פּוּרְעָנוּת מִזְדַּמֶּנֶת לוֹ.
Une calamité l’attend.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: אִלְמָלֵא בָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עִם אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב בְּדִין, אֵין יְכוֹלִין לַעֲמוֹד מִפְּנֵי תּוֹכֵחָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה הִתְיַצְּבוּ וְאִשָּׁפְטָה אִתְּכֶם לִפְנֵי ה׳ אֵת כׇּל צִדְקוֹת ה׳ אֲשֶׁר עָשָׂה אִתְּכֶם וְאֶת אֲבוֹתֵיכֶם״.
§ La Guemara revient au sujet de la réprimande. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer le Grand dit : Si le Saint, béni soit-Il, était entré en jugement avec Abraham, Isaac et Jacob, ils n’auraient pas pu tenir devant la réprimande. Comme il est dit : « Maintenant donc, tenez-vous immobiles, afin que je plaide avec vous devant le Seigneur au sujet de tous les actes justes du Seigneur, qu’Il a accomplis pour vous et pour vos pères » (I Samuel 12:7). Cela indique que Dieu a agi envers les patriarches avec justice, c’est-à-dire avec miséricorde, et non comme ils le méritaient selon la stricte lettre de la loi.
״זֶה דּוֹר דֹּרְשָׁיו מְבַקְשֵׁי פָנֶיךָ יַעֲקֹב סֶלָה״, פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה וְרַבָּנַן, חַד אָמַר: דּוֹר לְפִי פַּרְנָס, וְחַד אָמַר: פַּרְנָס לְפִי דוֹרוֹ.
§ Le verset déclare : « Telle est la génération de ceux qui Le recherchent, qui cherchent Ta face, Jacob. Sélah » (Psaumes 24:6). Ce verset enseigne que le niveau de la génération et de ceux qui la dirigent, c’est-à-dire ceux qui Le recherchent, est le même. Rabbi Yehuda Nesia et les Sages sont en désaccord à ce sujet. L’un dit : Le niveau de la génération suit le niveau du dirigeant, et l’un dit : Le niveau du dirigeant suit le niveau de sa génération.
לְמַאי הִלְכְתָא? אִילֵּימָא לִמְעַלְּיוּתָא, דְּמָר סָבַר: אִי מְעַלֵּי דָּרָא מְעַלֵּי פַּרְנָס, וּמָר סָבַר: אִי מְעַלֵּי פַּרְנָס מְעַלֵּי דָּרָא — הָא אִיכָּא צִדְקִיָּה, דַּהֲוָה מְעַלֵּי וְדָרֵיהּ לָא הֲוָה מְעַלֵּי, וְהָא יְהוֹיָקִים, דְּלָא הֲוָה מְעַלֵּי וְדָרֵיהּ הֲוָה מְעַלֵּי!
La Guemara demande : À l’égard de quelle halakha, c’est-à-dire de quelle question, cela est-il dit ? Si nous disons en bien, que un Sage soutient que si la génération est bonne, alors son dirigeant sera bon, et un Sage soutient que si le dirigeant est bon, alors sa génération sera bonne, cela ne peut pas être correct, car il y a le cas du roi Sédécias, qui était bon, mais sa génération n’était pas bonne. Et inversement, il y a le cas de Joïaqim qui n’était pas bon, mais sa génération était bonne.
דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: מַאי דִּכְתִיב ״בְּרֵאשִׁית מַמְלְכוּת יְהוֹיָקִים מֶלֶךְ יְהוּדָה״?
La Guemara apporte une preuve à ces affirmations. Comme le dit Rabbi Yoḥanan au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Au commencement du règne de Yehoyaqim, fils de Josias, roi de Juda, cette parole vint de la part du Seigneur, disant » (Jérémie 26:1), et de même, au sujet de Sédécias, le verset déclare : « Et il arriva cette même année, au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda, dans la quatrième année, au cinquième mois, que Hanania, fils d’Azzour, le prophète, qui était de Gabaon, me parla dans la maison du Seigneur, en présence des prêtres et de tout le peuple, disant » (Jérémie 28:1). Pourquoi le prophète a-t-il employé le terme « au commencement » exclusivement à l’égard de ces deux rois, plutôt que : Durant la première année de son règne, ou une formulation similaire ?
