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גְּמָ׳ מַאי ״אִיצְטְרוֹבְלִין״? תּוּרְנִיתָא. וּרְמִינְהוּ: הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן אֲלֶכְסִין וְאִיצְטְרוֹבְלִין, מוֹכְסָסִין וּבְנוֹת שׁוּחַ, וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אִיצְטְרוֹבְלִין תּוּרְנִיתָא — תּוּרְנִיתָא מִי אִיתָא בִּשְׁבִיעִית?
GUEMARA : La Guemara analyse les termes de la michna : Quel est le sens de itzterubalin ? C’est la plante connue sous le nom de torenita. Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une baraita : Les Sages ont ajouté à la liste des plantes dont l’usage est interdit pendant l’Année sabbatique : Alekesin et itzterubalin, mukhsasin et benot shuaḥ. Et s’il te venait à l’esprit de dire que itzterubalin est torenita, existe-t-il une torenita soumise aux halakhotde l’Année sabbatique ?
וְהָתְנַן: ״זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ עִיקָּר — יֵשׁ לוֹ שְׁבִיעִית, וְכֹל שֶׁאֵין לוֹ עִיקָּר — אֵין לוֹ שְׁבִיעִית״! אֶלָּא אָמַר רַב סָפְרָא: פֵּירֵי דְּאַרְזָא, וְכֵן כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: פֵּירֵי דְּאַרְזָא.
La Guemara explique : Mais n’avons-nous pas appris dans une baraita que tel est le principe : tout ce qui a une racine et pousse est soumis aux halakhot de l’Année sabbatique, et tout ce qui n’a pas de racine n’est pas soumis aux halakhot de l’Année sabbatique ? Si tel est le cas, torenita, qui n’a pas de racines, n’est pas soumise aux halakhot de l’Année sabbatique, et ne peut donc pas être identifiée comme itzterubalin. Au contraire, Rav Safra dit : Qu’est-ce que itzterubalin ? C’est le fruit du cèdre. Et de même, lorsque Ravin vint d’Eretz Yisrael, il dit que Rabbi Elazar dit : Itzterubalin est le fruit du cèdre.
בְּנוֹת שׁוּחַ — אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תְּאֵינֵי חִיוָּרָאתָא. וּפְטוֹטָרוֹת — אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בִּפְטוֹטְרוֹתֵיהֶן שָׁנוּ.
La michna inclut benot shuaḥ parmi les éléments qu’on ne peut pas vendre à un non-Juif. Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : Ce sont des figues blanches. La michna déclare : Et petotarot. Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : Ce n’est pas un autre type de fruit ; plutôt, la michna a ici enseigné que la vente des divers fruits énumérés dans la michna n’est interdite que lorsqu’ils sont vendus avec leurs tiges, et non s’ils ont été émondés.
לְבוֹנָה — אָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: לְבוֹנָה זַכָּה. תָּנָא: וּמִכּוּלָּן מוֹכְרִין לָהֶן חֲבִילָה, וְכַמָּה חֲבִילָה? פֵּירֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא: אֵין חֲבִילָה פְּחוּתָה מִשְּׁלֹשָׁה מָנִין.
La michna a enseigné que vendre de l’encens à des gentils est interdit. Rabbi Yitzḥak dit que Rabbi Shimon ben Lakish dit : La michna fait référence spécifiquement à l’encens pur, qui est utilisé comme encens pour des objets d’idolâtrie. Un Sage a enseigné : Et en ce qui concerne tous ces articles dont la vente est interdite, on peut vendre aux gentils un grand lot de marchandises, car il est clair que le gentil a l’intention de vendre la marchandise plutôt que de la sacrifier à son objet d’idolâtrie. Et combien pèse un tel lot ? Rabbi Yehouda ben Beteira a expliqué : Aux fins de cette halakha, aucun lot n’est inférieur à un poids de trois cents dinars.
