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הָנִיחָא לְרַבָּנַן דְּאָמְרִי: שְׁנַת חֲמִשִּׁים אֵינָהּ מִן הַמִּנְיָן, אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: שְׁנַת חֲמִשִּׁים עוֹלָה לְכָאן וּלְכָאן, לְמָה לִי? בִּשְׁמִיטִּין סַגִּיא! הָא וַדַּאי דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara objecte : Cela s’explique bien selon les Sages, qui disent que la cinquantième année n’est pas incluse dans le compte du cycle des années sabbatiques. Il était donc nécessaire de compter l’année du Jubilé. Mais selon Rabbi Yehuda, qui dit que la cinquantième année compte ici et là, c’est-à-dire qu’elle est à la fois la cinquantième année du cycle précédent et la première année du cycle suivant, pourquoi ai-je besoin qu’ils comptent les années du Jubilé ? Si l’année du Jubilé n’est pas en vigueur, alors il suffit de compter les années sabbatiques. La Guemara explique : Cettebaraitan’est certainement pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda.
וְלֹא מָנוּ שְׁמִיטִּין וְיוֹבְלוֹת? וְהָכְתִיב: ״מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים תְּשַׁלְּחוּ אִישׁ אֶת אָחִיו הָעִבְרִי אֲשֶׁר יִמָּכֵר לְךָ״!
La Guemara demande : Et n’ont-ils pas compté les années sabbatiques et les années de Jubilé après que les tribus de Ruben et de Gad et la moitié de la tribu de Manassé furent exilées ? Mais n’est-il pas écrit que Jérémie, qui vécut bien des années plus tard, a dit : « Au bout de sept ans, chacun de vous renverra son frère hébreu qui t’aura été vendu, et après t’avoir servi six ans, tu le renverras libre de chez toi ; mais vos pères ne M’ont pas écouté et n’ont pas prêté l’oreille » (Jérémie 34:14) ?
וְהָוֵינַן בְּהוּ: ״מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים״? וְהָכְתִיב: ״וַעֲבָדְךָ שֵׁשׁ שָׁנִים״! וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: שֵׁשׁ לַנִּמְכָּר, וְשֶׁבַע לַנִּרְצָע.
La Guemara continue : Et nous avons discuté de ce verset : Pourquoi dit-il : « À la fin de sept ans tu renverras chaque homme » ? Mais n’est-il pas écrit dans ce même verset : « Et il t’a servi six ans » ? Et Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Le verset fait référence à deux individus distincts. L’expression « et il t’a servi six ans » fait référence à un esclave hébreu ordinaire qui a été vendu, et qui est libéré après six ans (voir Exode 21:2), et l’expression « à la fin de sept ans » fait référence à un esclave dont l’oreille a été percée avec un poinçon afin de prolonger sa durée de service. Un tel individu demeure esclave jusqu’à l’Année du Jubilé, même si c’est l’année suivante, c’est-à-dire à la fin de la septième année. Si tel est le cas, le verset indique que l’Année du Jubilé était en vigueur à l’époque de Jérémie, bien que les tribus de Ruben, Gad et la moitié de la tribu de Manassé aient été exilées.
הָהוּא בְּתוֹכָחָה כְּתִיב, וְקָאָמַר נָבִיא: הֲשִׁלַּחְתֶּם? וְהָכְתִיב: ״וַיִּשְׁמְעוּ וַיְשַׁלֵּחוּ״!
La Guemara répond : Ce verset n’a pas été énoncé par Jérémie sous forme de commandement ; au contraire, il est écrit sous forme de réprimande. Autrement dit, le prophète Jérémie dit au peuple juif : Avez-vous libéré les esclaves percés lorsque l’Année du Jubilé était observée ? La Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit là-bas : « Et ils ont écouté et les ont laissés partir » (Jérémie 34:10) ? Il est donc évident que tout le passage se rapporte à des faits qui se produisent dans le présent.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יִרְמְיָה הֶחְזִירָן, וְיֹאשִׁיָּה בֶּן אָמוֹן מָלַךְ עֲלֵיהֶן. וּמְנָא לַן דַּהֲדוּר? דִּכְתִיב: ״כִּי הַמּוֹכֵר אֶל הַמִּמְכָּר לֹא יָשׁוּב״. אֶפְשָׁר יוֹבֵל בָּטֵל, וְנָבִיא מִתְנַבֵּא עָלָיו שֶׁיִּבְטַל? אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁהֶחְזִירָן יִרְמְיָה.
