הָא בְּפַרְהֶסְיָא.
tandis que cette robe expie les paroles malveillantes prononcées en public.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נָדָב מֵרַבִּי חֲנִינָא, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נָדָב חַתְנֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא מֵרַבִּי חֲנִינָא, וְאָמְרִי לַהּ מֵרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מָה נִשְׁתַּנָּה מְצוֹרָע שֶׁאָמְרָה תּוֹרָה ״בָּדָד יֵשֵׁב מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹשָׁבוֹ״? הוּא הִבְדִּיל בֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ, בֵּין אִישׁ לְרֵעֵהוּ, לְפִיכָךְ אָמְרָה תּוֹרָה ״בָּדָד יֵשֵׁב וְגוֹ׳״.
Rabbi Shmuel bar Nadav demanda à Rabbi Ḥanina, et certains disent que c’était Rabbi Shmuel bar Nadav, le gendre de Rabbi Ḥanina, qui demanda à Rabbi Ḥanina, et certains disent qu’il posa la question à Rabbi Yehoshua ben Levi : Qu’a de particulier et de remarquable un lépreux, pour que la Torah dise : « Il habitera seul ; hors du camp sera sa demeure » (Lévitique 13:46) ? Il répondit : Par des paroles malveillantes, il a séparé le mari et la femme et entre une personne et une autre ; c’est pourquoi il est puni par la lèpre, et la Torah dit : « Il habitera seul ; hors du camp sera sa demeure. »
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בֶּן לֵוִי: מָה נִשְׁתַּנָּה מְצוֹרָע שֶׁאָמְרָה תּוֹרָה יָבִיא שְׁתֵּי צִיפֳּרִים לְטׇהֳרָתוֹ? אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: הוּא עוֹשֶׂה מַעֲשֵׂה פַּטִּיט, לְפִיכָךְ אָמְרָה תּוֹרָה יָבִיא קׇרְבַּן פַּטִּיט.
Rabbi Yehouda ben Levi dit : Qu’a-t-il de différent et de remarquable, un lépreux, pour que la Torah dise qu’il doit apporter deux oiseaux pour sa purification (Lévitique 14:4) ? Le Saint, béni soit-Il, dit : Il a agi en prononçant des paroles malveillantes par un acte de bavardage ; c’est pourquoi la Torah dit qu’il doit apporter une offrande d’oiseaux, qui gazouillent et bavardent sans cesse.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״לֹא תִשְׂנָא אֶת אָחִיךָ בִּלְבָבֶךָ״ — יָכוֹל לֹא יַכֶּנּוּ, לֹא יִסְטְרֶנּוּ, וְלֹא יְקַלְּלֶנּוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בִּלְבָבֶךָ״ — שִׂנְאָה שֶׁבַּלֵּב הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur ; tu feras assurément des reproches [hokhe’aḥ tokhiaḥ] à ton prochain, et tu ne porteras pas de péché à cause de lui » (Lévitique 19:17). Pourquoi le verset précise-t-il « dans ton cœur » ? On pourrait penser que le verset veut dire : Ne le frappe pas, ne lui donne pas de gifle et ne le ruine pas par haine. C’est pourquoi le verset dit « dans ton cœur ». Cela enseigne que le verset parle de haine dans le cœur.
מִנַּיִן לָרוֹאֶה בַּחֲבֵירוֹ דָּבָר מְגוּנֶּה שֶׁחַיָּיב לְהוֹכִיחוֹ? שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹכֵחַ תּוֹכִיחַ״. הוֹכִיחוֹ וְלֹא קִבֵּל, מִנַּיִן שֶׁיַּחֲזוֹר וְיוֹכִיחֶנּוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תּוֹכִיחַ״, מִכׇּל מָקוֹם. יָכוֹל אֲפִילּוּ מִשְׁתַּנִּים פָּנָיו? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תִשָּׂא עָלָיו חֵטְא״.
