קֵירַב מִיתָתוֹ. מַאי בֵּינַיְיהוּ?
a hâté sa propre mort. Par exemple, si l’homme mutilé a convulsé violemment en se blessant lui-même, l’auteur n’est pas responsable de la mort et ne doit pas être exilé. La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre ces deux considérations, à savoir que le vent ou la victime elle-même ont hâté sa mort ?
דְּשַׁחְטֵיהּ בְּבֵיתָא דְשֵׁישָׁא וּפַרְכֵּיס. אִי נָמֵי: דְּשַׁחְטֵיהּ בְּבָרָא וְלָא פַּרְכֵּיס.
La Guemara explique : Il existe une différence pratique entre eux dans un cas où quelqu’un a blessé une personne dans une maison de marbre qui était fermée de tous côtés, où il n’y avait pas de vent, et la victime a eu des convulsions. Alternativement, il y a une différence dans un cas où quelqu’un a blessé la victime à l’extérieur, où il y a du vent, et la victime n’a pas eu de convulsions du tout.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא כָּל וְכוּ׳. אִיבַּעְיָא לְהוּ: רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא לְקוּלָּא פְּלִיג, אוֹ לְחוּמְרָא פְּלִיג.
§ Il a été enseigné dans la michna que l’on ne peut témoigner de la mort de quelqu’un que lorsqu’on a vu le corps dans les trois jours suivant le décès de la personne. Cependant, Rabbi Yehuda ben Bava dit : Tous les hommes, tous les lieux et toutes les heures ne sont pas identiques. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Rabbi Yehuda ben Bava était-il en désaccord avec les Sages avec l’intention de statuer de manière plus clémente et de soutenir que l’on peut parfois témoigner de l’identité de celui qui est mort même s’il n’a pas vu le corps dans les trois jours suivant sa mort ? Ou bien était-il en désaccord avec l’intention de statuer de manière plus stricte et de soutenir que l’on ne peut parfois pas témoigner même s’il a vu le corps dans les trois jours suivant le décès de la personne ?
תָּא שְׁמַע: דְּהָהוּא גַּבְרָא דְּטָבַע בְּכַרְמֵי, וְאַסְּקוּהוּ אַבֵּי הֲדָיָא לְבָתַר תְּלָתָא יוֹמִין, וְאַנְסְבַהּ רַב דִּימִי מִנְּהַרְדְּעָא לִדְבֵיתְהוּ. וְתוּ: הָהוּא גַּבְרָא דִּאטְבַע בְּדִגְלַת, וְאַסְּקוּהוּ אַגִּישְׁרָא דְּשַׁבִּיסְתָּנָא, וְאַנְסְבַהּ רָבָא לִדְבֵיתְהוּ אַפּוּמָּא דְשׁוֹשְׁבִינֵי לְבָתַר חַמְשָׁה יוֹמֵי.
Viens et entends une solution : Un certain homme s’est noyé dans un endroit appelé Carmi, et on l’en a retiré de l’eau près de Bei Hedya après trois jours, et Rav Dimi de Neharde’a permit à sa femme de se remarier. De plus, un certain homme s’est noyé dans le fleuve Tigre, et on l’en a retiré du fleuve jusqu’au pont de Shabistana, et Rava permit à sa femme de se remarier sur la base du témoignage de ses amis, bien que le corps n’ait été vu que cinq jours après la mort.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְקוּלָּא פְּלִיג, אִינְהוּ דַּעֲבוּד כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְחוּמְרָא פְּלִיג, אִינְהוּ דַּעֲבוּד כְּמַאן? שָׁאנֵי מַיָּא, דְּצָמְתִי.
Certes, si vous dites que Rabbi Yehouda ben Bava était en désaccord avec l’intention de statuer de manière plus indulgente, ces Sages qui ont agi ici, en permettant à ces femmes de se marier, ont agi conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda ben Bava. Mais si vous dites qu’il était en désaccord avec l’intention de statuer de manière plus stricte, conformément à l’opinion de qui ces Sages ont-ils agi ? La Guemara répond : L’eau est différente, car elle contracte le corps, l’empêchant de gonfler et de changer de forme.
וְהָאָמְרַתְּ מַיָּא מַרְזוּ מַכָּה! הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּאִיכָּא מַכָּה, אֲבָל הֵיכָא דְּלֵיכָּא מַכָּה — מִיצְמָת צָמֵית. וְהָנֵי מִילֵּי דְּכִי אַסְּקֵיהּ חַזְיֵיהּ בְּשַׁעְתֵּיהּ. אֲבָל אִישְׁתַּהִי, מִיתְפָּח תָּפַח.
