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תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִם אֶת שְׂדֵה מִקְנָתוֹ אֲשֶׁר לֹא מִשְּׂדֵה אֲחוּזָּתוֹ״ — שָׂדֶה שֶׁאֵינָהּ שְׂדֵה אֲחוּזָּה, יָצְתָה זוֹ שֶׁהִיא שְׂדֵה אֲחוּזָּה.
Le verset déclare au sujet d’un champ acheté : « Et si il sanctifie au Seigneur un champ qu’il a acheté, qui ne fait pas partie du champ de son héritage » (Lévitique 27:22). Le verset fait référence spécifiquement à un champ qui n’est pas un champ ancestral au moment de sa consécration. Cette exigence exclut ce champ, car actuellement, après la mort du père, il est un champ ancestral.
אִילּוּ לְרַבִּי יְהוּדָה וּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן, אֲפִילּוּ הִקְדִּישָׁהּ וְאַחַר כָּךְ מֵת אָב — שְׂדֵה אֲחוּזָּה הָוְיָא. מַאי טַעְמָא? אִי מִשּׁוּם קְרָא — קְרָא לְכִדְרַבִּי מֵאִיר הוּא דַּאֲתָא!
La Guemara analyse la baraita. Telle est l’opinion de Rabbi Meir, tandis que, selon Rabbi Yehouda et selon Rabbi Shimon, il est considéré comme un champ ancestral même s’il a consacré le champ et qu’ensuite son père meurt. Quelle est la raison de cette opinion ? Si vous suggérez que c’est à cause du verset, cela ne peut pas être le cas, car le verset vient enseigner la halakha qui a été énoncée conformément à l’opinion de Rabbi Meir, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un cas où le père est mort avant qu’il ne consacre le champ, comme l’a expliqué Rabbi Meir.
אֶלָּא לָאו מִשּׁוּם דְּאָזֵיל בָּתַר פִּדְיוֹן?
Au contraire, n’est-ce pas dû au fait qu’il suit le statut du champ au moment du rachat ? Puisque le père est mort avant que le fils ne rachète le champ, celui-ci est considéré comme un champ ancestral en la possession du trésor du Temple. De même, si l’on consacre d’abord les arbres puis ensuite le champ, on doit racheter les deux ensemble, puisque, au moment du rachat, ils sont tous deux consacrés. Puisque cette décision n’est pas conforme à la baraita qui affirme que les arbres et le champ sont rachetés séparément, il est évident que la baraita ne peut pas être conforme à l’opinion de Rabbi Shimon.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן קְרָא אַשְׁכַּחוּ וּדְרוּשׁ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit que cette source ne contredit pas l'affirmation de Rav Huna selon laquelle la baraita est conforme à l'opinion de Rabbi Shimon. La raison est que Rabbi Yehuda et Rabbi Shimon ne soutiennent pas, en réalité, que l'on suit le statut du champ au moment du rachat. Au contraire, ils ont trouvé un verset et l'ont interprété.
אִם כֵּן, לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא: ״אִם אֶת שְׂדֵה מִקְנָתוֹ אֲשֶׁר לֹא אֲחֻזָּתוֹ״, מַאי ״מִשְּׂדֵה״ — שָׂדֶה שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לִהְיוֹת שְׂדֵה אֲחוּזָּה.
Rav Naḥman bar Yitzḥak explique le raisonnement de Rabbi Yehuda et Rabbi Shimon : S'il en est ainsi, lorsque quelqu’un a consacré le champ et que son père est mort ensuite, il n’est pas considéré comme un champ ancestral, que le Miséricordieux écrive dans la Torah : Et s’il consacre au Seigneur un champ qu’il a acheté, qui n’est pas de son champ ancestral, c’est-à-dire que le verset aurait pu omettre la répétition de l’expression « de son champ ». Que veut dire la Torah en soulignant « de son champ » ? Cela enseigne que seul un champ qui n’est pas apte à être un champ ancestral au moment où il l’a consacré est racheté pour sa valeur. Mais s’il a consacré un champ qu’il hériterait à l’avenir, il est racheté de la manière d’un champ ancestral.
אָמַר רַב פָּפָּא: הִקְדִּישׁ טְרָשִׁין — פּוֹדָן בְּשׇׁוְויָן, מַאי טַעְמָא? ״בֵּית זֶרַע״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָנֵי לָאו בְּנֵי זְרִיעָה נִינְהוּ.
