וְלָא אַסְבַּר לְהוּ אַפֵּיהּ. בְּפַנְיָא, כִּי הֲוָה מְנַקֵּט צִיבֵי, דְּרָא צִיבֵי וּמָרָא בְּחַד כַּתְפָּא, וּגְלִימָא בְּחַד כַּתְפָּא. כּוּלַּהּ אוֹרְחָא לָא סָיֵים מְסָאנֵי, כִּי מָטֵי לְמַיָּא סָיֵים מְסָאנֵיהּ. כִּי מְטָא לְהִיזְמֵי וְהִיגֵי דַּלִּינְהוּ לְמָנֵיהּ. כִּי מְטָא לְמָתָא, נָפְקָה דְּבֵיתְהוּ לְאַפֵּיהּ כִּי מִיקַּשְּׁטָא. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, עַלַּת דְּבֵיתְהוּ בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר עָיֵיל אִיהוּ, וַהֲדַר עָיְילִי רַבָּנַן. יְתֵיב וּכְרֵיךְ רִיפְתָּא וְלָא אֲמַר לְהוּ לְרַבָּנַן תּוּ כְּרוּכוּ. פְּלַג רִיפְתָּא לְיָנוֹקֵי, לְקַשִּׁישָׁא — חֲדָא, וּלְזוּטְרָא — תְּרֵי.
mais il ne répondit pas à leurs salutations. Vers le soir, alors qu’il ramassait du bois de chauffage, il plaça le bois et la houe sur une épaule et son manteau sur l’autre épaule. Pendant tout le trajet, il ne porta pas ses chaussures, mais lorsqu’il arriva à l’eau, il mit ses chaussures. Lorsqu’il arriva dans une zone remplie de buissons et d’épines, il releva ses vêtements. Lorsqu’il arriva à la ville, sa femme sortit à sa rencontre, parée de beaux atours. Lorsqu’il arriva chez lui, sa femme entra d’abord, il entra ensuite, puis les deux Sages entrèrent. Il s’assit et mangea du pain, mais il ne dit pas aux Sages : Venez et mangez, comme c’était l’usage et la politesse. Il partagea du pain à ses enfants ; à l’aîné il donna un morceau et au plus jeune il en donna deux.
אֲמַר לַהּ לִדְבֵיתְהוּ: יָדַעְנָא דְּרַבָּנַן מִשּׁוּם מִיטְרָא קָא אָתוּ, נִיסַּק לְאִיגָּרָא וְנִיבְעֵי רַחֲמֵי, אֶפְשָׁר דְּמִרַצֵּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְיֵיתֵי מִיטְרָא וְלָא נַחְזֵיק טֵיבוּתָא לְנַפְשִׁין. סַקוּ לְאִיגָּרָא, קָם אִיהוּ בַּחֲדָא זָוִיתָא, וְאִיהִי בַּחֲדָא זָוִיתָא, קְדוּם סְלוּק עֲנָנֵי מֵהָךְ זָוִיתָא דִּדְבֵיתְהוּ. כִּי נָחֵית אֲמַר לְהוּ: אַמַּאי אֲתוֹ רַבָּנַן? אֲמַרוּ לֵיהּ: שַׁדַּרוּ לַן רַבָּנַן לְגַבֵּי דְּמָר לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי אַמִּיטְרָא. אֲמַר לְהוּ: בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁלֹּא הִצְרִיךְ אֶתְכֶם לְאַבָּא חִלְקִיָּה.
Abba Ḥilkiyya dit à sa femme : Je sais que ces Sages sont venus à cause de la pluie. Montons sur le toit et prions pour la miséricorde. Peut-être que le Saint, béni soit-Il, sera apaisé, et qu’il pleuvra, et que nous-mêmes ne recevrons pas de mérite pour la pluie. Ils montèrent sur le toit. Il se tint dans un coin et elle se tint dans l’autre coin. Des nuages commencèrent à se former du côté où sa femme se tenait. Lorsqu’il descendit, il dit aux Sages : Pourquoi les Sages sont-ils venus ? Ils lui dirent : Les autres Sages nous ont envoyés auprès du Maître, afin que tu pries pour la miséricorde pour la pluie. Il leur dit : Béni soit Dieu, qui n’a pas exigé que vous sollicitiez Abba Ḥilkiyya, car le ciel s’est rempli de nuages et la pluie est certainement en chemin.
