אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: ״עַרְבֵי״ — שְׁתַּיִם. אַחַת לַלּוּלָב, וְאַחַת לַמִּקְדָּשׁ.
Abba Shaul dit : « Saules » au pluriel enseigne qu’il y a deux mitsvot qui impliquent l’usage de la branche de saule. L’une est la branche de saule pour le loulav, et l’une est la branche de saule prise pour le Temple, avec laquelle le peuple faisait le tour de l’autel à Souccot.
וְרַבָּנַן, לַמִּקְדָּשׁ מְנָא לְהוּ? הִלְכְתָא גְּמִירִי לְהוּ. דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עֶשֶׂר נְטִיעוֹת, עֲרָבָה וְנִיסּוּךְ הַמַּיִם — הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי.
Et les Rabbins, qui n’interprètent pas le verset de cette manière, d’où tirent-ils la mitsva de la branche de saule pour le Temple ? C’est une halakha transmise à Moïse au Sinaï qu’ils ont apprise par tradition et non d’un verset, comme l’a dit Rabbi Asi selon qui Rabbi Yoḥanan a dit : Il y a trois halakhot pour lesquelles les Sages ont cherché en vain une source dans la Torah. La première est la halakha desdix jeunes pousses. Il existe une mitsva selon la loi de la Torah d’étendre la sainteté de l’année sabbatique et de commencer à s’abstenir de labourer trente jours avant le début de l’année sabbatique. Cependant, on peut labourer autour de jeunes pousses individuelles pour les maintenir. Dans un champ d’un beit se’a, cinquante sur cinquante coudées, dans lequel se trouvent dix jeunes pousses espacées uniformément, il est permis de labourer tout le champ jusqu’à l’arrivée de l’année sabbatique afin de maintenir les jeunes pousses. La deuxième halakha est la mitsva de la branche de saule dans le Temple. Et la troisième halakha est la mitsva de la libation d’eau sur l’autel, qui accompagne les offrandes quotidiennes chaque jour de Souccot, avec la libation quotidienne de vin. Aucune source dans la Torah n’a été trouvée pour ces halakhot, car chacune est une halakha transmise à Moïse au Sinaï.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״עַרְבֵי נַחַל״ — הַגְּדֵילוֹת עַל הַנַּחַל, פְּרָט לְצַפְצָפָה הַגְּדֵילָה בֵּין הֶהָרִים. אָמַר רַבִּי זֵירָא, מַאי קְרָאָה: ״קָח עַל מַיִם רַבִּים צַפְצָפָה שָׂמוֹ״.
Les Sages ont enseigné une baraita supplémentaire : « Les saules du torrent » désigne ceux qui poussent au bord de la rivière, ce qui vient exclure une tzaftzafa, qui pousse parmi les montagnes et non près d’un torrent. Rabbi Zeira a dit : Quel est le verset d’où l’on déduit que la tzaftzafa est impropre ? Cela est déduit de la réprimande écrite : « Il l’a placée près de grandes eaux et l’a mise comme une tzaftzafa » (Ézéchiel 17:5). Le peuple juif a été planté comme un saule près de grandes eaux, mais il est finalement devenu comme une tzaftzafa. Apparemment, une tzaftzafa ne pousse pas près de grandes eaux.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְדִילְמָא פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ — ״קָח עַל מַיִם רַבִּים״, וּמַאי נִיהוּ — צַפְצָפָה! אִם כֵּן, מַאי ״שָׂמוֹ״? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲנִי אָמַרְתִּי שֶׁיְּהוּ יִשְׂרָאֵל לְפָנַי כְּ״קָח עַל מַיִם רַבִּים״, וּמַאי נִיהוּ — עֲרָבָה, וְהֵן שָׂמוּ עַצְמָן כְּצַפְצָפָה שֶׁבֶּהָרִים.
Abaye dit à Rabbi Zeira : Et peut-être la seconde partie du verset n’est-elle qu’une simple explication de la première partie, et signifie : Il l’a placé près de grandes eaux, et qu’est-ce donc qu’Il y a placé ? C’est un tzaftzafa. Rabbi Zeira répondit : Si c’est le cas, et que tel est le sens du verset, quel est alors le sens du terme « il l’a placé » ? Au contraire, le verset signifie que la branche de saule a été transformée en tzaftzafa. C’est ainsi que Rabbi Abbahu expliqua le verset, car Rabbi Abbahu a dit que le Saint, béni soit-Il, a dit : J’ai dit que le peuple juif devrait être devant Moi comme une plante placée près de grandes eaux, et qu’est-ce donc que cette plante ? C’est un saule. Et ils se sont faits comme un tzaftzafa des montagnes.