La Guemara s’interroge à ce sujet : Mais n’as-tu pas dit (120b) que l’eau aggrave une blessure en provoquant un gonflement supplémentaire ? La Guemara répond : Cela s’applique lorsqu’il y a une blessure, mais lorsqu’il n’y a pas de blessure, l’eau contracte le corps et empêche ainsi la forme du visage de changer. La Guemara commente : Et cela s’applique uniquement dans un cas où ils l’ont sorti de l’eau et l’ont examiné à ce moment-là. Mais si l’examen a été retardé pendant un certain temps après que le corps a été sorti de l’eau, il sera certainement devenu très boursouflé, rendant une identification certaine impossible.
מַתְנִי׳ נָפַל לְמַיִם, בֵּין שֶׁיֵּשׁ לָהֶן סוֹף, בֵּין שֶׁאֵין לָהֶן סוֹף — אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה. אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁנָּפַל לְבוֹר הַגָּדוֹל, וְעָלָה לְאַחַר שְׁלֹשָׁה יָמִים.
MICHNA : Si un homme est tombé dans l’eau et n’en est pas ressorti, que l’étendue d’eau ait une limite visible ou n’ait pas de limite visible, sa femme a l’interdiction de se remarier. Il n’existe aucune preuve absolue que l’homme soit mort, car il est possible qu’il soit ressorti de l’eau à une certaine distance. Rabbi Meïr a dit : Un incident s’est produit concernant une certaine personne qui est tombée dans la Grande Citerne et n’est ressortie qu’après trois jours. C’est la preuve que parfois on peut survivre à une chute dans l’eau, même lorsque tout le monde suppose qu’il est mort.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מַעֲשֶׂה בְּסוֹמֵא שֶׁיָּרַד לִטְבּוֹל בִּמְעָרָה, וְיָרַד מוֹשְׁכוֹ אַחֲרָיו, וְשָׁהוּ כְּדֵי שֶׁתֵּצֵא נַפְשָׁם — וְהִשִּׂיאוּ אֶת נְשׁוֹתֵיהֶם. וְשׁוּב מַעֲשֶׂה בְּעַסְיָא, בְּאֶחָד שֶׁשִּׁלְשְׁלוּהוּ לַיָּם, וְלֹא עָלְתָה בְּיָדָם אֶלָּא רַגְלוֹ, אָמְרוּ חֲכָמִים: מִן הָאַרְכּוּבָּה וּלְמַעְלָה — תִּנָּשֵׂא. מִן הָאַרְכּוּבָּה וּלְמַטָּה — לֹא תִּנָּשֵׂא.
Rabbi Yosei a dit : Un incident s’est produit concernant un homme aveugle qui descendit pour s’immerger à des fins de pureté rituelle dans une grotte, et son guide descendit après lui, et ils y disparurent, et ils y restèrent assez longtemps pour que leurs âmes soient parties, et les Sages permirent à leurs femmes de se remarier parce qu’ils avaient disparu dans l’eau et n’étaient pas remontés. Et il y eut un autre incident en Asie où l’on fit descendre un certain homme dans la mer avec une corde, et lorsqu’on ramena la corde vers la terre seule sa jambe remonta entre leurs mains, et ils n’étaient pas certains s’il était vivant ou mort. Les Sages dirent : Si sa jambe avait été coupée du genou vers le haut, sa femme peut se remarier, car il n’aurait pas survécu à une telle blessure ; si sa jambe n’avait été coupée que du genou vers le bas, elle ne peut pas se remarier.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: נָפַל לַמַּיִם, בֵּין שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף, בֵּין שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ מוּתֶּרֶת, וְשֶׁאֵין לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Si un homme est tombé dans l’eau, que l’étendue d’eau ait une fin visible ou n’ait pas de fin visible, sa femme est interdite de se remarier ; telle est la déclaration de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : S’il est tombé dans une étendue d’eau avec une fin visible, sa femme est autorisée à se remarier, mais s’il est tombé dans une étendue d’eau sans fin, sa femme est interdite de se remarier.
הֵיכִי דָּמֵי מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף? אָמַר אַבָּיֵי: כֹּל שֶׁעוֹמֵד וְרוֹאֶה מֵאַרְבַּע רוּחוֹתָיו.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances qui définissent une étendue d’eau avec une extrémité visible ? Abaye a dit : Toute étendue d’eau où l’on se tient à un endroit et peut voir la rive dans les quatre directions est considérée comme une eau à extrémité visible, puisque quiconque émerge de l’eau serait vu. Cependant, si l’étendue d’eau est si grande qu’il est impossible d’en voir la rive de tous les côtés, la personne a pu émerger à un endroit où elle ne pouvait pas être vue par d’autres se tenant à l’endroit où elle était tombée.
