זֶה יְהוֹשֻׁעַ שֶׁיָּרַד לוֹ מָן כְּנֶגֶד כׇּל יִשְׂרָאֵל. כְּתִיב הָכָא ״אִישׁ״, וּכְתִיב הָתָם: ״קַח לְךָ אֶת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן אִישׁ אֲשֶׁר רוּחַ בּוֹ״. וְאֵימָא מֹשֶׁה, דִּכְתִיב: ״וְהָאִישׁ מֹשֶׁה עָנָו מְאֹד״? דָּנִין ״אִישׁ״ מֵ״אִישׁ״, וְאֵין דָּנִין ״אִישׁ״ מִ״וְּהָאִישׁ״.
le verset fait référence à Josué, pour qui la manne tombait en correspondance avec tout le reste du peuple juif, lorsqu’il attendait Moïse au mont Sinaï pendant les quarante jours où Moïse était sur la montagne. Les versets y font allusion : « Homme » est écrit ici, et « homme » est écrit là-bas : « Prends pour toi Josué, fils de Noun, un homme en qui il y a de l’esprit, et pose ta main sur lui » (Nombres 27:18). De là, la Guemara apprend que l’« homme » est Josué. La Guemara demande : Dis que le verset fait référence à Moïse, au sujet de qui il est écrit : « Or l’homme Moïse était très humble » (Nombres 12:3). La Guemara répond : Nous pouvons apprendre une analogie verbale du mot « homme » à partir du mot « homme », mais nous ne pouvons pas apprendre une analogie verbale du mot « homme » à partir de l’expression « l’homme », qui est utilisée pour désigner Moïse.
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: מִפְּנֵי מָה לֹא יָרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל מָן פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה? אָמַר לָהֶם: אֶמְשׁוֹל לָכֶם מָשָׁל: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּן אֶחָד, פָּסַק לוֹ מְזוֹנוֹתָיו פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה, וְלֹא הָיָה מַקְבִּיל פְּנֵי אָבִיו אֶלָּא פַּעַם אַחַת בַּשָּׁנָה. עָמַד וּפָסַק מְזוֹנוֹתָיו בְּכׇל יוֹם, וְהָיָה מַקְבִּיל פְּנֵי אָבִיו כׇּל יוֹם.
De plus, en ce qui concerne la manne : les élèves de Rabbi Shimon ben Yoḥai lui demandèrent : Pourquoi la manne ne tombait-elle pas pour le peuple juif seulement une fois par an pour pourvoir à tous leurs besoins, au lieu de descendre chaque jour ? Il leur dit : Je vais vous donner une parabole : À quoi cela se compare-t-il ? À un roi de chair et de sang qui n’a qu’un seul fils. Il lui accorda une allocation de nourriture une fois par an et le fils ne saluait son père qu’une fois par an, lorsqu’arrivait le moment de recevoir son allocation. Alors il se leva et lui accorda sa nourriture chaque jour, et son fils lui rendait visite chaque jour.
אַף יִשְׂרָאֵל, מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה בָּנִים הָיָה דּוֹאֵג וְאוֹמֵר: שֶׁמָּא לֹא יֵרֵד מָן לְמָחָר, וְנִמְצְאוּ כּוּלָּן מֵתִים בָּרָעָב, נִמְצְאוּ כּוּלָּן מְכַוְּונִים אֶת לִבָּם לַאֲבִיהֶן שֶׁבַּשָּׁמַיִם.
De même, dans le cas du peuple juif, quelqu’un qui avait quatre ou cinq enfants s’inquiétait et disait : Peut-être que la manne ne tombera pas demain et que nous mourrons tous de faim. Par conséquent, tous tournaient leur cœur vers leur Père dans les cieux chaque jour. La manne qui tombait chaque jour ne suffisait que pour ce jour-là, afin que tout le peuple juif prie Dieu pour la nourriture du lendemain.
