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״יׇעֳמַד חַי לִפְנֵי ה׳ לְכַפֵּר עָלָיו״, עַד מָתַי יִהְיֶה זָקוּק לַעֲמוֹד חַי? עַד שְׁעַת מַתַּן דָּמוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ — דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עַד שְׁעַת וִידּוּי דְּבָרִים.
Le verset déclare : « Mais le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera maintenu vivant devant le Seigneur, afin de faire expiation sur lui, pour l’envoyer à Azazel dans le désert » (Lévitique 16:10). Le verset indique que le bouc doit rester vivant jusqu’à un certain moment. S’il mourait auparavant, il faudrait le remplacer. Jusqu’à quand le bouc pour Azazel doit-il rester vivant ? Jusqu’au moment de l’application du sang de son pendant, c’est-à-dire le bouc pour Dieu ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Shimon dit : Il doit rester vivant jusqu’au moment de la confession verbale faite sur lui.
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? כִּדְתַנְיָא: ״לְכַפֵּר״ — בְּכַפָּרַת דָּמִים הַכָּתוּב מְדַבֵּר, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְכִלָּה מִכַּפֵּר אֶת הַקֹּדֶשׁ״. מָה לְהַלָּן — בְּכַפָּרַת דָּמִים, אַף כָּאן — בְּכַפָּרַת דָּמִים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
Au sujet de quoi sont-ils en désaccord ? Comme cela a été enseigné dans une baraita : Le verset déclare que le bouc doit rester vivant « pour faire expiation » (Lévitique 16:10). Cela indique qu’il doit rester vivant jusqu’à ce qu’il accomplisse l’expiation. Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon discutent de l’expiation à laquelle le verset fait référence. Le verset parle d’expiation au moyen de l’application du sang du bouc expiatoire. Et de même il est dit : « Lorsqu’il aura achevé de faire expiation pour le Sanctuaire, pour la Tente d’assignation et pour l’autel, il présentera le bouc vivant » (Lévitique 16:20). De même que là-bas il s’agit d’expiation au moyen du sang, ici aussi le verset fait référence à l’expiation au moyen du sang. Telle est l’opinion de Rabbi Yehouda.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״לְכַפֵּר עָלָיו״, בְּכַפָּרַת דְּבָרִים הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Rabbi Shimon dit : « Pour faire expiation sur lui » ; le verset parle d’expiation par la parole, c’est-à-dire la confession verbale qui est récitée sur lui.
תָּא שְׁמַע, שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי עֲקִיבָא: עָלָה בִּשְׂמֹאל, מַהוּ שֶׁיַּחֲזוֹר לְיָמִין? אָמַר לָהֶן: אַל תִּתְּנוּ מָקוֹם לַמִּינִין לִרְדּוֹת.
Viens et entends une preuve que le tirage au sort n’est pas indispensable. Une baraita enseigne : Les élèves de Rabbi Akiva lui demandèrent : Si le sort pour Dieu a été tiré par la main gauche du Grand Prêtre, quelle est la halakha quant à savoir si il peut transférer le sort dans sa main droite ? Il leur dit : Ne donnez pas aux hérétiques l’occasion de dominer. Si cela est permis, ils invoqueront cela comme preuve de leur affirmation selon laquelle les halakhot ne sont pas absolues, et les Sages ont le pouvoir de les modifier comme bon leur semble.
טַעְמָא דְּאַל תִּתְּנוּ מָקוֹם לַמִּינִין לִרְדּוֹת, הָא לָאו הָכִי מַהְדְּרִינַן לֵיהּ, וְהָא אָמְרַתְּ הַגְרָלָה מְעַכְּבָא, וְכֵיוָן דִּקְבַעְתֵּיהּ שְׂמֹאל הֵיכִי מַהְדְּרִינַן לֵיהּ?
La Guemara déduit : La seule raison que Rabbi Akiva a donnée pour l’interdire était de ne pas donner aux hérétiques l’occasion de dominer, ce qui implique que, si ce n’était pour cette raison, il serait permis de transférer le lot dans la main droite. Comment cela pourrait-il être vrai ? N’as-tu pas dit que le tirage des sorts est indispensable ? Et, par conséquent, une fois que la désignation du bouc a été définie par le tirage de la main gauche, comment alors pourrions-nous transférer le lot dans la main droite ? Force est donc de conclure que la désignation n’est pas créée par le tirage lui-même, et qu’ainsi il n’est pas indispensable.
אָמַר רָבָא, הָכִי קָאָמְרִי: עָלָה הַגּוֹרָל בִּשְׂמֹאל, מַהוּ שֶׁיַּחֲזִירוּ לוֹ וְלִשְׂעִירוֹ לְיָמִין. אָמַר לָהֶם: אַל תִּתְּנוּ מָקוֹם לַמִּינִין לִרְדּוֹת.
La Guemara explique que la baraita peut être comprise d’une manière selon laquelle elle ne fournit pas de preuve : Rava a dit : C’est ce que les élèves de Rabbi Akiva disent : Si le sort a été tiré par sa main gauche, quelle est la halakha quant à savoir si il peut le transférer, le sort, et son bouc associé du côté droit. Il leur a dit : Ne donnez pas aux hérétiques l’occasion de dominer. En conséquence, il n’a jamais été question de changer la désignation des boucs. Par conséquent, aucune preuve ne peut être apportée concernant le caractère indispensable du tirage au sort.