אֲמַרוּ לֵיהּ: יָדְעִינַן דְּמִיטְרָא מֵחֲמַת מָר הוּא דַּאֲתָא, אֶלָּא לֵימָא לַן מָר הָנֵי מִילֵּי דִּתְמִיהָא לַן: מַאי טַעְמָא כִּי יָהֵיבְנָא לְמָר שְׁלָמָא לָא אַסְבַּר לַן מָר אַפֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: שְׂכִיר יוֹם הֲוַאי, וְאָמֵינָא: לָא אֶיפַּגַּר. וּמַאי טַעְמָא דְּרָא מָר צִיבֵי אַחַד כַּתְפֵּיהּ וּגְלִימָא אַחַד כַּתְפֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: טַלִּית שְׁאוּלָה הָיְתָה. לְהָכִי שְׁאַלִי, וּלְהָכִי לָא שְׁאַלִי.
Ils lui dirent : Nous savons que la pluie est venue grâce au Maître. Cependant, que le Maître, s’il vous plaît, dise et explique ces aspects de son comportement qui nous laissent perplexes : Quelle est la raison pour laquelle, lorsque nous avons salué le Maître, le Maître n’a pas rendu notre salut ? Il leur dit : Je suis un ouvrier journalier, embauché pour la journée, et je me suis dit à moi-même que je ne devais pas retarder mon travail pour vous répondre. Ils demandèrent encore : Et quelle est la raison pour laquelle le Maître portait le bois sur une épaule et son manteau sur l’autre épaule ? Il leur dit : C’était un vêtement emprunté. Je l’ai emprunté pour ce but, pour le porter, et je ne l’ai pas emprunté pour cet autre but, pour y poser du bois.
מַאי טַעְמָא כּוּלַּהּ אוֹרְחָא לָא סָיֵים מָר מְסָאנֵיהּ וְכִי מָטֵי לְמַיָּא סָיֵים מְסָאנֵיהּ? אֲמַר לְהוּ: כּוּלַּהּ אוֹרְחָא חָזֵינָא, בְּמַיָּא לָא קָא חָזֵינָא. מַאי טַעְמָא כִּי מְטָא מָר לְהִיזְמֵי וְהִיגֵי דַּלִּינְהוּ לְמָנֵיהּ? אֲמַר לְהוּ: זֶה מַעֲלֶה אֲרוּכָה, וְזֶה אֵינוֹ מַעֲלֶה אֲרוּכָה.
Les Sages continuèrent à interroger Abba Ḥilkiyya sur son comportement inhabituel. Quelle est la raison pour laquelle pendant tout le trajet le Maître ne portait pas ses chaussures, mais lorsqu'il arriva à l'eau il mit ses chaussures ? Il leur dit : Pendant tout le trajet, je peux voir et faire attention à l'endroit où je marche, et il n'est donc pas nécessaire d'user mes chaussures, mais dans l'eau je ne peux pas voir. C'est pourquoi je mets mes chaussures pour éviter de me blesser. Ils demandèrent : Quelle est la raison pour laquelle lorsque le Maître arriva à des buissons et des épines, il releva ses vêtements ? Il leur dit : Cette chair guérira si elle est égratignée par des épines, mais ce vêtement ne guérira pas s'il est déchiré.
מַאי טַעְמָא כִּי מְטָא מָר לְמָתָא נָפְקָא דְּבֵיתְהוּ דְּמָר כִּי מִיקַּשְּׁטָא? אֲמַר לְהוּ: כְּדֵי שֶׁלֹּא אֶתֵּן עֵינַי בְּאִשָּׁה אַחֶרֶת. מַאי טַעְמָא עָיְילָא הִיא בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר עָיֵיל מָר אַבָּתְרַהּ, וַהֲדַר עָיְילִינַן אֲנַן? אֲמַר לְהוּ מִשּׁוּם דְּלָא בְּדִיקִיתוּ לִי.
Ils demandèrent encore : Quelle est la raison pour laquelle, lorsque le Maître arriva dans la ville, l’épouse du Maître sortit parée de ses ornements ? Il leur dit : Elle s’habille ainsi afin que, lorsque je marche dans la ville, je ne porte pas les yeux sur une autre femme. Ils demandèrent : Quelle est la raison pour laquelle elle entra d’abord, puis le Maître entra, et ce n’est qu’ensuite que nous sommes entrés ? Il leur dit : Parce que vous n’avez pas été mis à l’épreuve par moi. Je ne peux pas être certain de la manière dont vous agirez, et c’est pourquoi je n’ai pas voulu que vous soyez seuls avec mon épouse.
