וְאָמְרוּ: הַעֲלוּם לַסּוּכָּה.
et chacun d’eux a dit : Faites-les monter à la soucca.
וּכְשֶׁנָּתְנוּ לוֹ לְרַבִּי צָדוֹק אוֹכֶל פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה, נְטָלוֹ בְּמַפָּה וַאֲכָלוֹ חוּץ לַסּוּכָּה וְלֹא בֵּירַךְ אַחֲרָיו. הָא כְּבֵיצָה, בָּעֵי סוּכָּה. לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף וְאַבָּיֵי! דִּילְמָא פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה נְטִילָה וּבְרָכָה לָא בָּעֵי, הָא כְּבֵיצָה בָּעֵי נְטִילָה וּבְרָכָה.
Et lorsqu’on donna à Rabbi Tsadok moins que le volume d’un œuf de nourriture, il prit la nourriture dans un linge et la mangea hors de la soucca et ne récita pas de bénédiction après l’avoir mangée. La Guemara en déduit : S’ils lui avaient donné le volume d’un œuf de nourriture, il aurait été tenu de la manger dans une soucca. Disons que cela constitue une réfutation concluante de l’opinion de Rav Yosef et Abaye, qui ont dit qu’il est permis de manger cette mesure dans le cadre d’un repas occasionnel hors de la soucca. La Guemara répond : On ne peut tirer aucune preuve d’ici, car peut-être que la raison pour laquelle la michna souligne que Rabbi Tsadok a mangé moins que le volume d’un œuf de nourriture est que manger moins que le volume d’un œuf ne nécessite pas de lavage des mains ni de réciter une bénédiction après l’avoir mangée ; cependant, manger le volume d’un œuf nécessite un lavage et de réciter une bénédiction.
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַרְבַּע עֶשְׂרֵה סְעוּדוֹת חַיָּיב אָדָם לֶאֱכוֹל בַּסּוּכָּה, אַחַת בְּיוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין לַדָּבָר קִצְבָה, חוּץ מִלֵּילֵי יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן שֶׁל חַג בִּלְבַד.
MICHNA :Rabbi Eliezer dit : Une personne est tenue de manger quatorze repas dans la soucca au cours des sept jours de la fête de Souccot, un pendant la journée chaque jour et un la nuit chaque nuit. Et les Sages disent : Il n’y a pas de nombre fixe de repas, et l’on peut choisir de manger ou non n’importe lequel des repas sauf le repas du soir du premier jour de fête de Souccot, que l’on est tenu de manger dans la soucca.
וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: מִי שֶׁלֹּא אָכַל [לֵילֵי] יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן — יַשְׁלִים לֵילֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין לַדָּבָר תַּשְׁלוּמִין, וְעַל זֶה נֶאֱמַר: ״מְעֻוָּת לֹא יוּכַל לִתְקוֹן וְחֶסְרוֹן לֹא יוּכַל לְהִמָּנוֹת״.
De plus, Rabbi Eliezer a dit : Celui qui n’a pas mangé un repas le soir du premier jour de la fête doit compenser par un repas le soir du dernier jour de la fête, le Huitième Jour d’Assemblée, malgré le fait qu’il ne le mangera pas dans la soucca. Et les rabbins disent : Il n’y a pas de compensation pour cette question, et à propos de cas similaires où il est impossible de réparer le manquement à l’accomplissement d’une mitsva positive, il est dit : « Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté » (Ecclésiaste 1:15).
גְּמָ׳ מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? ״תֵּשְׁבוּ״ כְּעֵין תָּדוּרוּ. מָה דִּירָה — אַחַת בַּיּוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה, אַף סוּכָּה — אַחַת בְּיוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה.
GUEMARA : La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Eliezer, qui impose de manger quatorze repas dans la soukka ? La Guemara répond qu’il déduit son opinion du verset : « Dans des soukkot vous résiderez » (Lévitique 23:42), que les Sages ont interprété comme signifiant : Résidez comme vous habitez dans votre demeure permanente. Par conséquent, de même que dans sa demeure on mange habituellement un repas le jour et un repas la nuit, de même, dans une soukka on mange un repas le jour et un repas la nuit.
