גְּמָ׳ מַאי גְּרִיעוּתָא דְּפוּנְדָּקִית? אָמַר רַב כָּהֲנָא: פּוּנְדָּקִית — גּוֹיָה הָיְתָה, וּמְסִיחָה לְפִי תּוּמָּה הָיְתָה: ״זֶה מַקְלוֹ, וְזֶה תַּרְמִילוֹ, וְזֶה קֶבֶר שֶׁקְּבַרְתִּיו בּוֹ״. וְכֵן תָּנֵי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַב מִנְיוֹמֵי בַּר חִיָּיא: פּוּנְדָּקִית גּוֹיָה הָיְתָה, וּמְסִיחָה לְפִי תּוּמָּה הָיְתָה: ״זֶה מַקְלוֹ, וְזֶה תַּרְמִילוֹ, וְזֶה קֶבֶר שֶׁקְּבַרְתִּיו בּוֹ״.
GUEMARA : La michna a supposé qu’une aubergiste est moins digne de confiance qu’une femme ordinaire, de sorte que les Sages ont soutenu que, si l’aubergiste était jugée crédible, il devrait être évident qu’une femme ordinaire devrait aussi être jugée crédible. La Guemara demande : Qu’y avait-il de défavorable chez l’aubergiste qui la rendait moins digne de confiance qu’une femme ordinaire ? Rav Kahana a dit : C’était une aubergiste gentile, et elle n’a donc été jugée crédible que parce qu’elle parlait incidemment lorsqu’elle a dit que l’homme était mort et voici son bâton, et voici son sac, et voici la tombe dans laquelle je l’ai enterré. Et de même, Abba, fils de Rav Minyumi, fils de Ḥiyya, a enseigné : C’était une aubergiste gentile, et elle parlait incidemment, disant que voici son bâton, et voici son sac, et voici la tombe dans laquelle je l’ai enterré.
וְהָא ״אַיֵּה חֲבֵרֵנוּ״ קָאָמְרִי לָהּ? כֵּיוָן דַּחֲזֵיתִינְהוּ, בָּכְיָא. אָמְרוּ לָהּ: ״אַיֵּה חֲבֵרֵנוּ?״ אָמְרָה לָהֶם: ״מֵת וּקְבַרְתִּיו״.
Mais ne lui ont-ils pas dit : Où est notre ami ? Cela indique qu’elle répondait à leur question plutôt que de parler de manière spontanée. La Guemara explique : Dès qu’elle les vit, elle pleura. Ils lui dirent : Où est notre ami ? Alors elle leur dit : Il est mort, et je l’ai enterré. Puisqu’elle a pleuré avant qu’on ne l’interroge, les pleurs ont été considérés comme le début de son récit, et elle est considérée comme ayant parlé de manière spontanée.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁבָּא לְהָעִיד עַל הָאִשָּׁה לִפְנֵי רַבִּי טַרְפוֹן. אָמַר לוֹ: ״בְּנִי, הֵיאַךְ אַתָּה יוֹדֵעַ בְּעֵדוּת אִשָּׁה זוֹ?״ אָמַר: ״אֲנִי וָהוּא הָיִינוּ הוֹלְכִים בַּדֶּרֶךְ, וְרָדַף אַחֲרֵינוּ גַּיִיס, וְנִתְלָה בְּיִיחוּר שֶׁל זַיִת וּפְשָׁחוֹ, וְהֶחְזִיר אֶת הַגַּיִיס לַאֲחוֹרָיו״.
§ Les Sages ont enseigné : Un incident s’est produit impliquant un certain individu qui vint témoigner devant Rabbi Tarfon au sujet d’une femme dont le mari était mort. Il lui dit : Mon fils, comment sais-tu ce témoignage selon lequel le mari de cette femme est mort ? Il dit : Lui et moi voyagions sur la route ensemble, et une troupe de soldats nous poursuivit. Il s’agrippa à une branche d’olivier et l’arracha pour s’en servir comme d’un lourd bâton afin d’intimider les soldats, et força la troupe à se retirer.
״אָמַרְתִּי לוֹ: ׳אַרְיֵה! יִישַׁר כֹּחֲךָ׳. אָמַר לִי: ׳מִנַּיִן אַתָּה יוֹדֵעַ שֶׁאַרְיֵה שְׁמִי? כָּךְ קוֹרִין אוֹתִי בְּעִירִי: יוֹחָנָן בְּרַבִּי יְהוֹנָתָן, אַרְיֵה דְּמִכְּפַר שִׁיחְיָא׳. לְיָמִים חָלָה וּמֵת.״ וְהִשִּׂיא רַבִּי טַרְפוֹן אֶת אִשְׁתּוֹ.
