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לָא סְתָמָן צְרִיכָא לְמֵימַר דִּמְזַבְּנִינַן, וְלָא פֵּירוּשָׁן צְרִיכָא לְמֵימַר דְּלָא מְזַבְּנִינַן, אֶלָּא סְתָמָן — דְּקָאָמַר חִיטֵּי, פֵּירוּשָׁן — דְּקָאָמַר חִוָּורָתָא.
Il va sans dire que, lorsqu’il demande l’article sans précision, on peut lui vendre du blé blanc, et il va sans dire que, lorsqu’il le demande avec précision, on ne peut pas le lui vendre, puisqu’il a expressément déclaré qu’il l’utilisera pour l’idolâtrie. Au contraire, lorsque la michna dit qu’il demande sans précision, cela fait référence à un cas le gentil dit qu’il souhaite acheter du blé, auquel cas il est permis de lui en vendre. Si tel est le cas, alors le cas où il demande avec précision est celui où il dit qu’il veut du blé blanc, qui est un article utilisé dans l’idolâtrie, et la michna enseigne qu’il est interdit de le lui vendre.
מִכְּלָל דְּתַרְנְגוֹל, אֲפִילּוּ סְתָמָן נָמֵי לָא! אָמְרִי: לְעוֹלָם סְתָמָן — דְּקָאָמַר חִיטֵּי חִוָּורָתָא, פֵּירוּשָׁן — דְּקָאָמַר לַעֲבוֹדָה זָרָה.
Par déduction, cela signifie que, dans le cas d’un coq, mentionné plus tôt dans la michna, même si le non-Juif le demande sans précision, c’est-à-dire sans dire qu’il en veut un blanc, il n’est pas permis de le lui vendre. Cette conclusion contredit l’opinion de Rabbi Zeira. La Guemara rejette cet argument : Dis en réponse que en réalité, sans précision fait référence à un cas le non-Juif dit qu’il veut acheter du blé blanc, et avec précision fait référence à un cas où il dit qu’il en a besoin pour l’idolâtrie.
וּפֵירוּשָׁן אִצְטְרִיכָא לֵיהּ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הַאי גַּבְרָא לָאו לַעֲבוֹדָה זָרָה קָא בָּעֵי, אֶלָּא מֵיבָק הוּא דַּאֲבִיק בַּעֲבוֹדָה זָרָה, וְסָבַר: כִּי הֵיכִי דְּהָהוּא גַּבְרָא אֲבִיק בֵּיהּ, כּוּלֵּי עָלְמָא נָמֵי אֲבִיקוּ, אֵימָא הָכִי כִּי הֵיכִי דְּלִיתְּבוּ לִי, קָא מַשְׁמַע לַן.
Et quant à l’objection selon laquelle cette décision est superflue, en réalité elle est nécessaire pour que la michna énonce la halakha dans un cas où il a précisé qu’il utiliserait l’objet pour l’idolâtrie. La Guemara développe : Il pourrait vous venir à l’esprit de dire que cet homme n’a pas réellement besoin du blé pour son idolâtrie. Au contraire, il est profondément attaché à l’idolâtrie, et il a pensé que de même que cet homme-là, c’est-à-dire lui-même, y est si attaché, tout le monde y est également attaché. C’est pourquoi il s’est dit : Je dirai cela, que j’ai l’intention d’utiliser l’objet pour l’idolâtrie, afin qu’on me le donne à moi. Par conséquent, il est nécessaire que la michna nous enseigne que, s’il dit qu’il a l’intention d’utiliser l’objet pour l’idolâtrie, il est interdit de le lui vendre, car il se peut qu’il dise la vérité.
בָּעֵי רַב אָשֵׁי: ״תַּרְנְגוֹל לָבָן קָטוּעַ לְמִי״, מַהוּ לִמְכּוֹר לוֹ תַּרְנְגוֹל לָבָן שָׁלֵם? מִי אָמְרִינַן: מִדְּקָאָמַר ״קָטוּעַ״, לָא לַעֲבוֹדָה זָרָה קָבָעֵי, אוֹ דִלְמָא אִיעָרוֹמֵי קָא מַעֲרֵים?
§ Rav Ashi a soulevé un dilemme : Si un gentil demande aux marchands : Qui a un coq blanc abîmé, quelle est la halakha quant à savoir s’il est permis de lui vendre un coq blanc sans défaut ? Disons-nous que, du fait qu’il dit qu’il veut un coq abîmé, on peut déduire que ce n’est pas pour l’idolâtrie qu’il en a besoin, puisque les gentils ne sacrifient pas d’animaux défectueux, et qu’il est donc permis de le faire ? Ou peut-être est-il simplement en train d’employer un stratagème. En d’autres termes, il sait qu’un Juif ne lui vendra pas un coq blanc sans défaut sur simple demande, et comme il est peu probable que quelqu’un ait un coq blanc abîmé à lui vendre, il espère en recevoir un sans défaut. Si tel est le cas, il est interdit de lui vendre un coq blanc.
