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אָמַר אַבָּיֵי: הָכִי קָאָמַר — עַד גַּמְלָא בַּגָּלִיל, עַד גְּדוֹד בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן, וְחָדִיד וְאוֹנוֹ וִירוּשָׁלַיִם בִּיהוּדָה.
Abaye a dit : Ceci est ce que la baraitadit : Jusqu’à Gamla en Galilée, c’est-à-dire que toutes les villes de Galilée, de Gamla vers le sud, étaient entourées d’une muraille depuis l’époque de Josué, fils de Noun ; et de même, toutes les villes jusqu’à Gedod en Transjordanie, qui est la ville la plus orientale, étaient entourées d’une muraille ; et Hadid, Ono et Jérusalem en Judée étaient entourées d’une muraille depuis l’époque de Josué, fils de Noun.
רָבָא אָמַר: גַּמְלָא בַּגָּלִיל, לְאַפּוֹקֵי גַּמְלָא דִּשְׁאָר אֲרָצוֹת; גְּדוֹד בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן, לְאַפּוֹקֵי גְּדוֹד דִּשְׁאָר אֲרָצוֹת; אִינָךְ דְּלָא אִיכָּא דִּכְוָתַיְיהוּ — לָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ.
Rava a dit une explication différente : la baraita élucide la michna, qui mentionne ces villes. La baraita enseigne que la Gamla mentionnée dans la michna est celle de Galilée, à l’exclusion de toute autre Gamla située dans d’autres contrées, c’est-à-dire la Judée et la Transjordanie. De même, Gedod est celle de Transjordanie, à l’exclusion de Gedod dans d’autres contrées, la Judée et la Galilée. De la même manière, Ḥadid, Ono et Jérusalem sont précisément les villes de Judée connues sous ces noms. Quant à ces autres villes mentionnées dans la michna, par exemple Yodfat, puisqu’il n’existe pas de villes dans d’autres contrées portant des noms semblables, il n’était pas nécessaire que le tanna de la baraita les mentionne.
וִירוּשָׁלַיִם מִי מִיחֲלַט בַּהּ? וְהָתַנְיָא: עֲשָׂרָה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בִּירוּשָׁלַיִם, אֵין הַבַּיִת חָלוּט בָּהּ!
La Guemara demande : Et la propriété d’une maison à Jérusalem est-elle transférée à perpétuité à l’acheteur après un an, à la manière des maisons des villes fortifiées ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Dix points ont été énoncés au sujet de Jérusalem, dont l’un est que la propriété d’une maison située à Jérusalem n’est pas transférée à perpétuité un an après sa vente ?
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּירוּשָׁלַיִם דְּמוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, וְלֹא כִּירוּשָׁלַיִם, דְּאִילּוּ יְרוּשָׁלַיִם אֵין הַבַּיִת חָלוּט בָּהּ, וְאִילּוּ הָכָא הַבַּיִת חָלוּט (בהן) [בָּהּ]. רַב אָשֵׁי אָמַר: לָאו אָמַר רַב יוֹסֵף תְּרֵי קָדֵשׁ הֲווֹ? הָכָא נָמֵי תְּרֵי יְרוּשָׁלַיִם הֲווֹ.
Rabbi Yoḥanan a dit : Le tanna veut dire que la propriété d’une maison peut être transférée à perpétuité dans toute ville qui est comme Jérusalem, c’est-à-dire entourée d’une muraille depuis l’époque de Josué, fils de Noun, mais la halakha concernant une telle ville est différente de Jérusalem elle-même, car alors que concernant Jérusalem, la propriété d’une maison à l’intérieur de celle-ci n’est pas transférée à perpétuité, ici, concernant les villes semblables à Jérusalem, une maison dans celles-ci peut être transférée à perpétuité à l’acheteur. Rav Ashi a donné une réponse différente : Rav Yosef n’a-t-il pas dit pour résoudre une autre difficulté : Il y avait deux endroits appelés Kadesh ? Ici aussi, on peut dire qu’il y avait deux endroits appelés Jérusalem en Judée, et la michna fait référence à celui où la propriété des maisons est transférée à perpétuité.
תַּנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: לָמָּה מָנוּ חֲכָמִים אֶת אֵלּוּ, שֶׁכְּשֶׁעָלוּ בְּנֵי הַגּוֹלָה מָצְאוּ אֵלּוּ וְקִידְּשׁוּם, אֲבָל רִאשׁוֹנוֹת בָּטְלוּ מִשֶּׁבָּטְלָה קְדוּשַּׁת הָאָרֶץ. קָסָבַר: קְדוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה קִידְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ, וְלֹא קִידְּשָׁה לֶעָתִיד לָבֹא.
§ En ce qui concerne les villes énumérées dans la michna, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, dit : Pourquoi les Sages ont-ils compté précisément ces villes comme celles entourées d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun ? Ils les ont comptées parce que, lorsque les exilés sont montés en Eretz Yisrael depuis Babylone, ils ont découvert ces villes et les ont sanctifiées ; mais la sainteté des villes fortifiées de la première fois a été annulée lorsque la sainteté du pays a été annulée et que le peuple juif a été exilé. La Guemara note : Apparemment, Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, soutient que la consécration initiale d’Eretz Yisrael aux jours de Josué l’a consacrée pour son temps, jusqu’à l’exil, mais n’a pas consacré Eretz Yisrael pour toujours.
וּרְמִינְהִי: אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי: וְכִי אֵלּוּ בִּלְבַד הָיוּ? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״שִׁשִּׁים עִיר כׇּל חֶבֶל אַרְגּוֹב... כׇּל אֵלֶּה עָרִים בְּצוּרוֹת״! אֶלָּא לָמָּה מָנוּ חֲכָמִים אֶת אֵלּוּ? שֶׁכְּשֶׁעָלוּ בְּנֵי הַגּוֹלָה מָצְאוּ אֵלּוּ וְקִידְּשׁוּם. קִידְּשׁוּם? הָא אָמְרִינַן דְּלָא צְרִיךְ לְקַדּוֹשִׁינְהוּ! אֶלָּא מְנָאוּם.
La Guemara demande : Mais soulève une contradiction à partir d’une autre baraita : Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, a dit : Et ces villes énumérées dans la michna étaient-elles les seules villes fortifiées depuis les jours de Josué ? N’est-il pas déjà dit : « Il n’y eut pas une ville que nous ne prîmes d’eux ; soixante villes, toute la région d’Argob… toutes ces villes étaient fortifiées de hautes murailles, de portes et de barres » (Deutéronome 3:4–5) ? Alors, pourquoi les Sages ont-ils spécifiquement compté celles-ci ? Ils les ont comptées parce que, lorsque les exilés montèrent de Babylonie, ils trouvèrent celles-ci et les sanctifièrent. La Guemara intervient : La baraita peut-elle vraiment vouloir dire qu’ils les sanctifièrent ? Mais nous disons plus loin dans la même baraita qu’il n’est pas nécessaire de les sanctifier. Plutôt, la baraita veut dire qu’ils trouvèrent ces villes et les comptèrent dans la michna.
וְלֹא אֵלּוּ בִּלְבַד, אֶלָּא כֹּל שֶׁתַּעֲלֶה לְךָ מָסוֹרֶת בְּיָדְךָ מֵאֲבוֹתֶיךָ שֶׁמּוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן — כׇּל מִצְוֹת הַלָּלוּ נוֹהֲגוֹת בָּהּ, מִפְּנֵי שֶׁקְּדוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה קִידְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ וְקִידְּשָׁה לֶעָתִיד לָבֹא!
La baraita continue : Et pas seulement celles-ci ; plutôt, en ce qui concerne toute ville pour laquelle vous recevez une tradition de vos ancêtres selon laquelle elle est entourée d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun, toutes ces mitzvot des villes fortifiées y sont observées, en raison du fait que la consécration initiale d’Eretz Yisrael l’a consacrée pour son temps et l’a consacrée pour toujours. De toute évidence, le rabbin Yishmael, fils du rabbin Yosei, soutient que la consécration initiale d’Eretz Yisrael est éternelle.
