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וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה. רַב אָשֵׁי אָמַר: סְתָם אֲרִי שָׁבוּר הוּא אֵצֶל מְלָאכָה.
et cela est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda dans la michna en 14b, selon laquelle il est permis de vendre à un non-Juif du gros bétail endommagé. Cependant, il est interdit de vendre de grosses bêtes non endommagées, tout comme on ne peut pas vendre de gros bétail non endommagé. Rav Ashi dit : Il n’est pas nécessaire d’expliquer que la michna parle d’un cas aussi spécifique. Au contraire, un lion ordinaire est considéré comme endommagé en ce qui concerne le travail, car les lions ne sont généralement pas utilisés pour effectuer un travail. Il n’y a donc pas lieu de craindre qu’un lion soit utilisé pour effectuer un travail interdit pendant Chabbat.
מֵיתִיבִי: כְּשֵׁם שֶׁאֵין מוֹכְרִין לָהֶן בְּהֵמָה גַּסָּה, כָּךְ אֵין מוֹכְרִין לָהֶן חַיָּה גַּסָּה, וַאֲפִילּוּ בִּמְקוֹם שֶׁמּוֹכְרִין לָהֶן בְּהֵמָה דַּקָּה — חַיָּה גַּסָּה אֵין מוֹכְרִין לָהֶן. תְּיוּבְתָּא דְּרַב חָנָן בַּר רָבָא, תְּיוּבְתָּא.
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : De même qu’on ne peut pas vendre de gros bétail à des gentils, de même on ne peut pas leur vendre de grandes bêtes. Et même dans un endroit où les gens avaient l’habitude de vendre du petit bétail à des gentils, néanmoins on ne peut pas leur vendre de grandes bêtes. La Guemara conclut : La réfutation de l’opinion de Rav Ḥanan bar Rava est une réfutation concluante.
רָבִינָא רָמֵי מַתְנִיתִין אַבָּרַיְיתָא וּמְשַׁנֵּי, תְּנַן: אֵין מוֹכְרִין לָהֶן דּוּבִּין וַאֲרָיוֹת וְלֹא כׇּל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ נֶזֶק לָרַבִּים, טַעְמָא דְּאִית בֵּיהּ נֶזֶק, הָא לֵית בֵּיהּ נֶזֶק — מוֹכְרִין.
La Guemara présente une version différente de cette discussion. Ravina soulève une contradiction entre la michna ici et une baraita et résout la contradiction. Nous avons appris dans la michna : On ne peut pas vendre des ours, ou des lions, ou tout objet pouvant causer un préjudice au public, à des gentils. Ravina analyse la michna : La raison pour laquelle une bête telle qu’un lion ne peut pas être vendue à des gentils est qu’elle peut causer un préjudice au public, d’où l’on peut déduire que, concernant une autre bête, qui ne cause pas de préjudice au public, on peut la vendre à des gentils.
וּרְמִינְהִי: כְּשֵׁם שֶׁאֵין מוֹכְרִין בְּהֵמָה גַּסָּה, כָּךְ אֵין מוֹכְרִין חַיָּה גַּסָּה, וַאֲפִילּוּ בִּמְקוֹם שֶׁמּוֹכְרִין בְּהֵמָה דַּקָּה, חַיָּה גַּסָּה אֵין מוֹכְרִין. וּמְשַׁנֵּי: בַּאֲרִי שָׁבוּר, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה. רַב אָשֵׁי אָמַר: סְתָם אֲרִי שָׁבוּר הוּא אֵצֶל מְלָאכָה.
Et Ravina soulève une contradiction à partir d’une baraita : De même qu’on ne peut pas vendre de gros bétail à des gentils, de même on ne peut pas leur vendre de grandes bêtes sauvages. Et même dans un endroit où les gens avaient l’habitude de vendre du petit bétail à des gentils, on ne peut pas leur vendre de grandes bêtes sauvages. La baraita indique qu’on ne peut jamais vendre de grandes bêtes sauvages à des gentils, même si cela ne présente aucun danger pour le public. Et Ravina résout la contradiction entre la michna et la baraita : La règle de la michna est énoncée au sujet d’un lion blessé, conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda. Rav Ashi dit qu’il y a une autre explication : Un lion ordinaire est considéré comme blessé en ce qui concerne le travail.
