מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ הֵן בָּתֵּי הַחֲצֵרִים — שְׁנֵי חֲצֵרִים שֶׁל שְׁנֵי בָתִּים, אַף עַל פִּי שֶׁמּוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, הֲרֵי הֵן כְּבָתֵּי חֲצֵרִים.
MICHNAEt voici les maisons des cours non entourées de murailles dont la halakha a été enseignée dans la michna précédente : Toute ville où il y a deux cours contenant chacune deux maisons, bien qu’elle soit entourée d’une muraille depuis l’époque de Josué, fils de Noun, leur statut halakhique est comme celui des maisons des cours non entourées de murailles.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״בָּתֵּי הַחֲצֵרִים״ אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁאֵין לָהֶם חוֹמָה? מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲשֶׁר אֵין לָהֶם חוֹמָה״? אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ לָהֶם חוֹמָה כְּמִי שֶׁאֵין לָהֶם חוֹמָה. וְכַמָּה? בָּתִּים — שְׁנַיִם, חֲצֵירוֹת — שְׁנַיִם, שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת שֶׁל שְׁנֵי בָתִּים.
GUEMARA Les Sages ont enseigné : Par déduction de ce qui est énoncé : « Les maisons des cours » (Lévitique 25:31), ne sais-je pas déjà qu’elles n’ont pas de muraille autour d’elles ? Si tel est le cas, quel est le sens lorsque le verset dit : « Qui n’ont pas de muraille » ? Cela signifie qu’il existe certains endroits qui, bien qu’ils aient une muraille, sont considérés comme des endroits qui n’ont pas de muraille. Et combien, c’est-à-dire qu’est-ce qui est considéré comme un tel endroit ? Le terme « maisons » indique un minimum de deux, et le terme « cours » indique également un minimum de deux. Par conséquent, si une ville n’a que deux cours contenant chacune deux maisons, ses maisons sont considérées comme les maisons des cours sans muraille.
וְאֵימָא בַּיִת וְחָצֵר! אִם כֵּן לִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״חֲצֵרִים״, וְכִי תֵּימָא אִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״חֲצֵרִים״ — חָצֵר בְּלֹא בַּיִת מַשְׁמַע, הַהוּא קַרְפֵּף אִיקְּרִי.
La Guemara objecte : Mais on peut dire que l’expression : maisons des cours, signifie une maison et une cour, c’est-à-dire une maison dans chaque cour. Par conséquent, si chaque cour contient deux maisons, la ville doit être considérée comme une ville entourée de murailles. La Guemara explique : Si tel est le cas, que le Miséricordieux écrive : « Cours », sans mentionner les maisons, puisqu’une cour doit contenir au moins une maison. Et si vous dites : Si le Miséricordieux avait écrit seulement : « Cours », alors on aurait pu conclure à tort que le verset indique une cour sans maison et que, si la cour contient une maison, la ville est considérée comme entourée de murailles, on n’aurait pas pu parvenir à cette conclusion, car une telle zone est appelée enclos [karpef], et non une cour.
מַתְנִי׳ יִשְׂרָאֵל שֶׁיָּרַשׁ אֲבִי אִמּוֹ לֵוִי — אֵינוֹ גּוֹאֵל כַּסֵּדֶר הַזֶּה. וְכֵן לֵוִי שֶׁיָּרַשׁ אֶת אֲבִי אִמּוֹ יִשְׂרָאֵל — אֵינוֹ גּוֹאֵל כַּסֵּדֶר הַזֶּה.
MICHNAUn Israélite qui a hérité d’une maison dans une ville fortifiée de son grand-père maternel qui était un Lévite ne la rachète pas conformément à cette procédure exposée dans les mishnayot précédentes ; plutôt, s’il a vendu la maison héritée, il peut la racheter à tout moment, comme un Lévite. De même, un Lévite qui a hérité d’une maison dans une ville fortifiée de son grand-père maternel qui était un Israélite ne la rachète pas conformément à cette procédure exposée dans les mishnayot précédentes.
שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי בָתֵּי עָרֵי הַלְוִיִּם הִוא אֲחוּזָּתָם״, עַד שֶׁיְּהֵא לֵוִי וְעָרֵי הַלְוִיִּם, דִּבְרֵי רַבִּי. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין דְּבָרִים הַלָּלוּ אֲמוּרִים אֶלָּא בְּעָרֵי הַלְוִיִּם.