וְרַבָּנַן? כְּדִירָה. מָה דִּירָה — אִי בָּעֵי אָכֵיל אִי בָּעֵי לָא אָכֵיל, אַף סוּכָּה נָמֵי — אִי בָּעֵי אָכֵיל אִי בָּעֵי לָא אָכֵיל.
La Guemara demande : Et comment les Sages interprètent-ils ce verset ? La Guemara répond : Ils expliquent qu’une soukka est comme une demeure permanente. De même que dans la demeure d’une personne, si elle souhaite manger, elle mange, et si elle ne souhaite pas le faire, elle ne mange pas, de même, dans la soukka, si elle souhaite manger, elle mange, et si elle ne souhaite pas le faire, elle ne mange pas.
אִי הָכִי אֲפִילּוּ לֵילֵי יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן נָמֵי!
La Guemara demande : Si c’est le cas, alors, selon les Sages, même lors de la première soirée de la fête également, on ne devrait pas être tenu de manger dans la souka.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: נֶאֱמַר כָּאן ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״, וְנֶאֱמַר ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ בְּחַג הַמַּצּוֹת. מָה לְהַלָּן — לַיְלָה הָרִאשׁוֹן חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת, אַף כָּאן — לַיְלָה הָרִאשׁוֹן חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת.
Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yehotzadak : Il existe une analogie verbale entre les fêtes de Pessaḥ et Soukkot. Il est dit ici, au sujet de Soukkot : « Le quinzième jour de ce septième mois, c’est la fête de Soukkot pendant sept jours pour le Seigneur » (Lévitique 23:34). Et il est dit : « Et le quinzième jour du même mois, c’est la fête des matsot pour le Seigneur » (Lévitique 23:6) au sujet de la fête de Pessaḥ. De même que là-bas, au sujet de Pessaḥ, lors de la première nuit il y a une obligation de manger de la matza, et à partir de ce moment-là cela est facultatif, car à partir de ce moment-là la seule obligation est de s’abstenir de manger du levain, de même ici, au sujet de Soukkot, lors de la première nuit il y a une obligation de manger dans la soukka, et à partir de ce moment-là cela est facultatif.
וְהָתָם מְנָלַן? אָמַר קְרָא: ״בָּעֶרֶב תֹּאכְלוּ מַצּוֹת״, הַכָּתוּב קְבָעוֹ חוֹבָה.
La Guemara demande : Et là-bas, concernant Pessa'h, d'où déduisons-nous qu'il existe une obligation de manger de la matza la première nuit ? La Guemara répond que le verset dit : « Le soir, vous mangerez des matzot » (Exode 12:18). Le verset l'a établi comme une obligation.
וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וְהָא אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אַרְבַּע עֶשְׂרֵה סְעוּדוֹת חַיָּיב אָדָם לֶאֱכוֹל בַּסּוּכָּה, אַחַת בַּיּוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה! אָמַר בֵּירָא אָמַר רַבִּי אַמֵּי: חָזַר בּוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.
§ La michna continue : Et de plus, Rabbi Eliezer a dit que celui qui n’a pas pris de repas le soir du premier jour de la Fête doit le compenser par un repas le soir du dernier jour de la Fête. La Guemara demande : Mais Rabbi Eliezer n’a-t-il pas dit qu’une personne est tenue de prendre quatorze repas dans la soucca, un le jour et un la nuit ? Cependant, le repas de compensation le soir du Huitième Jour d’Assemblée n’est pas pris dans la soucca. Beira a dit que Rabbi Ami a dit : Rabbi Eliezer s’est rétracté de sa déclaration précédente et est d’accord avec les Sages qu’il n’y a pas de quota fixe de repas qu’une personne doit prendre dans la soucca, et que seul le repas du premier soir de la Fête doit être pris dans la soucca. Leur différend porte sur la compensation si l’on n’a pas pris le repas du premier soir.
