כׇּל הֲדָרָהּ״. מַאי: ״כׇּל הֲדָרָהּ״ — חַדְרָהּ. אַתָּה, מַאי אַתָּה אוֹמֵר? אָמַר לוֹ, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: אָרוֹן בִּמְקוֹמוֹ נִגְנַז, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּאֲרִיכוּ הַבַּדִּים וְגוֹ׳״.
« toute sa splendeur » (Lamentations 1:6). Quel est le sens de : « Toute sa splendeur [hadara] » ? Cela signifie : Sa chambre [ḥadra], c’est-à-dire quelque chose qui était caché dans les chambres les plus intérieures, à savoir l’Arche. Et toi, Rabbi Shimon ben Yoḥai, que dis-tu en réponse à cela ? Il lui dit : Comme je le dis, l’Arche a été enfouie à sa place et non exilée, comme il est dit : « Et les barres étaient si longues que les extrémités des barres se voyaient depuis le lieu saint devant la cloison, mais on ne pouvait pas les voir de l’extérieur ; et elles sont là jusqu’à ce jour » (I Rois 8:8).
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה לְעוּלָּא: מַאי מַשְׁמַע? דִּכְתִיב: ״וַיִּהְיוּ שָׁם עַד הַיּוֹם הַזֶּה״, וְכׇל הֵיכָא דִּכְתִיב: ״עַד הַיּוֹם הַזֶּה״ לְעוֹלָם הוּא? וְהָכְתִיב: ״וְאֶת הַיְבוּסִי יוֹשֵׁב יְרוּשָׁלִַם לֹא הוֹרִישׁוּ בְּנֵי בִנְיָמִין וַיֵּשֶׁב הַיְבוּסִי אֶת בְּנֵי בִנְיָמִין בִּירוּשָׁלִַם עַד הַיּוֹם הַזֶּה״, הָכִי נָמֵי דְּלָא גְּלוֹ?
Rabba dit à Oulla : D’où dans ce verset peut-on déduire que l’Arche a été enterrée à sa place ? Oulla répondit que la source est comme il est écrit : « Et ils sont là jusqu’à ce jour, » ce qui se rapporte à tout jour où l’on pourrait lire cette phrase, c’est-à-dire pour toujours. Rabba objecta à cette explication : Et est-il vrai que partout où il est écrit « jusqu’à ce jour », cela signifie pour toujours, par opposition au moment où le verset a été écrit ? Mais n’est-il pas écrit : « Et les enfants de Benjamin ne chassèrent pas les Jébuséens qui habitaient Jérusalem ; mais les Jébuséens habitèrent avec les enfants de Benjamin à Jérusalem, jusqu’à ce jour » (Juges 1:21) ? De même ici, disons que les Jébuséens n’ont pas été exilés de Jérusalem.
וְהָתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: חֲמִשִּׁים וּשְׁתַּיִם שָׁנָה לֹא עָבַר אִישׁ בִּיהוּדָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל הֶהָרִים אֶשָּׂא בְכִי וָנֶהִי וְעַל נְאוֹת מִדְבָּר קִינָה כִּי נִצְּתוּ מִבְּלִי אִישׁ עוֹבֵר וְלֹא שָׁמְעוּ קוֹל מִקְנֶה מֵעוֹף הַשָּׁמַיִם וְעַד בְּהֵמָה נָדְדוּ הָלָכוּ״, ״בְּהֵמָה״ בְּגִימַטְרִיָּא חַמְשִׁין וּשְׁתַּיִם הָווּ!
Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda dit : Personne ne passa par la terre de Judée pendant cinquante-deux ans après la destruction du Temple par Nabuchodonosor, comme il est dit : « J’élèverai des pleurs et des lamentations sur les montagnes, et une complainte sur les pâturages du désert, car ils ont été brûlés, sans qu’aucune personne n’y passe. Et ils n’entendent pas le bruit du bétail ; depuis l’oiseau des cieux jusqu’à la bête [behema], tous ont fui et sont partis » (Jérémie 9:9). Behema, orthographié beit, heh, mem, heh, a une valeur numérique de cinquante-deux, faisant allusion au fait que personne ne passa par la terre pendant cinquante-deux ans.
וְתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שֶׁבַע שָׁנִים נִתְקַיְּימָה גׇּפְרִית וּמֶלַח בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי — אָתְיָא ״בְּרִית״ ״בְּרִית״. כְּתִיב הָכָא: ״וְהִגְבִּיר בְּרִית לָרַבִּים שָׁבוּעַ אֶחָד״, וּכְתִיב הָתָם: ״וְאָמְרוּ עַל אֲשֶׁר עָזְבוּ אֶת בְּרִית ה׳ אֱלֹהֵי אֲבוֹתָם״!
Et il a été enseigné dans une autre baraita que Rabbi Yosei dit : Pendant sept ans, une malédiction de soufre et de sel a persisté en Eretz Yisrael, la rendant impropre à l’habitation humaine. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Quelle est la raison de Rabbi Yosei ; d’où l’apprend-il ? Cela est dérivé de une analogie verbale entre « alliance » et « alliance ». Il est écrit ici : « Il conclura une alliance ferme avec beaucoup pour une semaine » (Daniel 9:27), c’est-à-dire sept ans. Et il est écrit là-bas : « Et tout son pays est soufre et sel…Ils diront : Parce qu’ils ont abandonné l’alliance du Seigneur, le Dieu de leurs pères” (Deutéronome 29:22 ; 24). De toute évidence, les Jébuséens ont dû être exilés de Jérusalem, ce qui prouve que l’expression « jusqu’à ce jour » ne signifie pas toujours pour toujours.
אֲמַר לֵיהּ: הָכָא כְּתִיב ״שָׁם״, הָתָם לָא כְּתִיב ״שָׁם״, וְכׇל הֵיכָא דִּכְתִיב: ״שָׁם״ — לְעוֹלָם הוּא. מֵיתִיבִי: ״וּמֵהֶם מִן בְּנֵי שִׁמְעוֹן הָלְכוּ לְהַר שֵׂעִיר אֲנָשִׁים חֲמֵשׁ מֵאוֹת וּפְלַטְיָה וּנְעַרְיָה וּרְפָיָה וְעוּזִּיאֵל בְּנֵי יִשְׁעִי בְּרֹאשָׁם. וַיַּכּוּ אֶת שְׁאֵרִית הַפְּלֵיטָה לַעֲמָלֵק וַיֵּשְׁבוּ שָׁם עַד הַיּוֹם הַזֶּה״.
Oulla lui dit : Ici, au sujet de l’Arche, il est écrit : « Et ils sont là-bas” ; tandis que là-bas, dans le verset qui traite des Jébuséens, cela n’est pas écrit. Et partout où “là-bas” est écrit avec l’expression « jusqu’à ce jour », cela signifie pour toujours. La Guemara soulève une objection à partir du verset suivant : « Et quelques-uns d’entre eux, des fils de Siméon, cinq cents hommes, allèrent au mont Séir, ayant pour chefs Pelatia, Nearia, Rephaïa et Uzziel, fils d’Ishi. Et ils frappèrent le reste des Amalécites qui s’étaient échappés, et ils habitèrent là-bas jusqu’à ce jour » (I Chroniques 4:42–43).
וּכְבָר עָלָה סַנְחֵרִיב מֶלֶךְ אַשּׁוּר וּבִלְבֵּל כׇּל הָאֲרָצוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָסִיר גְּבוּלוֹת עַמִּים וַעֲתוּדוֹתֵיהֶם שׁוֹשֵׂתִי״. תְּיוּבְתָּא.
La Guemara explique son objection : Mais Sennachérib, roi d’Assyrie, était déjà venu, et par sa politique de transfert forcé de populations il avait mêlé toutes les nations des terres, comme il est dit au sujet de Sennachérib : « J’ai déplacé les frontières des peuples, et j’ai pillé leurs trésors » (Isaïe 10:13). Cela indique que les enfants de Siméon ont eux aussi été exilés, malgré le fait que le verset dise : « Là jusqu’à ce jour. » La Guemara conclut : En effet, c’est une réfutation concluante de la déclaration de Oulla.
אָמַר רַב נַחְמָן: תָּנָא, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אָרוֹן בְּלִשְׁכַּת דִּיר הָעֵצִים הָיָה גָּנוּז. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: מַעֲשֶׂה בְּכֹהֵן אֶחָד שֶׁהָיָה מִתְעַסֵּק, וְרָאָה רִצְפָּה מְשׁוּנָּה מֵחַבְרוֹתֶיהָ, וּבָא וְהוֹדִיעַ אֶת חֲבֵירוֹ, וְלֹא הִסְפִּיק לִגְמוֹר אֶת הַדָּבָר עַד שֶׁיָּצְתָה נִשְׁמָתוֹ. וְיָדְעוּ בְּיִחוּד שֶׁשָּׁם אָרוֹן גָּנוּז.
