לְמִקְטְלֵיהּ בְּדָבָר הַנִּזְרָק.
le tuer avec un objet lancé à distance, comme une flèche, plutôt qu’avec les mains. Si le chien est possédé par un esprit maléfique, il faut éviter tout contact direct avec lui.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל. כְּשֶׁהוֹרְגִין אוֹתוֹ — אֵין הוֹרְגִין אוֹתוֹ אֶלָּא בְּדָבָר הַנִּזְרָק. דְּחָיֵיף בֵּיהּ — מִסְתַּכַּן, דְּנָכֵית לֵיהּ — מָיֵית. דְּחָיֵיף בֵּיהּ — מִסְתַּכַּן: מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? נִישַׁלַּח מָאנֵיהּ וְנִירְהַיט. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ חַף בֵּיהּ חַד מִינַּיְיהוּ בְּשׁוּקָא, שַׁלְּחִינְהוּ לְמָאנֵיהּ וְרָהֵיט. אֲמַר: קִיַּימְתִּי בְּעַצְמִי ״הַחׇכְמָה תְּחַיֶּה בְעָלֶיהָ״.
La Guemara commente : Cela a été enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Shmuel : Lorsqu’on tue un chien enragé, on ne doit le tuer qu’avec un objet lancé. De plus, celui contre qui un chien enragé s’est frotté tombera gravement malade, tandis que celui qui a été mordu par le chien mourra. La Guemara demande : Quel est le remède pour celui contre qui un chien enragé s’est frotté et qui tombe gravement malade ? La Guemara répond : Qu’il enlève ses vêtements et qu’il coure. La Guemara raconte : Rav Huna, fils de Rav Yehoshua, a été frotté par l’un de ces chiens enragés au marché, après quoi il a enlevé ses vêtements et a couru. Il a dit : J’ai accompli le verset : « La sagesse préserve la vie de ceux qui la possèdent » (Ecclésiaste 7:12).
דְּנָכֵית לֵיהּ מָיֵית: מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? אָמַר אַבָּיֵי: נֵיתֵי מַשְׁכָּא דְּאַפָּא דִּיכְרָא וְנִיכְתּוֹב עֲלֵיהּ: אֲנָא פְּלָנְיָא בַּר פְּלָנִיתָא אַמַּשְׁכָּא דְּאַפָּא דִּיכְרָא כָּתֵיבְנָא עֲלָךְ: ״כַּנְתִּי כַּנְתִּי קְלֵירוֹס״. וְאָמְרִי לַהּ: ״קַנְדִּי קַנְדִּי קְלוֹרוֹס, יָהּ יָהּ ה׳ צְבָאוֹת אָמֵן אָמֵן סֶלָה״. וְנִשְׁלְחִינְהוּ לְמָאנֵיהּ וְלִקְבְּרִינְהוּ בֵּי קִבְרֵי עַד תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא, וְנַפְּקִינְהוּ וְנִקְלִינְהוּ בְּתַנּוּרָא וּנְבַדְּרִינְהוּ לְקִטְמֵיהּ אַפָּרָשַׁת דְּרָכִים. וְהָנָךְ תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא, כִּי שָׁתֵי מַיָּא — לָא לִישְׁתֵּי אֶלָּא בְּגוּבְתָּא דִנְחָשָׁא, דִּילְמָא חָזֵי בָּבוּאָה דְּשֵׁידָא וְלִיסְתַּכַּן. כִּי הָא דְּאַבָּא בַּר מָרְתָא הוּא אַבָּא בַּר מִנְיוֹמֵי, עֲבַדָא לֵיהּ אִימֵּיהּ גּוּבְתָּא דְּדַהֲבָא.
