellement exclusifs ; et du fait que cette caractérisation n’est pas vraie, on peut aussi conclure que cette autre caractérisation n’est pas non plus vraie. Ils lui demandèrent : Mais si tu n’enseignes pas la Torah, alors quelle est la raison pour laquelle on t’appelle rabbi ? Il répondit : Je suis le maître [rabban] des tisserands [tarsiyyim].
אַיְיתוֹ לֵיהּ תְּרֵי קִיבּוּרֵי, אֲמַרוּ לֵיהּ: הֵי דְּשִׁתְיָא וְהֵי דְּעִרְבָּא? אִיתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא, (אָתְיָא) [אֲתַאי] זִיבּוּרִיתָא אִיתִּיב עַל דְּשִׁתְיָא, וַאֲתָאי זִיבּוּרָא וִיתֵיב עַל דְּעִרְבָּא. אֲמַר לְהוּ: הַאי דְּשִׁתְיָא וְהַאי דְּעִרְבָּא.
Afin de déterminer si Rabbi Elazar ben Perata était réellement un tisserand expert, on lui apporta deux écheveaux de laine et on lui dit : Lequel est la chaîne, et lequel est la trame ? Les fils utilisés pour chacune diffèrent par leur épaisseur et leur résistance et seraient immédiatement reconnaissables pour un expert. Un miracle se produisit, car une frelonne vint et se posa sur l’écheveau de la chaîne, et un frelon mâle vint et se posa sur l’écheveau de la trame. Rabbi Elazar ben Perata leur dit : Ceci est un écheveau de chaîne, et cela est un écheveau de trame. Il comprit que le frelon mâle était un signe que l’écheveau était la trame, car la trame est passée à travers la chaîne, tandis que la chaîne, qui est fixée au métier à tisser et reçoit la trame, était celle sur laquelle la frelonne s’était posée, de même que la femelle d’une espèce reçoit le mâle.
אֲמַרוּ לֵיהּ: וּמַאי טַעְמָא לָא אָתֵית לְבֵי אֲבִידָן? אֲמַר לְהוּ: זָקֵן הָיִיתִי וּמִתְיָירֵא אֲנִי שֶׁמָּא תִּרְמְסוּנִי בְּרַגְלֵיכֶם. [אֲמַרוּ]: וְעַד הָאִידָּנָא כַּמָּה סָבֵי אִיתְרְמוּס? אִתְרְחִישׁ נִיסָּא, הַהוּא יוֹמָא אִירְמַס חַד סָבָא.
Les Romains lui dirent : Et quelle est la raison pour laquelle tu n’es pas venu à la maison d’Abidan ? C’était un lieu de rassemblement où se tenaient des débats sur la sagesse et la foi. Rabbi Elazar ben Perata leur dit : J’étais vieux et je craignais que peut-être je sois piétiné sous vos pieds, en raison des foules immenses. Les Romains dirent : Et jusqu’à présent, combien d’anciens ont été piétinés là-bas, pour que tu t’inquiètes d’une telle possibilité ? La Guemara commente : Un miracle se produisit, et ce jour-là, un vieil homme fut piétiné.
וּמַאי טַעְמָא קָא שָׁבְקַתְּ עַבְדָּךְ לְחֵירוּת? אֲמַר לְהוּ: לֹא הָיוּ דְבָרִים מֵעוֹלָם. קָם חַד [מִינַּיְיהוּ] לְאַסְהוֹדֵי בֵּיהּ, אֲתָא אֵלִיָּהוּ אִידְּמִי לֵיהּ כְּחַד מֵחַשִּׁובֵי דְּמַלְכוּתָא, אֲמַר לֵיהּ: מִדְּאִתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא בְּכוּלְּהוּ, בְּהָא נָמֵי אִתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא, וְהָהוּא גַּבְרָא בִּישׁוּתֵיהּ הוּא דְּקָא (אַחְוִי) [מַחְוֵי].
Les Romains demandèrent à Rabbi Elazar ben Perata : Et quelle est la raison pour laquelle tu as affranchi ton esclave ? Rabbi Elazar ben Perata leur dit : Cette chose n’est jamais arrivée. L’un d’eux se leva pour témoigner contre lui, et Élie vint déguisé en l’un des nobles romains, et il dit à cet individu : Du fait que des miracles se sont produits pour Rabbi Elazar ben Perata dans tous les autres cas, dans ce cas également un miracle se produira pour lui, et cet homme, c’est-à-dire toi, ne fait que démontrer sa méchanceté, car tu ne peux pas réussir dans ton dessein et tu ne fais que montrer à quel point tu es désespéré de causer du tort.
וְלָא אַשְׁגַּח בֵּיהּ, קָם לְמֵימַר לְהוּ. הֲוָה כְּתִיבָא אִיגַּרְתָּא, דַּהֲוָה כְּתִיב מֵחַשִּׁיבֵי דְּמַלְכוּת לְשַׁדּוֹרֵי לְבֵי קֵיסָר, וְשַׁדְּרוּהָ עַל יְדֵיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא. אֲתָא אֵלִיָּהוּ פַּתְקֵיהּ אַרְבַּע מְאָה פַּרְסֵי, אֲזַל וְלָא אֲתָא.
Mais l’homme ne lui prêta aucune attention, et se leva pour donner son témoignage devant eux. À ce moment-là, il y avait une lettre écrite qui avait été composée par certains des hommes les plus importants de l’Empire romain afin de l’envoyer à la cour de l’Empereur, et ils l’avaient envoyée en la possession de cet homme, c’est-à-dire le témoin potentiel. Élie vint et la jeta à une distance de quatre cents parasanges. L’homme s’en alla et ne revint pas, et par conséquent toutes les accusations contre le rabbin Elazar ben Perata furent abandonnées.
אַתְיוּהּ לְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן תְּרַדְיוֹן, אֲמַרוּ לֵיהּ: אַמַּאי קָא עָסְקַתְּ בְּאוֹרָיְיתָא? אֲמַר לְהוּ: ״כַּאֲשֶׁר צִוַּנִי ה׳ אֱלֹהָי״. מִיָּד גָּזְרוּ עָלָיו לִשְׂרֵיפָה, וְעַל אִשְׁתּוֹ לַהֲרִיגָה, וְעַל בִּתּוֹ לֵישֵׁב בְּקוּבָּה שֶׁל זוֹנוֹת. עָלָיו לִשְׂרֵיפָה — שֶׁהָיָה
Les Romains amenèrent Rabbi Ḥanina ben Teradyon en jugement, et lui dirent : Pourquoi t’occupais-tu de la Torah ? Rabbi Ḥanina ben Teradyon leur dit, en citant un verset : « Comme l’Éternel mon Dieu me l’a ordonné » (Deutéronome 4:5). Ils le condamnèrent immédiatement à la mort par le feu, et condamnèrent sa femme à l’exécution par décapitation, et sa fille fut condamnée à s’asseoir dans un bordel [kubba shel zonot]. La Guemara explique le décret divin selon lequel il devait recevoir cette punition : Lui fut condamné à mort par le feu, car il

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