תָּא שְׁמַע: אִילּוּ נֶאֱמַר: ״אֶת הַשָּׂעִיר אֲשֶׁר עָלָיו״, הָיִיתִי אוֹמֵר יַנִּיחֶנּוּ עָלָיו, — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עָלָה״, כֵּיוָן שֶׁעָלָה שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ.
Viens et entends une preuve que le tirage au sort est indispensable. Une baraita enseigne (Sifra, Aharei Mot 2:4) : Si le verset avait dit seulement : « Le bouc sur lequel le sort » (Lévitique 16:9), j’aurais dit que l’intention est qu’il doit physiquement placer le sort sur lui. C’est pourquoi le verset dit aussi : « Sur lequel il est monté » (Lévitique 16:9), indiquant qu’une fois que le sort est monté du réceptacle, il n’est pas nécessaire d’en faire davantage, c’est-à-dire que le sort n’a pas besoin d’être physiquement placé sur le bouc.
לְמַאי? אִילֵימָא לְמִצְוָה, מִכְלָל דַּהֲנָחָה מִצְוָה נָמֵי לָא? אֶלָּא לָאו, לְעַכֵּב. וּשְׁמַע מִינַּהּ: הַגְרָלָה מְעַכְּבָא, הַנָּחָה — לָא מְעַכְּבָא!
La Guemara précise : À quoi la baraita fait-elle référence lorsqu’elle dit qu’il n’est pas nécessaire de placer effectivement le sort sur le bouc ? Si nous disons que cela signifie qu’il n’est plus nécessaire de le faire même comme une mitsva, alors, par déduction, il faut conclure que le placement du sort sur le bouc n’est même pas une mitsva. Cela pose problème. Puisque cela fait clairement partie du service de Yom Kippour, cela doit au moins être une mitsva. Plutôt, n’est-ce pas que lorsque la baraita enseigne que le placement du sort n’est pas nécessaire, cela signifie seulement que le placement du sort n’est pas indispensable ? Et concluez-en que le tirage au sort est indispensable, mais que le placement du sort sur le bouc n’est pas indispensable.
אָמַר רָבָא, הָכִי קָאָמַר: אִילּוּ נֶאֱמַר ״אֲשֶׁר עָלָיו״, הָיִיתִי אוֹמֵר יַנִּיחֶנּוּ עָלָיו עַד שְׁעַת שְׁחִיטָה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר עָלָה״, כֵּיוָן שֶׁעָלָה שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ.
Rava rejette la preuve : Rava a dit : Cela ne peut pas servir de preuve, car voici ce que la baraitadit : Si le verset avait énoncé seulement : « Le bouc sur lequel le sort », j’aurais dit que l’intention est qu’il doit physiquement placer le sort sur le bouc, et que le sort reste sur lui jusqu’au moment de son abattage. C’est pourquoi le verset dit aussi : « Sur lequel il est monté, » indiquant qu’une fois que le sort est sorti du réceptacle et a été placé sur le bouc, ne serait-ce qu’un seul instant, il n’est pas nécessaire d’en faire davantage, c’est-à-dire que le sort n’a plus besoin de rester sur le bouc. Compris de cette manière, on ne peut pas déterminer à partir de cette baraita si le placement est indispensable ou non.
תָּא שְׁמַע: ״וְעָשָׂהוּ חַטָּאת״, הַגּוֹרָל עוֹשֵׂהוּ חַטָּאת, וְאֵין הַשֵּׁם עוֹשֵׂהוּ חַטָּאת.
Viens et écoute une preuve que Rabbi Yehouda soutient que le tirage au sort est indispensable. Une baraita dans le Sifra enseigne : Le verset déclare : « Aaron fera avancer le bouc sur lequel le sort est tombé pour le Seigneur, et il l’offrira comme offrande expiatoire » (Lévitique 16:9). Le verset indique que le tirage au sort en fait une offrande expiatoire, mais le fait de désigner verbalement le bouc avec le statut d’offrande expiatoire n’en fait pas une offrande expiatoire.
שֶׁיָּכוֹל, וַהֲלֹא דִּין הוּא: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁלֹּא קִידֵּשׁ הַגּוֹרָל — קִידֵּשׁ הַשֵּׁם, מְקוֹם שֶׁקִּידֵּשׁ הַגּוֹרָל, אֵינוֹ דִּין שֶׁיְּקַדֵּשׁ הַשֵּׁם?
La baraita continue : Un verset est nécessaire pour enseigner cette halakha, car j’aurais pu penser parvenir à la conclusion opposée. N’y a-t-il pas une inférence a fortiori comme suit : De même que dans un cas où l’usage d’un tirage au sort ne consacre pas les animaux avec une désignation spécifique, par exemple une femme qui a accouché et doit apporter deux oiseaux, l’un comme offrande expiatoire et l’autre comme holocauste, néanmoins une désignation verbale des animaux avec le statut requis les consacre, de même, dans un cas où l’usage d’un tirage au sort consacre les animaux, n’est-il pas logiquement juste que le fait de désigner verbalement les animaux avec le statut requis doive les consacrer ?
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעָשָׂהוּ חַטָּאת״, הַגּוֹרָל עוֹשֶׂה חַטָּאת, וְאֵין הַשֵּׁם עוֹשֶׂה חַטָּאת.
En contradiction avec ce raisonnement, le verset déclare, au sujet du bouc : « Il l’offrira comme offrande expiatoire » pour indiquer que le tirage au sort en fait une offrande expiatoire ; le fait de désigner verbalement le bouc comme ayant le statut d’offrande expiatoire n’en fait pas une offrande expiatoire.

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