וְלֵיחוּשׁ דִּלְמָא אָזֵיל וּמְזַבֵּין לְאַחֲרִינֵי וּמַקְטְרִי! אָמַר אַבָּיֵי: אַ״לִּפְנֵי״ מִפַּקְּדִינַן, אַ״לִּפְנֵי״ דְּ״לִפְנֵי״ לָא מִפַּקְּדִינַן.
La Guemara soulève une difficulté : Mais ne devons-nous pas craindre que l’acheteur aille vendre ces articles à un autre non-Juif, et qu’ils les sacrifient ? Abaye répondit : Ce scénario est certainement possible, mais il nous est commandé seulement de ne pas « placer une pierre d’achoppement devant l’aveugle » (Lévitique 19:14), c’est-à-dire qu’on ne peut pas être la cause directe de l’idolâtrie d’un non-Juif. Il ne nous est pas commandé de ne pas placer une pierre d’achoppement devant quelqu’un qui pourrait ensuite la placer devant l’aveugle.
וְתַרְנְגוֹל לָבָן. אָמַר רַבִּי יוֹנָה אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב זְבִיד, וְאִיכָּא דְּמַתְנֵי אָמַר רַבִּי יוֹנָה אָמַר רַבִּי זֵירָא: ״תַּרְנְגוֹל לְמִי״ — מוּתָּר לִמְכּוֹר לוֹ תַּרְנְגוֹל לָבָן, ״תַּרְנְגוֹל לָבָן לְמִי״ — אָסוּר לִמְכּוֹר לוֹ תַּרְנְגוֹל לָבָן.
§ La michna enseigne : Et il est interdit de vendre un coq blanc à un non-Juif. Rabbi Yona dit que Rabbi Zeira dit que Rav Zevid dit la décision suivante ; et il y a ceux qui enseignent simplement que Rabbi Yona dit que Rabbi Zeira dit cela. Si un non-Juif dit : Qui a un coq, sans préciser un type particulier, il est permis de lui vendre un coq blanc. Mais s’il dit : Qui a un coq blanc, il est interdit de lui vendre un coq blanc.
תְּנַן: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מוֹכֵר הוּא לוֹ תַּרְנְגוֹל לָבָן בֵּין הַתַּרְנְגוֹלִין. הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דְּקָאָמַר: ״תַּרְנְגוֹל לָבָן לְמִי, תַּרְנְגוֹל לָבָן לְמֵי״ — אֲפִילּוּ בֵּין הַתַּרְנְגוֹלִין נָמֵי לָא!
La Guemara soulève une objection à cette opinion. Nous avons appris dans la michna que Rabbi Yehouda dit : Il peut vendre un coq blanc à un non-Juif, à condition qu’il soit vendu avec d’autres types de coqs. Quelles sont les circonstances ? Si nous disons que le non-Juif dit : Qui a un coq blanc, qui a un coq blanc ; dans ce cas, on ne peut pas lui fournir un coq blanc même s’il est vendu avec d’autres coqs, car le non-Juif a précisé qu’il veut un coq blanc.
אֶלָּא לָאו דְּקָא אָמַר ״תַּרְנְגוֹל לְמִי, תַּרְנְגוֹל לְמִי״, וַאֲפִילּוּ הָכִי, לְרַבִּי יְהוּדָה, בֵּין הַתַּרְנְגוֹלִין — אִין, בִּפְנֵי עַצְמוֹ — לָא, וּלְתַנָּא קַמָּא אֲפִילּוּ בֵּין הַתַּרְנְגוֹלִין נָמֵי לָא!