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ לְהַאי קְרָא אַמַּתְנִיתָא: ״קָח עַל מַיִם רַבִּים צַפְצָפָה שָׂמוֹ״. מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי זֵירָא: וְדִילְמָא פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ ״קָח עַל מַיִם רַבִּים״, מַאי נִיהוּ — צַפְצָפָה! אִם כֵּן — מַאי ״שָׂמוֹ״? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲנִי אָמַרְתִּי שֶׁיְּהוּ יִשְׂרָאֵל לְפָנַי כְּ״קָח עַל מַיִם רַבִּים״, וּמַאי נִיהוּ — עֲרָבָה, וְהֵן שָׂמוּ עַצְמָן כְּצַפְצָפָה שֶׁבֶּהָרִים.
Certains ont enseigné ce verset comme la conclusion de la baraita, et Rabbi Zeira a soulevé l’objection, et la réponse à son objection est anonyme : Il l’a placée près de grandes eaux, et l’a mise comme une tzaftzafa. Rabbi Zeira objecte vivement : Et peut-être que la seconde partie du verset n’est qu’une explication de la première partie, et qu’elle signifie : Il l’a placée près de grandes eaux, et qu’est-ce que c’est qu’Il y a placé là ? C’est une tzaftzafa. La Guemara rejette cette suggestion : Si tel est le cas, et que tel est le sens du verset, quel est alors le sens du terme « l’a mise » ? Rabbi Abbahou a dit que le Saint, béni soit-Il, a dit : J’ai dit que le peuple juif devrait être devant Moi comme une plante placée près de grandes eaux, et qu’est-ce que c’est que cette plante ? C’est un saule. Et ils se sont faits comme une tzaftzafa des montagnes.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵי זֶהוּ עֲרָבָה וְאֵיזֶהוּ צַפְצָפָה? עֲרָבָה, קָנֶה שֶׁלָּהּ אָדוֹם, וְעָלֶה שֶׁלָּהּ מָשׁוּךְ וּפִיהָ חָלָק. צַפְצָפָה, קָנֶה שֶׁלָּהּ לָבָן, וְעָלֶה שֶׁלָּהּ עָגוֹל וּפִיהָ דּוֹמֶה לְמַגָּל. וְהָא תַּנְיָא: דּוֹמֶה לְמַגָּל כָּשֵׁר, דּוֹמֶה לְמַסָּר — פָּסוּל! אֲמַר אַבָּיֵי: כִּי תַּנְיָא הָהִיא, בְּחִילְפָא גִּילָא.
À propos des caractéristiques définissant la branche de saule, par contraste avec des espèces similaires qui sont impropres, les Sages ont enseigné : Qu’est-ce qu’un saule et qu’est-ce qu’une tzaftzafa ? En ce qui concerne un saule, sa tige est rouge, sa feuille est allongée, et le bord de sa feuille est lisse. En ce qui concerne une tzaftzafa, sa tige est blanche, sa feuille est ronde, et le bord de sa feuille est dentelé comme une faucille. La Guemara objecte : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Si le bord de sa feuille est dentelé comme une faucille, elle est valide, mais s’il est dentelé comme une scie, dont les dents sont inégales tant par la taille que par la disposition, elle est impropre ? Abaye a dit : Lorsque cette baraita a été enseignée, elle faisait référence à un type particulier de saule appelé ḥilfa gila, dont les feuilles sont dentelées. Cependant, tous les autres types de branches de saule ont des feuilles au bord lisse.
אָמַר אַבָּיֵי: שְׁמַע מִינַּהּ הַאי חִילְפָא גִּילָא — כָּשֵׁר לְהוֹשַׁעְנָא. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: הוֹאִיל וְאִית לֵיהּ שֵׁם לְוַוי לָא נִתַּכְשַׁר, קָא מַשְׁמַע לַן.
Abaye a dit : Déduis-en que ce ḥilfa gila est apte à être utilisé pour la hoshana des quatre espèces. La Guemara s’interroge : Cela est évident. La Guemara répond : De peur que tu ne dises que, puisque son nom est accompagné d’un qualificatif, puisqu’on l’appelle ḥilfa gila, il ne devrait pas être apte. Par conséquent, Abaye nous enseigne qu’il est apte.
וְאֵימָא הָכִי נָמֵי! ״עַרְבֵי נַחַל״ אָמַר רַחֲמָנָא, מִכׇּל מָקוֹם.
La Guemara demande : Et dis qu’il en est effectivement ainsi, puisque, dès lors que son nom est accompagné d’un qualificatif, elle est invalide. La Guemara répond : Le Miséricordieux déclare : « Saules du ruisseau », au pluriel, enseignant que les branches de saule sont valides dans tous les cas.