Après cet acte héroïque, je lui dis, admirant sa bravoure : Lion [arye], que ta force demeure ferme. Il me dit : Comment sais-tu que mon nom est Arye ? C’est ainsi qu’on m’appelle dans ma ville : Yoḥanan, fils du Rabbi Yehonatan, le lion du village de Shiḥayya. Quelque temps plus tard, il tomba malade et mourut, et par conséquent le compagnon de voyage connaissait son nom et pouvait témoigner à son sujet. Et Rabbi Tarfon permit à sa femme de se remarier sur la base de ce témoignage.
וְרַבִּי טַרְפוֹן לָא בָּעֵי דְּרִישָׁה וַחֲקִירָה? וְהָתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁבָּא לִפְנֵי רַבִּי טַרְפוֹן לְהָעִיד עֵדוּת אִשָּׁה. אָמַר לוֹ: ״בְּנִי, הֵיאַךְ אַתָּה יוֹדֵעַ עֵדוּת זוֹ?״ אָמַר לוֹ: ״אֲנִי וָהוּא הָיִינוּ הוֹלְכִין בַּדֶּרֶךְ, וְרָדַף אַחֲרֵינוּ גַּיִיס, וְנִתְלָה בְּיִיחוּר תְּאֵנָה וּפְשָׁחוֹ. וְהֶחְזִיר אֶת הַגַּיִיס לַאֲחוֹרָיו. אָמַרְתִּי לוֹ: ׳יִישַׁר כֹּחֲךָ אַרְיֵה!׳ אָמַר לִי: ׳יָפֶה כִּוַּונְתָּ לִשְׁמִי, שֶׁכָּךְ קוֹרִין אוֹתִי בְּעִירִי: יוֹחָנָן בֶּן יוֹנָתָן אַרְיֵה דְּמִכְּפַר שִׁיחְיָא׳. לְיָמִים חָלָה וּמֵת״.
La Guemara demande : Mais Rabbi Tarfon n’exigeait-il pas enquête et interrogatoire du témoin ? N’est-il pas enseigné dans une baraita : Un incident se produisit concernant un certain homme qui se présenta devant Rabbi Tarfon pour apporter un témoignage selon lequel le mari d’une femme était mort. Il lui dit : Mon fils, comment connais-tu ce témoignage ? Il lui répondit : Lui et moi voyagions sur la route ensemble, et une troupe de soldats nous poursuivit. Il s’agrippa à une branche de figuier, l’arracha et força la troupe à se retirer en intimidant les soldats avec la branche. Je lui dis : Puisse ta force demeurer ferme, lion. Il me dit : Tu as bien deviné mon nom, car c’est ainsi qu’on m’appelle dans ma ville : Yoḥanan, fils de Yonatan, le lion du village de Shiḥayya. L’homme conclut son récit : Quelque temps après, il tomba malade et mourut.
אָמַר לוֹ: ״לֹא כָּךְ אָמְרַתְּ לִי יוֹחָנָן בֶּן יוֹנָתָן דְּמִכְּפַר שִׁיחְיָא אַרְיֵה?״ אֲמַר לֵיהּ: ״לֹא, אֶלָּא כָּךְ אָמַרְתִּי לָךְ: יוֹחָנָן בֶּן יוֹנָתָן אַרְיֵה דְּמִכְּפַר שִׁיחְיָא״. וְדִקְדֵּק עָלָיו שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה פְּעָמִים, וְכִיוֵּן אֶת דְּבָרָיו, וְהִשִּׂיא רַבִּי טַרְפוֹן אֶת אִשְׁתּוֹ.
Rabbi Tarfon lui dit, afin de vérifier son récit : Ne m’as-tu pas dit que l’homme mort avait dit que son nom était Yoḥanan, fils de Yonatan, du village de Shiḥayya, qui est appelé Lion ? Il lui répondit : Non. Au contraire, voici ce que je t’ai dit : Il m’a dit qu’il s’appelle Yoḥanan, fils de Yonatan, le lion du village de Shiḥayya. Puis Rabbi Tarfon le contre-interrogea de cette manière deux ou trois fois, et le témoin garda à plusieurs reprises des déclarations cohérentes, si bien que Rabbi Tarfon permit à sa femme de se remarier. Dans cette version de l’histoire, le simple récit des événements ne semble pas suffisant. Un interrogatoire du témoin est également nécessaire.
תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: אֵין בּוֹדְקִין עֵדֵי נָשִׁים בִּדְרִישָׁה וַחֲקִירָה, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר: בּוֹדְקִין.
La Guemara répond : Il s’agit d’une controverse entre tannaïm, comme cela est enseigné dans une baraita : Le tribunal n’examine pas les témoins qui témoignent au sujet du statut matrimonial des femmes au moyen des procédures habituelles d’enquête et d’interrogatoire ; telle est l’opinion de Rabbi Akiva. Rabbi Tarfon dit : Le tribunal doit examiner ces témoins en recourant à ces moyens.
וְקָמִיפַּלְגִי בִּדְרַבִּי חֲנִינָא. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: דְּבַר תּוֹרָה, אֶחָד דִּינֵי מָמוֹנוֹת וְאֶחָד דִּינֵי נְפָשׁוֹת בִּדְרִישָׁה וַחֲקִירָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִשְׁפַּט אֶחָד יִהְיֶה לָכֶם״.
La Guemara commente : Et ils sont en désaccord au sujet de la déclaration de Rabbi Ḥanina, car Rabbi Ḥanina a dit : Selon la loi de la Torah, aussi bien les affaires de droit pécuniaire que les affaires de droit capital exigent un examen minutieux au moyen d’enquête et d’interrogatoire des témoins, comme il est dit : « Vous aurez une seule Torah » (Lévitique 24:22), ce qui indique que les procédures juridiques doivent être les mêmes dans chaque domaine de la halakha. Par conséquent, puisque l’enquête et l’interrogatoire sont requis en matière de droit capital (Deutéronome 13:15), ils sont également requis dans les affaires de droit pécuniaire.
וּמָה טַעַם אָמְרוּ דִּינֵי מָמוֹנוֹת אֵין צְרִיכִין דְּרִישָׁה וַחֲקִירָה — שֶׁלֹּא תִּנְעוֹל דֶּלֶת בִּפְנֵי לֹוִין.
Et pour quelle raison les Sages ont-ils dit que les affaires de droit monétaire ne nécessitent ni enquête ni interrogatoire des témoins ? Afin de ne pas fermer la porte devant d’éventuels emprunteurs. Si les procédures contentieuses en matière de droit monétaire étaient trop rigoureuses, les gens hésiteraient beaucoup à prêter de l’argent.
וּבְמַאי קָמִיפַּלְגִי — מָר סָבַר: כֵּיוָן דְּאִיכָּא כְּתוּבָּה לְמִשְׁקַל — כְּדִינֵי מָמוֹנוֹת דָּמֵי, וּמָר סָבַר: כֵּיוָן דְּקָא שָׁרֵינַן אֵשֶׁת אִישׁ לְעָלְמָא — כְּדִינֵי נְפָשׁוֹת דָּמֵי.
Et sur quoi sont-ils en désaccord dans le cas d’un témoignage qui permet à une femme de se remarier ? Ils sont en désaccord de la manière suivante : Un Sage, Rabbi Akiva, soutient que, puisqu’il y a le paiement du contrat de mariage que la femme peut recevoir lorsque son mari meurt, cela est considéré comme des affaires de droit pécuniaire et ne requiert pas de procédures d’examen et d’interrogatoire. Et un Sage, Rabbi Tarfon, soutient que, puisque, sur la base de ce témoignage, nous permettons à une femme auparavant mariée d’épouser n’importe qui dans le monde, et si son précédent mari est encore en vie, sa relation ultérieure sera considérée comme un adultère, qui est une infraction capitale, cela est considéré comme des affaires de droit capital, lesquelles requièrent les procédures d’examen et d’interrogatoire.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מַרְבִּים שָׁלוֹם בָּעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכׇל בָּנַיִךְ לִמּוּדֵי ה׳ וְרַב שְׁלוֹם בָּנָיִךְ״.
Le traité se termine sur une note positive : Rabbi Elazar a dit que Rabbi Ḥanina a dit : les sages de la Torah accroissent la paix dans le monde, comme il est dit : « Tous tes enfants seront enseignés par le Seigneur, et grande sera la paix de tes enfants » (Isaïe 54:13). Cela indique que, puisque les enfants seront des sages de la Torah, enseignés par le Seigneur et par Sa Torah, ils vivront dans une grande paix, et ainsi la paix augmentera dans le monde entier.
הֲדַרַן עֲלָךְ הָאִשָּׁה בָּתְרָא וּסְלִיקָא לַהּ מַסֶּכֶת יְבָמוֹת