Rav Naḥman a dit qu’un Sage a enseigné dans la Tosefta : Et les Sages disent que l’Arche de l’Alliance a été enterrée dans la Chambre du Bûcher. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Nous avons nous aussi appris dans une michna : Il y eut un incident impliquant un certain prêtre qui était occupé à diverses tâches, et il vit une dalle du sol dans le bûcher qui était différente des autres. L’une des dalles de marbre était plus haute que les autres, ce qui suggérait qu’elle avait été soulevée puis remise en place. Il vint informer son ami au sujet de la dalle inégale, mais il ne put achever son récit ni fournir l’emplacement exact de la dalle avant que son âme ne quitte son corps. Et, par conséquent, ils surent avec certitude que l’Arche était enterrée là, mais son emplacement devait être gardé secret.
מַאי הֲוָה עָבֵיד? אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: מִתְעַסֵּק בְּקַרְדּוּמּוֹ הָיָה. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: שְׁנֵי כֹהֲנִים בַּעֲלֵי מוּמִין הָיוּ מַתְלִיעִין בְּעֵצִים, וְנִשְׁמְטָה קַרְדּוּמּוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶם וְנָפְלָה שָׁם, וְיָצְתָה אֵשׁ וַאֲכָלַתּוּ.
La Guemara demande : Que faisait-il, ce prêtre qui remarqua la dalle déplacée ? Rabbi Ḥelbo dit : Il était occupé avec sa hache, c’est-à-dire qu’il frappait le sol avec sa hache. Il découvrit ainsi un espace vide sous une dalle, qu’il supposa être l’ouverture d’un tunnel. L’école de Rabbi Yishmaël enseigna : Deux prêtres atteints d’un défaut physique triaient du bois vermoulu lorsque la hache de l’un d’eux glissa et tomba là, dans le trou du sol. Des prêtres atteints d’un défaut physique étaient chargés d’inspecter le bois pour y déceler des vers, car ces bûches étaient impropres à l’usage sur l’autel. Et un feu jaillit et consuma ce prêtre, de sorte que l’emplacement exact demeure inconnu.
רַב יְהוּדָה רָמֵי. כְּתִיב: ״וַיֵּרָאוּ רָאשֵׁי הַבַּדִּים״, וּכְתִיב: ״וְלֹא יֵרָאוּ הַחוּצָה״. הָא כֵּיצַד? נִרְאִין וְאֵין נִרְאִין. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״וַיֵּרָאוּ רָאשֵׁי הַבַּדִּים״, יָכוֹל לֹא יְהוּ זָזִין מִמְּקוֹמָן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַיַּאֲרִיכוּ הַבַּדִּים״, יָכוֹל יְהוּ מְקָרְעִין בַּפָּרוֹכֶת וְיוֹצְאִין — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְלֹא יֵרָאוּ הַחוּצָה״.
§ Rabbi Yehouda a soulevé une contradiction. Il est écrit : « Les extrémités des barres étaient visibles », et il est écrit dans ce même verset : « Mais elles ne pouvaient pas être vues de l’extérieur » (I Rois 8:8). Comment peut-on concilier cette contradiction ? Elles étaient visibles et pourtant non visibles, c’est-à-dire que les barres étaient partiellement visibles. Cela a également été enseigné dans une baraita : « Les extrémités des barres étaient visibles » ; on aurait pu penser qu’elles ne bougeaient pas de leur place et ne dépassaient pas du tout. C’est pourquoi le verset déclare : « Et les barres étaient si longues. » On aurait pu penser qu’elles avaient déchiré le rideau et avaient émergé de l’autre côté ; c’est pourquoi le verset déclare : « Elles ne pouvaient pas être vues de l’extérieur. »
הָא כֵּיצַד? דּוֹחֲקִין וּבוֹלְטִין וְיוֹצְאִין בַּפָּרוֹכֶת, וְנִרְאִין כִּשְׁנֵי דַּדֵּי אִשָּׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צְרוֹר הַמּוֹר דּוֹדִי לִי בֵּין שָׁדַי יָלִין״.