Au contraire, Rabbi Yoḥanan dit : En effet, l’année du Jubilé n’était plus en vigueur une fois que les tribus de Ruben, Gad et la moitié de la tribu de Manassé furent exilées. Mais Jérémie ramena toutes les tribus exilées, et Josias, fils d’Amon, régna sur elles. Et d’où déduisons-nous que Jérémie les ramena ? Comme il est écrit : « Car le vendeur ne retournera pas à ce qu’il a vendu » (Ézéchiel 7:13). Ézéchiel a prophétisé qu’un temps viendra où les champs ne seront pas rendus à leurs propriétaires lors de l’année du Jubilé. Or, est-il possible que l’année du Jubilé ait déjà été annulée et que pourtant le prophète prophétise qu’elle sera annulée à l’avenir ? Au contraire, cela enseigne que Jérémie ramena les tribus exilées.
וּמְנָלַן דְּיֹאשִׁיָּה מָלַךְ עֲלֵיהֶן? דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר מָה הַצִּיּוּן הַלָּז אֲשֶׁר אֲנִי רוֹאֶה, וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו אַנְשֵׁי הָעִיר הַקֶּבֶר אִישׁ הָאֱלֹהִים אֲשֶׁר בָּא מִיהוּדָה וַיִּקְרָא אֶת הַדְּבָרִים עַל הַמִּזְבֵּחַ בֵּית אֵל״.
Et d’où déduisons-nous que Josias régna sur toutes les dix tribus exilées par l’Assyrie ? Comme il est écrit : « Et comme Josias se retourna, il aperçut les sépulcres…alors il dit : Quel est ce monument que je vois ? Et les hommes de la ville lui dirent : C’est le tombeau de l’homme de Dieu qui est venu de Juda et a proclamé ces choses que tu as faites contre l’autel de Béthel” (II Rois 23:16–17).
וְכִי מָה טִיבוֹ שֶׁל יֹאשִׁיָּהוּ בְּבֵית אֵל? אֶלָּא כְּשֶׁהֶחְזִירָן יִרְמְיָהוּ, יֹאשִׁיָּהוּ מָלַךְ עֲלֵיהֶם. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר מֵהָכָא: ״גַּם יְהוּדָה שָׁת קָצִיר לָךְ בְּשׁוּבִי שְׁבוּת עַמִּי״.
Or, quel lien Josias, roi de Juda, a-t-il avec l’autel de Béthel, une ville du royaume d’Israël ? Au contraire, cela indique que lorsque Jérémie ramena les dix tribus, Josias régna sur elles. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Le fait que les tribus soient revenues peut être déduit d’ici : « Toi aussi, Juda, une moisson t’est assignée, quand Je ramènerai la captivité de Mon peuple » (Osée 6:11). C’est-à-dire que, lorsque les dix tribus reviendront de leur captivité, un roi de Juda régnera sur elles.
מַתְנִי׳ בָּתֵּי הַחֲצֵרִים נוֹתְנִין לָהֶם כֹּחַ יָפֶה שֶׁבְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה וְכֹחַ יָפֶה שֶׁבַּשָּׂדוֹת, וְנִגְאָלִין מִיָּד וְכׇל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ כְּבָתִּים, וְיוֹצְאִין בַּיּוֹבֵל וּבְגִרְעוֹן כֶּסֶף כְּשָׂדוֹת.
MICHNA En ce qui concerne les maisons des cours non murées mentionnées dans la Torah (voir Lévitique 25:31), c’est-à-dire les maisons dans des villages qui ne sont pas entourés de murailles, on leur applique les dispositions exceptionnelles qui s’appliquent aux maisons des villes fortifiées et les dispositions exceptionnelles qui s’appliquent aux champs. Par conséquent, elles sont rachetées immédiatement et pendant les douze mois entiers suivant la vente, comme dans la vente de maisons de villes fortifiées, et non comme les champs, qui ne peuvent être rachetés qu’après deux ans. Et elles sortent de la possession de l’acheteur pendant le Jubilé ou avec une déduction annuelle de l’argent du prix de vente, comme la vente de champs. En revanche, les maisons des villes fortifiées deviennent la propriété de l’acheteur à perpétuité après un an, et si elles sont rachetées dans l’année, on paie le prix total de vente.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״עַל שְׂדֵה הָאָרֶץ יֵחָשֵׁב״ — הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה, מָה שְׂדֵה אֲחוּזָּה יוֹצֵא בַּיּוֹבֵל וּבְגִרְעוֹן כֶּסֶף, אַף בָּתֵּי הַחֲצֵרִים יוֹצְאִין בַּיּוֹבֵל וּבְגִרְעוֹן כֶּסֶף.