מַאי טַעְמָא כִּי כָּרֵיךְ מָר רִיפְתָּא לָא אֲמַר לַן ״אֵיתוֹ כְּרוּכוּ״? מִשּׁוּם דְּלָא נְפִישָׁא רִיפְתָּא, וְאָמֵינָא: לָא אַחְזֵיק בְּהוּ בְּרַבָּנַן טֵיבוּתָא בְּחִנָּם. מַאי טַעְמָא יְהֵיב מָר לְיָנוֹקָא קַשִּׁישָׁא חֲדָא רִיפְתָּא וּלְזוּטְרָא תְּרֵי? אֲמַר לְהוּ: הַאי — קָאֵי בְּבֵיתָא, וְהַאי — יָתֵיב בְּבֵי כְנִישְׁתָּא.
Les Sages n’en avaient pas fini avec leurs questions. Quelle est la raison pour laquelle, lorsque le Maître mangeait du pain, vous ne nous avez pas dit : Venez et mangez ? Il répondit : Parce qu’il n’y a pas assez de pain pour les invités, et je me suis dit que je ne devais pas recevoir de mérite des Sages pour rien, en vous offrant une nourriture que je ne peux pas vous servir. Ils demandèrent : Quelle est la raison pour laquelle le Maître a donné à l’enfant plus âgé un morceau de pain et à l’enfant plus jeune deux ? Il leur dit : Cet enfant plus âgé reste à la maison, et s’il a faim il peut manger à tout moment, mais cet enfant plus jeune est assis et étudie à la synagogue, et c’est pourquoi il a plus faim.
וּמַאי טַעְמָא קְדֻים סְלוּק עֲנָנֵי מֵהָךְ זָוִיתָא דַּהֲווֹת קָיְימָא דְּבֵיתְהוּ דְּמָר לַעֲנָנָא דִידֵיהּ? מִשּׁוּם דְּאִיתְּתָא שְׁכִיחָא בְּבֵיתָא, וְיָהֲבָא רִיפְתָּא לַעֲנִיֵּי, וּמְקָרְבָא הֲנָיָיתַהּ. וַאֲנָא יָהֵיבְנָא זוּזָא, וְלָא מְקָרְבָא הֲנָיָיתֵיהּ. אִי נָמֵי: הָנְהוּ בִּירְיוֹנֵי דְּהָווּ בְּשִׁיבָבוּתַן, אֲנָא בָּעֵי רַחֲמֵי דְּלֵימוּתוּ, וְהִיא בָּעֲיָא רַחֲמֵי דְּלִיהְדְּרוּ בִּתְיוּבְתָּא [וַהֲדַרוּ].
Les deux Sages avaient une dernière série de questions pour Abba Ḥilkiyya. Et quelle est la raison pour laquelle les nuages ont commencé à se former du côté où se tenait la femme du Maître avant ton propre côté ? Il expliqua : Parce que ma femme est souvent à la maison, et elle donne du pain aux pauvres, et par conséquent son apport de bénéfice aux nécessiteux est immédiat, c’est-à-dire que, peu après la pluie, elle peut fournir des provisions aux nécessiteux. En conséquence, ses prières sont exaucées sans délai. En revanche, je donne de l’argent aux pauvres, et, par conséquent, le bénéfice de mon don n’est pas immédiat, c’est-à-dire qu’il faut beaucoup de temps avant que la pluie n’aboutisse à ma capacité de donner de l’argent aux pauvres. Autrement, ses prières ont peut-être été exaucées d’abord parce que lorsque certains voyous [biryonei] vivaient dans notre quartier, je priais pour qu’ils meurent, mais elle priait pour qu’ils se repentent. Et, en effet, ils se sont repentis.
חָנָן הַנֶּחְבָּא בַּר בְּרַתֵּיה דְּחוֹנִי הַמְעַגֵּל הֲוָה, כִּי מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא, הֲווֹ מְשַׁדְּרִי רַבָּנַן יָנוֹקֵי דְּבֵי רַב לְגַבֵּיהּ וְנָקְטִי לֵיהּ בְּשִׁיפּוּלֵי גְלִימֵיהּ, וַאֲמַרוּ לֵיהּ: אַבָּא, אַבָּא, הַב לַן מִיטְרָא! אָמַר לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! עֲשֵׂה בִּשְׁבִיל אֵלּוּ, שֶׁאֵין מַכִּירִין בֵּין אַבָּא דְּיָהֵיב מִיטְרָא, לְאַבָּא דְּלָא יָהֵיב מִיטְרָא. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״חָנָן הַנֶּחְבָּא״ — מִפְּנֵי שֶׁהָיָה מַחְבִּיא עַצְמוֹ בְּבֵית הַכִּסֵּא.