Comment cela se faisait-il ? Les barres de l’Arche poussaient, faisaient saillie et ressortaient contre le rideau vers l’extérieur, et apparaissaient comme les deux seins d’une femme pressant contre ses vêtements. Comme il est dit : « Mon bien-aimé est pour moi comme un sachet de myrrhe, qui repose entre mes seins » (Cantique des Cantiques 1:13). Pour cette raison, l’Arche de l’Alliance, où repose la Présence divine, est placée de sorte que ses barres ressortent à travers le rideau, comme les seins d’une femme.
אָמַר רַב קַטִּינָא: בְּשָׁעָה שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל עוֹלִין לָרֶגֶל, מְגַלְּלִין לָהֶם אֶת הַפָּרוֹכֶת, וּמַרְאִין לָהֶם אֶת הַכְּרוּבִים שֶׁהָיוּ מְעוֹרִים זֶה בָּזֶה, וְאוֹמְרִים לָהֶן: רָאוּ חִבַּתְכֶם לִפְנֵי הַמָּקוֹם כְּחִבַּת זָכָר וּנְקֵבָה.
Poursuivant la discussion précédente, Rav Ketina a dit : Lorsque le peuple juif montait pour l’une des fêtes de pèlerinage, les prêtres roulaient le rideau pour eux et leur montraient les chérubins, qui étaient enlacés l’un à l’autre, et leur disaient : Voyez combien vous êtes aimés devant Dieu, comme l’amour d’un homme et d’une femme. Les deux chérubins symbolisent le Saint, béni soit-Il, et le peuple juif.
מֵתִיב רַב חִסְדָּא: ״וְלֹא יָבוֹאוּ לִרְאוֹת כְּבַלַּע אֶת הַקֹּדֶשׁ״, וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בִּשְׁעַת הַכְנָסַת כֵּלִים לְנַרְתֵּק שֶׁלָּהֶם!
Rav Ḥisda souleva une objection : Comment les prêtres pouvaient-ils permettre au peuple de voir cela ? Après tout, il est dit au sujet du Tabernacle : « Mais ils n’entreront pas pour voir les objets sacrés pendant qu’on les couvre, de peur qu’ils ne meurent » (Nombres 4:20), et Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Lorsque les ustensiles étaient placés dans leurs enveloppes pour le transport, il était interdit même aux Lévites de les regarder. L’interdiction de voir les ustensiles devrait être encore plus sévère lorsqu’ils sont fixés à leur place sacrée dans le Temple. Comment pouvaient-ils être exposés publiquement ?
אָמַר רַב נַחְמָן: מָשָׁל לְכַלָּה, כׇּל זְמַן שֶׁהִיא בְּבֵית אָבִיהָ צְנוּעָה מִבַּעְלָהּ. כֵּיוָן שֶׁבָּאתָה לְבֵית חָמִיהָ — אֵינָהּ צְנוּעָה מִבַּעְלָהּ.
Rav Naḥman dit en réponse : Cela est analogue à une mariée ; tant qu’elle est fiancée mais encore dans la maison de son père, elle est pudique en présence de son mari. Cependant, une fois qu’elle est mariée et vient dans la maison de son beau-père pour vivre avec son mari, elle n’est plus pudique en présence de son mari. De même, dans le désert, lorsque la Présence divine ne résidait pas dans un lieu permanent, il était interdit de voir les objets sacrés. En revanche, tous étaient autorisés à voir les objets sacrés à leur place permanente dans le Temple.
מֵתִיב רַב חָנָא בַּר רַב קַטִּינָא: מַעֲשֶׂה בְּכֹהֵן אֶחָד שֶׁהָיָה מִתְעַסֵּק וְכוּ׳! אֲמַר לֵיהּ: נִתְגָּרְשָׁה קָא אָמְרַתְּ, נִתְגָּרְשָׁה חָזְרוּ לְחִיבָּתָהּ הָרִאשׁוֹנָה.
Rav Ḥana bar Rav Ketina souleva une objection à partir de la michna susmentionnée : Il y eut un incident impliquant un certain prêtre qui était occupé et découvrit l’endroit où l’Arche était cachée, puis mourut avant de pouvoir révéler son emplacement. Puisqu’il fut empêché de voir l’Arche, il était manifestement interdit de voir les objets sacrés même après la construction du Temple. Rav Naḥman lui dit : Cela ne pose pas de difficulté, car tu parles du moment où elle fut divorcée. Puisque le peuple juif fut exilé après la destruction du Premier Temple, il est comparé à une femme divorcée de son mari, et lorsqu’une femme est divorcée, elle retourne à son amour originel mais dans un état réservé. Elle redevient pudique et ne se dévoile pas. De même, la Présence divine restera cachée jusqu’à ce que la gloire du Premier Temple soit restaurée.
