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שַׁעַם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים? עָמַד רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי עַל רַגְלָיו, וְאָמַר: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי שֶׁיָּצָא בְּסַנְדָּל שֶׁל שַׁעַם בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. וְאָמֵינָא לֵיהּ: בְּתַעֲנִית צִבּוּר מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁנָא. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי אֶלְעָזָר דְּמִן נִנְוֵה שֶׁיָּצָא בְּסַנְדָּל שֶׁל שַׁעַם בְּתַעֲנִית צִבּוּר, וְאָמֵינָא לֵיהּ: בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁנָא. רַב יְהוּדָה נָפֵיק בִּדְהִיטָנֵי. אַבָּיֵי נָפֵיק בִּדְהוּצֵי. רָבָא נָפֵיק (בִּדְיַבְלֵי). רַבָּה בַּר רַב הוּנָא כָּרֵיךְ סוּדָרָא אַכַּרְעֵיהּ וְנָפֵיק.
du liège à Yom Kippour ? Est-ce considéré comme une chaussure, et donc ne peut-on pas le porter à Yom Kippour, ou non ? Rabbi Yitzḥak bar Naḥmani se leva pour témoigner et dit : J’ai vu que Rabbi Yehoshua ben Levi sortit à Yom Kippour avec des sandales en liège, et je lui ai dit : Quelle est la loi lors d’un jeûne public décrété en temps de sécheresse, lorsque les chaussures sont également interdites ? Les sandales en roseau sont-elles permises ? Il me dit : Ce n’est pas différent, et de telles sandales sont permises même lors d’un jeûne public. Rabba bar bar Ḥana dit : J’ai vu Rabbi Elazar de Ninive sortir avec des sandales en liège lors d’un jeûne public, et je lui ai dit : Quelle est la loi à Yom Kippour ? Il me dit : Ce n’est pas différent, et c’est permis. La Guemara rapporte : Rav Yehuda sortit à Yom Kippour avec des sandales en roseau. Abaye sortit avec des sandales faites de fibre de palmier. Rava sortit avec des sandales tressées de roseaux. Aucune de ces sandales n’est considérée comme une chaussure. Rabba bar Rav Huna enroula une écharpe autour de ses pieds et sortit.
מֵתִיב רָמֵי בַּר חָמָא: הַקִּיטֵּעַ יוֹצֵא בְּקַב שֶׁלּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר. וְתָנֵי עֲלַהּ: וְשָׁוִין שֶׁאָסוּר לָצֵאת בּוֹ בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. אָמַר אַבָּיֵי: הָתָם דְּאִית בֵּיהּ כְּתִיתִין, וּמִשּׁוּם תַּעֲנוּג.
Rami bar Ḥama souleva une objection : Nous avons appris qu’un amputé peut sortir avec sa prothèse de jambe en bois pendant le Chabbat, puisqu’elle est comme une chaussure ; telles sont les paroles de Rabbi Meir. Mais Rabbi Yosei l’interdit. Et une baraita a été enseignée à ce sujet comme un ajout à cette michna : Et ils conviennent qu’il est interdit de sortir en la portant à Yom Kippour. Comme cela indique que même les chaussures en bois sont interdites, les matériaux portés par les amora’im mentionnés ci-dessus devraient également être interdits. Abaye dit : Là-bas, dans le cas de Yom Kippour, c’est interdit parce qu’il y a des chiffons dans la prothèse. L’interdiction ne tient pas aux chaussures mais au plaisir du confort, qui est interdit à Yom Kippour.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְאִי לָאו מָנָא הוּא — כְּתִיתִין מְשַׁוֵּי לֵיהּ מָנָא? וְעוֹד: כׇּל תַּעֲנוּג דְּלָאו מִנְעָל הוּא, בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מִי אָסוּר? וְהָא רַבָּה בַּר רַב הוּנָא הֲוָה כָּרֵיךְ סוּדָרָא אַכַּרְעֵיהּ וְנָפֵיק! וְעוֹד, מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: אִם יֵשׁ לוֹ בֵּית קִבּוּל כְּתִיתִין — טָמֵא, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא לָאו בִּדְאִית לֵיהּ כְּתִיתִין עָסְקִינַן.
