וְתוּ לָא מִידֵּי.
La Guemara note : Et il n’y a rien de plus à discuter ici. Il est clair que les opinions de Rabbi Akiva et de Rabbi Shimon ne coïncident pas nécessairement.
גִּדְּלוֹ בִּדְפוּס וַעֲשָׂאוֹ כְּמִין בְּרִיָּה אַחֶרֶת — פָּסוּל. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא כְּמִין בְּרִיָּה אַחֶרֶת, אֲבָל כִּבְרִיָּיתוֹ — כָּשֵׁר. פְּשִׁיטָא! כְּמִין בְּרִיָּה אַחֶרֶת (תְּנַן)! לָא צְרִיכָא, דַּעֲבִידָא דַּפֵּי דַּפֵּי.
La baraita continue : S'il a fait pousser l’etrog dans un moule et l’a façonné pour qu’il paraisse comme une espèce différente, il est invalide. Rava a dit : Les Sages ont enseigné qu’il est invalide seulement s’il l’a façonné pour qu’il paraisse comme une espèce différente ; cependant, s’il a façonné l’etrog de sorte qu’il paraisse encore comme sa propre espèce, il est valide. La Guemara demande : Cela est évident ; l’expression : Comme une espèce différente, est explicitement enseignée dans la baraita. S’il est façonné comme sa propre espèce, il est valide. La Guemara répond : Non, la déclaration de Rava est nécessaire pour déclarer valide un etrogqui est façonné sous la forme de nombreuses planches, c’est-à-dire des morceaux de bois attachés les uns aux autres. Bien que sa forme ne soit pas exactement celle d’un etrog ordinaire, il ressemble suffisamment à un etrog ordinaire et il est valide.
אִיתְּמַר אֶתְרוֹג שֶׁנְּקָבוּהוּ עַכְבָּרִים, אָמַר רַב: אֵין זֶה הָדָר. אִינִי? וְהָא רַבִּי חֲנִינָא מְטַבֵּיל בֵּהּ וְנָפֵיק בֵּהּ! וּלְרַבִּי חֲנִינָא קַשְׁיָא מַתְנִיתִין!
§ Il a été enseigné que les amora’im sont en désaccord au sujet d’un etrog que des souris ont percé. Rav a dit : Cela n’est pas beau. Est-ce bien le cas ? Mais Rabbi Ḥanina ne trempait-il pas son etrog, en mangeait une partie, et s’acquittait de son obligation avec ce qu’il en restait ? La Guemara demande : Et selon Rabbi Ḥanina, la michna pose une difficulté, puisqu’elle affirme qu’un etrog incomplet est invalide.
בִּשְׁלָמָא מַתְנִיתִין לְרַבִּי חֲנִינָא לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן, כָּאן בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי. אֶלָּא לְרַב קַשְׁיָא! אָמַר לְךָ רַב: שָׁאנֵי עַכְבָּרִים דִּמְאִיסִי.
La Guemara explique : Certes, selon Rabbi Ḥanina, la michna ne pose pas de difficulté, car on peut expliquer que ici, lorsque la michna interdit d’utiliser un etrog incomplet, il s’agit de l’accomplissement de la mitsva le premier jour de la fête de Souccot, lorsqu’une prise complète des espèces est requise ; et là-bas, lorsque la conduite de Rabbi Ḥanina mène à la conclusion qu’un etrog incomplet est valide, il s’agit de l’accomplissement de la mitsva le deuxième jour de la fête ou par la suite. Cependant, selon Rav, qui a dit qu’un etrog percé par des souris est invalide, la conduite de Rabbi Ḥanina est difficile, car l’exigence de beauté s’applique pendant les sept jours. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car Rav aurait pu te dire : Les souris sont différentes, car elles sont répugnantes. Lorsque des souris percent un etrog, ce qui en reste est à l’opposé de la beauté. Lorsqu’une personne mord un etrog, ce qui en reste peut encore être considéré comme beau.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב: זֶה הָדָר, דְּהָא רַבִּי חֲנִינָא מְטַבֵּיל בֵּהּ וְנָפֵיק בֵּהּ. וּלְרַבִּי חֲנִינָא קַשְׁיָא מַתְנִיתִין! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן, כָּאן בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי.