§ Rav Pappa dit : Si quelqu’un a consacré des champs qui sont rocailleux [terashin] et impropres aux semailles, il les rachète selon leur valeur, et non comme des champs héréditaires. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux déclare qu’on rachète une surface propre aux semailles d’un ḥomer de semence d’orge pour cinquante sicles d’argent (voir Lévitique 27:16), et ces champs ne sont pas propres aux semailles.
לֹא גְּאָלָן — יוֹצְאִין [לַכֹּהֲנִים] בַּיּוֹבֵל, מַאי טַעְמָא? ״שָׂדֶה״ אָמַר רַחֲמָנָא, כֹּל דְּהוּ.
Mais si il n’a pas racheté ces champs avant l’Année du Jubilé, ils reviennent aux prêtres dans l’Année du Jubilé, comme des champs héréditaires. Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux déclare : « Et s’il ne rachète pas le champ, ou s’il a vendu le champ à un autre homme, il ne sera plus racheté. Mais le champ, lorsqu’il sortira au Jubilé, sera saint pour le Seigneur, comme un champ voué ; il appartiendra au prêtre » (Lévitique 27:20–21). Cela indique que tout type de champ héréditaire, quelle qu’en soit la qualité, revient aux prêtres s’il n’est pas racheté avant l’Année du Jubilé.
מָכַר טְרָשִׁין — נִגְאָלִין פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, מַאי טַעְמָא? ״מִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאוֹת״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי לָאו בְּנֵי תְבוּאָה נִינְהוּ. לֹא גְּאָלָן — (חוֹזֶרֶת) [חוֹזְרִין] לַבְּעָלִים בַּיּוֹבֵל, מַאי טַעְמָא? ״וְשָׁב לַאֲחוּזָּתוֹ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי נָמֵי אֲחוּזָּה הִיא.
De plus, Rav Pappa dit : Si quelqu’un a vendu des champs rocailleux et impropres à la culture, ils peuvent être rachetés à l’acheteur en même moins de deux ans, malgré le fait que normalement la terre doit rester entre les mains de l’acheteur pendant au moins deux ans (voir 29b), comme cela est déduit du terme au pluriel « années des récoltes » cité ci-dessous. Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux déclare : « Selon le nombre d’années après le Jubilé, tu achèteras de ton prochain, et selon le nombre des années des récoltes il te vendra » (Lévitique 25:15), et ces champs rocailleux ne sont pas propres aux récoltes. Mais si il ne les a pas rachetés à l’acheteur, ils retournent au propriétaire lors de l’année du Jubilé, comme les champs héréditaires. Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux déclare : « Alors il comptera les années de sa vente, et rendra le surplus à l’homme à qui il l’a vendu ; et cela retournera à son patrimoine ancestral » (Lévitique 25:27), et ce champ rocailleux fait aussi partie de son patrimoine ancestral.
הִקְדִּישׁ אִילָנוֹת — (פּוֹדֶה) [פּוֹדָן] בְּשׇׁוְויֵהֶן, מַאי טַעְמָא? ״בֵּית זֶרַע״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא אִילָנוֹת. לֹא גְּאָלָן — אֵין יוֹצְאִין לַכֹּהֲנִים בַּיּוֹבֵל, ״וְהָיָה הַשָּׂדֶה״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא אִילָנוֹת.
Rav Pappa ajoute encore : Si quelqu’un a consacré des arbres dans son champ ancestral, il les rachète selon leur valeur. Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux déclare que l’on rachète une superficie propre aux semailles d’un ḥomer de semence d’orge pour cinquante sicles d’argent. Cela vise spécifiquement une terre propre à l’ensemencement des céréales, et non des arbres. En outre, s’il n’a pas racheté les arbres, ils ne vont pas aux prêtres lors de l’année du Jubilé, contrairement à un champ ancestral. La raison en est que le Miséricordieux déclare : « Mais le champ, lorsqu’il sortira au Jubilé, sera saint pour le Seigneur, comme un champ dévoué ; il appartiendra au prêtre » (Lévitique 27:21). Cela aussi vise spécifiquement un champ, et non des arbres.