מַשְׁלִים בְּמַאי? אִילֵימָא בְּרִיפְתָּא, סְעוּדָה דְיוֹמֵיהּ קָא אָכֵיל. אֶלָּא, מַאי יַשְׁלִים — יַשְׁלִים בְּמִינֵי תַרְגִּימָא. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אִם הִשְׁלִים בְּמִינֵי תַרְגִּימָא — יָצָא.
La Guemara demande : Avec quoi compensera-t-il le fait de ne pas avoir mangé le repas de la Fête ? Si nous disons qu’il compense avec du pain, il est ainsi en train de manger le repas festif de ce Huitième Jour d’Assemblée ; comment est-il évident qu’il s’agit d’une compensation pour un autre repas ? Plutôt, quel est le sens de : Il doit compenser ? Cela signifie qu’il doit compenser en ajoutant des sortes de mets délicats [targima]. Cela est également enseigné dans une baraita : S’il a compensé en ajoutant des sortes de mets délicats, il s’est acquitté de son obligation.
שָׁאַל אַפּוֹטְרוֹפּוֹס שֶׁל אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ אֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כְּגוֹן אֲנִי, שֶׁאֵינִי רָגִיל לֶאֱכוֹל אֶלָּא סְעוּדָה אַחַת בַּיּוֹם, מַהוּ שֶׁאוֹכַל סְעוּדָה אַחַת וְאֶפָּטֵר? אָמַר לוֹ: בְּכׇל יוֹם וְיוֹם אַתָּה מַמְשִׁיךְ כַּמָּה פַּרְפְּרָאוֹת לִכְבוֹד עַצְמְךָ, וְעַכְשָׁיו אִי אַתָּה מַמְשִׁיךְ פַּרְפֶּרֶת אַחַת לִכְבוֹד קוֹנֶךָ?
L’intendant [apotropos] du roi Agrippa demanda au rabbin Eliezer : Pour quelqu’un comme moi, qui a l’habitude de ne manger qu’un seul repas par jour, quelle est la halakha ? Est-il suffisant que je mange un seul repas et m’exempte de l’obligation de manger davantage ce jour-là ? Le rabbin Eliezer lui dit : Chaque jour tu continues à manger et tu goûtes diverses sortes d’amuse-bouches par égard pour tes propres désirs, et maintenant tu ne continues pas à manger ne serait-ce qu’un amuse-bouche par égard pour ton Créateur ?
וְעוֹד שְׁאָלוֹ: כְּגוֹן אֲנִי שֶׁיֵּשׁ לִי שְׁתֵּי נָשִׁים, אַחַת בִּטְבֶרְיָא וְאַחַת בְּצִיפּוֹרִי, וְיֵשׁ לִי שְׁתֵּי סוּכּוֹת אַחַת בִּטְבֶרְיָא וְאַחַת בְּצִיפּוֹרִי, מַהוּ שֶׁאֵצֵא מִסּוּכָּה לְסוּכָּה וְאֶפָּטֵר? אָמַר לוֹ: לֹא! שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: כׇּל הַיּוֹצֵא מִסּוּכָּה לְסוּכָּה בִּטֵּל מִצְוָתָהּ שֶׁל רִאשׁוֹנָה.
Et l’intendant demanda en outre au rabbin Eliezer : Quant à quelqu’un comme moi, qui a deux femmes, l’une à Tibériade et l’autre à Tzippori, et qui a deux soukkot, l’une à Tibériade et l’autre à Tzippori, quelle est la halakha ? Puis-je passer d’une soukka à une autre soukka et être dispensé de l’obligation ? En d’autres termes, est-il permis d’accomplir la mitsva dans une soukka pendant une partie de Soukkot et dans une autre pour le reste de la fête ? Le rabbin Eliezer lui dit : Non, car je dis que quiconque passe d’une soukka à une autre soukka a annulé la mitsva de la première. L’obligation est de résider dans la même soukka pendant les sept jours.
תַּנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר:
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer dit :