§ Certains disent cet échange autrement. Rav a dit au sujet d’un etrog que des souris ont percé : Cela est beau, car Rabbi Ḥanina trempait son etrog, en mangeait une partie, et s’acquittait de son obligation avec ce qu’il en restait, indiquant qu’un etrog incomplet est valable. La Guemara demande : Et selon Rabbi Ḥanina, la michna est difficile, puisqu’elle affirme qu’un etrog incomplet est invalide. La Guemara répond : La michna n’est pas difficile ; ici, il s’agit d’accomplir la mitsva le premier jour de la fête de Souccot ; là-bas, il s’agit d’accomplir la mitsva le deuxième jour de la fête ou par la suite.
אֶתְרוֹג קָטָן וְכוּ׳. אָמַר רַפְרָם בַּר פָּפָּא: כְּמַחְלוֹקֶת כָּאן, כָּךְ מַחְלוֹקֶת בַּאֲבָנִים מְקוּרְזָלוֹת. דְּתַנְיָא: בְּשַׁבָּת שָׁלֹשׁ אֲבָנִים מְקוּרְזָלוֹת מוּתָּר לְהַכְנִיס לְבֵית הַכִּסֵּא, וְכַמָּה שִׁיעוּרָן? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כֶּאֱגוֹז, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּבֵיצָה.
Une divergence entre Rabbi Meir et Rabbi Yehuda est citée dans une michna concernant la mesure minimale d’un petit etrog. Rafram bar Pappa a dit : De même que la divergence ici, ainsi en est-il de la divergence concernant la question des pierres arrondies, comme cela a été enseigné dans une baraita : Le Chabbat, trois pierres arrondies peuvent être apportées aux toilettes afin de s’en nettoyer. Bien qu’en général on ne puisse pas déplacer des pierres le Chabbat parce qu’elles sont mises à l’écart de l’usage, les Sages l’ont permis par égard pour la dignité humaine. Cependant, ils étaient en désaccord quant à la taille de ces pierres. Et quelle est leur mesure ? Rabbi Meir dit : le volume d’une noix ; Rabbi Yehuda dit : le volume d’un œuf. Il est clair que les justifications de ces divergences sont différentes ; cependant, puisque les mesures respectives sont identiques, l’analogie peut servir de moyen mnémotechnique.
וּבַגָּדוֹל כְּדֵי שֶׁיֹּאחַז כּוּ׳. תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי עֲקִיבָא שֶׁבָּא לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְאֶתְרוֹגוֹ עַל כְּתֵפוֹ! אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: מִשָּׁם רְאָיָה? אַף הֵם אָמְרוּ לוֹ: אֵין זֶה הָדָר.
La michna continue : Quant à un etrog grand, la mesure maximale est qu’on puisse en tenir deux dans une seule main ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossei dit : Il est valable même s’il est si grand qu’on ne peut en tenir qu’un seul à deux mains. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei a dit : Il y eut un incident concernant Rabbi Akiva, qui vint à la synagogue, et son etrog était si grand qu’il le portait sur son épaule. Apparemment, on peut s’acquitter de son obligation avec un grand etrog. Rabbi Yehouda lui dit : Y a-t-il une preuve de là ? Dans ce cas aussi, les Sages lui dirent : Cela n’est pas beauté.
מַתְנִי׳ אֵין אוֹגְדִין אֶת הַלּוּלָב אֶלָּא בְּמִינוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֲפִילּוּ (בְּחוּט) בִּמְשִׁיחָה. אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מַעֲשֶׂה בְּאַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם שֶׁהָיוּ אוֹגְדִין אֶת לוּלְבֵיהֶן בְּגִימוֹנִיּוֹת שֶׁל זָהָב. אָמְרוּ לוֹ: בְּמִינוֹ הָיוּ אוֹגְדִין אוֹתוֹ מִלְּמַטָּה.