GUEMARALes Sages ont enseigné : Le verset déclare : « Mais les maisons des cours qui n’ont pas de mur tout autour seront comptées avec les champs du pays ; elles pourront être rachetées, et elles sortiront au Jubilé » (Lévitique 25:31). Le verset a juxtaposé les maisons des cours sans mur à un champ ancestral : De même qu’un champ ancestral sort de la possession de l’acheteur au Jubilé ou avec une déduction annuelle de l’argent du prix de vente, de même, les maisons des cours sans mur sortent de la possession de l’acheteur au Jubilé ou avec la déduction annuelle de l’argent du prix de vente.
אִי מָה שְׂדֵה אֲחוּזָּה אֵינָהּ נִגְאֶלֶת בְּפָחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, אַף בָּתֵּי הַחֲצֵרִים אֵינָם נִגְאָלִים פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גְּאוּלָּה תִּהְיֶה לוֹ״ — מִיָּד. הוֹאִיל וְנָתַתָּ לָהֶם כֹּחַ יָפֶה שֶׁבַּשָּׂדוֹת וְכֹחַ יָפֶה שֶׁבַּבָּתִּים, יָכוֹל לֹא יֵצְאוּ בַּיּוֹבֵל? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבַיּוֹבֵל יֵצֵא״.
La baraita continue : Si l’on déduit la halakha d’un champ ancestral, alors, de même qu’un champ ancestral ne peut pas être racheté avant deux ans après sa vente, de même, les maisons des cours non entourées de murailles ne peuvent pas être rachetées avant deux ans après leur vente. Par conséquent, le verset déclare : « Elles peuvent être rachetées, » indiquant qu’elles peuvent être rachetées immédiatement. La baraita continue : Puisque tu as accordé aux maisons des cours non entourées de murailles les dispositions exceptionnelles qui s’appliquent aux champs et les dispositions exceptionnelles qui s’appliquent aux maisons des villes fortifiées, on aurait pu penser qu’elles ne sortent pas de la possession de l’acheteur au Jubilé. Par conséquent, le verset déclare : « Et elles sortiront au Jubilé. »
מַאי קָאָמַר? אָמַר רַב הוּנָא: לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לְמַקְדִּישׁ בַּיִת בְּבָתֵּי הַחֲצֵרִים, וּגְאָלוֹ אַחֵר מִיַּד הֶקְדֵּשׁ, וּפָגַע בּוֹ יוֹבֵל בְּשָׁנָה שְׁנִיָּה.
La Guemara demande : Que tanna de la baraitadit dans la dernière clause, c’est-à-dire pourquoi pourrait-on penser que de telles maisons ne sortent pas de la possession de l’acheteur pendant l’année du Jubilé ? Après tout, les champs ancestraux sortent de la possession de l’acheteur pendant l’année du Jubilé, et le tanna enseigne que les dispositions exceptionnelles d’un champ ancestral s’appliquent aux maisons situées dans des cours non entourées de murailles. Rav Houna a dit : Le verset n’est nécessaire que pour le cas de quelqu’un qui consacre une maison parmi les maisons des cours non entourées de murailles, et qu’une autre personne l’a rachetée de la possession du Trésor du Temple, et l’année du Jubilé est arrivée dans la deuxième année après son rachat.
לְמַאי מְדַמֵּית לֵיהּ? אִי לְבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה מְדַמֵּית לֵיהּ — אִיחֲלֵיט לֵיהּ לְלוֹקֵחַ, אִי לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה מְדַמֵּית — לְכֹהֲנִים נָפְקָא, לְהָכִי אִצְטְרִיךְ ״וּבְיֹבֵל יָצָא״.
Rav Houna explique : À quoi comparerais-tu ce cas ? Si tu compares cette maison aux maisons des villes fortifiées qui ont été consacrées et rachetées par un autre, alors la maison appartient à l’acheteur à perpétuité à la fin de la première année (voir 31b). Si tu la compares à un champ ancestral qui a été consacré et racheté par un autre, il passe à la possession des prêtres lors de l’Année du Jubilé (voir 25a). Pour cette raison, il était nécessaire que le verset dise : "Et elles sortiront au Jubilé," pour enseigner que les maisons dans des cours non murées qui ont été consacrées et rachetées par un autre retournent à leurs propriétaires lors de l’Année du Jubilé.