מַתְקֵיף לַהּ רַב נַחְמָן: מַאן לֵימָא לַן דַּאֲרִי חַיָּה גַּסָּה הִיא? דִּלְמָא חַיָּה דַּקָּה הִיא!
Rav Naḥman objecte à l’inférence tirée de la michna : Qui nous dira qu’un lion est considéré comme une grande bête ? Peut-être est-il considéré comme une petite bête, auquel cas on ne peut pas déduire que la michna permet la vente de grandes bêtes.
רַב אָשֵׁי דָּיֵיק מַתְנִיתִין וּמוֹתֵיב תְּיוּבְתָּא, תְּנַן: אֵין מוֹכְרִין לָהֶן דּוּבִּים וַאֲרָיוֹת וְלֹא כׇּל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ נֶזֶק לָרַבִּים. טַעְמָא דְּאִית בֵּיהּ נֶזֶק, הָא לֵית בֵּיהּ נֶזֶק מוֹכְרִין.
La Guemara explique : Rav Ashi a examiné la michna ici attentivement, et à partir de celle-ci il soulève une réfutation de l’opinion de Rav Ḥanan bar Rava, qui a permis la vente de grosses bêtes. Nous avons appris dans la michna : On ne peut pas vendre des ours, ou des lions, ou tout objet pouvant causer un dommage au public, à des gentils. Rav Ashi en a déduit deux conclusions. Premièrement, la raison pour laquelle une bête telle qu’un lion ne peut pas être vendue à des gentils est qu’elle peut causer un dommage au public, tandis que, concernant une bête qui ne cause pas de dommage au public, on peut la vendre à des gentils. Cette déduction a été citée en contradiction avec l’opinion de Rav, comme expliqué précédemment.
וְטַעְמָא אֲרִי, דִּסְתָם אֲרִי שָׁבוּר הוּא אֵצֶל מְלָאכָה, אֲבָל מִידֵּי אַחֲרִינָא דְּעָבֵיד מְלָאכָה — לָא. תְּיוּבְתָּא דְּרַב חָנָן בַּר רָבָא, תְּיוּבְתָּא.
Et Rav Ashi en déduisit alors, afin de résoudre l’opinion de Rav, que la raison pour laquelle la michna précise qu’on peut vendre un lion s’il ne présente pas de danger pour le public est qu’un lion ordinaire est considéré comme impropre au travail. Mais un autre animal qui effectue un travail ne peut pas être vendu. Cela présente une difficulté pour l’opinion de Rav Ḥanan bar Rava. La Guemara conclut : La réfutation de l’opinion de Rav Ḥanan bar Rava est une réfutation concluante.
וְחַיָּה גַּסָּה מִיהַת מַאי מְלָאכָה עָבְדָא? אָמַר אַבָּיֵי: אֲמַר לִי מָר יְהוּדָה, דְּבֵי מָר יוֹחָנִי טָחֲנִי רֵיחַיִם בַּעֲרוֹדֵי.
La Guemara demande : Mais en tout état de cause, quel travail une grosse bête peut-elle accomplir ? Pourquoi est-il nécessaire d’interdire la vente de grosses bêtes si elles ne sont pas dressées à accomplir un quelconque travail ? Abaye a dit : Mar Yehouda m’a dit que dans la maison de Mar Yoḥani, on fait tourner la meule avec des ânes sauvages, qui sont considérés comme de grosses bêtes.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב יְהוּדָה, אֲמַר לַן: גְּמִירוּ מִינַּאי הָא מִילְּתָא, דְּמִגַּבְרָא רַבָּה שְׁמִיעַ לִי, וְלָא יָדַעְנָא אִי מֵרַב אִי מִשְּׁמוּאֵל: חַיָּה גַּסָּה הֲרֵי הִיא כִּבְהֵמָה דַּקָּה לְפִירְכּוּס.
§ Rabbi Zeira a dit : Lorsque nous étions dans la maison d’étude de Rav Yehuda, il nous a dit : Apprenez de moi cette chose, que j’ai entendue d’un grand homme, mais je ne sais pas si je l’ai entendue de Rav ou de Shmuel : Le statut d’une grande bête est comme celui du petit bétail en ce qui concerne un spasme, c’est-à-dire les signes de vitalité requis au moment de l’abattage.