D’où est-ce dérivé concernant celui qui voit une chose inconvenante chez un autre, qu’il est tenu de le réprimander ? Comme il est dit : « Tu réprimanderas assurément [hokhe’aḥ tokhiaḥ] ton prochain. » Si quelqu’un l’a réprimandé pour son acte mais qu’il n’a pas accepté la réprimande, d’où est-il dérivé qu’il doit le réprimander de nouveau ? Le verset dit : « Tu réprimanderas assurément [hokhe’aḥ tokhiaḥ] », et le langage redoublé indique qu’il doit réprimander dans tous les cas. On pourrait penser qu’il faut continuer à le réprimander même si son visage change sous l’effet de l’humiliation. C’est pourquoi le verset dit : « Tu ne porteras pas de péché à cause de lui » ; celui qui réprimande ne doit pas pécher en humiliant l’autre personne.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי טַרְפוֹן: תְּמֵיהַנִי אֲנִי אִם יֵשׁ בַּדּוֹר הַזֶּה שֶׁמְּקַבֵּל תּוֹכֵחָה, אֲפִילּוּ אָמַר לוֹ ״טוֹל קֵיסָם מִבֵּין עֵינֶיךָ״, אוֹמֵר לוֹ ״טוֹל קוֹרָה מִבֵּין עֵינֶיךָ״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: תְּמֵיהַנִי אִם יֵשׁ בְּדוֹר הַזֶּה שֶׁיּוֹדֵעַ לְהוֹכִיחַ.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Tarfon dit : Je serais surpris qu’il y ait quelqu’un dans cette génération qui puisse accepter la réprimande. Pourquoi ? Parce que si celui qui réprimande lui dit : Enlève l’écharde d’entre tes yeux, c’est-à-dire débarrasse-toi d’une faute mineure, l’autre lui dit : Enlève la poutre d’entre tes yeux, c’est-à-dire que tu as commis des péchés bien plus graves. Rabbi Elazar ben Azaria dit : Je serais surpris qu’il y ait quelqu’un dans cette génération qui sache comment réprimander correctement, sans embarrasser la personne qu’il réprimande.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי: מֵעִיד אֲנִי עָלַי שָׁמַיִם וָאָרֶץ שֶׁהַרְבֵּה פְּעָמִים לָקָה עֲקִיבָא עַל יְדֵי, שֶׁהָיִיתִי קוֹבֵל עָלָיו לִפְנֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בְּרִיבִּי, וְכׇל שֶׁכֵּן שֶׁהוֹסַפְתִּי בּוֹ אַהֲבָה, לְקַיֵּים מַה שֶּׁנֶּאֱמַר: ״אַל תּוֹכַח לֵץ פֶּן יִשְׂנָאֶךָּ הוֹכַח לְחָכָם וְיֶאֱהָבֶךָּ״.
Et Rabbi Yoḥanan ben Nuri dit : Je prends les cieux et la terre à témoin devant moi qu’Akiva a été flagellé, c’est-à-dire puni, de nombreuses fois à cause de moi, car je me plaignais de lui devant Rabban Shimon ben Gamliel le Grand. Et d’autant plus ai-je ainsi accru son amour pour moi. Cet incident sert à confirmer ce qui est dit : « Ne reprends pas le moqueur, de peur qu’il ne te haïsse ; reprends le sage, et il t’aimera » (Proverbes 9:8). Un homme sage veut s’améliorer et aime ceux qui l’aident dans cette tâche.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן: תּוֹכֵחָה לִשְׁמָהּ וַעֲנָוָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, הֵי מִינַּיְיהוּ עֲדִיפָא? אֲמַר לֵיהּ: וְלָא מוֹדֵית דַּעֲנָוָה לִשְׁמָהּ עֲדִיפָא, דְּאָמַר מָר: עֲנָוָה גְּדוֹלָה מִכּוּלָּם? שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ נָמֵי עֲדִיפָא, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בְּתוֹרָה וּבְמִצְוֹת אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ.
Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Shimon, demanda à son père : Si l’on est confronté au choix entre la réprimande pour son propre bien, ou l’humilité non pour son propre bien, laquelle des deux est préférable ? Son père lui dit : Ne reconnais-tu pas que l’humilité pour son propre bien est préférable ? Comme le Maître dit : L’humilité est la plus grande de toutes les qualités positives. Si tel est le cas, l’humilité non pour son propre bien est également préférable, comme Rav Yehouda dit que Rav dit : Une personne devrait toujours s’adonner à la Torah et aux mitsvot, même si ce n’est pas pour leur propre bien, c’est-à-dire sans la motivation appropriée mais pour des motifs ultérieurs, car par l’accomplissement des mitsvot non pour leur propre bien, on finira par en venir à les accomplir pour leur propre bien.
הֵיכִי דָּמֵי תּוֹכֵחָה לִשְׁמָהּ וַעֲנָוָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ? כִּי הָא דְּרַב הוּנָא וְחִיָּיא בַּר רַב הֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, אֲמַר לֵיהּ חִיָּיא בַּר רַב: חֲזִי מָר דְּקָא מְצַעַר לִי. קַבֵּיל עֲלֵיהּ דְּתוּ לָא מְצַעַר לֵיהּ. בָּתַר דְּנָפֵיק, אֲמַר לֵיהּ: הָכִי וְהָכִי קָא עָבֵיד. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי לָא אֲמַרְתְּ לֵיהּ בְּאַנְפֵּיהּ? אֲמַר לֵיהּ: חַס לִי דְּלִיכְּסִיף זַרְעֵיהּ דְּרַב עַל יְדַאי!
La Guemara demande : Qu’est-ce qui est considéré comme une réprimande pour elle-même et une humilité non pour elle-même ? La Guemara répond : C’est comme cet incident qui s’est produit lorsque Rav Houna et Ḥiyya bar Rav étaient assis devant Shmuel. Ḥiyya bar Rav dit à Shmuel : Voyez, Maître, que Rav Houna m’afflige. Rav Houna accepta sur lui-même de ne plus affliger Ḥiyya bar Rav . Après que Ḥiyya bar Rav fut parti, Rav Houna dit à Shmuel : Ḥiyya bar Rav m’a fait telle et telle chose, et c’est pourquoi j’avais raison de lui causer de la peine. Shmuel lui dit : Pourquoi n’as-tu pas dit cela en sa présence ? Rav Houna lui dit : Que le Ciel m’en préserve, que le fils de Rav soit humilié à cause de moi. Cela fournit un exemple de réprimande pour elle-même, car Rav Houna réprimanda à l’origine Ḥiyya bar Rav seulement lorsque Shmuel n’était pas présent, et d’humilité non pour elle-même, car Rav Houna ne pardonna pas à Ḥiyya bar Rav, mais ne voulut simplement pas l’humilier.
עַד הֵיכָן תּוֹכֵחָה? רַב אָמַר: עַד הַכָּאָה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: עַד קְלָלָה, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: עַד נְזִיפָה. כְּתַנָּאֵי: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: עַד הַכָּאָה, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: עַד קְלָלָה, בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: עַד נְזִיפָה.
§ La Guemara demande : Jusqu’où s’étend l’obligation de réprimander ? Rav dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par des coups, c’est-à-dire jusqu’à ce que la personne réprimandée frappe celui qui la réprimande.Et Shmuel dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par une malédiction, c’est-à-dire qu’il maudisse celui qui le réprimande. Et Rabbi Yoḥanan dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par une réprimande. La Guemara souligne que cette divergence entre ces amora’im est comme une divergence entre des tanna’im : Rabbi Eliezer dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par des coups ; Rabbi Yehoshua dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par une malédiction ; ben Azzai dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par une réprimande.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, וּשְׁלׇשְׁתָּן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״וַיִּחַר אַף שָׁאוּל בִּיהוֹנָתָן וַיֹּאמֶר לוֹ בֶּן נַעֲוַת הַמַּרְדּוּת״, וּכְתִיב: ״וַיָּטֶל שָׁאוּל אֶת הַחֲנִית עָלָיו לְהַכּוֹתוֹ״.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Et tous les trois ont interprété le même seul verset, dont ils ont tiré leurs opinions respectives. Après que Jonathan eut réprimandé son père, Saül, pour la manière dont il avait traité David, le verset déclare : « Alors la colère de Saül s’enflamma contre Jonathan, et il lui dit : Fils de rébellion perverse, ne sais-je pas que tu as choisi le fils de Yishaï pour ta propre honte et pour la honte de la nudité de ta mère » (I Samuel 20:30). Et il est écrit : « Et Saül lança sa lance contre lui pour le frapper, par quoi Jonathan sut que son père avait décidé de faire mourir David » (I Samuel 20:33).