דָּבָר אַחֵר: שֶׁהָיוּ אוֹכְלִין אוֹתוֹ כְּשֶׁהוּא חַם. דָּבָר אַחֵר: מִפְּנֵי מַשּׂאוֹי הַדֶּרֶךְ.
Autrement, ils recevaient la manne chaque jour afin de pouvoir la manger tant qu’elle était chaude et fraîche. Autrement, ils recevaient la manne chaque jour en raison de la difficulté de la transporter pendant le voyage. Ils ne sont pas restés au même endroit pendant toutes ces années, et il leur aurait été difficile de transporter la manne d’un endroit à un autre. Par conséquent, la manne tombait partout où ils allaient.
וּכְבָר הָיָה רַבִּי טַרְפוֹן וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל וּזְקֵנִים יוֹשְׁבִין וְעוֹסְקִין בְּפָרָשַׁת הַמָּן, וְהָיָה רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי יוֹשֵׁב בֵּינֵיהֶן. נַעֲנָה רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי וְאָמַר: מָן שֶׁיָּרַד לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל הָיָה גָּבוֹהַּ שִׁשִּׁים אַמָּה. אָמַר לוֹ רַבִּי טַרְפוֹן: מוֹדָעִי, עַד מָתַי אַתָּה מְגַבֵּב דְּבָרִים וּמֵבִיא עָלֵינוּ!
§ Il est rapporté : Rabbi Tarfon, Rabbi Yishmael et les Anciens étaient assis et discutaient le passage sur la manne, et Rabbi Elazar HaModa’i était assis parmi eux. Rabbi Elazar HaModa’i répondit et dit : La manne qui tomba pour le peuple juif avait une hauteur de soixante coudées. Rabbi Tarfon lui dit : Moda’i, jusqu’à quand vas-tu recueillir des paroles et faire venir sur nous des enseignements sans fondement ?
אָמַר לוֹ: רַבִּי, מִקְרָא אֲנִי דּוֹרֵשׁ: ״חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה מִלְמַעְלָה גָּבְרוּ הַמָּיִם וַיְכֻסּוּ הֶהָרִים״, וְכִי חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה בָּעֵמֶק, (חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה בַּשְּׁפֵלָה,) חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה בֶּהָרִים? וְכִי מַיָּא שׁוּרֵי שׁוּרֵי קָיְימִי. וְעוֹד: תֵּיבָה הֵיכִי סַגִּיָא? אֶלָּא, נִבְקְעוּ כׇּל מַעְיְנוֹת תְּהוֹם רַבָּה עַד דְּאַשְׁווֹ מַיָּא בַּהֲדֵי טוּרֵי, וַהֲדַר ״חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה מִלְמַעְלָה גָּבְרוּ הַמָּיִם״.
Il lui dit : Rabbi, j’interprète un verset. Comment cela ? Il est dit au sujet du Déluge : « De quinze coudées les eaux montèrent au-dessus, et les montagnes furent couvertes » (Genèse 7:20). Est-il possible qu’il y ait eu quinze coudées au-dessus d’une vallée, quinze coudées au-dessus de la plaine, et quinze coudées au-dessus des montagnes ? Les eaux se tenaient-elles comme en couches, se conformant à la hauteur du sol en dessous ? En outre, comment l’Arche aurait-elle pu voyager sur des eaux qui étaient à des niveaux différents ? Au contraire : « En ce même jour, toutes les sources du grand abîme jaillirent » (Genèse 7:11), jusqu’à ce que l’eau monte et soit au niveau des montagnes. Ensuite, le verset déclare que « de quinze coudées les eaux montèrent au-dessus ».