מָכַר אִילָנוֹת — אֵין נִגְאָלִין פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, מַאי טַעְמָא? ״שְׁנֵי תְבוּאוֹת״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָנֵי בְּנֵי תְבוּאוֹת נִינְהוּ. לֹא גְּאָלָן — אֵין חוֹזֶרֶת לַבְּעָלִים בְּיוֹבֵל, מַאי טַעְמָא? ״וְשָׁב לַאֲחוּזָּתוֹ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא אִילָנוֹת.
Rav Pappa dit aussi : Si quelqu’un a vendu des arbres de son champ ancestral, ils ne peuvent pas être rachetés à l’acheteur si moins de deux ans se sont écoulés. Quelle en est la raison ? La Torah déclare : « Selon le nombre d’années après le Jubilé, tu l’achèteras de ton prochain, et selon le nombre des années de récoltes il te le vendra » (Lévitique 25:15), et ces arbres sont propres aux récoltes, puisqu’ils produisent des fruits. Mais si il ne les a pas rachetés à l’acheteur, les arbres ne retournent pas au propriétaire lors de l’année du Jubilé. Quelle en est la raison ? La Torah déclare : « Qu’il compte alors les années depuis sa vente, et qu’il restitue le surplus à l’homme à qui il l’a vendu ; et cela retournera à son héritage ancestral » (Lévitique 25:27). Cela n’inclut que la terre, qui demeure pour toujours, et non les arbres, dont la durée de vie est limitée.
אָמַר מָר: הִקְדִּישׁ אִילָנוֹת — (פּוֹדֶה) [פּוֹדָן] בְּשׇׁוְויָן. אַמַּאי? וְלִיקְדְּשׁוּ אַגַּב אַרְעַיְיהוּ, וְלִיפְרְקוּהָ אַגַּב אַרְעַיְיהוּ!
La Guemara demande : Le Maître, c’est-à-dire Rav Pappa, dit que si quelqu’un a consacré des arbres dans son champ ancestral, il les rachète selon leur valeur. La Guemara demande : Pourquoi en est-il ainsi ? Mais qu’ils soient consacrés en raison de leur terre et qu’ils soient rachetés en raison de leur terre, selon l’évaluation de cinquante sicles d’argent pour chaque surface nécessaire à l’ensemencement d’un kor de semence d’orge.
וְכִי תֵּימָא: אִילָנוֹת אַקְדֵּישׁ, אַרְעָא לָא אַקְדֵּישׁ — וְהָאָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: מַאן דִּמְזַבֵּן לֵיהּ דִּקְלָא לְחַבְרֵיהּ, קָנֵי לֵיהּ מִשִּׁיפּוּלָא וְעַד תְּהוֹמָא! לָאו מִי אִיתְּמַר עֲלַהּ: בְּבָא מֵחֲמַת טַעֲנָה!
Et si tu dis qu’il a consacré les arbres et n’a pas consacré la terre, les Sages de Neharde’a n’ont-ils pas dit : Si quelqu’un vend un palmier-dattier à un autre, l’acheteur l’acquiert depuis la base du palmier jusqu’aux profondeurs de la terre, c’est-à-dire en incluant son terrain. La Guemara répond : N’a-t-il pas été déclaré au sujet de cette décision qu’elle ne vise qu’un cas l’acheteur vient en raison d’une revendication précise selon laquelle il a acheté la terre sous le palmier-dattier ? Mais s’il ne prétend pas avoir explicitement acheté la terre, le vendeur ou celui qui consacre n’a pas l’intention d’inclure la terre avec le palmier-dattier.
שְׂדֵה מִקְנָה נוֹתֵן שׇׁוְויוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: ״בְּמִכְסַת״ — מַה בָּא לִלְמוֹד? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֶרַע חֹמֶר שְׂעוֹרִים בַּחֲמִשִּׁים שֶׁקֶל כָּסֶף״, יָכוֹל אַף שְׂדֵה מִקְנָה כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִכְסַת״.