לְמַאן דְּאָמַר עַד הַכָּאָה, דִּכְתִיב: ״לְהַכּוֹתוֹ״, וּלְמַאן דְּאָמַר עַד קְלָלָה, דִּכְתִיב: ״לְבׇשְׁתְּךָ וּלְבֹשֶׁת עֶרְוַת אִמֶּךָ״, וּלְמַאן דְּאָמַר עַד נְזִיפָה, דִּכְתִיב: ״וַיִּחַר אַף שָׁאוּל״.
Selon celui qui dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par des coups, cela est dérivé de ce qui est écrit : « Le frapper. » Et selon celui qui dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par une malédiction, cela est dérivé de ce qui est écrit : « À la honte de la nudité de ta mère. » Et selon celui qui dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par un blâme, cela est dérivé de ce qui est écrit : « Alors la colère de Saül s’enflamma. »
וּלְמַאן דְּאָמַר נְזִיפָה, הָכְתִיב הַכָּאָה וּקְלָלָה! שָׁאנֵי הָתָם, דְּאַגַּב חַבִּיבוּתָא יַתִּירָא דַּהֲוָה בֵּיהּ לִיהוֹנָתָן בְּדָוִד, מְסַר נַפְשֵׁיהּ טְפֵי.
La Guemara demande : Mais selon celui qui dit : Jusqu’à ce que sa réprimande soit accueillie par un blâme, n’est-il pas vrai que tant frapper que maudire sont écrits dans ce verset ? La Guemara répond : Là, c’est différent, car en raison de l’affection particulière que Jonathan avait pour David, il s’est soumis à davantage d’abus que ce qui est requis par la halakha.
עַד הֵיכָן לֹא יְשַׁנֶּה אָדָם בָּאַכְסַנְיָא שֶׁלּוֹ? רַב אָמַר: עַד הַכָּאָה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: עַד שֶׁיַּפְשִׁלוּ לוֹ כֵּלָיו לַאֲחוֹרָיו.
À propos du sujet de perdre patience et de frapper une autre personne, la Guemara demande : Jusqu’où s’étend l’exigence selon laquelle une personne ne doit pas changer son lieu de logement, c’est-à-dire combien doit-elle souffrir avant d’être autorisée à aller ailleurs ? Rav dit : Jusqu’au point où l’hôte le frappe. Et Shmuel dit : Jusqu’à ce que l’hôte rassemble les vêtements de l’invité et les place sur son dos pour le chasser.
בְּהַכָּאָה דִּידֵיהּ — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי, בְּהַפְשָׁלַת כֵּלָיו לַאֲחוֹרָיו — כּוּלֵּי עָלְמָא נָמֵי לָא פְּלִיגִי, כִּי פְּלִיגִי — בְּהַכָּאָה דִּדְבֵיתְהוּ, מָר סָבַר: כֵּיוָן דִּלְדִידֵיהּ לָא מְצַעֵר לֵיהּ מַאי נָפְקָא לֵיהּ מִינַּהּ, וּמָר סָבַר: אָתֵי לְאִיטְּרוֹדֵי.
La Guemara commente : S’il s’agit d’un cas où l’hôte frappe l’invité lui-même, tout le monde s’accorde à dire que l’invité peut changer de logement. De même, si l’hôte rassemble les vêtements de l’invité et les place sur son dos, tout le monde s’accorde également à dire qu’il peut partir. Là où ils sont en désaccord, c’est dans un cas où l’hôte frappe sa femme. Un Sage, Rav, soutient que, puisque l’hôte ne fait pas de mal à l’invité lui-même, quelle différence cela lui fait-il ? Par conséquent, il ne devrait pas changer de logement pour cette raison. Et un Sage, Shmuel, soutient que, s’il continue à rester dans cet endroit, il en viendra à se disputer avec son hôte à ce sujet.
