מִילְּתָא דִּכְתִיבָא בְּהַאי עִנְיָנָא. מִילְּתָא דְּלָא כְּתִיבָא בְּהַאי עִנְיָנָא מְנָא לַן?
les éléments qui sont écrits dans le contexte de ce sujet de l’inauguration dans le livre de l’Exode invalident l’inauguration. Cependant, en ce qui concerne les éléments qui ne sont pas écrits dans ce contexte, mais qui sont écrits dans la section de l’inauguration dans le Lévitique, d’où déduisons-nous qu’ils invalident l’inauguration ?
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: יָלֵיף ״פֶּתַח״ ״פֶּתַח״. רַב מְשַׁרְשְׁיָא אָמַר: ״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת מִשְׁמֶרֶת ה׳״ — עִכּוּבָא. רַב אָשֵׁי אָמַר: ״כִּי כֵן צֻוֵּיתִי״ — עִכּוּבָא.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : On dérive une analogie verbale entre le mot ouverture qui apparaît dans les deux passages de l’inauguration. Il est écrit dans le commandement concernant l’inauguration : « L’ouverture de la Tente d’Assignation » (Exode 29:32), et dans son accomplissement il est écrit : « L’ouverture de la Tente d’Assignation » (Lévitique 8:31). Le fait de ne pas accomplir les éléments écrits dans les deux passages invalide l’inauguration.
Rav Mesharshiyya a dit : L’analogie verbale est inutile, car la conclusion peut être dérivée directement du verset écrit au sujet de la mise en œuvre de l’inauguration : « Et gardez la charge du Seigneur, afin que vous ne mouriez pas, car c’est ainsi qu’il m’a été ordonné » (Lévitique 8:35). L’insistance sur le fait qu’il s’agit de la charge du Seigneur vient enseigner que le fait de ne pas accomplir tous les détails mentionnés dans la mise en œuvre du commandement invalide l’inauguration.
Rav Ashi dit : L’expression : Car c’est ainsi qu’il m’a été ordonné, est la source d’où l’on dérive que tous les détails écrits dans les deux passages invalident l’inauguration.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״כִּי כֵן צֻוֵּיתִי״, ״כַּאֲשֶׁר צִוֵּיתִי״, ״כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳״. ״כִּי כֵן צֻוֵּיתִי״ — בַּאֲנִינוּת יֹאכְלוּהָ. ״כַּאֲשֶׁר צִוֵּיתִי״ — בִּשְׁעַת מַעֲשֶׂה אָמַר לָהֶם. ״כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳״ — וְלֹא מֵאֵלַי אֲנִי אוֹמֵר.
À propos de cette expression, la Guemara cite un midrash halakhique connexe. Les Sages ont enseigné : Dans le contexte de la mise en œuvre de l’inauguration, trois variantes de l’expression apparaissent : « Car ainsi il m’a été ordonné » (Lévitique 8:35) ; « comme j’ai ordonné » (Lévitique 10:18) ; et « comme Dieu a ordonné » (Lévitique 10:15). Qu’enseigne cette répétition ? De l’expression : « Car ainsi il m’a été ordonné, » on déduit que même dans un état de deuil aigu, le premier jour après la mort d’un proche, on doit manger l’offrande. Dieu a énoncé le verset : « Comme j’ai ordonné, » au moment de l’incident juste après la mort de Nadav et Avihou, lorsque Aaron et ses fils étaient dans un état de deuil aigu. Et lorsque Moïse dit : « Comme Dieu a ordonné, » il veut dire : le commandement vient de Dieu et ce n’est pas de ma propre initiative que je le dis.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: מִכְנָסַיִם אֵין כְּתוּבִין בַּפָּרָשָׁה, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְזֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה לָהֶם לְקַדֵּשׁ אֹתָם לְכַהֵן״ — לְהָבִיא הַמִּכְנָסַיִם וַעֲשִׂירִית הָאֵיפָה.
À propos des questions mentionnées qui ne sont pas explicites dans la section, la Guemara cite ce que Rabbi Yosei bar Ḥanina a dit : les pantalons font partie des vêtements sacerdotaux portés pendant l’inauguration, mais ils ne sont pas écrits dans la portion de la Torah . Lorsque le verset dit : « Et voici la chose que tu feras pour eux afin de les sanctifier pour Mon service » (Exode 29:1), le mot superflu : Et, qui apparaît au début du verset, vient ajouter à ce qui a été écrit auparavant et inclure les pantalons et le dixième d’un épha offert par un prêtre le jour où il commence son service.
בִּשְׁלָמָא מִכְנָסַיִם כְּתִיבִי בְּעִנְיָנָא דִבְגָדִים, אֶלָּא עֲשִׂירִית הָאֵיפָה מְנָא לַן? אָתְיָא ״זֶה״ ״זֶה״ מִ״וְּזֶה קׇרְבַּן אַהֲרֹן וּבָנָיו אֲשֶׁר יַקְרִיבוּ לַה׳ עֲשִׂירִית הָאֵיפָה״.
La Guemara demande : Certes, les pantalons peuvent être déduits, puisque le verset est écrit dans le contexte de la question des vêtements sacerdotaux détaillés à côté de la section de l’inauguration. Cependant, en ce qui concerne le dixième d’un épha, d’où déduisons-nous qu’il existe une obligation de l’offrir pendant l’inauguration ? La Guemara répond : Cela est déduit au moyen d’une analogie verbale entre le mot « ceci » qui apparaît dans un verset et le mot « ceci » qui apparaît dans un autre. Il est écrit : « Ceci est l’offrande d’Aaron et de ses fils, qu’ils offriront à l’Éternel le jour où il sera oint, un dixième d’un épha » (Lévitique 6:13). Et dans le verset cité plus haut, dans le contexte de l’inauguration, il est dit : « Et ceci est la chose que tu feras pour eux », ce qui enseigne qu’il existe une obligation d’offrir un dixième d’un épha pendant l’inauguration.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: מִנַּיִין שֶׁאַף מִקְרָא פָּרָשָׁה מְעַכֵּב, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל הָעֵדָה זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר צִוָּה ה׳״ — אֲפִילּוּ דִּיבּוּר מְעַכֵּב.
Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : D’où est-il déduit que même le fait de ne pas lire la portion de la Torah de l’inauguration invalide l’inauguration ? Le verset déclare : « Et Moïse dit à l’assemblée : Voici la chose [davar] que Dieu a ordonné de faire » (Lévitique 8:5), enseignant que même le fait de ne pas accomplir la récitation [dibbur] de la portion de la Torah au peuple invalide l’inauguration.
כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן? כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן?! מַאי דַהֲוָה הֲוָה! אֶלָּא: כֵּיצַד מַלְבִּישָׁן לֶעָתִיד לָבוֹא? לֶעָתִיד לָבוֹא נָמֵי, לִכְשֶׁיָּבוֹאוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו וּמֹשֶׁה עִמָּהֶם!
§ À propos de l’inauguration des prêtres, la Guemara demande : Comment, c’est-à-dire dans quel ordre, Moïse a-t-il revêtu Aaron et ses fils des vêtements sacerdotaux ? La Guemara s’interroge : Dans quel ordre les a-t-il revêtus ? C’est une question sans pertinence, car ce qui a été, a été. L’ordre dans lequel Moïse a revêtu les prêtres n’a pas de conséquences pratiques. Plutôt, la question doit être : Comment Moïse revêtira-t-il les prêtres à l’avenir, après la résurrection des morts, lorsque le service du Temple sera rétabli ? La Guemara rejette également cette question : À l’avenir aussi, lorsque Aaron et ses fils viendront et que Moïse sera avec eux, il connaîtra l’ordre approprié, et il n’y a aucune raison de soulever la question.
אֶלָּא: כֵּיצַד הִלְבִּישָׁן לְמִיסְבַּר קְרָאֵי. פְּלִיגִי בָּהּ בְּנֵי רַבִּי חִיָּיא וְרַבִּי יוֹחָנָן. חַד אָמַר: אַהֲרֹן וְאַחַר כָּךְ בָּנָיו, וְחַד אָמַר: אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת.
Au contraire, la question est : Comment Moïse les a-t-il habillés ? La Guemara cherche à expliquer les versets à ce sujet, car ils paraissent quelque peu contradictoires. La Guemara répond : Les fils de Rabbi Ḥiyya et Rabbi Yoḥanan sont en désaccord au sujet de cette question. L’un a dit : Moïse a d’abord habillé Aaron, puis Moïse a habillé ses fils ; et l’autre a dit : Moïse a habillé Aaron et ses fils simultanément, c’est-à-dire successivement de l’un à l’autre, sans interruption, afin d’éviter de modifier l’ordre prescrit dans les versets.
אָמַר אַבָּיֵי: בְּכֻתּוֹנֶת וּמִצְנֶפֶת כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאַהֲרֹן וְאַחַר כָּךְ בָּנָיו. דְּבֵין בְּצַוּוֹאָה וּבֵין בַּעֲשִׂיָּה אַהֲרֹן קָדֵים. כִּי פְּלִיגִי בְּאַבְנֵט. מַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וְאַחַר כָּךְ בָּנָיו, דִּכְתִיב: ״וַיַּחְגּוֹר אוֹתוֹ בָּאַבְנֵט״, וַהֲדַר כְּתִיב: ״וַיַּחְגּוֹר אוֹתָם אַבְנֵט״. וּמַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת, דִּכְתִיב: ״וְחָגַרְתָּ אוֹתָם״. וּלְמַאן דְּאָמַר אַהֲרֹן וּבָנָיו בְּבַת אַחַת, הָכְתִיב: ״וַיַּחְגּוֹר אוֹתוֹ בְּאַבְנֵט״ וַהֲדַר כְּתִיב: ״וַיַּחְגּוֹר אוֹתָם אַבְנֵט״!
Abaye a dit : En ce qui concerne la tunique et la tiare, tous conviennent que Moïse a revêtu Aaron puis ensuite ses fils, car tant dans la section du commandement concernant l’inauguration que dans la section de l’exécution, la mention d’Aaron précède celle de ses fils. Là où ils sont en désaccord, c’est au sujet de la ceinture. La Guemara développe. Celui qui a dit : Moïse a revêtu Aaron puis ensuite ses fils l’apprend de ce qui est écrit : « Et il le ceignit de la ceinture » (Lévitique 8:7), puis il est écrit : « Et il les ceignit de ceintures » (Lévitique 8:13). Moïse revêtit d’abord Aaron de tous les vêtements, y compris la ceinture, puis Moïse revêtit les fils d’Aaron. Et celui qui a dit : Moïse a revêtu Aaron et ses fils simultanément l’apprend de ce qui est écrit ensuite : « Et tu les ceindras de ceintures, Aaron et ses fils » (Exode 29:9), ce qui indique que Moïse les ceignit tous de ceintures simultanément. La Guemara demande : Et selon celui qui dit : Moïse a revêtu Aaron et ses fils simultanément, n’est-il pas écrit : Il le ceignit de la ceinture, puis il est écrit : Il les ceignit de ceintures, ce qui indique clairement qu’il a revêtu d’abord Aaron puis ses fils ?