בִּיקֵּשׁ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִיר אֶת הָעוֹלָם לְתוֹהוּ וָבֹהוּ בִּשְׁבִיל יְהוֹיָקִים, כֵּיוָן שֶׁנִּסְתַּכֵּל בְּדוֹרוֹ נִתְיַישְּׁבָה דַּעְתּוֹ. בִּיקֵּשׁ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחְזִיר אֶת הָעוֹלָם לְתוֹהוּ וָבֹהוּ מִפְּנֵי דּוֹרוֹ שֶׁל צִדְקִיָּהוּ, כֵּיוָן שֶׁנִּסְתַּכֵּל בְּצִדְקִיָּהוּ נִתְיַישְּׁבָה דַּעְתּוֹ.
Ce terme enseigne que le Saint, béni soit-Il, chercha à ramener le monde au chaos et au vide, comme il était au commencement avant la Création (Genèse 1:1–2), à cause de Joïaqim, qui fit le mal aux yeux de Dieu. Lorsqu’Il observa les gens de sa génération, Son esprit s’apaisa. De même, le Saint, béni soit-Il, chercha à ramener le monde au chaos et au vide, à cause de la génération de Sédécias, mais lorsqu’Il observa Sédécias, Son esprit s’apaisa. Cela montre que le dirigeant et sa génération ne sont pas nécessairement au même niveau de justice.
אֶלָּא לְעִנְיַן תּוּקְפָּא וְנִיחוּתָא קָאָמְרִינַן.
La Guemara répond : Nous parlons plutôt en termes de dureté et de douceur. Un Sage soutient que si le dirigeant est dur, alors la génération sera dure. Si le dirigeant est doux et bienveillant, la génération sera la même. L’autre Sage soutient que si les gens d’une certaine génération sont durs, ils auront un dirigeant dur ; si la génération est douce et bienveillante, le dirigeant lui ressemblera.
הֲדַרַן עֲלָךְ יֵשׁ בַּעֲרָכִין.
מַתְנִי׳ הֶשֵּׂג יָד בַּנּוֹדֵר, וְהַשָּׁנִים בַּנִּידָּר, וְהָעֲרָכִין בַּנֶּעֱרָךְ, וְהָעֵרֶךְ בִּזְמַן הָעֵרֶךְ.
MICHNA :La capacité financière, comme il est écrit dans la Torah : « Selon les moyens de celui qui a fait le vœu, le prêtre l’évaluera » (Lévitique 27:8), est déterminée en fonction des moyens de celui qui fait le vœu, et la somme fixée par la Torah selon les années d’âge est en fonction de l’âge de la personne objet du vœu. Et la distinction fondée sur le sexe qui est écrite dans les halakhot des évaluations est énoncée à l’égard de la personne évaluée, et l’évaluation différente fondée sur l’âge de la personne évaluée est déterminée au moment où l’on fait le vœu d’évaluation.
הֶשֵּׂג יָד בַּנּוֹדֵר, כֵּיצַד? עָנִי שֶׁהֶעֱרִיךְ אֶת הֶעָשִׁיר — נוֹתֵן עֵרֶךְ עָנִי, וְעָשִׁיר שֶׁהֶעֱרִיךְ אֶת הֶעָנִי — נוֹתֵן עֵרֶךְ עָשִׁיר.
La michna précise : La capacité financière est conforme aux moyens de celui qui fait le vœu ; comment cela ? Un indigent qui a évalué une personne riche donne l’évaluation conformément aux moyens d’un indigent, comme le détermine le prêtre. Et une personne riche qui a évalué une personne indigente donne l’évaluation conformément aux moyens d’une personne riche, dont le montant est fixé dans la Torah.
אֲבָל בַּקׇּרְבָּנוֹת אֵינוֹ כֵּן, הֲרֵי שֶׁאָמַר: ״קׇרְבָּנוֹ שֶׁל מְצוֹרָע זֶה עָלַי״, הָיָה מְצוֹרָע עָנִי — מֵבִיא קׇרְבַּן עָנִי, עָשִׁיר — מֵבִיא קׇרְבַּן עָשִׁיר.
Mais en ce qui concerne les offrandes, il n’en est pas ainsi, car celui qui a fait un vœu et a dit : Il m’incombe à moi de fournir l’offrande de ce lépreux, pour un lépreux qui en a besoin pour sa purification ; si celui qui suivait le processus de purification était un lépreux indigent, celui qui a fait le vœu apporte l’offrande d’un lépreux indigent, à savoir un agneau mâle, un dixième d’épha de fleur de farine, et deux tourterelles ou deux pigeonneaux (voir Lévitique 14:21–22). Si celui qui suivait le processus de purification était un lépreux riche, celui qui a fait le vœu apporte l’offrande d’un lépreux riche, à savoir deux agneaux mâles, une brebis, et trois dixièmes d’épha de fleur de farine (voir Lévitique 14:10).