La michna fournit la source de ces halakhot : Comme il est dit : « Et si un homme achète des Lévites, la maison qui a été vendue dans la ville de sa possession sortira lors de l’année du Jubilé ; car les maisons des villes des Lévites sont leur possession parmi les enfants d’Israël » (Lévitique 25:33). Le verset indique que la possibilité de toujours racheter la maison d’un Lévite ne s’applique que si celui qui vend la maison est un Lévite et que la maison est située dans les villes des Lévites. Telle est l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi. Et les Sages disent : Ces règles n’ont été énoncées que concernant une maison dans les villes des Lévites, même si le propriétaire n’était pas un Lévite.
גְּמָ׳ וְאֶלָּא כְּמַאן? כְּבֶן לֵוִי. וַהֲדַר תָּנֵי: ״עַד שֶׁיְּהֵא לֵוִי וְעָרֵי הַלְוִיִּם״.
GUEMARA La michna enseigne que, selon Rabbi Yehouda HaNassi, si un Israélite a vendu une maison dans une ville fortifiée qu’il a héritée du père de sa mère, qui était lévite, il ne la rachète pas conformément à la procédure exposée dans les mishnayot précédentes. La Guemara demande : Alors, comme qui la rachète-t-il ? Il la rachète comme un lévite. Mais Rabbi Yehouda HaNassi enseigne ensuite que la possibilité de toujours racheter la maison d’un lévite ne s’applique que si celui qui vend la maison est un lévite et que la maison est située dans les villes des lévites. Si tel est le cas, un Israélite qui a hérité d’une maison dans une ville fortifiée du père de sa mère, qui est lévite, devrait la racheter comme un Israélite.
אֵימָא: אֵינוֹ גּוֹאֵל אֶלָּא כַּסֵּדֶר הַזֶּה, עַד שֶׁיְּהֵא לֵוִי וְעָרֵי הַלְוִיִּם, דִּבְרֵי רַבִּי.
La Guemara répond : Dis que la michna veut dire qu’un Israélite qui a hérité d’une maison dans une ville fortifiée de son grand-père maternel, qui était lévite, rachète cette maison uniquement conformément à cette procédure exposée dans les mishnayot précédentes, c’est-à-dire qu’il n’a qu’un an pour la racheter, après quoi la maison devient la possession de l’acheteur à perpétuité. Et telle est toujours la halakha, à moins que celui qui vend la maison ne soit un lévite et que la maison ne soit située dans les villes des lévites, auquel cas il peut toujours la racheter. Telle est la déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi.
בִּשְׁלָמָא עָרֵי הַלְוִיִּם — דִּכְתִיב: ״כִּי בָּתֵּי עָרֵי הַלְוִיִּם״, אֶלָּא לֵוִי מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וַאֲשֶׁר יִגְאַל מִן הַלְוִיִּם״.
La Guemara demande : Soit, la maison doit provenir des villes des Lévites, comme il est écrit : « Quant aux maisons des villes des Lévites, elles constituent leur possession » (Lévitique 25:33). Mais d’où déduisons-nous que celui qui vend la maison doit lui aussi être un Lévite pour que ces halakhot s’appliquent ? La Guemara répond : Comme il est écrit dans le même verset : « Et si un homme achète des Lévites… cela sortira pendant l’année du Jubilé. » Le verset fait spécifiquement référence à un Lévite qui vend sa maison.
תַּנְיָא: ״וַאֲשֶׁר יִגְאַל מִן הַלְוִיִּם״ — יָכוֹל לֵוִי מִיִּשְׂרָאֵל יִגְאַל, שֶׁזֶּה יִפָּה כֹּחוֹ וְזֶה הוֹרַע כֹּחוֹ, אֲבָל לֵוִי מִלֵּוִי לֹא, שֶׁזֶּה יִפָּה כֹּחוֹ וְזֶה יִפָּה כֹּחוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִן הַלְוִיִּם״.
La Guemara ajoute qu’il est également enseigné dans une baraita : Étant donné que le verset déclare déjà : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat » (Lévitique 25:32), pourquoi le verset suivant dit-il : « Et si un homme achète des Lévites… cela sortira pendant l’année du Jubilé » ? C’est parce qu’on aurait pu penser : Un Lévite peut toujours racheter d’un Israélite la maison qu’il a vendue, car la force de ce Lévite a été renforcée, en ce qu’il peut toujours racheter, tandis que la force de cet Israélite a été diminuée, puisqu’il ne peut racheter que dans l’année. Mais un Lévite ne peut pas toujours racheter d’un autre Lévite, car la force de l’un a été renforcée et la force de l’autre a été également renforcée. Au contraire, le Lévite ne peut racheter que dans l’année suivant la vente. C’est pourquoi le verset déclare : « Et si un homme achète des Lévites, » ce qui signifie littéralement : Et si un homme rachète des Lévites, enseignant que même un Lévite qui rachète une maison achetée par un autre Lévite peut toujours racheter la maison.
