בְּחַד זִימְנָא אָמְדִינַן לֵיהּ, אוֹ דִלְמָא כֵּיוָן דִּבְזֶה אַחַר זֶה נָדַר, תְּרֵי זִימְנֵי אָמְדִינַן לֵיהּ?
nous l’évaluons une seule fois et il donne deux fois la valeur de cette unique évaluation, ou peut-être, puisqu’il a fait le vœu de manière séquentielle, l’évaluons-nous deux fois ?
וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר: כֵּיוָן דִּבְזֶה אַחַר זֶה נָדַר תְּרֵי זִימְנֵי אָמְדִינַן לֵיהּ, אָמַר: ״שְׁנֵי דָּמַי עָלַי״ בְּבַת אַחַת, מַהוּ? הָכָא וַדַּאי בְּבַת אַחַת נָדַר, בְּבַת אַחַת אָמְדִינַן לֵיהּ, אוֹ דִלְמָא כֵּיוָן דְּקָאָמַר ״שְׁנֵי״, כְּזֶה אַחַר זֶה דָּמֵי?
Et si tu dis dans ce cas que puisqu’il a formulé le vœu de manière séquentielle, nous l’évaluons deux fois, s’il dit en même temps : Mon évaluation est deux fois imposée sur moi, quelle est la halakha ? Dirons-nous qu’ici, il a certainement formulé le vœu en même temps, et donc nous l’évaluons une seule fois, ou peut-être, puisqu’il dit le mot : Deux fois, cela est considéré comme si il avait formulé le vœu de manière séquentielle et donc il doit être évalué deux fois ?
אִם תִּימְצֵי לוֹמַר: כֵּיוָן דְּקָאָמַר ״שְׁנֵי״ כְּזֶה אַחַר זֶה דָּמֵי, אֲמָדוּהוּ מֵאֵלָיו מַהוּ? מִי אָמְרִינַן: הָא אֲמִיד מֵאֵלָיו וְקָאֵי, אוֹ דִלְמָא בָּעֵינַן כַּוָּונָה לְאוּמְדָּנָא?
Enfin, si tu dis que, puisqu’il dit le mot : deux fois, cela est considéré comme si il avait fait le vœu successivement et qu’il doit être évalué deux fois, si un tribunal de dix l’a évalué de lui-même, c’est-à-dire non dans le but d’évaluer un vœu, quelle est la halakha ? Disons-nous qu’il a déjà été évalué de lui-même et se tient maintenant devant nous, et qu’il n’y a donc pas besoin d’une autre évaluation, ou peut-être exigeons-nous une évaluation effectuée avec intention pour la consécration au trésor du Temple.
פְּשׁוֹט מִיהָא חֲדָא, דִּתְנַן: ״דְּמֵי עָלַי״ וּמֵת — לֹא יִתְּנוּ יוֹרְשִׁין, שֶׁאֵין דָּמִים לַמֵּתִים.
La Guemara suggère : Résous au moins un de ces dilemmes, comme nous l’avons appris dans la michna ci-dessous : Dans le cas de quelqu’un qui dit : Il m’incombe à moi de donner mon estimation, et puis meurt, ses héritiers n’ont pas besoin de donner son estimation au trésor du Temple, car il n’y a pas de valeur monétaire pour les morts, et son estimation au moment de son vœu est inconnue.
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמָדוּהוּ מֵאֵלָיו הָוֵי אוּמְדָּנָא, הָא אֲמִיד וְקָאֵי, מִי אִיכָּא גַּבְרָא דְּלָא שָׁוֵי אַרְבְּעָה זוּזֵי?
La Guemara explique la résolution : Et s’il te vient à l’esprit que, dans un cas où un tribunal de dix l’a évalué de sa propre initiative, cela constitue une évaluation valable concernant son vœu, pourquoi la michna dit-elle que ses héritiers n’ont pas à faire de don au trésor du Temple ? N’est-il pas considéré comme déjà évalué dès le départ, puisqu’existe-t-il une personne qui ne vaut pas au moins quatre zuz ? Cela prouve qu’une évaluation doit être effectuée avec l’intention de consécration au trésor du Temple.
אֲמָדוּהוּ מֵאֵלָיו — נְחֵית לְאוּמְדָּנָא, ״דָּמַי עָלַי״ — לָא נְחֵית לְאוּמְדָּנָא.