Rava lui dit : Et si la jambe prothétique n’est pas un vêtement, c’est-à-dire qu’elle n’est pas une chaussure, les chiffons en font-ils un vêtement ? Seules les chaussures sont interdites, pas les autres vêtements. Et de plus, tout autre type de plaisir qui n’est pas le plaisir de porter des chaussures, est-il interdit à Yom Kippour ? Seules certaines afflictions sont prescrites à Yom Kippour ; les activités qui ne sont pas spécifiquement restreintes par ces afflictions sont permises. Et Rabba bar Rav Huna enveloppait ses pieds d’une écharpe et sortait, démontrant que le confort procuré par des chiffons est permis à Yom Kippour. De plus, la suite de la baraita contredit votre explication selon laquelle l’interdiction est due au confort procuré par les chiffons. Du fait qu’il est enseigné dans la dernière clause : Si la jambe prothétique a un réceptacle conçu pour des chiffons, elle est susceptible d’impureté rituelle comme tous les ustensiles en bois qui ont des réceptacles, on peut en déduire que dans la première clause, il ne s’agit pas d’une jambe prothétique qui a un espace creux conçu pour des chiffons. La position d’Abaye est ainsi rejetée.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: לְעוֹלָם דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִנְעָל הוּא, וּבְשַׁבָּת בְּהָא פְּלִיגִי: מָר סָבַר גָּזְרִינַן דִּילְמָא מִשְׁתְּמִיט וְאָתֵי לְאֵתוֹיֵי אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַר סָבַר לָא גָּזְרִינַן.
Au contraire, Rava a dit : En réalité, selon tous, une jambe prothétique est considérée comme une chaussure, et en ce qui concerne le Chabbat, voici sur quoi ils sont en désaccord : Un Sage, Rabbi Yossei, soutient que nous décrétons une interdiction de porter une jambe prothétique pendant le Chabbat de peur que la jambe ne glisse et que l’on en vienne à la porter sur quatre coudées dans le domaine public ; et un Sage, Rabbi Meïr, soutient que nous ne décrétons pas une telle règle.
תָּנוּ רַבָּנַן: תִּינוֹקוֹת מוּתָּרִין בְּכוּלָּן, חוּץ מִנְּעִילַת הַסַּנְדָּל. מַאי שְׁנָא נְעִילַת הַסַּנְדָּל, דְּאָמְרִי: אִינָשֵׁי עֲבַדוּ לֵיהּ, הָנָךְ נָמֵי אָמְרִי: אִינָשֵׁי עֲבַדוּ לֵיהּ! רְחִיצָה וְסִיכָה, אֵימַר מֵאֶתְמוֹל עָבְדִי לֵיהּ.
§ Les Sages ont enseigné : Il est permis aux jeunes enfants d’accomplir toutes les activités interdites à Yom Kippour, sauf le port de chaussures. La Guemara demande : Qu’est-ce qui est différent dans le fait de porter des chaussures ? C’est parce que les observateurs qui voient un enfant porter des chaussures diront que des adultes ont fait cela pour lui, c’est-à-dire qu’ils les lui ont mises, puisqu’il ne peut pas le faire lui-même. Mais si telle est la raison, à l’égard de ces autres interdictions aussi, comme se laver et s’enduire d’huile, ils diront que des adultes ont fait cela pour lui, et il faudrait également interdire aux enfants ces activités. La Guemara explique : En ce qui concerne le bain et l’onction d’huile, ils pourraient dire qu’ils ont fait cela pour lui hier, puisqu’on ne peut pas savoir avec certitude quand l’enfant a été lavé.
סַנְדָּל נָמֵי, אֵימַר מֵאֶתְמוֹל עָבְדִי לֵיהּ! סַנְדָּל לָא אֶפְשָׁר דְּמֵאֶתְמוֹל עָבְדִי לֵיהּ. דַּאֲמַר שְׁמוּאֵל: הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמִיטְעַם טַעְמָא דְמִיתוּתָא — לִיסְיַים מְסָאנֵי וְלִיגְנֵי.
La Guemara demande : Si c’est le cas, on pourrait aussi dire cela au sujet des chaussures. Ils pourraient dire qu’ils ont fait cela pour lui hier. La Guemara répond : Dans le cas des chaussures, il est impossible de dire qu’un adulte a fait cela pour lui hier, puisque l’enfant n’aurait pas porté de chaussures la nuit. Comme l’a dit Shmuel : Celui qui désire goûter au goût de la mort doit mettre des chaussures et aller dormir.
וְהָא מוּתָּרִין לְכַתְּחִלָּה קָתָנֵי! אֶלָּא: הָנָךְ דְּלָאו רְבִיתַיְיהוּ — גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן, הָנָךְ דִּרְבִיתַיְיהוּ הוּא — לָא גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן. דְּאָמַר אַבָּיֵי, אֲמַרָה לִי אֵם: רְבִיתֵיהּ דְּיָנוֹקָא — מַיָּא חַמִּימֵי וּמִשְׁחָא. גְּדַל פּוּרְתָּא — בֵּיעֲתָא בְּכוּתָּחָא. גְּדַל פּוּרְתָּא — תַּבּוֹרֵי מָאנֵי. כִּי הָא דְּרַבָּה זָבֵין לְהוּ מָאנֵי גְּזִיזֵי דְּפַחְרָא לִבְנֵיהּ, וּמְתַבְּרִי לְהוּ.