״מִן הַלְוִיִּם״ — וְלֹא כׇּל הַלְוִיִּם, פְּרָט לְבֶן לֵוִי מַמְזֵר וְנָתִין.
La baraita continue : Lorsque le verset déclare : « Parmi les Lévites, » cela enseigne que certains Lévites peuvent toujours racheter leurs maisons, mais pas tous les Lévites. Est exclu un Lévite qui est un fils né d’une relation incestueuse ou adultère [mamzer], ou un Gabaonite, c’est-à-dire que sa mère est issue des Gabaonites, car ceux-ci sont disqualifiés pour entrer dans l’assemblée du peuple juif (voir Yevamot 78a). Si un tel Lévite a hérité de son père et a vendu une maison des villes des Lévites, il ne la rachète pas en tant que Lévite.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין דְּבָרִים הַלָּלוּ אֲמוּרִים אֶלָּא בְּעָרֵי הַלְוִיִּם. אֲבָל עַד שֶׁיְּהֵא לֵוִי — לָא אָמְרִינַן.
La michna enseigne : Et les Sages disent : Ces règles n’ont été énoncées que concernant une maison dans les villes des Lévites, même si le propriétaire n’était pas lévite. La Guemara explique : Mais, selon les Sages, nous ne disons pas que la possibilité de toujours racheter la maison d’un Lévite ne s’applique que si celui qui vend la maison est un Lévite. Au contraire, les Sages soutiennent que quiconque hérite d’une part dans une ville lévitique peut racheter cette part comme un Lévite, même s’il n’est pas lui-même lévite.
מַתְנִי׳ אֵין עוֹשִׂין שָׂדֶה מִגְרָשׁ, וְלֹא מִגְרָשׁ שָׂדֶה, וְלֹא מִגְרָשׁ עִיר, וְלֹא עִיר מִגְרָשׁ.
MICHNA : Les Lévites reçurent deux mille coudées autour de leurs villes, mille coudées d’espaces libres et mille coudées pour des champs et des vignobles. On ne peut transformer un champ en espace libre ni un espace libre en champ. De même, on ne peut incorporer un espace libre à une ville ni transformer une partie d’une ville en espace libre.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בְּעָרֵי הַלְוִיִּם, אֲבָל בְּעָרֵי יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין שָׂדֶה מִגְרָשׁ, וְלֹא מִגְרָשׁ שָׂדֶה, מִגְרָשׁ עִיר, וְלֹא עִיר מִגְרָשׁ, שֶׁלֹּא יַחְרִיבוּ אֶת עָרֵי יִשְׂרָאֵל. הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם מוֹכְרִין לְעוֹלָם, וְגוֹאֲלִין לְעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גְּאוּלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם״.
Rabbi Elazar a dit : Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite ? Elle s’applique dans les villes des Lévites. Mais dans les villes des Israélites, on peut transformer un champ en terrain vague mais non un terrain vague en champ, et on peut incorporer un terrain vague à une ville mais non transformer une partie de la ville en terrain vague, afin de garantir qu’ils ne détruiront pas ainsi les villes d’Israël. Les prêtres et les Lévites peuvent vendre leurs champs et leurs maisons à tout moment et peuvent les racheter à tout moment, comme il est dit : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat » (Lévitique 25:32). Les prêtres sont également membres de la tribu de Lévi.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: ״בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בְּעָרֵי הַלְוִיִּם, אֲבָל בְּעָרֵי יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין״ וְכוּ׳. דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִיהָא בְּדִלְוִיִּם לָא מְשַׁנֵּינַן, מְנָא הָנֵי מִילֵּי?
GUEMARA : La michna enseigne que Rabbi Elazar a dit : Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite ? C’est dans les villes des Lévites. Mais dans les villes des Israélites, on peut transformer un champ en terrain vague, mais non un terrain vague en champ, et on peut incorporer un terrain vague à une ville, mais non transformer une partie d’une ville en terrain vague, afin de s’assurer qu’ils ne détruisent pas ainsi les villes d’Israël. La Guemara demande : Quoi qu’il en soit, tous conviennent que dans les villes des Lévites, on ne peut pas changer un champ en terrain vague ni un terrain vague en ville. D’où ces règles sont-elles dérivées ?