§ La Guemara rapporte une autre histoire au sujet d’un descendant de Ḥoni HaMe’aggel. Ḥanan HaNeḥba était le fils de la fille de Ḥoni HaMe’aggel. Lorsque le monde avait besoin de pluie, les Sages lui envoyaient des écoliers, et ils le saisissaient par le pan de son manteau et lui disaient : Père, Père, donne-nous de la pluie. Il disait devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, agis en faveur de ces enfants, qui ne peuvent pas distinguer entre leur Père au Ciel, Qui peut fournir la pluie, et le père qui ne peut pas fournir la pluie. La Guemara demande : Et pourquoi l’appelait-on Ḥanan HaNeḥba ? Parce qu’il se cachait [maḥbi] dans les latrines afin que les gens ne lui rendent pas honneur.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זְרִיקָא לְרַב סָפְרָא: תָּא חֲזִי מָה בֵּין תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל לַחֲסִידֵי דְבָבֶל. חֲסִידֵי דְבָבֶל רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא, כִּי הֲוָה מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא אָמְרִי: נִיכַּנֵּיף הֲדָדֵי וְנִיבְעֵי רַחֲמֵי, אֶפְשָׁר דְּמִירַצֵּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא דְּיֵיתֵי מִיטְרָא.
La Guemara raconte une autre histoire au sujet de personnes justes priant pour la pluie. Rabbi Zerika dit à Rav Safra : Viens et vois quelle est la différence entre les hommes puissants d’Eretz Yisrael et les hommes pieux de Babylonie. Cette comparaison vise à souligner la droiture des grands hommes d’Eretz Yisrael. Par les hommes pieux de Babylonie, j’entends Rav Houna et Rav Ḥisda. Lorsque le monde a besoin de pluie, ces Sages disent : Assemblons-nous et prions pour la miséricorde, et peut-être que le Saint, béni soit-Il, s’apaisera et fera tomber la pluie. De cette manière, les hommes pieux de Babylonie rendaient publiques leurs prières pour la pluie.
תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל כְּגוֹן רַבִּי יוֹנָה אֲבוּהּ דְּרַבִּי מָנִי, כִּי הֲוָה מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא, הֲוָה עָיֵיל לְבֵיתֵיהּ וַאֲמַר לְהוּ: הַבוּ לִי גּוּאַלְקִי, וְאֵיזִיל וְאַיְיתֵי לִי בְּזוּזָא עִיבוּרָא. כִּי הֲוָה נָפֵיק לְבָרָא, אָזֵיל וְקָאֵי בְּדוּכְתָּא עַמִּיקְתָּא, דִּכְתִיב: ״מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה׳״, וְקָאֵי בְּדוּכְתָּא צְנִיעָא, וּמִכַּסֵּי בְּשַׂקָּא, וּבָעֵי רַחֲמֵי, וְאָתֵי מִיטְרָא. כִּי הֲוָה אָתֵי לְבֵיתֵיהּ, אָמְרִי לֵיהּ: אַיְיתִי מָר עִיבוּרָא? אֲמַר לְהוּ: אָמֵינָא, הוֹאִיל וַאֲתָא מִיטְרָא, הַשְׁתָּא רָוַוח עָלְמָא.
En revanche, les hommes puissants d’Eretz Yisrael, tels que Rabbi Yona, le père de Rabbi Mani, agissaient différemment. Lorsque le monde avait besoin de pluie, il entrait dans sa maison et disait à sa maisonnée : Donnez-moi mon sac [gevalki] et j’irai m’acheter un dinar de grain. Lorsqu’il sortait, il allait se tenir dans un endroit bas, comme il est écrit : « Des profondeurs je T’ai appelé, ô Seigneur » (Psaumes 130:1). Et il se tenait dans un endroit retiré, et se couvrait d’un sac, et priait pour la miséricorde, et la pluie venait. Lorsqu’il rentrait chez lui, on lui disait : Le Maître a-t-il apporté du grain ? Il leur disait : Je me suis dit à moi-même que, puisque la pluie est maintenant venue, il y aura du soulagement dans le monde et les prix baisseront bientôt. De cette manière, il cachait sa grandeur même à sa propre maisonnée.