רַבִּי אוֹמֵר, אוֹמֵר אֲנִי: אַף בָּעֲרָכִין כֵּן, וְכִי מִפְּנֵי מָה עָנִי שֶׁהֶעֱרִיךְ אֶת הֶעָשִׁיר נוֹתֵן עֵרֶךְ עָנִי, שֶׁאֵין הֶעָשִׁיר חַיָּיב כְּלוּם. אֲבָל עָשִׁיר שֶׁאָמַר: ״עֶרְכִּי עָלַי״, וְשָׁמַע עָנִי וְאָמַר: ״מַה שֶּׁאָמַר זֶה עָלַי״ — נוֹתֵן עֵרֶךְ עָשִׁיר.
Rabbi Yehouda HaNassi dit : Moi, je dis : Même en ce qui concerne les évaluations, il en est ainsi. Il explique : Pourquoi une personne indigente qui a évalué une personne riche donne-t-elle l'évaluation selon les moyens d'une personne indigente ? Cela est dû au fait que la personne riche n'est obligée de payer rien du tout, puisque la dette a été engendrée par la personne indigente qui a fait le vœu de donner l'évaluation d'un individu riche. Mais, dans un cas semblable à celui des offrandes d'un lépreux, dans le cas d'une personne riche qui a dit : Il incombe à moi de donner mon évaluation, et une personne indigente l'a entendue et a dit : Il incombe à moi de donner ce qu'il a dit, la personne indigente donne l'évaluation d'une personne riche.
גְּמָ׳ הֶשֵּׂג יָד בַּמַּעֲרִיךְ הוּא! כְּדִכְתִיב: ״אֲשֶׁר תַּשִּׂיג יַד הַנּוֹדֵר יַעֲרִיכֶנּוּ הַכֹּהֵן״.
GUEMARA : La michna enseigne que la capacité financière est déterminée en fonction des moyens de celui qui fait le vœu. La Guemara demande : Or, la halakha de la capacité financière est écrite dans la Torah au sujet du cas de celui qui évalue, c’est-à-dire celui qui dit qu’il donnera au trésor du Temple la somme fixe attribuée à l’âge et au sexe d’un individu donné. Pourquoi, dès lors, la michna parle-t-elle de capacité financière dans le contexte de celui qui promet par vœu la valeur d’autrui, où l’obligation est calculée individuellement plutôt que selon des valeurs prédéterminées ? La Guemara répond : La michna emploie le langage du verset, qui utilise le mot « vœu », comme il est écrit : « Selon les moyens de celui qui a fait le vœu, le prêtre l’évaluera » (Lévitique 27:8).
הַשָּׁנִים בַּנִּידָּר? בַּנֶּעֱרָךְ הוּא! אַיְּידֵי דְּאָמַר ״הֶשֵּׂג יָד בַּנּוֹדֵר״, אָמַר נָמֵי ״הַשָּׁנִים בַּנִּידָּר״.
De même, la Guemara demande : La formulation de la michna est-elle exacte lorsqu’elle affirme que la somme de l’obligation fondée sur les années d’âge est conforme à l’âge du sujet du vœu ? La michna devrait dire que la somme fondée sur les années est déterminée conformément à l’âge du sujet de l’évaluation, et non du vœu. La Guemara répond : Bien qu’elle traite d’évaluations, puisque la michna emploie le terme vœu lorsqu’elle dit : La capacité financière est déterminée conformément à aux moyens de celui qui fait le vœu, la michna emploie aussi le même terme lorsqu’elle dit : La somme de l’obligation fondée sur les années d’âge est conforme à l’âge du sujet du vœu.
הֶשֵּׂג יָד בַּנּוֹדֵר, כֵּיצַד? עָנִי שֶׁהֶעֱרִיךְ אֶת הֶעָשִׁיר נוֹתֵן עֵרֶךְ עָנִי. מַאי טַעְמָא? דְּאָמַר קְרָא: ״אֲשֶׁר תַּשִּׂיג יַד הַנֹּדֵר״ — בְּנוֹדֵר תְּלָה רַחֲמָנָא.