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, דְּאָמַר קְרָא: ״וּשְׂדֵה מִגְרַשׁ עָרֵיהֶם לֹא יִמָּכֵר״. מַאי ״לֹא יִמָּכֵר״? אִילֵּימָא לֹא יִמָּכֵר כְּלָל, וְהָא מִדִּכְתִיב: ״גְּאֻלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם״, מִכְּלָל דִּמְזַבְּנִי. אֶלָּא מַאי ״לֹא יִמָּכֵר״? לֹא יְשַׁנֶּה.
Rabbi Elazar a dit : Comme le dit le verset : « Mais les champs des terres ouvertes autour de leurs villes ne peuvent pas être vendus » (Lévitique 25:34). Quel est le sens de l’expression « ne peuvent pas être vendus » ? Si nous disons que cela signifie que de tels champs ne peuvent pas être vendus du tout, cela ne peut pas être correct, car du fait qu’il est écrit : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat » (Lévitique 25:32), on apprend par déduction que leurs champs peuvent être vendus. Alors, quel est le sens de l’expression « ne peuvent pas être vendus » ? Cela signifie qu’un champ, un terrain vide ou une ville ne peuvent pas être changés de leur statut actuel.
הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם מוֹכְרִין לְעוֹלָם וְגוֹאֲלִין לְעוֹלָם. תָּנוּ רַבָּנַן: ״גְּאֻלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאֹת יִמְכׇּר לָךְ״, יָכוֹל אַף זֶה כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גְּאוּלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם״.
§ La michna enseigne : Les prêtres et les Lévites peuvent vendre leurs champs et leurs maisons à tout moment et peuvent les racheter à tout moment. En ce qui concerne cette halakha, les Sages ont enseigné : Pourquoi le verset doit-il déclarer : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat » (Lévitique 25:32) ? Puisqu’il est dit au sujet du champ ancestral d’un Israélite : « Selon le nombre des années de récoltes, il te le vendra » (Lévitique 25:15), d’où l’on déduit qu’on ne peut pas racheter un champ ancestral moins de deux ans après sa vente, on aurait pu penser qu’il en serait de même à l’égard de ce Lévite qui a vendu son champ. C’est pourquoi le verset déclare : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat », ce qui enseigne qu’un Lévite peut racheter son champ immédiatement.
לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה הַשָּׂדֶה בְּצֵאתוֹ בַיֹּבֵל קֹדֶשׁ לַה׳״, יָכוֹל אַף זֶה כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גְּאוּלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם״.
En outre, puisqu’il est dit : « Mais le champ, lorsqu’il sortira au Jubilé, sera saint pour le Seigneur, comme un champ consacré ; son champ héréditaire sera pour le prêtre » (Lévitique 27:21), on aurait pu penser que cela devrait aussi être ainsi en ce qui concerne ce Lévite qui a consacré son champ. C’est pourquoi le verset déclare : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat, » ce qui enseigne que le champ d’un Lévite n’est pas transféré à la possession des prêtres durant l’année du Jubilé ; au contraire, le Lévite peut toujours le racheter du trésor du Temple.
לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקָם הַבַּיִת אֲשֶׁר בָּעִיר אֲשֶׁר לוֹ חוֹמָה לַצְּמִיתוּת״, יָכוֹל אַף זֶה כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גְּאוּלַּת עוֹלָם תִּהְיֶה לַלְוִיִּם״.
De plus, puisqu’il est dit : « Et si elle n’est pas rachetée avant l’écoulement d’une année entière, alors la maison qui est dans la ville entourée de murailles demeurera en possession de celui qui l’a achetée à perpétuité” (Lévitique 25:30), on aurait pu penser que cela devrait aussi être ainsi à l’égard de ce Lévite qui a vendu sa maison dans une ville entourée de murailles. C’est pourquoi le verset déclare : « Les Lévites auront un droit perpétuel de rachat, » indiquant que le Lévite peut toujours racheter sa maison.
בִּשְׁלָמָא הָנֵי תַּרְתֵּי לְחַיֵּי, אֶלָּא בָּתֵּי עָרֵי חוֹמָה לִלְוִיִּם מִי אִית לְהוּ? וְהָתַנְיָא: עָרִים הַלָּלוּ אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא כְּפָרִים קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּים גְּדוֹלִים, אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת!
La Guemara demande : Soit, en ce qui concerne ces deux premières halakhot, qui traitent du champ d’un Lévite, cela va. Mais en ce qui concerne la dernière halakha, pourquoi est-il nécessaire que le verset exclue les maisons des Lévites ? Les Lévites ont-ils donc des maisons dans des villes fortifiées ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : En ce qui concerne ces villes données aux Lévites, on ne les établit ni dans de petits villages ni dans de grandes villes ; plutôt, elles doivent être des villes intermédiaires, qui ne sont pas entourées de murailles.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן — שֶׁהוּקַּף וּלְבַסּוֹף יָשַׁב, כָּאן — שֶׁיָּשַׁב וּלְבַסּוֹף הוּקַּף.