וְתוּ, רַבִּי מָנִי בְּרֵיהּ הֲווֹ קָא מְצַעֲרִי לֵיהּ דְּבֵי נְשִׂיאָה. אִישְׁתַּטַּח עַל קִבְרָא דַאֲבוּהּ, אֲמַר לֵיהּ: אַבָּא אַבָּא! הָנֵי מְצַעֲרוּ לִי. יוֹמָא חַד הֲווֹ קָא חָלְפִי הָתָם, אִינְּקוּט כַּרְעָא דְסוּסָווֹתַיְיהוּ עַד דְּקַבִּילוּ עֲלַיְיהוּ דְּלָא קָא מְצַעֲרוּ לֵיהּ.
De plus, la Guemara raconte que Rabbi Mani, le fils de Rabbi Yona, était persécuté par des membres de la maison du Nasi. Il se prosterna sur la tombe de son père et lui dit : Père, père, ces hommes me persécutent. Un jour, ces hommes passaient par là, près de la tombe, et les pattes de leurs chevaux restèrent coincées dans le sol jusqu’à ce qu’ils acceptent de ne plus persécuter Rabbi Mani.
וְתוּ: רַבִּי מָנִי הֲוָה שְׁכִיחַ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב, אֲמַר לֵיהּ: עַתִּירֵי דְּבֵי חָמִי קָא מְצַעֲרוּ לִי. אֲמַר: לִיעֲנוֹ, וְאִיעֲנוֹ. אֲמַר: קָא דָחֲקוּ לִי. אֲמַר: לִיעַתְּרוּ, וְאִיעַתַּרוּ.
De plus, la Guemara raconte que Rabbi Mani se trouvait fréquemment devant Rabbi Yitzḥak ben Elyashiv, un faiseur de miracles bien connu. Un jour, Rabbi Mani lui dit : Les membres riches de la maison de mon beau-père me persécutent. Rabbi Yitzḥak dit : Qu’ils deviennent pauvres, afin qu’ils ne te dominent plus. Et, en effet, ils devinrent pauvres. Quelque temps plus tard, Rabbi Mani dit à son maître : Maintenant qu’ils sont pauvres, ils font pression sur moi pour obtenir un soutien financier. Rabbi Yitzḥak dit : Qu’ils redeviennent riches. Et, en effet, ils redevinrent riches.
אֲמַר: לָא מִיקַּבְּלִי עֲלַי אִינָשֵׁי בֵּיתִי. אֲמַר לֵיהּ: מָה שְׁמַהּ? חַנָּה. תִּתְיַיפִּי חַנָּה. וְנִתְיַיפֵּת. אֲמַר לֵיהּ: קָא מִגַּנְדְּרָא עֲלַי. אֲמַר לֵיהּ: אִי הָכִי תַּחְזוֹר חַנָּה לְשַׁחְרוּרִיתָהּ, וְחָזְרָה חַנָּה לְשַׁחְרוּרִיתָהּ.
Rabbi Mani dit à son maître : Les membres de ma maison, c’est-à-dire ma femme, ne me sont pas agréables, car elle n’est pas belle. Rabbi Yitzḥak dit : Quel est son nom ? Rabbi Mana répondit : Ḥana. Rabbi Yitzḥak déclara : Que Ḥana devienne belle, et en effet elle devint belle. Après quelque temps, Rabbi Mani dit à Rabbi Yitzḥak : Elle agit avec hauteur envers moi, en raison de sa grande beauté. Il lui dit : Si tel est le cas, que Ḥana retourne à son apparence disgracieuse, et elle retourna à son apparence disgracieuse.
הָנְהוּ תְּרֵי תַלְמִידֵי דַּהֲווֹ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב, אֲמַרוּ לֵיהּ: נִיבְעֵי מָר רַחֲמֵי עֲלַן דְּנִיחֲכֵים טוּבָא. אֲמַר לְהוּ: עִמִּי הָיְתָה, וּשְׁלַחְתִּיהָ.
La Guemara raconte : Ces deux étudiants, qui étaient assis devant le rabbin Yitzḥak ben Elyashiv, lui dirent : Que le Maître prie pour la miséricorde en notre faveur, afin que nous devenions très sages. Il leur dit : Ce pouvoir était bien avec moi à une certaine époque, car j’avais l’habitude de pouvoir prier pour des choses de ce genre, mais je m’en suis défait. J’ai pris sur moi de ne jamais prier pour des changements dans l’ordre du monde.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין הֲוָה שְׁכִיחַ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי דְּמִן יוֹקֶרֶת. שִׁבְקֵיהּ, וַאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי.
La Guemara cite une autre histoire impliquant une plainte. Rabbi Yossei bar Avin se trouvait fréquemment devant Rabbi Yossei de Yokrat. À un certain moment, il le quitta et vint étudier devant Rav Ashi, qui ne le reconnut pas.