וְכִי אֵי זֶה מִדָּה מְרוּבָּה, מִדָּה טוֹבָה אוֹ מִדַּת פּוּרְעָנוּת? הֱוֵי אוֹמֵר: מִדָּה טוֹבָה מִמִּדַּת פּוּרְעָנוּת, בְּמִדַּת פּוּרְעָנוּת הוּא אוֹמֵר: ״וַאֲרוּבּוֹת הַשָּׁמַיִם נִפְתָּחוּ״. בְּמִדָּה טוֹבָה הוּא אוֹמֵר: ״וַיְצַו שְׁחָקִים מִמָּעַל וְדַלְתֵי שָׁמַיִם פָּתָח וַיַּמְטֵר עֲלֵיהֶם מָן לֶאֱכוֹל וּדְגַן שָׁמַיִם נָתַן לָמוֹ״.
Rabbi Elazar HaModa’i poursuit : Mais quel attribut est plus grand, l’attribut de bonté ou l’attribut de rétribution ? Il faut dire que l’attribut de bonté est plus grand que l’attribut de rétribution. En ce qui concerne l’attribut de rétribution, dans le cas du Déluge, le verset déclare : « Et les fenêtres des cieux s’ouvrirent » (Genèse 7:11), ce qui indique qu’il n’y avait que des fenêtres. Tandis que, en ce qui concerne l’attribut de bonté, dans le cas de la manne, le verset déclare : « Il commanda aux nuées d’en haut, ouvrit les portes des cieux, fit pleuvoir sur eux la manne pour nourriture et leur donna le grain céleste » (Psaumes 78:23–24).
כַּמָּה אֲרוּבּוֹת יֵשׁ בְּדֶלֶת — אַרְבַּע אַרְבַּע, הֲרֵי כָּאן שְׁמוֹנֶה, וְנִמְצָא מָן שֶׁיָּרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל גָּבוֹהַּ שִׁשִּׁים אַמָּה.
Sur cette base, la Guemara calcule : La surface de combien de fenêtres y a-t-il dans une porte ? Quatre. Une porte équivaut en taille à quatre fenêtres. On ajoute encore quatre pour la seconde porte, car le verset emploie le pluriel « portes », ce qui implique qu’il y avait deux portes. Cela équivaut à la surface de huit fenêtres. Si la profondeur de l’eau du Déluge est fondée sur l’expression « fenêtres des cieux », impliquant deux fenêtres, alors la manne tombait à un rythme quatre fois supérieur à celui de l’eau du Déluge. Puisque l’eau du Déluge a atteint une profondeur de quinze coudées, il s’ensuit que la manne qui est tombée pour le peuple juif avait une hauteur de soixante coudées, c’est-à-dire quatre fois plus haute.
תַּנְיָא, אִיסִי בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר: מָן שֶׁיָּרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל הָיָה מִתְגַּבֵּר וְעוֹלֶה עַד שֶׁרוֹאִין אוֹתוֹ כׇּל מַלְכֵי מִזְרָח וּמַעֲרָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תַּעֲרוֹךְ לְפָנַי שֻׁלְחָן נֶגֶד צוֹרְרָי [וְגוֹ׳ כּוֹסִי רְוָיָה]״, אָמַר אַבָּיֵי: שְׁמַע מִינַּהּ כָּסָא דְּדָוִד לְעָלְמָא דְּאָתֵי, מָאתַן וְעֶשְׂרִין וְחַד לוּגָּא מַחֲזִיק, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כּוֹסִי רְוָיָה״, רְוָיָה בְּגִימַטְרִיָּא הָכִי הָוֵי.
De même, il a été enseigné dans une baraita que Isi ben Yehuda a dit : La manne qui tombait pour le peuple juif s’amoncelait et montait jusqu’à ce que tous les rois de l’Est et de l’Ouest puissent la voir, comme il est dit : « Tu dresses devant moi une table en face de mes ennemis ; tu oins d’huile ma tête ; ma coupe déborde » (Psaumes 23:5). Dieu a préparé de la nourriture pour le peuple juif, afin que leurs ennemis voient leur grandeur sur le monde. « Ma coupe déborde [revaya] » ; Abaye a dit : Nous apprenons de cela que la coupe de David dans le monde à venir contient 221 log, puisqu’il est dit : « Ma coupe déborde, » et le mot revaya a cette valeur numérique.