La Guemara rejette cette résolution : dans un cas où un tribunal de dix l’a évalué de sa propre initiative avant qu’il ne fasse son vœu, il est entré dans une évaluation, c’est-à-dire qu’une évaluation a effectivement été réalisée. En revanche, dans le cas de celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner mon évaluation, puis meurt, il n’est pas entré dans une évaluation, c’est-à-dire qu’aucune évaluation effective n’a du tout été effectuée.
מַתְנִי׳ חוֹמֶר בָּעֲרָכִין מִבַּנְּדָרִים, כֵּיצַד? הָאוֹמֵר: ״עֶרְכִּי עָלַי״ וָמֵת — יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁים, ״דָּמַי עָלַי״ וָמֵת — לֹא יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁים, שֶׁאֵין דָּמִים לַמֵּתִים.
MICHNA : Il y a des halakhot qui sont plus strictes en ce qui concerne les valuations qu’en ce qui concerne les vœux d’estimation. Comment cela ? Dans le cas de celui qui dit : Il incombe à moi de donner ma valuation, et puis meurt, ses héritiers doivent donner sa valuation au trésor du Temple. Mais celui qui dit : Il incombe à moi de donner mon estimation, et puis meurt, ses héritiers n’ont pas besoin de donner son estimation au trésor du Temple, car il n’y a pas de valeur monétaire pour les morts.
״עֵרֶךְ יָדִי״, וְ״עֵרֶךְ רַגְלִי עָלַי״ — לָא אָמַר כְּלוּם. ״עֵרֶךְ רֹאשִׁי״, וְ״עֵרֶךְ כְּבֵידִי עָלַי״ — נוֹתֵן עֵרֶךְ כּוּלּוֹ. זֶה הַכְּלָל: דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ — נוֹתֵן עֵרֶךְ כּוּלּוֹ.
Celui qui dit : Il m’incombe de donner l’évaluation de mon avant-bras, ou : l’évaluation de ma jambe, n’a rien dit, car il n’y a dans la Torah des évaluations que pour une personne entière. Mais si quelqu’un dit : Il m’incombe de donner l’évaluation de ma tête, ou : l’évaluation de mon foie, il donne l’évaluation de tout son être. Tel est le principe : Celui qui évalue un élément dont l’âme dépend, c’est-à-dire sans lequel on mourra, donne l’évaluation de tout son être.
״חֲצִי עֶרְכִּי עָלַי״ — נוֹתֵן חֲצִי עֶרְכּוֹ, ״עֵרֶךְ חֶצְיִי עָלַי״ — נוֹתֵן עֵרֶךְ כּוּלּוֹ, ״חֲצִי דָּמַי עָלַי״ — נוֹתֵן חֲצִי דָּמָיו, ״דְּמֵי חֶצְיִי עָלַי״ — נוֹתֵן דְּמֵי כוּלּוֹ. זֶה הַכְּלָל: דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ — נוֹתֵן דְּמֵי כוּלּוֹ.
Celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner la moitié de ma valuation, donne la moitié de sa valuation. Mais celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner la valuation de la moitié de moi-même, donne la valuation de tout son être. De même, celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner la moitié de mon estimation, donne la moitié de son estimation ; celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner l’estimation de la moitié de moi-même, donne l’estimation de tout son être. Tel est le principe : Celui qui fait un vœu au sujet de ce dont l’âme dépend donne l’estimation de tout son être.
הָאוֹמֵר: ״עֶרְכּוֹ שֶׁל פְּלוֹנִי עָלַי״, מֵת הַנּוֹדֵר וְהַנִּידָּר — יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁין. ״דָּמָיו שֶׁל פְּלוֹנִי עָלַי״, וּמֵת הַנּוֹדֵר — יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁין, מֵת הַנִּידָּר — לֹא יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁין, שֶׁאֵין דָּמִים לַמֵּתִים.