MICHNA :On ne peut attacher le loulav qu’avec sa propre espèce ; c’est-à-dire avec l’une des quatre espèces prises avec le loulav. Telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Meïr dit : On peut le faire même avec une ficelle ou avec un cordon. Rabbi Meïr a dit : Il y eut un incident concernant les hommes de Jérusalem qui attachaient leurs loulavim avec des anneaux d’or. Les Sages lui dirent : Ils l’attachaient avec sa propre espèce en dessous des anneaux, qui ne servent qu’à des fins décoratives et non halakhiques.
גְּמָ׳ אָמַר רָבָא: אֲפִילּוּ בְּסִיב, אֲפִילּוּ בְּעִיקָּרָא דְּדִיקְלָא. וְאָמַר רָבָא: מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה, קָסָבַר: לוּלָב צָרִיךְ אֶגֶד, וְאִי מַיְיתֵי מִינָא אַחֲרִינָא — הָוֵה חַמְשָׁה מִינֵי.
GUEMARA :Rava a dit : On peut attacher le lulav même avec des fibres qui poussent autour du tronc du palmier dattier, et même avec un morceau du tronc du palmier dattier. Et Rava a dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehouda ? Il soutient qu’un lulav nécessite d’être attaché, et si l’on apporte une autre espèce pour attacher le lulav, il y aura cinq espèces et l’on transgressera l’interdiction d’ajouter aux mitsvot.
וְאָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ דְּסִיב וְעִיקָּרָא דְּדִיקְלָא מִינָא דְלוּלַבָּא הוּא — דְּתַנְיָא: ״בַּסּוּכּוֹת תֵּשְׁבוּ״, סוּכָּה שֶׁל כׇּל דָּבָר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין סוּכָּה נוֹהֶגֶת אֶלָּא בְּאַרְבָּעָה מִינִים שֶׁבַּלּוּלָב. וְהַדִּין נוֹתֵן: וּמָה לוּלָב שֶׁאֵין נוֹהֵג בַּלֵּילוֹת כְּבַיָּמִים, אֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא בְּאַרְבַּעַת מִינִין, סוּכָּה שֶׁנּוֹהֶגֶת בַּלֵּילוֹת כְּבַיָּמִים — אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא תְּהֵא אֶלָּא בְּאַרְבַּעַת מִינִין!
Et Rava dit encore : D’où dis-je cette halakha selon laquelle les fibres et le tronc du palmier dattier sont de l’espèce du loulav ? C’est comme il est enseigné dans une baraita où il est écrit : « Vous résiderez dans des sukkot pendant sept jours » (Lévitique 23:42), ce qui signifie une sukka faite de n’importe quel matériau, car la Torah n’a pas été particulière quant au matériau à utiliser pour la couverture ; toute espèce peut être utilisée à condition qu’elle ait poussé de la terre et qu’elle ne soit pas susceptible à l’impureté. Telle est la déclaration de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : La mitsva de la sukka n’est pratiquée qu’avec les quatre espèces du loulav comme couverture. Et, affirme-t-il, la logique dicte qu’il en est ainsi, car cela est dérivé au moyen d’une inférence a fortiori : De même que la mitsva du loulav, qui n’est pas pratiquée la nuit comme elle l’est le jour, n’est pratiquée qu’avec les quatre espèces, en ce qui concerne la mitsva de la sukka, qui est pratiquée la nuit comme elle l’est le jour, n’est-il pas juste que sa couverture ne soit faite que des quatre espèces ?
אָמְרוּ לוֹ: כׇּל דִּין שֶׁאַתָּה דָּן תְּחִלָּתוֹ לְהַחְמִיר וְסוֹפוֹ לְהָקֵל — אֵינוֹ דִּין.
Les rabbins lui dirent : Ce n’est pas une inférence a fortiori, car toute inférence a fortiori que tu déduis au départ pour être rigoureuse, mais qui finalement en vient à être indulgente, n’est pas une inférence légitime a fortiori. Si, au bout du compte, la rigueur mène à une indulgence, tout le fondement de l’inférence est sapé.