כִּי אֲתַאי לְקוּרְקוּנְיָא, אַשְׁכַּחְתֵּיהּ לְרַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי, וְיָתֵיב וְקָאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: חַיָּה גַּסָּה הֲרֵי הִיא כִּבְהֵמָה דַּקָּה לְפִירְכּוּס. אָמֵינָא: שְׁמַע מִינַּהּ מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל אִיתְּמַר. כִּי אֲתַאי לְסוּרָא, אַשְׁכַּחְתֵּיהּ לְרַבָּה בַּר יִרְמְיָה דְּיָתֵיב וְקָאָמַר לַהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: חַיָּה גַּסָּה הֲרֵי הִיא כִּבְהֵמָה דַּקָּה לְפִירְכּוּס. אָמֵינָא: שְׁמַע מִינַּהּ אִיתְּמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב וְאִיתְּמַר מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.
Rabbi Zeira poursuivit : Lorsque je suis arrivé à la ville de Korkoneya, j’ai trouvé Rav Ḥiyya bar Ashi assis en train de dire au nom de Shmuel : Le statut d’une grande bête est comme celui du petit bétail en ce qui concerne un spasme. Je me suis dit : On peut conclure de là que cela a été dit au nom de Shmuel. Lorsque je suis arrivé à Sura, j’ai trouvé Rabba bar Yirmeya assis en train de dire au nom de Rav : Le statut d’une grande bête est comme celui du petit bétail en ce qui concerne un spasme. Je me suis dit : On peut conclure de là que cela a été dit au nom de Rav, et a aussi été dit au nom de Shmuel.
כִּי סְלֵיקִית לְהָתָם, אַשְׁכַּחְתֵּיהּ לְרַב אַסִּי דְּיָתֵיב וְקָאָמַר: אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: חַיָּה גַּסָּה הֲרֵי הִיא כִּבְהֵמָה דַּקָּה לְפִירְכּוּס. אֲמַרִי לֵיהּ: וְלָא סָבַר לַהּ מָר דְּמַאן מָרָא דִּשְׁמַעְתְּתָא רַבָּה בַּר יִרְמְיָה? אָמַר לִי: פַּתְיָא אוּכָּמָא, מִינַּאי וּמִינָּךְ תִּסְתַּיֵּים שְׁמַעְתָּא.
Lorsque je montai là-bas, en Eretz Yisrael, je trouvai Rav Asi assis en train de dire que Rav Ḥama bar Gurya dit au nom de Rav : Le statut d'une grande bête est comme celui du petit bétail en ce qui concerne un spasme. Je lui dis : Et le Maître ne soutient-il pas que le Maître responsable de la transmission de cette halakha est Rabba bar Yirmeya ? Pourquoi ne lui attribues-tu pas cette déclaration ? Rav Asi me dit : Marmite noire [patya], un terme affectueux pour un érudit qui travaille dur à étudier la Torah : De moi et de toi cette halakha peut être déduite. En d'autres termes, nos deux déclarations doivent être combinées pour former une attribution exacte de la halakha.
אִיתְּמַר נָמֵי: אָמַר רַבִּי זֵירָא, אָמַר רַב אַסִּי, אָמַר רַבָּה בַּר יִרְמְיָה, אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא, אָמַר רַב: חַיָּה גַּסָּה הֲרֵי הִיא כִּבְהֵמָה דַּקָּה לְפִירְכּוּס.
La Guemara note qu’en réalité, cette décision a également été énoncée : Rabbi Zeira dit que Rav Asi dit que Rabba bar Yirmeya dit que Rav Ḥama bar Gurya dit que Rav dit : Le statut d’une grande bête est comme celui du petit bétail en ce qui concerne un spasme.
אֵין בּוֹנִין כּוּ׳. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שָׁלֹשׁ בָּסִילְקָאוֹת הֵן, שֶׁל מְלָכִים, וְשֶׁל מֶרְחֲצָאוֹת, וְשֶׁל אוֹצָרוֹת. אָמַר רָבָא: שְׁתַּיִם לְהֶיתֵּר וְאֶחָד לְאִיסּוּר, וְסִימָן: ״לֶאְסֹר מַלְכֵיהֶם בְּזִקִּים״.