אָמַר רַב חִסְדָּא: הָנֵי תְּלָת מִילֵּי אִשְׁתַּנִּי שְׁמַיְיהוּ מִכִּי חֲרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ: חֲלַפְתָּא — עֲרַבְתָּא, עֲרַבְתָּא — חֲלַפְתָּא. מַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְלוּלָב.
À propos des branches de saule et du tzaftzafa, la Guemara cite ce que Rav Ḥisda a dit : Les noms de ces trois objets ont changé depuis que le Temple a été détruit. Ce qui était appelé saule fut appelé dans les générations ultérieures ḥalfata, qui est un autre nom pour tzaftzafa, et ce qui était appelé ḥalfata fut appelé saule. La Guemara demande : Quelle est la différence halakhique pratique qui découle du changement de nom ? La Guemara répond : Cela concerne la mitsva de prendre le lulav, car l’une des espèces liées au lulav est une branche de saule, qui est maintenant appelée tzaftzafa.
שִׁיפּוּרָא — חֲצוֹצַרְתָּא, חֲצוֹצַרְתָּא — שִׁיפּוּרָא. מַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְשׁוֹפָר שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה.
De plus, ce qui était appelé trompette fut appelé shofar dans les générations ultérieures, et ce qui était appelé shofar fut appelé trompette dans les générations ultérieures. La Guemara demande : Quelle est la différence halakhique pratique selon qu’un shofar est appelé shofar ou trompette ? La Guemara répond : Cela est significatif en ce qui concerne les halakhot du shofar de Roch Hachana. À Roch Hachana, on ne s’acquitte de son obligation qu’en faisant retentir un shofar. Si quelqu’un vient aujourd’hui et demande quel instrument il doit utiliser pour produire les sonneries requises, il faut lui dire d’utiliser une trompette.
פָּתוּרְתָּא — פָּתוּרָא, פָּתוּרָא — פָּתוּרְתָּא. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִקָּח וּמִמְכָּר.
De plus, ce qui était appelé petorata, signifiant à l’origine une petite table, fut appelé dans les générations ultérieures petora, et ce qui était appelé petora, signifiant à l’origine une grande table, fut appelé petorata dans les générations ultérieures. La Guemara demande : Quelle est la différence halakhique pratique qui résulte du changement de nom ? La Guemara répond : Cela concerne les lois de l’achat et de la vente. Celui qui commande une petora doit savoir qu’il a commandé une petite table et non une grande.
אָמַר אַבָּיֵי, אַף אֲנִי אוֹמֵר: בֵּי כָסֵי — הוּבְלִילָא, הוּבְלִילָא — בֵּי כָסֵי.
Abaye dit : Moi aussi je parlerai des changements dans le sens des termes dans cette génération. Ce qui était appelé huvlila, le premier compartiment de l’estomac des animaux qui ruminent, est, dans les générations récentes, appelé bei kasei, le nom du deuxième compartiment de l’estomac de l’animal. De même, ce qui était autrefois appelé bei kasei est appelé huvlila dans les générations récentes.
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמַחַט הַנִּמְצָא בְּעוֹבִי בֵּית הַכּוֹסוֹת.
Quelle est la différence halakhique pratique qui découle de ce changement de noms ? Elle concerne une aiguille trouvée dans l’épaisseur de la paroi du deuxième compartiment de l’estomac. Dans les halakhot de tereifot, il est interdit de manger des animaux dont l’espérance de vie est inférieure à un an. Il a été établi que si une aiguille perce la paroi du deuxième compartiment de l’estomac d’un seul côté, l’animal est casher. Si l’aiguille pénètre la paroi d’une manière visible des deux côtés, l’animal prend le statut halakhique de tereifa. Dans le premier estomac, même si l’aiguille n’a pénétré qu’un seul côté de la paroi, l’animal prend le statut halakhique de tereifa. Il est donc crucial de distinguer entre le premier et le deuxième compartiments de l’estomac.
אָמַר רָבָא בַּר יוֹסֵף, אַף אֲנִי אוֹמֵר: בָּבֶל — בּוֹרְסִיף, בּוֹרְסִיף — בָּבֶל. לְמַאי
Rava bar Yosef dit : Moi aussi je parlerai des changements dans le sens des termes à cette génération. La ville qui, à l’époque de la Torah, s’appelait Babylone fut appelée Bursif dans les générations ultérieures, et Bursif fut appelée Babylone dans les générations ultérieures. La Guemara demande : Qu’est-ce que