אִם תִּימְצֵי לוֹמַר הַאי אִיעָרוֹמֵי הוּא דְּקָא מַעֲרֵים, ״תַּרְנְגוֹל לָבָן לְמִי, תַּרְנְגוֹל לָבָן לְמִי״, וִיהַבוּ לֵיהּ שָׁחוֹר וּשְׁקַל, וִיהַבוּ לֵיהּ אָדוֹם וּשְׁקַל, מַהוּ לִמְכּוֹר לוֹ לָבָן? מִי אָמְרִינַן: כֵּיוָן דִּיהַבוּ שָׁחוֹר וּשְׁקַל, אָדוֹם וּשְׁקַל, לָאו לַעֲבוֹדָה זָרָה קָא בָּעֵי, אוֹ דִלְמָא אִיעָרוֹמֵי קָא מַעֲרֵים? תֵּיקוּ.
Si tu dis que ce gentil emploie un artifice, et que cela est interdit, dans un cas où il a dit : Qui a un coq blanc, qui a un coq blanc ; et on lui en a apporté un noir et il l’a pris, ou dans un cas où on lui en a acheté un rouge et il l’a pris, quelle est la halakha quant à savoir s’il est permis de lui vendre un coq blanc ? Disons-nous : Puisqu’on lui a apporté un noir et qu’il l’a pris, ou qu’on lui a acheté un rouge et qu’il l’a pris, il est évident qu’il n’a pas besoin du coq pour l’idolâtrie ? Ou peut-être, ici aussi emploie-t-il un artifice ? La Guemara commente : Ces dilemmes resteront sans résolution.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַף דֶּקֶל וְכוּ׳. אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לַאֲבִימִי: גְּמִירִי דַּעֲבוֹדָה זָרָה דְּאַבְרָהָם אָבִינוּ אַרְבַּע מְאָה פִּירְקֵי הָוְיָין, וַאֲנַן חַמְשָׁה תְּנַן, וְלָא יָדְעִינַן מַאי קָאָמְרִינַן.
§ La michna enseigne que Rabbi Meir dit : Il est interdit de vendre même un bon palmier et le ḥatzav à des gentils. Rav Ḥisda dit à Avimei : Il est enseigné comme une tradition que le traité de Avoda Zara de notre patriarche Abraham contenait quatre cents chapitres, et nous n’avons appris que cinq chapitres dans notre traité Avoda Zara, et nous ne savons même pas le sens de ce que nous disons.
וּמַאי קַשְׁיָא? דְּקָתָנֵי: רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר אַף דֶּקֶל טָב, חָצָב (ונקלס) [וְנִקְלָבֵס] אָסוּר לִמְכּוֹר לַגּוֹיִם. דֶּקֶל טָב הוּא דְּלָא מְזַבְּנִינַן, הָא דֶּקֶל בִּישׁ מְזַבְּנִינַן? וְהָתְנַן: אֵין מוֹכְרִין לָהֶם בִּמְחוּבָּר לַקַּרְקַע! אֲמַר לֵיהּ: מַאי ״דֶּקֶל טָב״? פֵּירוֹת דֶּקֶל טָב. וְכֵן אֲמַר רַב הוּנָא: פֵּירוֹת דֶּקֶל טָב.
Avimei lui demanda : Et qu’est-ce qui, dans la michna ici, te pose une difficulté ? Il répondit : Je ne comprends pas la michna qui enseigne ce qui suit : Rabbi Meir dit : Il est interdit de vendre même un bon palmier, ḥatzav et naklas à des gentils. On peut en déduire qu’on ne vend pas un bon palmier à des gentils, mais qu’on peut vendre un mauvais palmier. Mais n’avons-nous pas appris dans une autre michna (19b) qu’on ne peut pas vendre aux gentils quoi que ce soit qui soit attaché au sol ? Avimei lui dit : Que signifie : Un bon palmier ? Cela signifie le fruit détaché d’un bon palmier. Et de même, Rav Huna dit : La michna veut dire le fruit d’un bon palmier.
חָצָב — קַשְׁבָּא. (נקלס) [נִקְלָבֵס] — כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר יוֹסֵף: קוּרְיָיטֵי. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: תְּנַן (נקלס) [נִקְלָבֵס] וְלָא יָדְעִינַן מַהוּ, וְאַתְּ אָמְרַתְּ קוּרְיָיטֵי וְלָא יָדְעִינַן מַאי אַהֲנֵית לַן! אֲמַר לֵיהּ: אַהֲנַאי לְכוּ, דְּכִי אָזְלַתְּ הָתָם אָמְרַתְּ לְהוּ (נקלס) [נִקְלָבֵס] וְלָא יָדְעִי, אָמְרַתְּ לְהוּ קוּרְיָיטֵי וְיָדְעִי, וְקָא מַחְווּ לָךְ.