En ce qui concerne celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner l’évaluation d’untel, et que celui qui a fait le vœu et l’objet du vœu meurent tous deux, les héritiers de celui qui a fait le vœu doivent donner l’évaluation de l’objet du vœu au trésor du Temple. En ce qui concerne celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner l’estimation d’untel, et celui qui a fait le vœu meurt, ses héritiers doivent donner son estimation au trésor du Temple. Si l’objet du vœu meurt, les héritiers de celui qui a fait le vœu n’ont pas besoin de donner son estimation au trésor du Temple, car il n’y a pas de valeur monétaire pour les morts.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: חוֹמֶר בַּנְּדָרִים מִבַּעֲרָכִין, שֶׁהַנְּדָרִים חָלִין עַל בְּהֵמָה חַיָּה וָעוֹף, וְאֵין נִדּוֹנִים בְּהֶשֵּׂג יָד, מָה שֶׁאֵין כֵּן בָּעֲרָכִין.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita : Il existe des halakhot qui sont plus strictes en ce qui concerne les vœux d’estimation qu’en ce qui concerne les évaluations, car les vœux d’estimation prennent effet à l’égard d’un animal domestique, d’un animal sauvage et d’un oiseau. Si quelqu’un dit : Il m’incombe de donner l’estimation de cet oiseau, il doit donner cette estimation. Il n’en va pas ainsi des évaluations, car elles ne prennent pas effet à l’égard des animaux et des oiseaux. Et une autre halakha plus stricte en ce qui concerne les vœux d’estimation qu’en ce qui concerne les évaluations est que les indigents qui font des vœux d’estimation ne sont pas évalués selon leurs moyens. Il n’en va pas ainsi des évaluations, qui sont fixées selon la capacité de celui qui fait le vœu à payer ce qu’il a promis.
חוֹמֶר בָּעֲרָכִין מִבַּנְּדָרִים, כֵּיצַד? אָמַר: ״עֶרְכִּי עָלַי״ וָמֵת — יִתְּנוּ יוֹרְשִׁין, ״דָּמַי עָלַי״ וָמֵת — לֹא יִתְּנוּ יוֹרְשִׁין, שֶׁאֵין דָּמִים לַמֵּתִים.
Il existe une halakha qui est plus stricte en matière de valuations qu’en matière de vœux d’estimation. Comment cela ? Dans le cas de quelqu’un qui a dit : Il m’incombe à moi de donner ma valuation, puis meurt, ses héritiers doivent donner sa valuation au trésor du Temple. Mais celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner mon estimation, puis meurt, ses héritiers n’ont pas besoin de donner son estimation au trésor du Temple, car il n’y a pas de valeur monétaire pour les morts.
אָמַר ״עֶרְכִּי עָלַי״ וָמֵת — יִתְּנוּ יוֹרְשִׁין. שְׁמַע מִינַּהּ מִלְוָה עַל פֶּה גּוֹבֶה מִן הַיּוֹרְשִׁין? שָׁאנֵי הָכָא, דְּמִלְוָה כְּתוּבָה בַּתּוֹרָה הִיא.
La baraita a enseigné au sujet d’une personne qui a dit : Il m’incombe à moi de donner mon évaluation, puis meurt, que ses héritiers doivent donner son évaluation au trésor du Temple. La Guemara suggère que l’on peut conclure de cette décision que l’on recouvre auprès des héritiers un prêt conclu oralement, puisqu’aucun billet à ordre n’a été rédigé concernant cette obligation. La Guemara rejette cette conclusion : Ici l’obligation des héritiers de payer l’évaluation du défunt est différente, c’est-à-dire qu’elle n’est pas identique à un prêt conclu oralement, car une évaluation est considérée comme une dette, c’est-à-dire une obligation financière, écrite dans la Torah, conformément à l’âge et au sexe du défunt au moment du vœu.
שְׁמַע מִינַּהּ: מִלְוָה הַכְּתוּבָה בַּתּוֹרָה כִּכְתוּבָה בִּשְׁטָר דָּמְיָא? הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּשֶׁעָמַד בַּדִּין.
La Guemara objecte : Si tel est le cas, peut-on conclure de la baraita qu’un prêt qui est écrit dans la Torah, c’est-à-dire toute obligation financière qui s’applique selon la loi de la Torah, est considéré comme s’il était écrit dans un document ? La Guemara rejette cette conclusion : Ici, nous traitons d’un cas où il a comparu en justice avant de mourir, et le tribunal l’a obligé à donner le montant de son évaluation. La décision du tribunal est considérée comme une obligation financière écrite dans un document, et par conséquent les héritiers sont tenus de payer le montant de son évaluation.