La Guemara continue de discuter la baraita : Celui qui a été mordu par un chien enragé mourra. La Guemara demande : Quel est le remède ? Abaye a dit : Qu’il apporte la peau d’une hyène mâle et qu’il y écrive : Moi, untel fils d’untel, j’écris cette formule à ton sujet sur la peau d’une hyène mâle : Kanti kanti kelirus. Et certains disent qu’il doit écrire : Kandi kandi keloros. Il écrit ensuite des noms de Dieu, Yah, Yah, Seigneur des Armées, amen amen Sélah. Qu’il enlève ensuite ses vêtements et les enterre dans un cimetière pendant douze mois de l’année, après quoi il devra les sortir, les brûler dans un four et disperser les cendres à un carrefour. Et pendant ces douze mois de l’année, lorsque ses vêtements sont enterrés, quand il boit de l’eau, qu’il ne boive qu’au moyen d’un tube de cuivre et non d’une source, de peur qu’il ne voie l’image du démon dans l’eau et ne soit mis en danger, comme dans le cas de Abba bar Marta, qui est aussi appelé Abba bar Manyumi, dont la mère lui fabriqua un tube d’or à cette fin.
וְעוֹד אָמַר רַבִּי מַתְיָא: רַבִּי יוֹחָנָן חָשׁ בְּצַפְדִּינָא. אֲזַל גַּבַּהּ דְּהַהִיא מַטְרוֹנִיתָא, עֲבַדָא לֵיהּ מִלְּתָא חַמְשָׁא וּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲמַר לַהּ: בְּשַׁבָּת מַאי? אֲמַרָה לֵיהּ: לָא צְרִיכַתְּ. אִי מִצְטְרִיכְנָא מַאי? אֲמַרָה לֵיהּ: אִישְׁתְּבַע לִי דְּלָא מְגַלֵּית, אִישְׁתְּבַע: לֵאלָהָא דְיִשְׂרָאֵל לָא מְגַלֵּינָא. נְפַק דַּרְשַׁהּ בְּפִירְקָא.
§ La mishna disait : Et de plus, Rabbi Matya ben Ḥarash a dit : En ce qui concerne celui qui souffre d’un mal de gorge, on peut placer un médicament dans sa bouche pendant le Chabbat, bien que l’administration d’un remède soit interdite le Chabbat. La Guemara discute d’un incident connexe : Rabbi Yoḥanan souffrait de la maladie tzefidna, qui affecte d’abord les dents et les gencives puis les intestins. Il alla voir une certaine matrone [matronita] non-juive qui était une guérisseuse bien connue. Elle lui prépara un remède le jeudi et le vendredi. Il lui dit : Que ferai-je le Chabbat, lorsque je ne pourrai pas venir chercher le remède chez toi ? Elle lui dit : Tu n’en auras pas besoin. Il lui demanda : Et si j’en ai besoin, que ferai-je ? Elle lui dit : Jure-moi que tu ne révéleras pas le remède ; alors je te le dirai, et tu pourras le préparer toi-même si tu en as besoin. Il jura : Par le Dieu des Juifs, je ne le révélerai pas. Elle lui dit le remède. Rabbi Yoḥanan sortit alors et l’enseigna publiquement, révélant le secret du remède.
וְהָא אִישְׁתְּבַע לַהּ! לֵאלָהָא דְיִשְׂרָאֵל לָא מְגַלֵּינָא. הָא לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל — מְגַלֵּינָא. וְהָא אִיכָּא חִלּוּל הַשֵּׁם! דִּמְגַלֵּי לַהּ מֵעִיקָּרָא.
La Guemara s’étonne de cela : Mais il lui a juré qu’il ne le révélerait pas. La Guemara répond que, dans son vœu, il a déclaré : Je ne le révélerai pas au Dieu des Juifs. Cependant, ses paroles impliquent : Je le révélerai à Son peuple, les Juifs. La Guemara demande : Malgré tout, il y a une profanation du nom de Dieu, car la matrone pense maintenant qu’un grand homme de la stature de Rabbi Yoḥanan a rompu son vœu. La Guemara répond : Il le lui a révélé dès le départ. Dès qu’elle lui a révélé le remède, il lui a dit que son vœu ne l’empêcherait pas de rendre le remède public.