La Guemara explique la signification d’autres termes qui apparaissent dans la michna. Ḥatzav est un type de datte connu sous le nom de kashba. Quant à la signification de naklas, la Guemara rapporte : Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Israël en Babylonie, il dit que Rabbi Ḥama bar Yosef a dit que cela fait référence à koreyatei. Abaye dit à Rav Dimi : Nous avons appris dans la michna naklas, sans savoir ce que c’est, et maintenant tu as dit que cela signifie koreyatei, et nous non plus ne savons pas ce que c’est. En quoi nous as-tu aidés ? Rav Dimi lui dit : En fait, je t’ai aidé, car lorsque tu iras là-bas, en Eretz Israël, et que tu leur diras naklas, et qu’ils ne sauront pas ce que cela signifie, dis-leur koreyatei, et ils sauront ce que c’est, et ils te le montreront.
מַתְנִי׳ מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִמְכּוֹר בְּהֵמָה דַּקָּה לַגּוֹיִם — מוֹכְרִין, מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לִמְכּוֹר — אֵין מוֹכְרִין. וּבְכׇל מָקוֹם אֵין מוֹכְרִין לָהֶם בְּהֵמָה גַּסָּה, עֲגָלִים וּסְיָיחִים, שְׁלֵמִין ושְׁבוּרִין. רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בַּשְּׁבוּרָה, וּבֶן בְּתִירָא מַתִּיר בַּסּוּס.
MISHNA : Dans un endroit où les habitants avaient l’habitude de vendre de petits animaux domestiques à des gentils, on peut les vendre. Dans un endroit où ils n’avaient pas l’habitude de les vendre, on ne peut pas les vendre. Mais en tout lieu, on ne peut pas leur vendre de gros bétail, des veaux ou des poulains, que ces animaux soient intacts ou abîmés. Les Sages ont interdit ces ventes de peur que l’animal d’un Juif n’effectue un travail pour le gentil pendant le Chabbat, en violation d’une interdiction explicite de la Torah, comme cela est expliqué dans la Guemara. Rabbi Yehuda permet la vente d’un animal abîmé parce qu’il est incapable d’effectuer un travail, et ben Beteira permet la vente d’un cheval pour la monte, parce que monter à cheval pendant le Chabbat n’est pas interdit par la loi de la Torah.
גְּמָ׳ לְמֵימְרָא דְּאִיסּוּרָא לֵיכָּא, מִנְהֲגָא הוּא דְּאִיכָּא, הֵיכָא דִּנְהִיג אִיסּוּר — נְהוּג, הֵיכָא דִּנְהִיג הֶיתֵּר — נְהוּג.
GUEMARA : La michna enseigne qu’on ne peut pas vendre de petits animaux domestiques à des gentils si ce n’est pas la pratique acceptée. La Guemara en déduit : C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’interdiction en jeu ; il y a plutôt une coutume de ne pas vendre de petits animaux domestiques. Par conséquent, là où la pratique est d’interdire la vente, c’est ce qui est pratiqué, et là où la pratique est de permettre la vente, c’est ce qui est pratiqué.
וּרְמִינְהִי: אֵין מַעֲמִידִין בְּהֵמָה בְּפוּנְדְּקָאוֹת שֶׁל גּוֹיִם, מִפְּנֵי שֶׁחֲשׁוּדִין עַל הָרְבִיעָה. אָמַר רַב: מָקוֹם שֶׁהִתִּירוּ לִמְכּוֹר — הִתִּירוּ לְיַיחֵד, מָקוֹם שֶׁאָסְרוּ לְיַיחֵד — אָסְרוּ לִמְכּוֹר.
Et la Guemara soulève une contradiction à partir de la michna en 22a : On ne peut pas garder un animal dans les auberges de gentils, car ils sont soupçonnés de se livrer à la bestialité. Si tel est le cas, il devrait être interdit partout de vendre des animaux à des gentils, car on place ainsi une pierre d’achoppement devant l’aveugle. Rav dit : La halakha de la michna là-bas, concernant le fait de garder un animal dans une auberge de gentil, dépend de la halakha de la michna ici. Si c’est un endroit où les Sages ont permis de vendre des animaux à des gentils, c’est nécessairement que les gentils de cet endroit ne sont pas soupçonnés de se livrer à la bestialité. Par conséquent, les Sages ont permis de laisser l’animal en isolement avec le gentil dans l’auberge. À l’inverse, dans un endroit où les Sages ont interdit de laisser l’animal en isolement avec le gentil dans l’auberge, parce que les gentils de cet endroit sont soupçonnés de se livrer à la bestialité, ils ont aussi interdit de vendre là des animaux à des gentils.

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