דִּכְוָותַהּ גַּבֵּי ״דָּמַי עָלַי״ שֶׁעָמַד בַּדִּין, אַמַּאי לֹא יִתְּנוּ יוֹרְשִׁין ״דָּמַי עָלַי״? מְחוּסַּר אוּמְדָּנָא. ״עֶרְכִּי עָלַי״ — לֹא מְחוּסָּר וְלֹא כְלוּם.
La Guemara demande : Si tel est le cas, alors, dans la situation correspondante, en ce qui concerne celui qui a dit : Il m’incombe à moi de donner mon estimation, la baraita doit également parler de quelqu’un qui a comparu en jugement. Mais dans ce cas, pourquoi les héritiers ne doivent-ils pas donner son estimation ? La Guemara répond que, dans le cas de celui qui a dit : Il m’incombe à moi de donner mon estimation, même s’il a comparu en jugement et que le tribunal l’a obligé à payer, l’estimation du montant précis qu’il doit payer fait encore défaut, car ce montant n’est déterminé que par l’estimation d’un tribunal. En revanche, en ce qui concerne celui qui a dit : Il m’incombe à moi de donner ma valuation, s’il a comparu en jugement et que le tribunal l’a obligé à payer, rien ne fait défaut, car le montant qu’il paie est fixé par la Torah.
עֵרֶךְ יָדִי וְרַגְלִי עָלַי וְכוּ׳. אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: וְנוֹתֵן דָּמֶיהָ.
§ La michna enseigne que celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner l’évaluation de mon avant-bras, ou de ma jambe, n’a rien dit, car il n’y a dans la Torah des évaluations que pour une personne entière. Rav Giddel dit que Rav dit : Et, bien qu’il soit exempt de donner l’évaluation, il doit donner l’estimation de l’avant-bras ou de la jambe.
וְהָא ״לֹא אָמַר כְּלוּם״ קָתָנֵי! לֹא אָמַר כְּלוּם לְרַבָּנַן, וְנוֹתֵן דָּמֶיהָ לְרַבִּי מֵאִיר.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans la michna que il n’a rien dit ? La Guemara répond : La décision de la michna selon laquelle il n’a rien dit s’applique selon l’opinion des Sages, mais il doit donner l’estimation selon l’opinion de Rabbi Meïr. Rabbi Meïr soutient qu’une personne ne prononce pas une déclaration en vain, et qu’il a donc nécessairement eu l’intention de faire le vœu de donner l’estimation du membre, puisqu’il n’existe pas d’évaluation pour les membres.
הָא אַמְרַהּ חֲדָא זִימְנָא, דְּאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: הָאוֹמֵר ״עֵרֶךְ כְּלִי זֶה עָלַי״ נוֹתֵן דָּמָיו!
La Guemara demande : Mais Rav Giddel n’a-t-il pas déjà dit cela une fois, comme Rav Giddel dit que Rav dit : Dans le cas de quelqu’un qui dit : Il m’incombe à moi de donner l’évaluation de cet ustensile, bien qu’il soit exempt de donner l’évaluation de l’ustensile, selon l’opinion de Rabbi Meir il doit donner l’estimation de l’ustensile.
מַהוּ דְּתֵימָא: הָתָם הוּא דְּאָדָם יוֹדֵעַ שֶׁאֵין עֵרֶךְ לִכְלִי, וְגָמַר וְאָמַר לְשֵׁם דָּמִים, אֲבָל הָכָא מִיטְעָא קָטָעֵי, דְּסָבַר כִּי הֵיכִי דְּאִיכָּא ״עֵרֶךְ רֹאשִׁי״ וְ״עֵרֶךְ כְּבֵידִי״, אִיכָּא נָמֵי ״עֵרֶךְ יָדִי״ וְ״עֵרֶךְ רַגְלִי״, אֲבָל דְּמֵי לָא קָאָמַר — קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : il était nécessaire que Rav Giddel répète cette halakha au sujet de celui qui a fait un vœu portant sur la valeur de son avant-bras ou de sa jambe, de peur que tu ne dises que cette décision est applicable seulement là-bas, au sujet d’un ustensile, car une personne sait qu’il n’y a pas d’évaluation pour un ustensile, et elle a donc eu l’intention et a formulé son vœu aux fins d’estimations. Mais ici, au sujet de son avant-bras ou de sa jambe, il s’est trompé, car il pensait que, de même qu’il y a une obligation de donner la valeur dans un cas où quelqu’un a dit : Il m’incombe de donner la valeur de ma tête, ou : la valeur de mon foie, de même il y a une obligation de donner la valeur si quelqu’un a dit : Il m’incombe de donner la valeur de mon avant-bras ou la valeur de ma jambe. Mais il n’avait pas l’intention de dire un vœu d’estimations. Par conséquent, Rav Giddel nous enseigne que même dans le cas de celui qui a fait un vœu de donner la valeur de son avant-bras ou de sa jambe, il n’a pas parlé par erreur, mais avait l’intention de donner l’estimation.