§ La michna enseigne : Et en ce qui concerne un champ acheté que l’on consacre, il donne sa valeur comme rachat, une somme qui peut être supérieure ou inférieure à cinquante sicles d’argent pour une surface nécessaire à l’ensemencement d’un kor de semence d’orge. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Alors le prêtre estimera pour lui la valeur de ton estimation jusqu’à l’Année du Jubilé ; et il donnera ton estimation ce jour-là, comme une chose sainte au Seigneur » (Lévitique 27:23). Que vient enseigner ce mot « valeur » ? Puisqu’il est dit au sujet d’un champ ancestral : « Une surface propre à l’ensemencement d’un ḥomer de semence d’orge est rachetée pour cinquante sicles d’argent » (Lévitique 27:16), on aurait pu penser qu’un champ acheté est lui aussi racheté selon cette formule. C’est pourquoi le verset dit “valeur”, c’est-à-dire la valeur marchande du champ.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״וְחִשַּׁב״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״וְחִשַּׁב״, מָה לְהַלָּן דָּבָר קָצוּב, אַף כָּאן דָּבָר קָצוּב.
Rabbi Eliezer dit : Il est dit ici, au sujet des champs achetés : « Alors le prêtre calculera pour lui la valeur de ton estimation jusqu’à l’Année du Jubilé ; et il donnera ton estimation ce jour-là, comme une chose sainte au Seigneur » (Lévitique 27:23). Et il est dit là-bas, au sujet d’un champ ancestral : « Mais s’il consacre son champ après le Jubilé, alors le prêtre calculera pour lui l’argent selon les années qui restent jusqu’à l’Année du Jubilé, et cela sera déduit de ton estimation » (Lévitique 27:18). De même que là-bas, dans le cas d’un champ ancestral, il s’agit d’un montant fixe, de même ici, au sujet d’un champ acheté, cela signifie un montant fixe.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: רַבָּנַן אִית לְהוּ גְּזֵירָה שָׁוָה, וּמַפְּקִין לֵיהּ לְחוֹמֶשׁ, אוֹ דִלְמָא לֵית לְהוּ גְּזֵירָה שָׁוָה, וְלֵית לְהוּ לְחוֹמֶשׁ?
Un dilemme fut soulevé devant les étudiants : Est-ce que les Sages, qui sont en désaccord avec Rabbi Eliezer, acceptent que l’on dérive l’analogie verbale de « fera le calcul », mais l’utilisent pour déduire que celui qui rachète un champ acheté consacré doit aussi ajouter un cinquième ? Ou peut-être n’acceptent-ils pas l’analogie verbale du tout, et ne soutiennent-ils pas que celui qui rachète un champ acheté doive ajouter un cinquième ?
אָמַר רָבָא: מִסְתַּבְּרָא לֵית לְהוּ גְּזֵירָה שָׁוָה, מִדְּגַלִּי רַחֲמָנָא חוֹמֶשׁ גַּבֵּי שְׂדֵה אֲחוּזָּה וְגַבֵּי מַקְדִּישׁ בֵּיתוֹ, הָווּ לֵיהּ שְׁנֵי כְּתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד, וְכׇל שְׁנֵי כְּתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד אֵין מְלַמְּדִין.
Rava a dit : Il est raisonnable de supposer que les Sages n’acceptent pas l’analogie verbale. Le raisonnement est le suivant : Du fait que le Miséricordieux a révélé dans la Torah qu’il faut ajouter un cinquième dans le cas de celui qui rachète un champ ancestral et dans le cas de celui qui consacre sa maison, ce sont deux versets qui viennent comme un seul, c’est-à-dire pour enseigner la même chose. Et tous deux versets qui viennent comme un seul n’enseignent pas leur aspect commun, en l’occurrence l’ajout d’un cinquième, pour l’appliquer à d’autres cas. Par conséquent, on peut supposer que les Sages soutiennent que celui qui rachète son champ acheté n’a pas à payer un cinquième supplémentaire.
וּלְמַאן דְּאָמַר מְלַמְּדִין, מִדְּגַלִּי רַחֲמָנָא חוֹמֶשׁ בְּמַעֲשֵׂר, בִּבְהֵמָה טְהוֹרָה, וּבִבְהֵמָה טְמֵאָה — הָוֵה לֵיהּ טוּבָא, וְאֵין מְלַמְּדִין.