אִיבָּעֵית אֵימָא: תְּרֵי תַּנָּאֵי וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: חַד מִינַּיְיהוּ רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר יוֹסֵי אַמְרַהּ, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר יוֹסֵי אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר לוֹא חוֹמָה״ — אַף עַל פִּי שֶׁאֵין לוֹ עַכְשָׁיו וְהָיָה לוֹ קוֹדֶם לָכֵן.
La Guemara répond : Si vous voulez, dites qu’il s’agit d’un différend entre deux tanna’im, et qu’ils sont en désaccord au sujet de l’opinion de Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei. Et si vous voulez, dites plutôt que l’une des baraitot, en particulier la seconde, a en réalité été énoncée par Rabbi Elazar bar Yosei. Comme il est enseigné dans une baraita que Rabbi Elazar bar Yosei dit : Puisque le verset déclare : « Qui a [lo] une muraille, » avec lo écrit avec un alef, selon quoi le verset peut aussi être compris comme signifiant : Qui n’a pas de muraille, cela indique que même si une ville n’a pas de muraille maintenant, mais en avait une auparavant, à l’époque de Josué fils de Noun, elle conserve son statut de ville fortifiée.
מַאי טַעְמָא דְּמַאן דְּאָמַר: קְדוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה קִידְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ וְלֹא קִידְּשָׁה לֶעָתִיד לָבֹא? דִּכְתִיב: ״וַיַּעֲשׂוּ בְּנֵי הַגּוֹלָה הַשָּׁבִים מִן הַשְּׁבִי סוּכּוֹת וַיֵּשְׁבוּ בַסּוּכּוֹת כִּי לֹא עָשׂוּ מִימֵי יֵשׁוּעַ בִּן נוּן כֵּן בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳ וַתְּהִי שִׂמְחָה גְּדוֹלָה מְאֹד״. אֶפְשָׁר בָּא דָּוִד וְלֹא עָשׂוּ סוּכּוֹת עַד שֶׁבָּא עֶזְרָא?
§ La Guemara demande : Quel est le raisonnement de celui qui dit que la consécration initiale d’Eretz Yisrael a consacré le pays pour son temps, mais ne l’a pas consacré pour toujours ? Car il est enseigné dans une baraita : Il est écrit au sujet du retour de Babylonie : « Toute l’assemblée de ceux qui étaient revenus de la captivité fit des soukkot et habita dans des soukkot, car depuis les jours de Josué fils de Noun, jusqu’à ce jour-là les enfants d’Israël n’avaient pas fait ainsi. Et il y eut une très grande joie » (Néhémie 8:17). Or, est-il possible que le roi David soit venu et que les Juifs de son époque ainsi que toutes les générations suivantes n’aient pas fait de soukkot, jusqu’à ce qu’Esdras vienne ?
אֶלָּא מַקִּישׁ בִּיאָתָם בִּימֵי עֶזְרָא לְבִיאָתָם בִּימֵי יְהוֹשֻׁעַ, מָה בִּיאָתָם בִּימֵי יְהוֹשֻׁעַ מָנוּ שְׁמִיטִּין וְיוֹבְלוֹת וְקִדְּשׁוּ עָרֵי חוֹמָה, אַף בִּיאָתָן בִּימֵי עֶזְרָא מָנוּ שְׁמִיטִּין וְיוֹבְלוֹת וְקִדְּשׁוּ עָרֵי חוֹמָה.
Au contraire, lorsque le verset déclare : « Car depuis les jours de Josué », cela signifie comparer leur arrivée en Eretz Yisrael aux jours d’Ezra à leur arrivée aux jours de Josué : De même que concernant leur arrivée aux jours de Josué, ils comptèrent les années sabbatiques et les années de Jubilé et sanctifièrent les villes fortifiées, de même aussi, concernant leur arrivée aux jours d’Ezra, ils comptèrent les années sabbatiques et les années de Jubilé et sanctifièrent les villes fortifiées.
וְאוֹמֵר: ״וֶהֱבִיאֲךָ ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֶל הָאָרֶץ אֲשֶׁר יָרְשׁוּ אֲבוֹתֶיךָ וִירִשְׁתָּהּ״, מַקִּישׁ יְרוּשָּׁתְךָ לִירוּשַּׁת אֲבוֹתֶיךָ — מָה יְרוּשַּׁת אֲבוֹתֶיךָ בְּחִידּוּשׁ כׇּל דְּבָרִים הַלָּלוּ, אַף יְרוּשָּׁתְךָ בְּחִידּוּשׁ כׇּל דְּבָרִים הַלָּלוּ.
