וְכִי עֶדְרוֹ שׂוֹרֵף? מִי דָּמֵי — הָתָם לָא כְּתִיב ״אוֹתוֹ״, הָכָא כְּתִיב ״אוֹתוֹ״.
Et brûle-t-il son troupeau ? La Torah l’a obligé à ne brûler qu’un seul bouc, et pourtant il y a des cas où il doit en brûler plusieurs, comme il est indiqué dans la michna. Rabbi Naḥman rétorque : Est-ce comparable ? Là-bas, en ce qui concerne la combustion des boucs, il n’est pas écrit : « Lui », ce qui limiterait la combustion à un seul animal, tandis qu’ici, au sujet du bouc émissaire, il est écrit : « Lui », ce qui indique qu’un seul animal est envoyé. L’objection a été réfutée et, en effet, un seul bouc émissaire est utilisé.
אִיתְּמַר, רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: רִאשׁוֹן מְשַׁלֵּחַ, וְרַב שִׁימִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר: אַחֲרוֹן מְשַׁלֵּחַ. בִּשְׁלָמָא רַב שִׁימִי (בַּר אָשֵׁי) מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, דְּאָמַר אַחֲרוֹן מְשַׁלֵּחַ — קָסָבַר: הוֹאִיל וְגָמַר בּוֹ כַּפָּרָה. אֶלָּא רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, מַאי קָסָבַר? סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּאָמַר: מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן.
§ Il a été enseigné que des amora’im étaient en désaccord au sujet de la question suivante. Rav Pappi a dit au nom de Rava : Il envoie le premier bouc ; et Rav Shimi a dit au nom de Rava : Il envoie le dernier d’entre eux. La Guemara analyse la question : Soit, selon l’opinion de Rav Shimi bar Ashi au nom de Rava, qui a dit qu’il envoie le dernier d’entre eux, cela s’explique bien, car il est probablement d’avis, comme il a été dit plus haut, que le dernier bouc est utilisé, puisque l’expiation est achevée avec lui. Cependant, en ce qui concerne Rav Pappi au nom de Rava, quel est son avis ? La Guemara répond : Il est d’avis conformément à l’opinion de Rabbi Yosei, qui a dit que, lorsque plusieurs éléments identiques sont disponibles pour une mitsva, la mitsva est accomplie avec le premier d’entre eux.
הֵי רַבִּי יוֹסֵי? אִילֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי דְּקוּפּוֹת, דִּתְנַן (רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר): שָׁלֹשׁ קוּפּוֹת שֶׁל שָׁלֹשׁ שָׁלֹשׁ סְאִין שֶׁבָּהֶם תּוֹרְמִין אֶת הַלִּשְׁכָּה, וְהָיָה כָּתוּב עֲלֵיהֶם אב״ג.
La Guemara demande : À laquelle des halakhot de Rabbi Yossei cela fait-il référence ? De laquelle des déclarations de Rabbi Yossei cette conclusion est-elle tirée ? Si nous disons qu’il s’agit de la déclaration de Rabbi Yossei concernant des récipients, cela pose problème. Comme nous l’avons appris dans une michna où Rabbi Yossei dit : Il y avait trois récipients de trois séa chacun, avec lesquels on recueillait le prélèvement de la chambre. Chaque année, l’argent donné au Temple par le peuple au mois d’Adar était placé dans une chambre spéciale. Les trésoriers remplissaient ensuite trois récipients avec ces pièces et utilisaient les fonds pour acheter les offrandes communautaires, par exemple les offrandes quotidiennes et les offrandes additionnelles des fêtes. Et les lettres alef, beit, gimmel étaient écrites sur les récipients.
וְתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: לָמָּה כָּתוּב עֲלֵיהֶן אב״ג — לֵידַע אֵיזֶה מֵהֶן נִתְרְמָה רִאשׁוֹן, לְהָבִיא הֵימֶנָּה רִאשׁוֹן, שֶׁמִּצְוָה בָּרִאשׁוֹן.
Et il a aussi été enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei a dit : Pourquoi les lettres alef, beit, gimmel y ont-elles été inscrites ? C’était afin de déterminer de laquelle d’entre elles le don a été recueilli en premier, afin qu’ils puissent prendre l’argent de celle-ci en premier, car la mitzva consiste à utiliser les pièces du premier récipient. Cela prouve apparemment que, selon l’opinion de Rabbi Yossei, c’est une mitzva d’utiliser le premier élément.
דִּילְמָא בְּעִידָּנָא דְּאִיתְחֲזַאי קַמַּיְיתָא, לָא אִיתְחֲזַאי בָּתְרָיְיתָא.
La Guemara répond : Ce n’est pas une preuve, car peut-être qu’au moment où le premier récipient était apte à être utilisé, le dernier ne l’était pas encore à être utilisé. Lorsque le premier récipient a été apporté, il était apte et désigné pour les offrandes, tandis que les pièces du second récipient n’avaient pas encore été recueillies, et par conséquent les pièces du premier récipient doivent être utilisées en premier, car elles ont été sanctifiées en premier. Ici, cependant, le bouc émissaire n’est consacré que lorsque son pair est sacrifié, et par conséquent les deux cas sont différents.