Rav Kahana a dit : Ce n’est pas difficile. Ici, la baraita qui affirme que les villes des Lévites n’étaient pas entourées de murailles fait référence à une ville qui était au départ entourée d’une muraille et qui fut ensuite habitée. Là-bas, la baraita qui affirme que les Lévites ont bien des maisons dans des villes fortifiées fait référence à une ville intermédiaire qui fut d’abord habitée par les Lévites puis finalement entourée d’une muraille à l’époque de Josué.
וְכִי הַאי גַּוְונָא מִי הָוְיָא חוֹמָה? וְהָתַנְיָא: ״וְאִישׁ כִּי יִמְכֹּר בֵּית מוֹשַׁב עִיר חוֹמָה״ — שֶׁהוּקַּף וּלְבַסּוֹף יָשַׁב, וְלֹא שֶׁיָּשַׁב וּלְבַסּוֹף הוּקַּף.
La Guemara demande : Et dans un cas comme celui-ci, où la ville a d’abord été habitée et n’a été entourée d’une muraille qu’ensuite, est-ce considéré comme une muraille au point que les maisons à l’intérieur de la ville soient considérées comme se trouvant dans une ville fortifiée ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Si un homme vend une maison d’habitation dans une ville entourée d’une muraille » (Lévitique 25:29). Cela fait référence à une ville qui a été d’abord entourée d’une muraille puis habitée, et non à une ville qui a été d’abord habitée puis entourée d’une muraille.
יָכוֹל אֲפִילּוּ הִקִּיפוּהָ יִשְׂרָאֵל? נֶאֱמַר כָּאן ״חוֹמָה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״חוֹמָה״, מָה לְהַלָּן גּוֹיִם, אַף כָּאן גּוֹיִם.
La baraita continue : On aurait pu penser qu’elle est considérée comme une ville fortifiée même si des Juifs l’ont entourée d’une muraille et n’ont construit des maisons à l’intérieur qu’ensuite. C’est pourquoi il est dit ici : « Si un homme vend une maison d’habitation dans une ville entourée de murailles », et il est dit plus bas, au sujet de la conquête du royaume d’Og, roi du Bashân : « Toutes celles-ci étaient des villes fortifiées, avec de hautes murailles, des portes et des barres » (Deutéronome 3:5). De même qu’en bas, le verset parle de villes dont les murailles d’enceinte ont été construites par des gentils, de même ici, le verset ne parle que de villes dont les murailles ont été construites par des gentils.
יָכוֹל אֲפִילּוּ הִקִּיפוּהָ גּוֹיִם לְאַחַר מִכֵּן? נֶאֱמַר לְהַלָּן ״חוֹמָה״, וְנֶאֱמַר כָּאן ״חוֹמָה״, מָה לְהַלָּן גּוֹיִם קוֹדֶם לָכֵן, אַף כָּאן גּוֹיִם קוֹדֶם לָכֵן!
La baraita continue : On aurait pu penser que même si des gentils ont entouré la ville d’une muraille après la conquête d’Eretz Yisrael, elle devrait être considérée comme une ville fortifiée. C’est pourquoi il est dit plus bas, au sujet de la conquête du royaume d’Og, roi de Bashan, « murailles », et il est dit ici « fortifiée ». De même qu’en bas, les murailles entourant les villes ont été construites par des gentils avant que les Juifs ne conquièrent le pays, de même ici, le verset parle de villes dont les murailles ont été construites par des gentils avant la conquête d’Eretz Yisrael. Cette baraita contredit apparemment la résolution proposée par Rav Kahana, car une ville qui a d’abord été peuplée et seulement ensuite entourée d’une muraille n’est pas incluse dans les halakhot des maisons dans les villes fortifiées.
תַּרְגְּמַהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַב סַלָּא חֲסִידָא קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא, כְּגוֹן שֶׁנָּפְלוּ לָהֶן
Rav Yosef, fils de Rav Sala Ḥasida, interpréta la baraita devant Rav Pappa : En réalité, la première baraita fait référence à une ville qui était initialement entourée d’une muraille, puis habitée par des Lévites. Quant à la baraita qui enseigne que les villes lévitiques ne peuvent pas être entourées d’une muraille, il est néanmoins possible qu’une ville lévitique ait été initialement entourée d’une muraille dans un cas où, lorsque Eretz Yisrael fut divisée entre les tribus d’Israël, des villes fortifiées échurent par tirage au sort aux Lévites,