״עֵרֶךְ רֹאשִׁי״ וְ״עֵרֶךְ כְּבֵידִי״ — נוֹתֵן עֵרֶךְ כּוּלּוֹ. מַאי טַעְמָא? ״נְפָשׁוֹת״ קָאָמַר רַחֲמָנָא.
§ La michna enseigne que si quelqu’un dit : Il m’incombe de donner la valeur de ma tête, ou : la valeur de mon foie, il donne la valeur de tout son être. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? La Guemara répond que le Miséricordieux déclare : « Une valeur de personnes vivantes » (Lévitique 27:2), ce qui indique que, dans le cas de quelqu’un qui évalue un organe dont l’âme dépend et sans lequel il mourra, il doit donner la valeur de tout son être.
זֶה הַכְּלָל: דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ וכו׳. לְאֵתוֹיֵי מִן הָאַרְכּוּבָּה וּלְמַעְלָה.
La michna enseigne en outre que tel est le principe : celui qui évalue un élément dont l’âme dépend et sans lequel une personne mourra donne l’évaluation de tout son être. La Guemara explique que l’expression : Tel est le principe, vient inclure celui qui a fait le vœu de donner l’évaluation de sa jambe à partir du genou et au-dessus. Puisqu’une personne mourrait si sa jambe était sectionnée au-dessus du genou, cela est considéré comme un élément dont l’âme dépend, et par conséquent il donne l’évaluation de tout son être.
חֲצִי עֶרְכִּי עָלַי נוֹתֵן כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״חֲצִי עֶרְכִּי עָלַי״ — נוֹתֵן חֲצִי עֶרְכּוֹ. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לוֹקֶה וְנוֹתֵן עֵרֶךְ שָׁלֵם.
La michna enseigne que celui qui dit : Il incombe à moi de donner la moitié de mon évaluation, donne la moitié de son évaluation. Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta 3:3) : Celui qui dit : Il incombe à moi de donner la moitié de mon évaluation, donne la moitié de son évaluation. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : Il reçoit la flagellation et doit donner son évaluation complète.
לוֹקֶה?! אַמַּאי? אָמַר רַב פָּפָּא: לוֹקֶה בְּעֵרֶךְ שָׁלֵם, מַאי טַעְמָא? גְּזֵירָה ״חֲצִי (עֶרְכִּי) [עֶרְכּוֹ]״ אַטּוּ ״עֵרֶךְ חֶצְיוֹ״, וְעֵרֶךְ חֶצְיוֹ הָוֵי דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ.
La Guemara demande : Puisqu’il n’a pas commis de faute, pourquoi reçoit-il la flagellation ? Rav Pappa dit en réponse : Il reçoit la flagellation, c’est-à-dire qu’il est puni, en ce sens qu’il doit donner sa valeur intégrale. Quelle est la raison pour laquelle il doit donner sa valeur intégrale ? Un décret rabbinique a été promulgué selon lequel celui qui dit : Il m’incombe de donner la moitié de ma valeur, doit donner la valeur de toute sa personne, en raison de la crainte que ce cas ne soit confondu avec le cas similaire d’une personne qui fait le vœu de donner la valeur de la moitié de sa personne. Et la halakha dans un tel cas est qu’il doit donner la valeur de toute sa personne, car la valeur de la moitié de lui-même est une chose dont l’âme dépend.
״חֲצִי דָּמַי עָלַי״ — נוֹתֵן כּוּ׳. ״דְּמֵי חֶצְיִי עָלַי״ — נוֹתֵן דְּמֵי כּוּלּוֹ, מַאי טַעְמָא?