מַתְקֵיף לַהּ רַב זְעֵירָא: מַאי אִירְיָא גְּאָלוֹ אַחֵר? אֲפִילּוּ לֹא גְּאָלוֹ נָמֵי! אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ הֶקְדֵּשׁ יוֹצֵא בְּלֹא פִּדְיוֹן.
Rav Zeira objecte à cela : Pourquoi est-il nécessaire d’interpréter ce verset comme se référant spécifiquement à un cas où une autre personne a racheté la maison du trésor du Temple ? Même si une autre personne ne l’a pas rachetée, la maison devrait aussi être rendue à son propriétaire lors de l’année du Jubilé, comme le verset l’énonce simplement : « Et ils sortiront au Jubilé. » Abaye dit à Rav Zeira : Une maison non rachetée n’est pas rendue à ses propriétaires lors de l’année du Jubilé, afin que les gens ne disent pas qu’un bien consacré peut sortir de la possession du trésor du Temple sans rachat.
מְנָלַן? מִבֶּן לֵוִי — מָה בֶּן לֵוִי שֶׁיִּפָּה כֹּחוֹ בְּמִמְכָּרוֹ, הוֹרַע כֹּחוֹ בְּהֶקְדֵּשׁוֹ; יִשְׂרָאֵל — שֶׁהוֹרַע כֹּחוֹ בְּמִמְכָּרוֹ, אֵין דִּין שֶׁהוֹרַע כֹּחוֹ בְּהֶקְדֵּשׁוֹ?
La Guemara ajoute : Et d’où apprenons-nous qu’un bien consacré ne sort pas de la possession du trésor du Temple sans rachat ? Nous l’apprenons de la halakha concernant un Lévite : Et quoi, si concernant un Lévite, dont le pouvoir est renforcé en ce qui concerne sa vente, puisqu’un Lévite peut toujours racheter un champ ou une maison qu’il a vendus (voir la michna en 33b), son pouvoir est diminué en ce qui concerne sa consécration, car un champ qu’il a consacré ne sort pas de la possession du trésor du Temple jusqu’à ce qu’il le rachète ; alors, concernant un Israélite, dont le pouvoir est diminué en ce qui concerne sa vente, puisqu’en cas de vente d’un champ ancestral il ne peut pas le racheter pendant les deux premières années, et qu’il ne peut racheter une maison d’une ville fortifiée que dans l’année suivant la vente, n’est-il pas logique que son pouvoir soit diminué en ce qui concerne sa consécration et que, s’il a consacré une maison d’une cour non fortifiée, il doive la racheter du trésor du Temple avant qu’elle n’entre en sa possession ?
וְהָתָם מְנָלַן? דְּתַנְיָא: ״וְיָצָא מִמְכָּר״, שׁוֹמֵעַ אֲנִי אֲפִילּוּ עֲבָדָיו מִטַּלְטְלָיו וּשְׁטָרָיו, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיִת וְעִיר אֲחֻזָּתוֹ״.
La Guemara demande : Et là-bas, concernant un Lévite, d’où déduisons-nous que son bien consacré ne sort pas de la possession du trésor du Temple sans rachat ? Comme il est enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Et si un homme achète des Lévites, la maison qui a été vendue dans la ville de sa possession sortira durant l’année du Jubilé » (Lévitique 25:33). De l’expression « qui a été vendue… sortira » je pourrais déduire que tout objet vendu par un Lévite lui revient durant l’année du Jubilé, même ses esclaves, ses biens meubles et ses billets à ordre. C’est pourquoi le verset dit : « Maison… dans la ville de sa possession », ce qui enseigne que ces objets ne reviennent pas au Lévite sans rachat.
מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״מִמְכַּר״? מִמְכָּריוֹ יוֹצֵא בְּחִנָּם, וְאֵין הֶקְדֵּשׁ יוֹצֵא בְּחִנָּם, אֶלָּא בְּפִדְיוֹן.
La baraita continue : Quel est le sens lorsque le verset déclare : « Ce qui a été vendu » ? Le verset enseigne qu’une maison ou un champ qui a été vendu par un Lévite sort de la possession de l’acheteur et entre dans la possession du Lévite gratuitement durant l’Année du Jubilé, mais la consécration d’un Lévite ne sort pas gratuitement durant l’Année du Jubilé ; plutôt, elle ne sort que par rédemption.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא, דְּאָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: הַכֹּל הָיוּ בִּכְלַל ״וְנָתַן הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ״.