הָהוּא גַּבְרָא דִּטְבַע בְּאַגְמָא דְסַמְקֵי, אַנְסְבַהּ רַב שֵׁילָא לִדְבֵיתְהוּ. אֲמַר לֵיהּ רַב לִשְׁמוּאֵל, תָּא נְשַׁמְּתֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: נִשְׁלַח לֵיהּ בְּרֵישָׁא.
Il y avait un certain homme qui se noya dans le lac à un endroit appelé Samkei. Rav Sheila permit à sa femme de se marier sur la base du témoignage de témoins qui virent qu’il était entré dans l’eau et n’en était pas ressorti. Rav dit à Shmuel : Viens, excommunions-le pour avoir rendu cette décision. Shmuel lui dit : Envoyons-lui d’abord un message et clarifions s’il avait une raison suffisante de rendre cette décision.
שְׁלַחוּ לֵיהּ: מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף, אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה אוֹ מוּתֶּרֶת? שְׁלַח לְהוּ: אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה. וְאַגְמָא דְסַמְקֵי — מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף, אוֹ מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף? שְׁלַח לְהוּ: מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף הוּא. וּמָר, מַאי טַעְמָא עֲבַד הָכִי?
Ils lui envoyèrent la question suivante : Lorsqu’un homme disparaît dans une étendue d’eau sans fin, sa femme est-elle interdite ou permise, c’est-à-dire peut-elle se remarier ? Il leur envoya en retour : Sa femme est interdite. Ils lui demandèrent en outre : Le lac de Samkei est-il une étendue d’eau avec une limite visible ou une étendue d’eau sans fin ? Il leur envoya une réponse à eux : C’est une étendue d’eau sans fin, puisqu’on ne peut pas voir le bord de l’eau de tous les côtés. Ils lui demandèrent alors : Si tel est le cas, quelle est la raison pour laquelle le Maître, c’est-à-dire Rav Sheila, a agi ainsi, en permettant à la femme de se remarier ?
מִיטְעָא טְעֵינָא, אֲנָא סְבַרִי כֵּיוָן דִּקְווּ וְקָיְימִי — כְּמַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף דָּמֵי, וְלָא הִיא: כֵּיוָן דְּאִיכָּא גַּלֵּי — אֵימוֹר גַּלֵּי אַשְׁפְּלוּ[הּ].
Il leur répondit : Je me suis trompé dans mon raisonnement. J’ai pensé : Puisque les eaux sont rassemblées et stagnantes et ne coulent pas comme une rivière, elles sont considérées comme une étendue d’eau ayant une fin visible. Mais ce n’est pas le cas. Puisqu’il y a des vagues dans cette étendue d’eau, dis que les vagues l’ont emporté hors de notre vue, lui permettant de réapparaître sans être vu.
קָרֵי שְׁמוּאֵל עֲלֵיהּ דְּרַב: ״לֹא יְאוּנֶּה לַצַּדִּיק כׇּל אָוֶן״. קָרֵי רַב עֲלֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: ״וּתְשׁוּעָה בְּרוֹב יוֹעֵץ״.
À la lumière de cette réponse, Shmuel récita ce verset au sujet de Rav : « Aucun malheur n’atteindra le juste » (Proverbes 12:21). Puisque le juste Rav attendit et n’excommunia pas Rav Sheila, il fut empêché de lui causer une injustice. Rav Sheila s’était trompé et n’avait pas violé intentionnellement le décret des Sages interdisant à une femme de se remarier au motif que son mari avait disparu dans une étendue d’eau sans fin. Rav récita ce verset au sujet de Shmuel : « Mais le salut se trouve dans l’abondance des conseils » (Proverbes 11:14), puisque c’est le conseil de Shmuel qui amena Rav à attendre.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי: מַעֲשֶׂה בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם מְכַמְּרִין מִכְמוֹרִין בַּיַּרְדֵּן, וְנִכְנַס אֶחָד מֵהֶם לִמְחִילָּה שֶׁל דָּגִים, וְשָׁקְעָה חַמָּה וְלֹא רָאָה פִּתְחָהּ שֶׁל מְחִילָּה, וְשָׁהָה חֲבֵרוֹ כְּדֵי שֶׁתֵּצֵא נַפְשׁוֹ, וּבָא וְהוֹדִיעַ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. לְמָחָר, זָרְחָה חַמָּה וְהִכִּיר פִּתְחָהּ שֶׁל מְחִילָּה, וּבָא וּמָצָא הֶסְפֵּד גָּדוֹל בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. אָמַר רַבִּי: כַּמָּה גְּדוֹלִים דִּבְרֵי חֲכָמִים, שֶׁאָמְרוּ: מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ מוּתֶּרֶת, שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה.
Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda HaNassi a dit : Un incident s’est produit impliquant deux personnes qui pêchaient avec des filets dans le Jourdain, et l’une d’elles entra dans une grotte contenant un bassin de poissons près du rivage. Entre-temps, le soleil se coucha et celui qui était entré dans la grotte ne pouvait pas voir l’ouverture de la grotte et ne sortit pas, si bien que son compagnon pensa qu’il s’était noyé. Son compagnon attendit assez longtemps pour que son âme soit partie, puis vint informer la maisonnée de l’homme qu’il s’était noyé. Le lendemain, le soleil se leva, et l’homme dans la grotte reconnut l’ouverture de la grotte et sortit par là. Et il vint et trouva dans sa maison de nombreuses lamentations funèbres. Rabbi Yehouda HaNassi dit à ce sujet : Combien grandes sont les paroles des Sages, qui ont dit : Si un homme est tombé dans une étendue d’eau avec une fin visible, sa femme est autorisée à se remarier, mais dans le cas d’une eau sans fin, sa femme est interdite de se remarier.
אִי הָכִי, מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף נָמֵי, לֵיחוּשׁ לִמְחִילָּה שֶׁל דָּגִים! בְּמַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף מְחִילָּה שֶׁל דָּגִים לָא שְׁכִיחָא.
La Guemara demande : Si c’est le cas, même dans le cas d’une étendue d’eau avec une fin visible, nous devrions aussi nous préoccuper d’une grotte contenant un bassin de poissons. Même si l’individu n’est pas remonté pendant une longue période, il est possible qu’il soit entré dans une grotte et soit encore en vie. La Guemara répond : Une grotte contenant un bassin de poissons n’est pas courante dans une étendue d’eau avec une fin visible.
אָמַר רַב אָשֵׁי: הָא דַּאֲמַרוּ רַבָּנַן מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה — הָנֵי מִילֵּי בְּאִינִישׁ דְּעָלְמָא, אֲבָל צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן — לָא. אִי דִּסְלֵיק — קָלָא אִית לֵיהּ. וְלָא הִיא: לָא שְׁנָא אִינִישׁ דְּעָלְמָא, וְלָא שְׁנָא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן, דִּיעֲבַד — אִין, לְכַתְּחִלָּה — לָא.
Rav Ashi a dit : Ce que les Sages ont dit, à savoir que si un homme est tombé dans une étendue d’eau sans fin, sa femme a l’interdiction de se remarier, s’applique seulement à une personne ordinaire qui n’est pas bien connue et pourrait s’éclipser en secret et vivre dans l’anonymat, en cachant le fait qu’elle a survécu. Mais cela ne s’applique pas à un érudit de Torah, car s’il réapparaissait hors de l’eau, cela ferait du bruit et la nouvelle de sa survie se répandrait. La Guemara rejette cela : Il n’en est pas ainsi. Il n’y a pas de différence entre un homme ordinaire et il n’y a pas de différence entre un érudit de Torah. A posteriori, c’est-à-dire si elle s’est remariée, oui, elle peut rester avec son nouveau mari, mais elle ne peut pas se remarier ab initio.
תַּנְיָא, אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: פַּעַם אַחַת הָיִיתִי מְהַלֵּךְ בִּסְפִינָה, וְרָאִיתִי סְפִינָה אַחַת שֶׁנִּשְׁבְּרָה. וְהָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁבָּהּ, וּמַנּוּ — רַבִּי עֲקִיבָא. וּכְשֶׁעָלִיתִי בַּיַּבָּשָׁה, בָּא וְיָשַׁב וְדָן לְפָנַי בַּהֲלָכָה. אָמַרְתִּי לוֹ: בְּנִי, מִי הֶעֶלְךָ? אָמַר לִי: דַּף שֶׁל סְפִינָה נִזְדַּמֵּן לִי, וְכׇל גַּל וְגַל שֶׁבָּא עָלַי — נִעְנַעְתִּי לוֹ רֹאשִׁי.
§ Il a été enseigné dans une baraita : Rabban Gamliel a dit : Une fois, je voyageais sur un bateau, et de loin j’ai vu un bateau qui s’était brisé et avait coulé. Et j’ai été affligé par la mort apparente du sage de la Torah qui se trouvait à bord. Et qui était-ce ? Rabbi Akiva. Mais lorsque j’ai débarqué sur la terre ferme, il est venu, s’est assis et a délibéré devant moi au sujet de la halakha. Je lui ai dit : Mon fils, qui t’a fait remonter hors de l’eau ? Il m’a dit : Une planche du bateau est venue jusqu’à moi, et j’ai baissé la tête devant chaque vague qui venait vers moi. Les vagues ne m’ont pas emporté de la planche, et j’ai atteint le rivage.