Au contraire, cela ne fait-il pas référence à un cas le gentil dit : Qui a un coq, qui a un coq ; sans mentionner un coq blanc, et malgré cela, selon Rabbi Yehuda, s’il lui vend un coq blanc avec d’autres coqs, alors oui, cela est permis, mais vendre seulement un coq blanc à lui seul n’est pas permis ? Et on peut en déduire que, selon le premier tanna, qui interdit la vente d’un coq blanc, on ne peut pas lui vendre un coq blanc même s’il est vendu avec d’autres coqs. Cela n’est pas conforme à la déclaration de Rabbi Yona, qui statue que si le gentil dit : Qui a un coq, sans préciser de type particulier, il est permis de lui vendre même un coq blanc.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? כְּגוֹן דְּאָמַר ״זֶה וָזֶה״.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : La michna ne traite pas du cas d’un gentil qui demande un coq sans en préciser la couleur, car tout le monde s’accorde à dire que, dans une telle situation, il est permis de lui vendre un coq blanc. Au contraire, ici, nous traitons d’un cas le Juif avait plusieurs coqs différents, et le gentil dit, en montrant différents coqs : Vends-moi celui-ci et celui-là, et l’un des coqs qu’il a choisis était blanc.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי? בִּזְמַן שֶׁאָמַר ״תַּרְנְגוֹל זֶה לָבָן״, אֲבָל אִם אָמַר ״זֶה וָזֶה״ — מוּתָּר. וַאֲפִילּוּ אָמַר ״תַּרְנְגוֹל זֶה״, גּוֹי שֶׁעָשָׂה מִשְׁתֶּה לִבְנוֹ אוֹ שֶׁהָיָה לוֹ חוֹלֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ — מוּתָּר.
La Guemara note que cette explication est également enseignée dans une baraita. Rabbi Yehuda a dit : Quand est-il interdit de vendre un coq blanc ? Cela est interdit lorsque le non-Juif a dit : Vends-moi ce coq blanc. Mais s'il a dit : Vends-moi celui-ci et celui-là, cela est permis. Et même s'il a dit : Vends-moi ce coq, et qu'il a montré un coq blanc, dans le cas d'un non-Juif qui prépare un festin pour son fils ou qui a un malade dans sa maison, il est permis de le lui vendre, car il est clair qu'il le veut pour la célébration de son fils ou pour le malade, et non pour l'idolâtrie.
וְהָתַנְיָא: גּוֹי שֶׁעָשָׂה מִשְׁתֶּה לִבְנוֹ, אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא אוֹתוֹ הַיּוֹם וְאוֹתוֹ הָאִישׁ בִּלְבַד. אוֹתוֹ הַיּוֹם וְאוֹתוֹ הָאִישׁ מִיהָא אָסוּר! אָמַר רַב יִצְחָק בַּר רַב מְשַׁרְשְׁיָא: בְּטַוְוזִיג.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une michna (8a) : Dans le cas d’un non-Juif qui a fait un festin pour son fils, faire des affaires n’est interdit que ce jour-là, et seulement avec cet homme-là ? Cela indique que, dans tous les cas, faire des affaires ce jour-là et avec cet homme-là est interdit. Rav Yitzḥak bar Rav Mesharshiyya a dit : La baraita parle d’un pique-nique [betavuzig], c’est-à-dire d’un rassemblement social plutôt que d’un festin de mariage. Un simple rassemblement social n’inclut pas le sacrifice d’offrandes à l’idolâtrie.
תְּנַן: וּשְׁאָר כׇּל הַדְּבָרִים — סְתָמָן מוּתָּר, וּפֵירוּשָׁן אָסוּר. מַאי סְתָמָן וּמַאי פֵּירוּשָׁן? אִילֵּימָא: סְתָמָא דְּקָאָמַר חִיטֵּי חִוָּורָתָא, פֵּירוּשָׁן דְּקָאָמַר לַעֲבוֹדָה זָרָה.
§ Nous avons appris dans la michna : Et en ce qui concerne tous les autres articles, sans précision il est permis de les vendre, mais avec précision il est interdit de les vendre. La Guemara demande : Que signifie : Sans précision, et que veut-on dire par : Avec précision ? Si nous disons que sans précision renvoie à un cas le gentil dit qu’il veut du blé blanc sans indiquer la raison pour laquelle il le veut, et que avec précision renvoie à un cas où il dit qu’il utilisera le blé pour l’idolâtrie, pourquoi est-il nécessaire que la michna enseigne cette halakha ?

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