מַאי עֲבַדָא לֵיהּ? אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַמֵּי: מֵי שְׂאוֹר, שֶׁמֶן זַיִת, וָמֶלַח. רַב יֵימַר אֲמַר: שְׂאוֹר גּוּפֵיהּ, שֶׁמֶן זַיִת, וָמֶלַח. רַב אָשֵׁי אָמַר: מִשְׁחָא דְּגַדְפָּא דַאֲווֹזָא. אָמַר אַבָּיֵי: אֲנָא עֲבַדִי לְכוּלְּהוּ וְלָא אִיתַּסַּאי, עַד דַּאֲמַר לִי הַהוּא טַיָּיעָא: אַיְיתִי קַשְׁיָיתָא דְזֵיתָא דְּלָא מְלוֹ תִּילְתָּא, וּקְלִינְהוּ בְּנוּרָא אַמָּרָא חַדְתָּא, וְאַדְבֵּיק בְּכַכֵּי דָרֵיה. עֲבַדִי הָכִי וְאִיתַּסַּאי.
La Guemara demande : Quel était le remède qu’elle lui avait préparé ? Rav Aḥa, fils de Rav Ami, a dit : C’était de l’eau dans laquelle on avait fait tremper du levain, de l’huile d’olive et du sel. Rav Yeimar a dit : C’était le levain lui-même, de l’huile d’olive et du sel. Rav Ashi a dit : Le remède était de la graisse provenant de la moelle osseuse de l’aile d’une oie. Abaye a dit : J’ai préparé tous ces remèdes et je n’ai pas été guéri de cette affection, jusqu’à ce qu’un certain Arabe me dise le remède : Prends des noyaux d’olive qui sont à moins d’un tiers de leur maturité, et brûle-les au feu sur une houe neuve, puis applique-les le long de la ligne des gencives. J’ai fait cela et j’ai été guéri.
מִמַּאי הֲוָה? מֵחַמִּימֵי חַמִּימֵי דְּחִיטֵּי, וּמִשִּׁיּוּרֵי כָּסָא דְהַרְסָנָא. וּמַאי סִימָנֵיהּ — כַּד רָמֵי מִידֵּי בְּכַכֵּיהּ וְאָתֵא דְּמָא מִבֵּי דָרֵי. רַבִּי יוֹחָנָן כִּי חָשׁ בְּצַפְדִּינָא, עֲבַד הָכִי בְּשַׁבְּתָא וְאִיתַּסִּי. וְרַבִּי יוֹחָנָן הֵיכִי עָבֵיד הָכִי? אֲמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: שָׁאנֵי צַפְדִּינָא הוֹאִיל וּמַתְחִיל בַּפֶּה, וְגוֹמֵר בִּבְנֵי מֵעַיִים.
§ La Guemara demande : D’où vient cette maladie, la tzefidna ? Elle provient du fait de manger du pain de blé trop chaud et des restes de poisson frits dans l’huile. Quel est le signe de cette maladie ? Lorsqu’une personne met quelque chose entre ses dents, du sang sort de ses gencives. Lorsque Rabbi Yoḥanan souffrit de tzefidna, il prépara ce remède décrit ci-dessus pendant le Shabbat et fut guéri. La Guemara demande : Et comment Rabbi Yoḥanan prépara-t-il ce remède pendant le Shabbat pour une affection qui n’atteint que les gencives mais n’est pas mortelle ? Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : la tzefidna est différente, car elle commence bien dans la bouche et semble être une maladie des dents, mais elle finit dans les intestins et elle est dangereuse.
אֲמַר לֵיהּ רַב חִיָּיא בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן: כְּמַאן — כְּרַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ, דְּאָמַר: הַחוֹשֵׁשׁ בְּפִיו מְטִילִין לוֹ סַם בְּשַׁבָּת. אֲמַר לֵיהּ: שֶׁאֲנִי אוֹמֵר בְּזוֹ, וְלֹא בְּאַחֶרֶת.