La michna enseigne en outre que celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner la moitié de mon estimation, donne la moitié de son estimation. Mais celui qui dit : Il m’incombe à moi de donner l’estimation de la moitié de moi, donne l’estimation de la totalité de sa personne, car celui qui fait un vœu d’estimation au sujet d’un élément dont l’âme dépend doit donner l’estimation de toute sa personne. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Après tout, ce n’est qu’au sujet des estimations que la Torah déclare : « Une estimation de personnes vivantes » (Lévitique 27:2), indiquant que celui qui estime un élément dont l’âme dépend doit donner l’estimation de toute sa personne ; mais cela n’est pas dit au sujet des évaluations.
״נֶדֶר בְּעֶרְכְּךָ נְפָשׁוֹת״ כְּתִיב.
La Guemara répond que il est écrit : « Lorsqu’un homme exprimera clairement un vœu [neder] concernant une évaluation [be’erkekha] de personnes vivantes » (Lévitique 27:2). Le verset juxtapose les vœux d’estimation [neder] et les évaluations [erekh], enseignant ainsi que, de même que celui qui fait un vœu d’évaluation concernant un membre dont l’âme dépend doit donner l’évaluation de tout son être, de même celui qui fait un vœu d’estimation concernant un membre dont l’âme dépend doit donner l’estimation de tout son être.
זֶה הַכְּלָל: דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, לְאֵתוֹיֵי מִן הָאַרְכּוּבָּה וּלְמַעְלָה.
La michna enseigne en outre que tel est le principe : celui qui fait un vœu d’évaluation concernant un membre dont l’âme dépend donne l’évaluation de toute sa personne. La Guemara explique que l’expression : tel est le principe, vient inclure celui qui a voué de donner l’évaluation de sa jambe à partir du genou et au-dessus. Puisqu’une personne mourrait si sa jambe était sectionnée au-dessus du genou, il s’agit d’un membre dont l’âme dépend, et il donne donc l’évaluation de toute sa personne.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמַּעֲרִיךְ חֲצִי עֵרֶךְ כְּלִי, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נוֹתֵן דָּמָיו, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא אָמַר כְּלוּם. רָבָא חֲלַשׁ, עוּל לְגַבֵּיהּ אַבָּיֵי וְרַבָּנַן, וְיָתְבִי וְקָאָמְרִי: בִּשְׁלָמָא רַבִּי מֵאִיר קָסָבַר אֵין אָדָם מוֹצִיא דְּבָרָיו לְבַטָּלָה, לָא שְׁנָא כּוּלּוֹ וְלָא שְׁנָא חֶצְיוֹ.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne celui qui évalue afin de donner la moitié de l’évaluation d’un ustensile, Rabbi Meïr dit : Il donne la moitié de l’estimation de l’ustensile, et les Sages disent : Il n’a rien dit. La Guemara raconte : Rava tomba malade, et Abaye et d’autres Sages vinrent lui rendre visite à lui. Alors qu’ils étaient assis et parlaient, ils dirent : Soit admis que Rabbi Meïr soutient qu’une personne ne prononce pas une déclaration en vain, et par conséquent il n’y a pas de différence entre le fait qu’une personne ait voué de donner l’évaluation entière d’un ustensile, et il n’y a pas de différence entre le fait qu’une personne ait voué de donner la moitié de son évaluation ; dans les deux cas, elle a nécessairement eu l’intention de donner l’estimation, puisqu’il n’y a pas d’évaluation concernant les ustensiles.
אֶלָּא רַבָּנַן מַאי קָסָבְרִי? אִי אָדָם מוֹצִיא דְּבָרָיו לְבַטָּלָה — אֲפִילּוּ כּוּלּוֹ נָמֵי, וְאִי אֵין אָדָם מוֹצִיא דְּבָרָיו לְבַטָּלָה — אֲפִילּוּ חֶצְיוֹ נָמֵי!
Mais, en ce qui concerne les Rabbins dans la baraita, que soutiennent-ils ? Si ils soutiennent qu’une personne prononce une déclaration en vain, alors même si quelqu’un a fait le vœu de donner l’évaluation entière d’un ustensile, il devrait être exempté, et les Rabbins devraient être en désaccord également dans ce cas. Et si les Rabbins soutiennent qu’une personne ne prononce pas une déclaration en vain, alors même celui qui a fait le vœu de donner la moitié de l’évaluation d’un ustensile devrait être tenu de donner la moitié de l’estimation.