Rava poursuit : Et même selon celui qui dit que deux versets qui viennent comme un seul enseignent leur aspect commun, du fait que le Miséricordieux a révélé dans la Torah qu’il faut ajouter un cinquième lorsqu’il rachète sa seconde dîme, et lorsqu’il rachète son animal casher qu’il a consacré et qui est devenu blemi, et lorsqu’il rachète son animal non casher qu’il a consacré, ce sont de nombreux versets qui viennent comme un seul, et tous s’accordent à dire que de multiples versets n’enseignent pas leur aspect commun à d’autres cas.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרָבָא, וְלָא מִטַּעְמֵיהּ. תַּנְיָא: ״בְּמִכְסַת הָעֶרְכְּךָ״ — הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לַעֲרָכִין, מָה עֲרָכִין אֵין מוֹסִיף חוֹמֶשׁ, אַף שְׂדֵה מִקְנָה אֵין מוֹסִיף חוֹמֶשׁ.
Il est enseigné dans une baraita conformément à la décision de Rava, mais non pour sa raison. Il est enseigné dans une baraita : « Alors le prêtre calculera pour lui la valeur de ton estimation jusqu’à l’année du Jubilé ; et il donnera ton estimation ce jour-là, comme une chose sainte au Seigneur » (Lévitique 27:23). Le verset juxtapose cette estimation à des estimations fixes. De même que s’agissant des estimations fixes on n’ajoute pas un cinquième, de même aussi lors du rachat d’un champ acheté on n’ajoute pas un cinquième.
מַתְנִי׳ בְּשׁוֹר הַמּוּעָד שֶׁהֵמִית אֶת הָעֶבֶד לְהָקֵל וּלְהַחֲמִיר, כֵּיצַד? אֶחָד שֶׁהֵמִית אֶת הַנָּאֶה שֶׁבַּעֲבָדִים וְאֶת הַכָּעוּר שֶׁבָּעֲבָדִים — נוֹתֵן שְׁלֹשִׁים סֶלַע. הֵמִית בֶּן חוֹרִין — נוֹתֵן שׇׁוְויוֹ. חָבַל בָּזֶה וּבָזֶה — נוֹתֵן נֶזֶק שָׁלֵם.
MICHNA : Il existe des halakhot concernant un bœuf averti qui a tué un esclave cananéen qui sont indulgentes, et d’autres qui sont rigoureuses ; comment cela ? Tant dans le cas d’un bœuf qui a tué le plus beau parmi les esclaves, dont la valeur est grande, que dans le cas de celui qui a tué le plus laid parmi les esclaves, dont la valeur est minime, son propriétaire paie une somme de trente sela, l’amende énoncée dans la Torah (Exode 21:32), au propriétaire de l’esclave. Si le bœuf a tué un homme libre, son propriétaire paie sa valeur en paiement à ses héritiers. Cette somme peut être supérieure ou inférieure à trente sicles. Si le bœuf a blessé cet esclave ou ce homme libre, il paie le coût intégral du dommage à titre de compensation.
גְּמָ׳ בְּמוּעָד — אִין, בְּתָם — לָא. לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דִּתְנַן: רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אַף תָּם שֶׁחָבַל בָּאָדָם מְשַׁלֵּם בַּמּוֹתָר נֶזֶק שָׁלֵם.
GUEMARA : Puisque la michna précise d’abord qu’elle parle d’un bœuf averti, cela indique que concernant un bœuf averti qui a blessé un homme libre, oui, on est tenu à un paiement intégral, mais concernant un bœuf inoffensif qui a blessé un homme libre, on ne fait pas de restitution intégrale, mais on ne paie que la moitié de la valeur de la victime. La Guemara demande : Disons que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva. Comme nous l’avons appris dans une michna (Bava Kamma 33a), où Rabbi Akiva dit : Le propriétaire d’un bœuf inoffensif qui a également blessé une personne paie aussi l’intégralité du dommage en ce qui concerne la différence entre le dommage que la personne a infligé au bœuf et le dommage que le bœuf a infligé à la personne. Il est évident que Rabbi Akiva ne distingue pas entre un bœuf inoffensif et un bœuf averti dans un cas où un bœuf a blessé une personne.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא, הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ תָּם נָמֵי, וְאַיְּידֵי דְּקָא בָּעֵי לְמִתְנֵי סֵיפָא ״הֵמִית עֶבֶד״ ״הֵמִית בֶּן חוֹרִין״, דִּבְמוּעָד הוּא דְּמַשְׁכַּחַתְּ לַהּ, בְּתָם לָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ, מִשּׁוּם הָכִי קָתָנֵי מוּעָד.