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִי נֵימָא בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן — מִי הֲוַאי פָּרוֹכֶת? אֶלָּא בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי — מִי הֲווֹ כְּרוּבִים? לְעוֹלָם בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן, וּמַאי פָּרוֹכֶת — פָּרוֹכֶת דְּבָבֵי.
La Guemara soulève une question au sujet de la déclaration de Rav Ketina : De quoi s’agit-il ici ; dans quelle circonstance les prêtres roulaient-ils le rideau pour montrer à tous les chérubins ? Si nous disons que cela se rapporte au Premier Temple, y avait-il un rideau entre le Sanctuaire et le Saint des Saints ? Dans le Premier Temple, il y avait là un mur. Plutôt, nous dirons que cela se rapporte au Second Temple ; mais y avait-il des chérubins là-bas ? Puisqu’il n’y avait pas d’Arche, il s’ensuit qu’il n’y avait pas de chérubins dessus. La Guemara répond : En réalité, Rav Ketina se rapporte au Premier Temple, et quel est le rideau qu’il a mentionné ? C’est le rideau des portes. Pour que tout le peuple juif puisse voir, ils devaient relever les rideaux suspendus à toutes les portes.
דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב: שְׁלֹשָׁה עָשָׂר פָּרוֹכוֹת הָיוּ בְּמִקְדָּשׁ, שִׁבְעָה כְּנֶגֶד שִׁבְעָה שְׁעָרִים, שְׁתַּיִם — אַחַת לְפִתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל, וְאַחַת לְפִתְחוֹ שֶׁל אוּלָם. שְׁתַּיִם בַּדְּבִיר, וּשְׁתַּיִם כְּנֶגְדָּן בָּעֲלִיָּה.
Comme l’a dit Rabbi Zeira, à savoir que Rav a dit : Il y avait treize rideaux dans le Second Temple : sept en face de, c’est-à-dire du côté intérieur de, sept portes ; deux autres à l’intérieur du Temple, l’une desquelles se trouvait à l’entrée du Sanctuaire et l’autre l’une desquelles se trouvait à l’entrée du Vestibule. Deux rideaux supplémentaires se trouvaient dans la cloison, dans le Saint des Saints à la place de la cloison d’une coudée, et deux leur correspondant se trouvaient au-dessus dans la chambre haute. Au-dessus du Saint des Saints, il y avait un autre niveau selon la même disposition que celui d’en dessous, et un rideau y était également fixé, car personne ne montait dans la chambre haute au-dessus du Saint des Saints sans nécessité pressante. Ces rideaux étaient très probablement suspendus également dans le Premier Temple.
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: לְעוֹלָם בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי, וּכְרוּבִים דְּצוּרְתָּא הֲווֹ קָיְימִי, דִּכְתִיב: ״וְאֶת כׇּל קִירוֹת הַבַּיִת מֵסַב קָלַע כְּרוּבִים וְתִמֹרוֹת וּפְטוּרֵי צִיצִּים וְצִפָּה זָהָב מְיֻשָּׁר עַל הַמְּחוּקֶּה״.
Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : En réalité, la déclaration de Rav Ketina fait référence au Second Temple : il y avait un rideau à l’entrée du Saint des Saints, et en effet il y avait là des images de chérubins, c’est-à-dire des représentations dessinées ou gravées des chérubins sur les murs. Comme il est écrit : « Il sculpta sur tous les murs de la Maison, tout autour, des figures sculptées de chérubins, de palmiers et de fleurs épanouies, à l’intérieur et à l’extérieur » (I Rois 6:29), et il est encore dit : « Et il les recouvrit d’or ajusté sur l’ouvrage gravé » (I Rois 6:35), ce qui enseigne qu’en plus des chérubins à l’intérieur du lieu sacré, d’autres chérubins étaient représentés sur les murs.
וּכְתִיב: ״כְּמַעַר אִישׁ וְלוֹיוֹת״. מַאי ״כְּמַעַר אִישׁ וְלוֹיוֹת״? אָמַר רַבָּה בַּר רַב שֵׁילָא:
Et il est écrit : « Selon l’espace de chacun avec des loyot » (I Rois 7:36). La Guemara demande : Quel est le sens de : « Selon l’espace de chacun avec des loyot » ? Rabba bar Rav Sheila a dit :