אֲמַר לְהוּ רָבָא וְאַבָּיֵי: רַבָּנַן דְּהָכָא כְּרַבִּי מֵאִיר סָבְרִי לַהּ, וְסָבְרִי לַהּ כְּרַבִּי׳ שִׁמְעוֹן. סָבְרִי לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: ״אֵין אָדָם מוֹצִיא דְּבָרָיו לְבַטָּלָה״.
Rava et Abaye dirent aux Sages en réponse : Les Sages ici dans la baraitasont en accord avec l’opinion de Rabbi Meir, mais ils sont aussi en accord avec l’opinion de Rabbi Shimon. Rava et Abaye expliquèrent : Ils sont en accord avec l’opinion de Rabbi Meir, qui dit qu’une personne ne prononce pas une déclaration en vain, et par conséquent, celui qui fait le vœu de donner l’évaluation d’un ustensile doit en donner l’estimation.
וְסָבְרִי לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר שֶׁלֹּא הִתְנַדֵּב כְּדֶרֶךְ הַמִּתְנַדְּבִים; כּוּלֵּיהּ אוֹרְחֵיהּ לְאִיתְנַדּוֹבֵי, פַּלְגֵיהּ לָאו אוֹרְחֵיהּ לְאִיתְנַדּוֹבֵי.
Et eux aussi se conforment à l’opinion de Rabbi Shimon concernant celui qui a consacré un objet à un usage pour lequel il n’était pas approprié, par exemple si quelqu’un a cherché à apporter une offrande de farine d’orge, bien que les offrandes de farine ne puissent être apportées qu’à partir de blé (voir Menaḥot 103a). Rabbi Shimon dit qu’il est exempt de toute obligation, car cette personne n’a pas fait de don de la manière typique des donateurs. De même, concernant celui qui fait le vœu de donner l’évaluation d’un ustensile, c’est la manière typique pour quelqu’un de donner un ustensile entier, et par conséquent celui qui agit ainsi est tenu de donner l’estimation de l’ustensile. Mais ce n’est pas la manière typique pour quelqu’un de donner la moitié d’un ustensile, et par conséquent celui qui fait un vœu de cette manière n’a rien dit et est exempt.
הָאוֹמֵר ״עֶרְכּוֹ שֶׁל פְּלוֹנִי עָלַי״, וּמֵת הַנּוֹדֵר כּוּ׳. מַאי נִיהוּ? שֶׁעָמַד בַּדִּין.
§ La michna enseigne que si quelqu’un a dit : Il m’incombe à moi de donner l’évaluation d’untel, et si à la fois celui qui a fait le vœu et l’objet du vœu meurent, les héritiers de celui qui a fait le vœu doivent remettre son évaluation au trésor du Temple. La Guemara demande : Quel est le cas précis auquel la michna fait référence ? Il doit s’agir d’un cas où il a comparu en jugement, et le tribunal l’a obligé à donner son évaluation avant sa mort. La décision du tribunal est considérée comme une obligation financière consignée dans un document, et par conséquent les héritiers de celui qui a fait le vœu sont tenus de payer son évaluation.
הַיְינוּ הָךְ! סֵיפָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ, דָּמָיו שֶׁל פְּלוֹנִי עָלָיו, וּמֵת הַנּוֹדֵר — יִתְּנוּ הַיּוֹרְשִׁים.
Si tel est le cas, cette clause dans la michna est identique à cette clause précédente dans la michna, qui énonce que si quelqu’un a dit : Il m’incombe de donner mon évaluation, et qu’il meurt, ses héritiers doivent remettre son évaluation au trésor du Temple. Puisqu’il a été expliqué que la clause précédente traite également d’un cas où il a comparu en jugement, dans quel but cette halakha a-t-elle été répétée dans la michna ? La Guemara répond : Il était nécessaire de répéter cette halakha afin d’enseigner la clause suivante de la michna : En ce qui concerne celui qui dit qu’il lui incombe à lui de donner l’évaluation d’untel, et que celui qui a fait le vœu meurt, ses héritiers doivent remettre son évaluation au trésor du Temple.