La Guemara répond : Tu peux même dire que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, et l’expliquer ainsi : Il est également vrai que même le propriétaire d’un bœuf inoffensif doit verser une restitution complète, mais puisque le tannaveut enseigner dans la première partie de la dernière clause de la michna : un bœuf qui a tué un esclave et un bœuf qui a tué un homme libre, ce que tu trouves dans le cas d’un bœuf averti mais dans le cas d’un bœuf inoffensif tu ne le trouves pas, puisque la peine pour avoir tué une personne ne s’applique pas à un bœuf inoffensif, c’est pour cette raison que la michna enseigne seulement le cas d’un bœuf averti.
מַתְנִי׳ בָּאוֹנֵס וּבַמְפַתֶּה לְהָקֵל וּלְהַחֲמִיר, כֵּיצַד? אֶחָד שֶׁאָנַס וּפִיתָּה אֶת גְּדוֹלָה שֶׁבַּכְּהוּנָּה וְאֶת הַקְּטַנָּה שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל — נוֹתֵן חֲמִשִּׁים סְלָעִים, וְהַבּוֹשֶׁת וְהַפְּגָם — הַכֹּל לְפִי הַמְבַיֵּישׁ וְהַמִּתְבַּיֵּישׁ.
MICHNA : Il y a des halakhot concernant un violeur et concernant un séducteur qui sont indulgentes, et d’autres qui sont rigoureuses ; comment cela ? Tant celui qui a violé ou séduit une jeune femme qui est la plus éminente de la prêtrise, que celui qui a violé ou séduit une jeune femme qui est la plus humble parmi les Israélites donne le paiement de cinquante sela, l’amende énoncée dans la Torah (voir Deutéronome 22:29). Et les paiements pour l’humiliation et pour la dégradation résultant du fait d’avoir été violée ou séduite sont évalués différemment ; tout dépend de celui qui humilie et de celle qui est humiliée.
גְּמָ׳ אַמַּאי? אֵימָא: ״חֲמִשִּׁים סְלָעִים״ אָמַר רַחֲמָנָא מִכֹּל מִילֵּי!
GUEMARA : La Guemara demande : Pourquoi le violeur ou le séducteur doit-il aussi payer pour son humiliation et sa dégradation ? On peut dire que le Miséricordieux déclare dans le verset : « Alors l’homme qui a couché avec elle donnera au père de la jeune femme cinquante sicles d’argent » (Deutéronome 22:29), qu’il doit payer un total de cinquante sela pour toutes les questions liées à cet acte, c’est-à-dire l’amende, la dégradation, l’humiliation et la douleur.
אָמַר רַב זְעֵירָא: יֹאמְרוּ, בָּעַל בַּת מְלָכִים חֲמִשִּׁים, בָּעַל בַּת הֶדְיוֹטוֹת חֲמִשִּׁים?
Rav Zeira dit : Il ne se peut pas qu’il paie au total seulement cinquante sela, car les gens diront : Est-il logique que celui qui a eu des rapports forcés avec, c’est-à-dire qui a violé, une fille de rois paie une somme de cinquante sela, alors qu’elle subit une grande humiliation, et que celui qui a eu des rapports forcés avec la fille de gens ordinaires [hedyotot] paie lui aussi cinquante sela ?
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אִי הָכִי, גַּבֵּי עֶבֶד נָמֵי, יֹאמְרוּ: עֶבֶד נוֹקֵב מַרְגָּלִית — שְׁלֹשִׁים, עֶבֶד עוֹשֶׂה מַעֲשֵׂה מַחַט — שְׁלֹשִׁים? אֶלָּא אָמַר רַב זְעֵירָא:
Abaye dit à Rav Zeira : Si c’est le cas, la même affirmation peut être appliquée concernant un esclave tué par un bœuf. Les gens diront aussi : Est-il logique qu’un esclave qui perce des perles [margalit] vaille trente sela, et qu’un esclave qui fait un travail d’aiguille vaille lui aussi trente sela ? Néanmoins, la michna indique clairement qu’il n’y a pas de distinction entre les deux esclaves, puisque la Torah fixe un paiement déterminé. Au contraire, Rav Zeira dit qu’il existe une preuve différente :

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