Et ainsi il dit au sujet du retour des Juifs de l’exil : « Et l’Éternel, ton Dieu, te ramènera dans le pays que tes pères ont possédé, et tu le posséderas » (Deutéronome 30:5). Le verset compare ta possession à la possession de tes pères : De même que la possession de tes pères est venue avec le renouvellement de toutes ces choses, c’est-à-dire l’année sabbatique et l’année du Jubilé, ainsi que les terumot et les dîmes, de même ta possession vient avec le renouvellement de toutes ces choses, puisque la consécration initiale a été annulée.
וְאִידַּךְ? דִּבְעוֹ רַחֲמֵי עַל יֵצֶר דַּעֲבוֹדָה זָרָה, וּבַטְּלֵיהּ, וְאַגֵּין זְכוּתָא עֲלַיְיהוּ כִּי סוּכָּה.
La Guemara demande : Et le tanna qui soutient l’autre opinion, selon laquelle la consécration initiale d’Eretz Yisrael est éternelle, comment interprète-t-il le verset dans Néhémie ? La Guemara répond que lorsque le verset déclare : « Car depuis les jours de Josué », cela ne fait pas référence à de véritables soukot ; le verset signifie plutôt qu’Ezra a prié pour obtenir miséricorde au sujet du mauvais penchant pour l’idolâtrie et l’a annulé, et le mérite de sa prière les a protégés comme une soukka.
וְהַיְינוּ דְּקָא קָפֵיד קְרָא עִילָּוֵיהּ דִּיהוֹשֻׁעַ, דִּבְכֹל דּוּכְתָּא כְּתִיב ״יְהוֹשֻׁעַ״, וְהָכָא כְּתִיב ״יֵשׁוּעַ״. בִּשְׁלָמָא מֹשֶׁה לָא בְּעָא רַחֲמֵי, דְּלָא הֲוָה זְכוּתָא דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, אֶלָּא יְהוֹשֻׁעַ דַּהֲוָה לֵיהּ זְכוּתָא דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, אַמַּאי לָא לִיבְעֵי רַחֲמֵי?
La Guemara ajoute : Et c’est là la raison pour laquelle le verset critique Josué de ne pas avoir prié lui-même pour la suppression de cette inclination. Comment cette critique est-elle indiquée dans le verset ? Car dans tout autre endroit de la Torah, son nom est écrit ainsi : Yehoshua, et ici il est écrit : Yeshua. La Guemara explique pourquoi le verset désigne particulièrement Josué pour la critique : Certes, Moïse, le premier dirigeant du peuple juif, n’a pas prié pour obtenir miséricorde afin que cette inclination soit supprimée, car à ce moment-là il n’y avait pas le mérite d’Eretz Yisrael ; mais Josué, qui avait le mérite d’Eretz Yisrael, pourquoi n’a-t-il pas prié pour obtenir miséricorde afin que cette inclination soit annulée ?
וְהָא כְתִיב: ״אֲשֶׁר יָרְשׁוּ אֲבוֹתֶיךָ וִירִשְׁתָּהּ״! הָכִי קָאָמַר: כֵּיוָן דְּיָרְשׁוּ אֲבוֹתֶיךָ — יָרַשְׁתָּ אַתְּ.
La Guemara demande : Mais, selon l’opinion selon laquelle la sanctification initiale n’a pas été annulée, n’est-il pas écrit : « Que tes pères ont possédée, et tu la posséderas » ? Ce verset indique apparemment qu’il était nécessaire de sanctifier Eretz Yisrael une seconde fois. La Guemara répond : Selon cette opinion, voici ce que le verset dit : Puisque tes pères ont possédé la terre, toi aussi tu la possèdes, et il n’est pas nécessaire de la sanctifier de nouveau.