אֶלָּא רַבִּי יוֹסֵי דְּפֶסַח (דִּתְנַן): הַמַּפְרִישׁ פִּסְחוֹ וְאָבַד, וְהִפְרִישׁ אַחֵר תַּחְתָּיו, וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הָרִאשׁוֹן, וַהֲרֵי שְׁנֵיהֶן עוֹמְדִין — אֵי זֶה מֵהֶן שֶׁיִּרְצֶה יַקְרִיב, דִּבְרֵי חֲכָמִים. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִצְוָה בָּרִאשׁוֹן, וְאִם הָיָה שֵׁנִי מוּבְחָר מִמֶּנּוּ — יְבִיאֶנּוּ.
Au contraire, le principe selon lequel on utilise le premier élément est dérivé de la déclaration de Rabbi Yossei concernant l’offrande pascale, comme cela a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne quelqu’un qui a mis à part un agneau pour son offrande pascale et que l’agneau s’est perdu, et il en a mis un autre à part à sa place, puis le premier agneau a été retrouvé, et ils se tiennent tous deux devant lui, il sacrifie celui des deux qu’il veut ; telle est la déclaration des Sages. Rabbi Yossei dit : La mitzva s’accomplit avec le premier agneau. Et si le second était de qualité supérieure à lui, il apporte le second agneau. Cela prouve que, selon Rabbi Yossei, s’il y a deux animaux également aptes pour une offrande, on apporte l’animal qui a été choisi en premier.
הֲדַרַן עֲלָךְ הוֹצִיאוּ לוֹ
שְׁנֵי שְׂעִירֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים — מִצְוָתָן שֶׁיִּהְיוּ שְׁנֵיהֶן שָׁוִין בַּמַּרְאֶה וּבַקּוֹמָה וּבַדָּמִים וּבִלְקִיחָתָן כְּאֶחָד. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין שָׁוִין — כְּשֵׁרִין. לָקַח אֶחָד הַיּוֹם וְאֶחָד לְמָחָר — כְּשֵׁרִין.
MICHNA :La mitsva des deux boucs de Yom Kippour, le bouc sacrifié à Dieu et le bouc envoyé à Azazel qui sont amenés en paire, est la suivante, ab initio : Qu’ils soient tous deux identiques en apparence, c’est-à-dire en couleur, et en taille, et en valeur monétaire, et leur acquisition doit se faire comme une seule, c’est-à-dire qu’ils doivent être achetés ensemble. Et même s’ils ne sont pas identiques, néanmoins, ils sont valides. Et de même, si il en a acquis un aujourd’hui et un demain, ils sont valides.
מֵת אֶחָד מֵהֶם, אִם עַד שֶׁלֹּא הִגְרִיל מֵת — יִקַּח זוּג לַשֵּׁנִי. וְאִם מִשֶּׁהִגְרִיל מֵת — יָבִיא זוּג אַחֵר וְיַגְרִיל עֲלֵיהֶם בַּתְּחִילָּה,
Si l’un des boucs est mort, s’il est mort avant que le Grand Prêtre ne tire au sort, il prend immédiatement un pendant pour le second, car aucun des deux n’a encore été désigné. Et s’il est mort après que le Grand Prêtre a tiré au sort, il apporte une autre paire de boucs et tire au sort sur eux de nouveau depuis le début.
וְיֹאמַר: אִם שֶׁל שֵׁם מֵת — זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו הַגּוֹרָל לַשֵּׁם יִתְקַיֵּים תַּחְתָּיו, וְאִם שֶׁל עֲזָאזֵל מֵת — זֶה שֶׁעָלָה עָלָיו הַגּוֹרָל לַעֲזָאזֵל יִתְקַיֵּים תַּחְתָּיו. וְהַשֵּׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב, וְיִמָּכֵר, וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה, שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: תָּמוּת.
Après ce tirage au sort, il énonce une stipulation : Si celui qui devait être sacrifié à Dieu est mort, ce bouc sur lequel le sort pour Dieu est tombé lors du second tirage au sort prendra sa place ; et si celui qui devait être envoyé à Azazel est mort, ce bouc sur lequel le sort pour Azazel est tombé prendra sa place. Et le second, bouc superflu, c’est-à-dire dans le cas où une nouvelle paire de boucs a été apportée, devrait paître jusqu’à devenir impropre, moment auquel il sera vendu, et l’argent reçu de sa vente servira à l’achat d’une offrande publique volontaire. Bien que pour les offrandes expiatoires individuelles dans des circonstances similaires il n’y ait pas de remède et qu’on la laisse mourir, ce n’est pas le cas ici, car une offrande expiatoire communautaire n’est pas laissée mourir. En revanche, Rabbi Yehouda dit : Dans ce cas, il faut la laisser mourir.
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: נִשְׁפַּךְ הַדָּם — יָמוּת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ. מֵת הַמִּשְׁתַּלֵּחַ — יִשָּׁפֵךְ הַדָּם.
De plus, Rabbi Yehouda a dit : Si le sang du bouc sacrifié à Dieu s’est répandu avant d’être aspergé, le bouc émissaire est laissé mourir. De même, si le bouc émissaire meurt, le sang du bouc sacrifié à Dieu doit être versé, et l’on apporte deux autres boucs et l’on tire au sort.