Rav Ḥiyya bar Abba dit à Rabbi Yoḥanan : Conformément à l’opinion de qui as-tu fait cela ? N’était-ce pas conformément à l’opinion de Rabbi Matya ben Ḥarash, qui a dit : Dans le cas de quelqu’un qui souffre d’une douleur dans la bouche, on met un remède dans sa bouche pendant Shabbat, ce qui est une opinion minoritaire ? Rabbi Yoḥanan lui dit : C’est ainsi, mais moi je dis que les Sages furent d’accord avec lui au sujet de la prise de remède dans ce cas בלבד, mais dans aucun autre. Si tel est le cas, en ce qui concerne le remède pendant Shabbat, l’opinion de Rabbi Matya ben Ḥarash n’est pas une opinion minoritaire.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: מִי שֶׁאֲחָזוֹ יֵרָקוֹן — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ בְּשַׂר חֲמוֹר, מִי שֶׁנְּשָׁכוֹ כֶּלֶב שׁוֹטֶה — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ מֵחֲצַר כָּבֵד שֶׁלּוֹ, וְהַחוֹשֵׁשׁ בְּפִיו — מְטִילִין לוֹ סַם בְּשַׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בְּאֵילּוּ אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם רְפוּאָה. ״בְּאֵלּוּ״ לְמַעוֹטֵי מַאי? מַאי לָאו, לְמַעוֹטֵי סַם?
Disons que cette baraita le soutient : En ce qui concerne celui qui est atteint de yerakon, on lui donne de la viande d’âne comme remède ; en ce qui concerne celui qu’un chien enragé a mordu, on lui donne le lobe de son foie ; dans le cas de celui qui a une douleur dans la bouche, on met un remède dans sa bouche pendant Shabbat ; telle est la déclaration de Rabbi Matya ben Ḥarash. Et les Sages disent : Ces choses n’ont aucune valeur comme remède. Les Sages ont employé le terme ces, pour exclure quoi ? N’est-ce pas pour exclure ce remède contre la tzefidna, que les Sages reconnaissent comme permis pendant Shabbat ?
לָא, לְמַעוֹטֵי: מַקִּיזִין דָּם לִסְרוֹנְכֵי. הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא. דְּתַנְיָא: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי שֶׁשָּׁמַע מִשּׁוּם רַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ: מַקִּיזִין דָּם לִסְרוֹנְכֵי בְּשַׁבָּת, וּמִי שֶׁנְּשָׁכוֹ כֶּלֶב שׁוֹטֶה — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ מֵחֲצַר כָּבֵד שֶׁלּוֹ, וְהַחוֹשֵׁשׁ בְּפִיו מְטִילִין לוֹ סַם בְּשַׁבָּת.
La Guemara rejette cela : Non, cela exclut un autre remède, que Rabbi Matya propose : La saignée pour guérir l’affection serunkhi est permise pendant Chabbat. La Guemara commente : De même, il est raisonnable de dire cela, comme cela a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, a dit trois choses qu’il a entendues au nom de Rabbi Matya ben Ḥarash : On peut pratiquer une saignée pour serunkhi pendant Chabbat ; et dans le cas de quelqu’un qu’un chien enragé a mordu, on lui fait manger le lobe de son foie ; et dans le cas de quelqu’un qui a mal à la bouche, on met un médicament dans sa bouche pendant Chabbat.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בְּאֵילּוּ אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם רְפוּאָה. ״בְּאֵילּוּ״ לְמַעוֹטֵי מַאי? מַאי לָאו, אַתַּרְתֵּי בָּתְרָיָיתָא וּלְמַעוֹטֵי דְּרֵישָׁא! לָא: אַתַּרְתֵּי דְּרֵישָׁא קַמָּיָיתָא, וּלְמַעוֹטֵי דְּסֵיפָא.
Et les Sages disent : Ceux-ci n’ont aucune valeur comme remède. Les Sages ont employé le terme ceux-ci pour exclure quoi ? N’est-ce pas pour limiter leur désaccord seulement aux deux derniers éléments, qui ne guérissent rien, et exclure le premier élément, la saignée pour serunkhi, dont tous conviennent qu’elle est un remède efficace ? La Guemara rejette cela : Non, il n’y a pas de preuve à tirer d’ici, puisqu’il est possible de dire qu’il s’agit des deux premiers éléments de la première baraita et qu’elle exclut la clause finale concernant la médecine pendant le Chabbat, point sur lequel ils sont d’accord.