§ La michna enseigne que l’on ne peut pas construire une basilique en association avec des gentils. Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : Il y a trois types de basiliques : Celles des rois, et celles des bains, et celles des entrepôts. Rava dit : Deux de ces types sont permis, car ils ne sont pas utilisés pour infliger la peine de mort, et un est interdit [le’isor]. Et un moyen mnémotechnique pour cette décision, selon laquelle la basilique des rois est interdite, est le verset : « Pour lier [le’esor] leurs rois avec des chaînes » (Psaumes 149:8).
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רָבָא: כּוּלָּם לְהֶיתֵּר. וְהָתְנַן: אֵין בּוֹנִין עִמָּהֶן בָּסִילְקֵי, גַּרְדּוֹם, אִיצְטַדְיָיא וּבִימָה! אֵימָא: שֶׁל גַּרְדּוֹם וְשֶׁל אִיצְטַדְיָיא וְשֶׁל בִּימָה.
Et il y a ceux qui disent que c’est ce que dit Rava : Tous ces types de basilique sont autorisés. La Guemara demande : Comment peut-il être permis de construire n’importe quel type de basilique ; mais n’avons-nous pas appris dans la michna : On ne peut pas construire avec eux une basilique, un tribunal, un stade ou une estrade ? La Guemara répond : Dis que la michna veut dire ce qui suit : On ne peut pas construire conjointement avec des gentils une basilique de tribunal, ou de stade, ou d’estrade. Mais il est permis de construire une basilique qui n’est pas utilisée pour juger et infliger la peine de mort.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁנִּתְפַּס רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְמִינוּת, הֶעֱלֻהוּ לַגַּרְדּוֹם לִידּוֹן. אָמַר לוֹ אוֹתוֹ הֶגְמוֹן: זָקֵן שֶׁכְּמוֹתְךָ יַעֲסוֹק בִּדְבָרִים בְּטֵלִים הַלָּלוּ?
§ À propos de la discussion ci-dessus, la Guemara rapporte des incidents impliquant des Sages qui furent condamnés par les autorités dirigeantes. Les Sages ont enseigné : Lorsque le rabbin Eliezer fut arrêté et accusé d’hérésie par les autorités, ils l’amenèrent devant un tribunal pour être jugé. Un certain officier judiciaire [hegemon] lui dit : Pourquoi un ancien comme vous s’occuperait de ces questions frivoles d’hérésie ?
אָמַר לוֹ: נֶאֱמָן עָלַי הַדַּיָּין. כְּסָבוּר אוֹתוֹ הֶגְמוֹן: עָלָיו הוּא אוֹמֵר, וְהוּא לֹא אָמַר אֶלָּא כְּנֶגֶד אָבִיו שֶׁבַּשָּׁמַיִם. אָמַר לוֹ: הוֹאִיל וְהֶאֱמַנְתִּי עָלֶיךָ, דִּימוֹס — פָּטוּר אַתָּה.
Rabbi Eliezer lui dit : Le Juge est digne de ma confiance pour juger correctement. Cet officier pensa que Rabbi Eliezer parlait de lui ; mais en réalité il dit cela uniquement en référence à son Père dans les Cieux. Rabbi Eliezer voulait dire qu’il acceptait le jugement de Dieu, c’est-à-dire que, s’il était accusé, il devait avoir péché contre Dieu d’une manière ou d’une autre. L’officier lui dit : Puisque tu mets ta confiance en moi, tu es acquitté [dimos] ; tu es exempt.
כְּשֶׁבָּא לְבֵיתוֹ, נִכְנְסוּ תַּלְמִידָיו אֶצְלוֹ לְנַחֲמוֹ, וְלֹא קִיבֵּל עָלָיו תַּנְחוּמִין. אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: רַבִּי, תַּרְשֵׁינִי לוֹמַר דָּבָר אֶחָד מִמַּה שֶּׁלִּימַּדְתַּנִי? אָמַר לוֹ: אֱמוֹר. אָמַר לוֹ: רַבִּי, שֶׁמָּא מִינוּת בָּא לְיָדְךָ
Lorsque le rabbin Eliezer rentra chez lui, ses élèves entrèrent pour le consoler d’avoir été accusé d’hérésie, ce qu’il prit comme un signe de péché, et il n’accepta pas leurs paroles de consolation. Le rabbin Akiva lui dit : Mon maître, permets-moi de dire une chose de tout ce que tu m’as enseigné. Le rabbin Eliezer lui dit : Parle. Le rabbin Akiva lui dit : Mon maître, peut-être quelque parole d’hérésie s’est présentée à toi

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