הָא לָא דָּמְיָא. הָתָם בְּאַרְבְּעִין יוֹמִין, הָכָא חֲדָא שַׁעְתָּא. הָתָם לְכוּלֵּי עָלְמָא, הָכָא לְיִשְׂרָאֵל לְחוֹדֵיהּ, וּנְפִישׁ לְהוּ טְפֵי. רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי ״פְּתִיחָה״ ״פְּתִיחָה״ גָּמַר.
La Guemara demande comment Rabbi Elazar HaModa’i peut comparer la profondeur des eaux du Déluge avec la quantité de manne tombée dans le désert : Cela n’est pas comparable, et le calcul est inexact. Là-bas, dans le cas du Déluge, l’eau monta de quinze coudées en quarante jours ; mais ici, dans le cas de la manne, il ne fallait qu’une heure chaque jour pour tomber. À l’inverse, là-bas le Déluge était pour tout le monde et couvrait le monde entier ; tandis qu’ici la manne était uniquement pour le peuple juif. Et là-bas il y aurait eu bien plus de manne pour eux que soixante coudées, qui est la mesure avancée par Rabbi Elazar HaModa’i. La Guemara répond : Rabbi Elazar HaModa’i a dérivé “ouverture” dans le verset : « Il commanda aux cieux d’en haut, et ouvrit les portes du ciel » (Psaumes 78:23), de “ouverture” dans le verset : « Et les fenêtres du ciel s’ouvrirent » (Genèse 7:11). Il a utilisé une analogie verbale qui enseigne que les cieux se sont ouverts dans les deux cas de la même manière.
אָסוּר בַּאֲכִילָה. הָנֵי חֲמִשָּׁה עִנּוּיִין כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַב חִסְדָּא: כְּנֶגֶד חֲמִשָּׁה עִנּוּיִין שֶׁבַּתּוֹרָה: ״וּבֶעָשׂוֹר״, וְ״אַךְ בֶּעָשׂוֹר״, ״שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן״, וְ״שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן״, ״וְהָיְתָה לָכֶם״.
§ La michna a enseigné que, conformément aux cinq activités interdites à Yom Kippour, il est interdit de se livrer au fait de manger et de boire, de se laver, de s’enduire le corps d’huile, de porter des chaussures et d’avoir des relations conjugales. La Guemara demande : Ces cinq afflictions de Yom Kippour, à quoi correspondent-elles ? Où se trouve leur source ou leur allusion dans la Torah ? Rav Ḥisda a dit : Elles sont fondées sur les cinq fois où les afflictions de Yom Kippour sont mentionnées dans la Torah. Il est dit : (1) « Et le dixième jour de ce septième mois, vous aurez une sainte convocation, et vous affligerez vos âmes » (Nombres 29:7) ; (2) « Mais le dixième jour de ce septième mois est le jour d’expiation ; ce sera pour vous une sainte convocation, et vous affligerez vos âmes » (Lévitique 23:27) ; (3) « Ce sera pour vous un Shabbat de repos solennel, et vous affligerez vos âmes » (Lévitique 23:32) ; (4) « C’est un Shabbat de repos solennel [shabbaton] pour vous, et vous affligerez vos âmes » (Lévitique 16:31) ; (5) « Et ce sera pour vous une loi perpétuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous affligerez vos âmes » (Lévitique 16:29).
הָנֵי חֲמִשָּׁה הָווּ? וַאֲנַן שִׁיתָּא תְּנַן! שְׁתִיָּה בִּכְלַל אֲכִילָה הִיא. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מִנַּיִן לִשְׁתִיָּה שֶׁהִיא בִּכְלַל אֲכִילָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָכַלְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ מַעְשַׂר דְּגָנְךָ תִּירוֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ״, תִּירוֹשׁ חַמְרָא הוּא, וְקָרֵי לֵיהּ ״וְאָכַלְתָּ״.