La Guemara note : Et Rav Houna, qui dit qu’une maison dans une cour non entourée de murailles, qui a été consacrée puis ensuite rachetée par une autre personne, retourne à son propriétaire d’origine lors de l’Année du Jubilé, est en désaccord avec Rabbi Oshaya. Car Rabbi Oshaya dit : Tous les objets étaient inclus dans le commandement : Et il donnera l’argent et cela lui sera assuré (voir Lévitique 27:19), c’est-à-dire que celui qui rachète un objet du trésor du Temple en devient le propriétaire à tous égards.
כְּשֶׁפָּרַט הַכָּתוּב בִּשְׂדֵה אֲחוּזָּה ״וְהָיָה הַשָּׂדֶה בְּצֵאתוֹ בַיֹּבֵל קֹדֶשׁ לַה׳״ — שָׂדֶה הוּא דִּפְרַק לֵיהּ וְנָפְקָא לְכֹהֲנִים, אֲבָל הָנָךְ כִּדְקָיְימִי קָיְימִי.
Lorsque le verset précise au sujet d’un champ ancestral : « Mais le champ, lorsqu’il sortira au Jubilé, sera saint pour le Seigneur, comme un champ voué ; son champ ancestral sera pour le prêtre » (Lévitique 27:21), on en déduit que ce n’est qu’à l’égard d’un champ que l’on peut le racheter et néanmoins il sort de la possession du trésor du Temple pour entrer en la possession des prêtres durant l’Année du Jubilé. Mais, en ce qui concerne ces maisons dans des cours non entourées de murailles qui ont été consacrées et rachetées par un autre, elles demeurent dans leur état actuel, c’est-à-dire en la possession de celui qui les a rachetées.
״וּבַיּוֹבֵל יֵצֵא״, לְמָה לִי? אָמַר רַב פָּפָּא: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְמוֹכֵר בַּיִת בְּבָתֵּי הַחֲצֵרִים, וּפָגַע בּוֹ יוֹבֵל בְּשָׁנָה שְׁנִיָּה.
La Guemara demande : Selon Rabbi Oshaya, pourquoi ai-je besoin de l’expression « et ils sortiront au Jubilé » ? Rav Pappa a dit : Elle n’est nécessaire que pour le cas de quelqu’un qui vend une maison parmi les maisons des cours non entourées de murailles, et le Jubilé est arrivé la deuxième année. Le verset indique que la maison est néanmoins rendue au vendeur.
לְמַאי מְדַמֵּית לֵיהּ? אִי לְבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה מְדַמֵּית לֵיהּ — אִיחֲלֵט לֵיהּ לְלוֹקֵחַ, אִי לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה מְדַמֵּית לֵיהּ — הַשְׁלָמָה בָּעֵי, לְהָכִי אִצְטְרִיךְ ״וּבַיּוֹבֵל יֵצֵא״.
Rav Pappa explique : À quoi comparerais-tu ce cas ? Si tu compares ce cas à l’une des maisons des villes fortifiées qui a été vendue, alors la maison appartient à l’acheteur à perpétuité à la fin de la première année. Et si tu le compares au cas d’un champ ancestral qui a été vendu, alors il nécessite l’achèvement d’une année supplémentaire après l’Année du Jubilé, comme enseigné dans une baraita citée plus haut (29b) : Si l’acheteur a consommé la production d’un champ ancestral pendant un an avant l’Année du Jubilé, il complète une autre année après l’Année du Jubilé. Pour cette raison il était nécessaire que le verset déclare : « Et ils sortiront au Jubilé, » pour enseigner que, dans un tel cas, la maison d’une cour non murée retourne en la possession du propriétaire d’origine.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב הוּנָא, וּתְיוּבְתָּא דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא: הַמַּקְדִּישׁ בַּיִת בְּבָתֵּי הַחֲצֵרִים — הֲרֵי זֶה גּוֹאֵל מִיָּד וְגוֹאֲלוֹ לְעוֹלָם; גְּאָלוֹ אַחֵר מִיַּד הֶקְדֵּשׁ, הִגִּיעַ יוֹבֵל וְלֹא נִגְאַל — חוֹזֵר לַבְּעָלִים בַּיּוֹבֵל.
La Guemara note : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rav Huna, et cette baraita constitue une réfutation concluante de l’opinion de Rabbi Oshaya : En ce qui concerne celui qui consacre une maison parmi les maisons de cours non entourées de murailles, cette personne peut racheter la maison immédiatement et peut toujours la racheter. Si une autre personne l’a rachetée de la possession du trésor du Temple, et que l’année du Jubilé est arrivée et qu’elle n’a pas été rachetée par le propriétaire d’origine, la maison retourne au propriétaire lors du Jubilé.

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