La michna enseigne en outre : La capacité financière est conforme à celui qui fait le vœu ; comment cela ? Une personne indigente qui a évalué une personne riche donne l’évaluation conformément aux moyens de la personne indigente. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Comme le dit le verset : « Selon les moyens de celui qui a fait le vœu, » ce qui enseigne que le Miséricordieux rend la chose dépendante de celui qui fait le vœu, et non du sujet du vœu.
אֲבָל בַּקׇּרְבָּנוֹת אֵינוֹ כֵּן, הֲרֵי שֶׁאָמַר: ״קׇרְבָּנוֹ שֶׁל מְצוֹרָע זֶה עָלַי׳״, הָיָה מְצוֹרָע עָנִי מֵבִיא קׇרְבַּן עָנִי, וְאַף עַל גַּב דְּמַדִּירוֹ עָשִׁיר? וְאִם דַּל הוּא אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא דַּל הוּא.
§ La michna enseigne : Mais en ce qui concerne les offrandes, il n’en est pas ainsi, car dans le cas de quelqu’un qui a fait un vœu et a dit : Il incombe à moi de fournir l’offrande de ce lépreux, si celui qui subit la purification était un lépreux indigent, celui qui a fait le vœu apporte l’offrande d’un lépreux indigent. La Guemara demande : Et est-ce là la halakhamême si c’était une personne riche qui fait le vœu de fournir les offrandes pour lui ? Mais le Miséricordieux déclare : « Et s’il est pauvre, et que ses moyens ne suffisent pas, alors il prendra un agneau » (Lévitique 14:21). Cela indique que l’offrande spécifiée n’est que pour le pauvre, alors que dans ce cas celui qui fait le vœu n’est pas pauvre.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כְּשֶׁהָיָה מַדִּירוֹ עָנִי, וְדִלְמָא עֲלֵיהּ דִּידֵיהּ חָס רַחֲמָנָא, אַמַּדִּירוֹ לָא, דְּהָכְתִיב: ״הוּא״.
Rabbi Yitzḥak dit : La michna fait référence spécifiquement à un cas où c’était une personne pauvre qui avait fait le vœu de fournir les offrandes pour le lépreux. La Guemara demande : Mais sur quoi repose cette décision ? Peut-être que le Miséricordieux a eu compassion de lui, c’est-à-dire du lépreux, et non de celui qui a fait le vœu de fournir les offrandes pour lui. N’est-il pas écrit : « Et si lui est pauvre » ? Si tel est le cas, l’indulgence selon laquelle un lépreux indigent apporte des offrandes moins coûteuses ne devrait s’appliquer qu’à un véritable lépreux, et non à celui qui fait le vœu d’apporter les offrandes du lépreux, même s’il est lui aussi pauvre.
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: ״וְאֵין יָדוֹ מַשֶּׂגֶת״ לְרַבּוֹת אֶת הַנּוֹדֵר.
Rav Adda bar Ahava a dit : La clause suivante du verset : « Et ses moyens ne suffisent pas, » sert à inclure celui qui fait le vœu de fournir l’offrande, c’est-à-dire que, si lui aussi est pauvre, il fournit l’offrande prescrite pour un lépreux indigent.
אֲבָל מַדִּירוֹ עָשִׁיר, הָכִי נָמֵי דְּמַיְיתֵי בַּעֲשִׁירוּת?
La Guemara soulève une difficulté à l’égard de la réponse de Rabbi Yitzḥak : Mais, selon cette réponse, lorsqu’une personne riche fait le vœu de fournir l’offrande pour lui, alors aussi, la halakha est qu’il apporte l’offrande du lépreux apportée dans une situation de richesse.
אִם כֵּן, מַאי ״אֲבָל בַּקׇּרְבָּנוֹת אֵינוֹ כֵּן״?
Si tel est le cas, quelle est la signification de l’affirmation de la michna selon laquelle les évaluations sont déterminées en fonction des moyens de celui qui prend l’engagement, mais en ce qui concerne les offrandes, il n’en est pas ainsi ? Cette clause semble indiquer que, contrairement à la décision précédente, où une personne riche qui a évalué une personne démunie donne l’évaluation conformément aux moyens d’une personne riche, ici tout dépend des moyens de celui qui subit la purification. Par conséquent, dans ce cas, une personne riche apporte les offrandes de quelqu’un qui est démuni, contrairement à la déclaration de Rabbi Yitzḥak.