וְכׇל כָּךְ לָמָּה? דְּאָמַר מָר: אַכְסְנַאי פּוֹגֵם וְנִפְגָּם.
Et pourquoi est-il si important qu’une personne reste dans le même logement jusqu’à ce qu’elle soit forcée de partir ? C’est comme le Maître le dit : Un invité a le potentiel de dégrader et d’être dégradé. S’il passe d’un lieu d’hébergement à un autre, les gens supposeront que son hôte lui est désagréable et qu’il n’est pas un invité bien élevé, puisque les deux ne peuvent pas s’entendre l’un avec l’autre, et la réputation des deux en sera ternie.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מִנַּיִן שֶׁלֹּא יְשַׁנֶּה אָדָם בָּאַכְסַנְיָא שֶׁלּוֹ מִן הַתּוֹרָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר הָיָה שָׁם אׇהֳלוֹ בַּתְּחִלָּה״.
Rav Yehouda dit que Rav dit : D’où dans la Torah est-il déduit qu’une personne ne doit pas changer son lieu de logement ? Comme il est dit lorsque Abraham revint d’Égypte : « Et il poursuivit ses étapes du Néguev jusqu’à Béthel, jusqu’au lieu où sa tente avait été au commencement, entre Béthel et Aï » (Genèse 13:3). Abraham prit soin de revisiter les mêmes endroits où il avait séjourné lors de son voyage en Égypte.
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר, מֵהָכָא ״וַיֵּלֶךְ לְמַסָּעָיו״. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ אַכְסְנַאי דְּאַקְרַאי.
Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, dit : La source est d’ici, du début du verset : « Et il poursuivit ses voyages », c’est-à-dire les mêmes voyages qu’il avait faits en descendant en Égypte. Quelle est la différence entre ces deux explications ? La différence pratique entre elles concerne un logement temporaire. Selon Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, même quelqu’un qui est en voyage doit revenir séjourner au même endroit où il avait initialement logé, tandis que « sa tente » indique une certaine mesure de permanence.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן שֶׁלֹּא יְשַׁנֶּה אָדָם מֵאוּמָּנוּתוֹ וּמֵאוּמָּנוּת אֲבוֹתָיו? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁלַח הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה וַיִּקַּח אֶת חִירָם מִצֹּר, בֶּן אִשָּׁה אַלְמָנָה הוּא מִמַּטֵּה נַפְתָּלִי וְאָבִיו אִישׁ צֹרִי חֹרֵשׁ נְחוֹשֶׁת״.
Rabbi Yoḥanan dit : D’où est-il déduit qu’une personne ne doit pas changer de son métier ni du métier de ses pères ? Comme il est dit : « Le roi Salomon envoya chercher Hiram de Tyr. Il était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, et son père était un homme de Tyr, ouvrier en bronze ; et il était rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir-faire pour exécuter toutes sortes d’ouvrages en bronze. Il vint auprès du roi Salomon et exécuta tout son ouvrage » (I Rois 7:13–14).
וְאָמַר מָר: אִימֵּיהּ מִבֵּית דָּן, וּכְתִיב: ״וְאִתּוֹ אׇהֳלִיאָב בֶּן אֲחִיסָמָךְ לְמַטֵּה דָן״.
Et le Maître dit : La mère de Hiram était aussi de la maison de Dan, comme le verset le dit à son sujet : « Le fils d’une femme d’entre les filles de Dan » (II Chroniques 2:13). Et il est écrit au sujet de ceux qui construisirent le Tabernacle : « Et avec lui était Oholiab, fils d’Ahisamac, de la tribu de Dan, artisan, et ouvrier habile, et tisserand en couleurs, en bleu, et en pourpre, et en écarlate, et en fin lin » (Exode 38:23). Cela enseigne que Hiram poursuivit le métier du travail du bronze, le métier de la famille de son père et aussi de la famille de sa mère, de Dan.