וּמִי מָנוּ שְׁמִיטִּין וְיוֹבְלוֹת? הַשְׁתָּא מִשֶּׁגָּלוּ שֵׁבֶט רְאוּבֵן וְשֵׁבֶט גָּד וַחֲצִי שֵׁבֶט מְנַשֶּׁה בָּטְלוּ יוֹבְלוֹת, עֶזְרָא דִּכְתִיב בֵּיהּ ״כׇּל הַקָּהָל כְּאֶחָד אַרְבַּע רִבּוֹא אַלְפַּיִם וְשֵׁשׁ מֵאוֹת וְשִׁשִּׁים״ הֲוָה מָנֵי?
La baraita citée plus haut enseigne que les Juifs commencèrent à compter l’Année du Jubilé à leur retour d’exil. La Guemara demande : Mais comptaient-ils les années sabbatiques et les années de Jubilé à l’époque d’Ezra ? Or, si depuis le moment où la tribu de Reuven, la tribu de Gad et la demi-tribu de Menashé furent exilées (voir I Chroniques 5:26), le décompte des années de Jubilé a été annulé, bien que la majorité des Juifs vécût en Eretz Yisrael, alors à l’époque d’Ezra, au sujet de laquelle il est écrit : « Toute l’assemblée réunie était de 42 360 » (Ezra 2:64), auraient-ils compté les années de Jubilé ?
דְּתַנְיָא: מִשֶּׁגָּלוּ שֵׁבֶט רְאוּבֵן וְשֵׁבֶט גָד וַחֲצִי שֵׁבֶט הַמְנַשֶּׁה בָּטְלוּ יוֹבְלוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּקְרָאתֶם דְּרוֹר בָּאָרֶץ לְכׇל יֹשְׁבֶיהָ״, בִּזְמַן שֶׁכֹּל יוֹשְׁבֶיהָ עָלֶיהָ, וְלֹא בִּזְמַן שֶׁגָּלוּ מִקְצָתָן.
Comme il est enseigné dans une baraita : Depuis le moment où la tribu de Ruben, la tribu de Gad et la moitié de la tribu de Manassé furent exilées, le décompte des années de Jubilé fut annulé, comme il est dit : « Vous proclamerez la liberté dans tout le pays pour tous ses habitants ; ce sera pour vous un Jubilé » (Lévitique 25:10), indiquant que les halakhot de l’année du Jubilé ne s’appliquent que lorsque tous ses habitants se trouvent en Eretz Israël, et non lorsque certains d’entre eux ont été exilés.
יָכוֹל הָיוּ עָלֶיהָ וְהֵן מְעוֹרָבִין, שֵׁבֶט בִּנְיָמִין בִּיהוּדָה וְשֵׁבֶט יְהוּדָה בְּבִנְיָמִין, יְהֵא יוֹבֵל נוֹהֵג? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לְכׇל יֹשְׁבֶיהָ״ — בִּזְמַן שֶׁיּוֹשְׁבֶיהָ כְּתִיקּוּנָן, וְלֹא בִּזְמַן שֶׁהֵן מְעוֹרָבִין!
La baraita continue : On pourrait penser que, si tous les Juifs vivaient en Eretz Yisrael, mais qu’ils étaient mêlés, par exemple, la tribu de Benjamin vivait dans la part de la tribu de Juda, et la tribu de Juda dans la part de la tribu de Benjamin, alors l’année du Jubilé devrait être en vigueur. Par conséquent, le verset déclare : « À tous ses habitants », ce qui enseigne que l’année du Jubilé ne s’applique que lorsque ses habitants vivent selon leur disposition appropriée, et non lorsqu’ils sont mêlés. Comment, alors, ceux qui sont revenus d’exil ont-ils pu compter les années du Jubilé ?
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מָנוּ יוֹבְלוֹת לְקַדֵּשׁ שְׁמִיטִּין.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Ils comptaient les années du Jubilé afin de sanctifier les années sabbatiques. C’est-à-dire qu’à la fin de chaque série de sept cycles de l’année sabbatique, ils comptaient la cinquantième année comme une année de Jubilé, afin que le cycle sabbatique suivant commence en son temps approprié, la cinquante et unième année. Néanmoins, les halakhot de l’année du Jubilé n’étaient pas en vigueur.

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