מִכָּאן אָמְרוּ חֲכָמִים: אִם יָבוֹאוּ רְשָׁעִים עַל אָדָם — יְנַעְנֵעַ לוֹ רֹאשׁוֹ. אָמַרְתִּי בְּאוֹתָהּ שָׁעָה: כַּמָּה גְּדוֹלִים דִּבְרֵי חֲכָמִים, שֶׁאָמְרוּ: מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף — מוּתֶּרֶת, מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף — אֲסוּרָה.
De là, les Sages ont déclaré : Si des personnes méchantes s’en prennent à quelqu’un, il doit courber la tête devant elles. C’est-à-dire qu’il doit temporairement se retenir et ne pas les combattre, et il sera ainsi sauvé. Après cette remarque parenthétique, la Guemara revient à l’histoire de Rabban Gamliel. J’ai dit à ce moment-là : Que les paroles des Sages sont grandes, eux qui ont dit : Si un homme est tombé dans une étendue d’eau avec une fin visible, sa femme est autorisée à se remarier. Mais dans le cas d’une étendue d’eau sans fin, sa femme est interdite de se remarier.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: פַּעַם אַחַת הָיִיתִי מְהַלֵּךְ בִּסְפִינָה, וְרָאִיתִי סְפִינָה אַחַת שֶׁמִּטָּרֶפֶת בַּיָּם, וְהָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁבָּהּ, וּמַנּוּ — רַבִּי מֵאִיר. כְּשֶׁעָלִיתִי לִמְדִינַת קַפּוֹטְקְיָא, בָּא וְיָשַׁב וְדָן לְפָנַי בַּהֲלָכָה. אָמַרְתִּי לוֹ: בְּנִי, מִי הֶעֶלְךָ? אָמַר לִי: גַּל טְרָדַנִי לַחֲבֵרוֹ, וַחֲבֵרוֹ לַחֲבֵרוֹ, עַד שֶׁהֱקִיאַנִי לַיַּבָּשָׁה. אָמַרְתִּי בְּאוֹתָהּ שָׁעָה: כַּמָּה גְּדוֹלִים דִּבְרֵי חֲכָמִים, שֶׁאָמְרוּ: מַיִם שֶׁיֵּשׁ לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ מוּתֶּרֶת, מַיִם שֶׁאֵין לָהֶם סוֹף — אִשְׁתּוֹ אֲסוּרָה.
Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Akiva a dit : Une fois, je voyageais sur un bateau, et j’ai vu un certain bateau sombrer en mer, et j’ai été affligé par la mort apparente de l’érudit de la Torah qui se trouvait à bord. Et qui était-ce ? Rabbi Meir. Mais lorsque j’ai débarqué dans la province de Cappadoce, il est venu, s’est assis et a débattu devant moi de la halakha. Je lui ai dit : Mon fils, qui t’a fait remonter de l’eau ? Il m’a dit : Une vague m’a porté vers une autre, et cette autre vague vers une autre, jusqu’à ce que j’atteigne le rivage, et une vague m’a rejeté sur la terre ferme. À ce moment-là, j’ai dit : Que les paroles des Sages sont grandes, eux qui ont dit : Si un homme est tombé dans une étendue d’eau avec une fin visible, sa femme est autorisée à se remarier. Mais dans le cas d’une étendue d’eau sans fin, sa femme est interdite de se remarier.
תָּנוּ רַבָּנַן: נָפַל לְגוֹב אֲרָיוֹת — אֵין מְעִידִין עָלָיו. לַחֲפוּרָה מְלֵאָה נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים — מְעִידִין עָלָיו. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: אַף לַחֲפוּרָה מְלֵאָה נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים אֵין מְעִידִין עָלָיו, חָיְישִׁינַן
§ Les Sages ont enseigné : Si une personne est tombée dans une fosse aux lions, on ne peut pas témoigner à son sujet qu’elle est morte, car les lions pourraient ne pas l’avoir tuée. Si elle est tombée dans une fosse remplie de serpents et de scorpions, on peut témoigner de sa mort, car il est certain qu’ils l’ont tuée. Rabbi Yehouda ben Beteira dit : Même si elle est tombée dans une fosse remplie de serpents et de scorpions, on ne peut pas témoigner à son sujet qu’elle est morte, parce que nous craignons