La Guemara demande : Mais la michna enseigne qu’il leur est permis de porter des chaussures a priori. Si tel est le cas, il est permis à un adulte d’accomplir ces actes pour un enfant même le jour de Yom Kippour, et l’observateur ne pensera pas que l’adulte a fait quoi que ce soit de mal. Au contraire, il faut expliquer la michna ainsi : Les Sages ont décrété contre l’accomplissement de ces actions qui ne sont pas nécessaires à la croissance de l’enfant, mais les Sages n’ont pas décrété contre l’accomplissement de ces actions qui sont nécessaires à la croissance de l’enfant. Comme l’a dit Abaye : Ma mère m’a dit : La croissance d’un enfant nécessite de l’eau chaude et de l’huile pour l’oindre. Lorsqu’il grandit un peu, il doit manger un œuf avec du kutaḥa, une sauce marinée faite avec du lait. Lorsqu’il grandit un peu plus, il doit avoir des récipients à casser, car il prendra plaisir à les casser. C’est comme Rabba, qui achetait à ses enfants des récipients en céramique fissurés, et ils les cassaient pour leur plaisir.
הַמֶּלֶךְ וְהַכַּלָּה יִרְחֲצוּ אֶת פְּנֵיהֶם. מַתְנִיתִין מַנִּי? רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן הִיא, דְּתַנְיָא: הַמֶּלֶךְ וְהַכִּלָּה לֹא יִרְחֲצוּ אֶת פְּנֵיהֶם. רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הַמֶּלֶךְ וְהַכַּלָּה יִרְחֲצוּ אֶת פְּנֵיהֶם. הַחַיָּה לֹא תִּנְעוֹל אֶת הַסַּנְדָּל. רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הַחַיָּה תִּנְעוֹל אֶת הַסַּנְדָּל.
§ Nous avons appris dans la michna que, selon Rabbi Eliezer, le roi et la mariée peuvent se laver le visage à Yom Kippour. La Guemara demande : Qui est le tanna de la michna ? La Guemara répond : C’est l’opinion de Rabbi Ḥananya ben Teradyon, comme cela a été enseigné dans une baraita : Le roi et la mariée ne peuvent pas se laver le visage à Yom Kippour. Rabbi Ḥananya ben Teradyon dit au nom de Rabbi Eliezer : Un roi et une mariée peuvent se laver le visage. Les Sages ont dit : Une femme venant d’accoucher ne peut pas porter de chaussures à Yom Kippour. Rabbi Ḥananya ben Teradyon dit au nom de Rabbi Eliezer : Une femme venant d’accoucher peut porter des chaussures.
מַאי טַעְמָא? מֶלֶךְ, מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״מֶלֶךְ בְּיׇפְיוֹ תֶּחֱזֶינָה עֵינֶיךָ״. כַּלָּה מַאי טַעְמָא — כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּתְגַּנֶּה עַל בַּעְלָהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב לְרַבִּי חִיָּיא: כַּלָּה עַד כַּמָּה? אֲמַר לֵיהּ, כִּדְתַנְיָא: אֵין מוֹנְעִין תַּכְשִׁיטִין מִן הַכַּלָּה כׇּל שְׁלֹשִׁים יוֹם.
La Guemara demande : Selon l’opinion de Rabbi Eliezer, quelle est la raison pour laquelle le roi peut se laver le visage ? Parce qu’il est écrit : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté » (Isaïe 33:17). Un roi doit toujours paraître majestueux devant sa nation. Quelle est la raison pour laquelle une mariée peut se laver le visage ? Afin qu’elle ne paraisse pas repoussante à son mari. Puisqu’il ne s’agit que du début de leur mariage, son mari pourrait être dégoûté de la voir autrement. Rav dit à Rabbi Ḥiyya : Pendant combien de temps après son mariage une femme est-elle considérée comme une mariée ? Il lui répondit : Comme cela a été enseigné dans une baraita : Si elle devient endeuillée, nous n’empêchons pas la mariée de porter des parfums pendant la totalité des premiers trente jours de son mariage. Cela montre que, pendant les trente premiers jours, son apparence est la plus cruciale.
הַחַיָּה תִּנְעוֹל אֶת הַסַּנְדָּל — מִשּׁוּם צִינָּה.
Une nouvelle mère peut porter des chaussures. Quelle en est la raison ? À cause du froid, on craint qu’elle ne tombe malade, car elle est affaiblie par l’accouchement.
אָמַר שְׁמוּאֵל: אִם מֵחֲמַת סַכָּנַת עַקְרָב — מוּתָּר.
Shmuel a dit : Si un homme craint de marcher pieds nus à Yom Kippour en raison du danger des scorpions, il lui est permis de porter des chaussures, car on n’est pas tenu de se mettre en danger.
הָאוֹכֵל כְּכוֹתֶבֶת הַגַּסָּה. בָּעֵי רַב פָּפָּא:
§ Nous avons appris dans la michna : à Yom Kippour, celui qui mange une quantité de nourriture du volume d’une grosse datte est passible de sanction. Rav Pappa demanda :

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