La Guemara demande : Ces cinq-là sont-elles les seules afflictions ? Nous apprenons dans la michna qu’il y en a six : manger, boire, se laver, s’oindre d’huile, les relations conjugales et le port de chaussures. La Guemara répond : Boire est inclus dans l’interdiction de manger ; les deux ensemble sont considérés comme une seule affliction. Comme l’a dit Reish Lakish : D’où déduisons-nous que boire est inclus dans le concept de manger ? Comme il est dit : « Tu mangeras devant le Seigneur ton Dieu, au lieu qu’Il choisira pour y faire résider Son nom, la dîme de ton blé, de ton vin [tirosh] et de ton huile » (Deutéronome 14:23). Tirosh est du vin, pourtant le verset appelle le fait de boire du vin manger avec l’expression « tu mangeras », ce qui signifie que manger se rapporte aussi au fait de boire.
מִמַּאי? וְדִילְמָא דְּאַכְלֵיהּ עַל יְדֵי אֲנִיגְרוֹן! דְּאָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: אַנִיגְרוֹן מַיָּא דְסִילְקָא, אַכְּסִיגְרוֹן מַיָּא דְּכוּלְּהוּ שִׁלְקֵי.
La Guemara rejette cette réponse : D'où tires-tu cette conclusion ? Peut-être que le vin était mangé sous forme d’anigron, une sauce faite d’huile, de jus de betterave et de garum mélangés avec du vin. Comme l’a dit Rabba bar Shmuel : l’anigron est du jus de betterave et du vin mélangés ensemble. L’akhsigron est l’eau provenant de légumes bouillis dans laquelle on a mélangé du vin. Les légumes sont mélangés au vin et mangés. Il est donc possible que le vin soit littéralement mangé. Par conséquent, le verset ne prouve pas que boire est inclus dans manger.
אֶלָּא אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, מֵהָכָא: ״וְנָתַתָּה הַכֶּסֶף בְּכֹל אֲשֶׁר תְּאַוֶּה נַפְשְׁךָ בַּבָּקָר וּבַצֹּאן בְּיַיִן וּבַשֵּׁכָר״. שֵׁכָר שְׁתִיָּה הוּא, וְקַרְיֵיהּ רַחֲמָנָא ״וְאָכַלְתָּ״.
Au contraire, Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : D’ici il y a une preuve, comme le dit le verset : « Tu dépenseras cet argent pour tout ce que ton âme désire, pour du gros bétail, ou du petit bétail, ou du vin, ou de la boisson forte [sheikhar], ou pour tout ce que ton âme désire, et tu mangeras » (Deutéronome 14:26). La boisson forte est une boisson, mais le Miséricordieux appelle sa consommation manger, dans l’expression « et tu mangeras ».
מִמַּאי? וְדִילְמָא הָכָא נָמֵי דְּאַכְלֵיהּ עַל יְדֵי אֲנִיגְרוֹן! ״שֵׁכָר״ כְּתִב, מִידֵּי דִּמְשַׁכַּר. וְדִילְמָא דְּבֵילָה קְעִילִית? דְּתַנְיָא: אָכַל דְּבֵילָה קְעִילִית וְשָׁתָה דְּבַשׁ וְחָלָב וְנִכְנַס לַמִּקְדָּשׁ —
La Guemara rejette cette preuve : D’où tires-tu cette conclusion ? Peut-être qu’ici aussi cela a été consommé comme anigron ? La Guemara rejette cela : Ici, cette réponse est insuffisante, car le verset écrit « boisson forte [sheikhar] », c’est-à-dire quelque chose qui enivre. Les boissons qui enivrent généralement ne le font pas lorsqu’elles sont dans un mélange. La Guemara demande : Peut-être que sheikhar ne renvoie pas au vin mais à un aliment qui provoque l’ivresse, comme une figue sèche sucrée de Keilah. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Un prêtre qui a mangé une figue sèche sucrée de Keilah ou a bu du miel ou du lait, devenant ainsi ivre, et est entré dans le Temple pour officier