עַד הֵיכָן תַּכְלִית יִסּוּרִין? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל שֶׁאָרְגוּ לוֹ בֶּגֶד לִלְבּוֹשׁ וְאֵין מִתְקַבֵּל עָלָיו. מַתְקֵיף לַהּ רָבָא זְעֵירָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: גְּדוֹלָה מִזּוֹ אָמְרוּ, אֲפִילּוּ נִתְכַּוְּונוּ לִמְזוֹג בְּחַמִּין וּמָזְגוּ לוֹ בְּצוֹנֵן, בְּצוֹנֵן וּמָזְגוּ לוֹ בְּחַמִּין, וְאַתְּ אָמְרַתְּ כּוּלֵּי הַאי?
§ La Guemara demande : Jusqu’où va la limite minimale de la souffrance ? Quelle est la plus petite quantité de douleur incluse dans la définition de la souffrance ? Rabbi Elazar dit : Quiconque pour qui on a tissé un vêtement à porter et que le vêtement ne lui convient pas, c’est-à-dire qu’il ne lui va pas exactement. Rava le Jeune objecte à cela, et certains disent que Rabbi Shmuel bar Naḥmani objecte : Les Sages ont dit quelque chose d’encore plus fort que cela, c’est-à-dire que même un désagrément moindre est tout de même considéré comme une souffrance : Même si des gens avaient l’intention de diluer son vin avec de l’eau chaude, mais qu’ils l’ont accidentellement dilué pour lui avec de l’eau froide, cela est considéré comme une souffrance. De même, s’il voulait qu’il soit dilué avec de l’eau froide, mais qu’ils le lui ont dilué avec de l’eau chaude, cela aussi est considéré comme une souffrance. Et toi, tu dis tout cela, que cela est considéré comme une souffrance, seulement si le vêtement commandé ne lui convient pas ?
מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא אָמַר: אֲפִילּוּ נֶהְפַּךְ לוֹ חֲלוּקוֹ. רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב חִסְדָּא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יִצְחָק, וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: אֲפִילּוּ הוֹשִׁיט יָדוֹ לַכִּיס לִיטּוֹל שָׁלֹשׁ וְעָלוּ בְּיָדוֹ שְׁתַּיִם.
Mar, fils de Ravina, dit : Même si le manteau de quelqu’un se retourne lorsqu’il l’enfile, au point qu’il doive l’enlever et le remettre, cela aussi est considéré comme une forme de souffrance. Rava a dit, et certains disent que c’était Rav Ḥisda, et certains disent que c’était Rabbi Yitzḥak, et certains disent que cela a été enseigné dans une baraita : Même si quelqu’un a mis la main dans sa poche pour en sortir trois pièces, mais que deux pièces se sont retrouvées dans sa main, cela est considéré comme une forme de souffrance.
דַּוְוקָא שָׁלֹשׁ וְעָלוּ בְּיָדוֹ שְׁתַּיִם, אֲבָל שְׁתַּיִם וְעָלוּ בְּיָדוֹ שָׁלֹשׁ — לָא, דְּלֵיכָּא טִירְחָא לְמִישְׁדְּיַיהּוֹ.
La Guemara note que cela constitue une souffrance spécifiquement dans le cas où quelqu’un a mis la main dans sa poche pour prendre trois pièces, et que deux pièces se sont retrouvées dans sa main. Mais s’il a mis la main dans sa poche pour prendre deux, et qu’au lieu de cela trois pièces se sont retrouvées dans sa main, cela n’est pas considéré comme une souffrance, car ce n’est pas un effort de remettre la pièce supplémentaire dans sa poche.
וְכׇל כָּךְ לָמָּה? דְּתַנְיָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כֹּל שֶׁעָבְרוּ עָלָיו אַרְבָּעִים יוֹם בְּלֹא יִסּוּרִין קִיבֵּל עוֹלָמוֹ. בְּמַעְרְבָא אָמְרִי:
Et pourquoi est-il si important de connaître la plus petite quantité de souffrance ? Comme l’a enseigné l’école de Rabbi Yishmael dans une baraita : Quiconque passe quarante jours sans souffrance a déjà reçu son Monde, c’est-à-dire sa récompense, et il n’aura plus de récompense dans le Monde à venir. En Occident, Eretz Yisrael, on dit :