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וְהָכִי קָאָמַר: מַחְצֶלֶת הַקָּנִים גְּדוֹלָה, עֲשָׂאָהּ לִשְׁכִיבָה — מְקַבֶּלֶת טוּמְאָה, וְאֵין מְסַכְּכִין בָּהּ. טַעְמָא דַּעֲשָׂאָהּ לִשְׁכִיבָה, הָא סְתָמָא — נַעֲשָׂה כְּמִי שֶׁעֲשָׂאָהּ לְסִיכּוּךְ, מְסַכְּכִין בָּהּ. (קְטַנָּה, עֲשָׂאָהּ לְסִיכּוּךְ — מְסַכְּכִין בָּהּ. טַעְמָא דַּעֲשָׂאָהּ לְסִיכּוּךְ, הָא סְתָמָא — נַעֲשָׂה כְּמִי שֶׁעֲשָׂאָהּ לִשְׁכִיבָה, וְאֵין מְסַכְּכִין בָּהּ). וַאֲתָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְמֵימַר: אַחַת קְטַנָּה וְאַחַת גְּדוֹלָה, סְתָמָא — כְּשֵׁרָה לְסִיכּוּךְ.
Et voici ce que la michna dit : En ce qui concerne une grande natte de roseaux, si on l’a fabriquée pour le fait de s’y allonger, elle est susceptible d’impureté rituelle, et on ne peut pas couvrir une sukka avec elle. La raison est qu’on l’a fabriquée spécifiquement pour le fait de s’y allonger ; cependant, par déduction, une natte qu’on a fabriquée sans désignation est considérée comme une natte fabriquée pour la couverture, et on peut couvrir une sukka avec elle. En ce qui concerne une petite natte de roseaux, si on l’a fabriquée pour la couverture, on peut couvrir une sukka avec elle. La raison est qu’on l’a fabriquée spécifiquement pour la couverture ; cependant, par déduction, une natte qu’on a fabriquée sans désignation est considérée comme une natte fabriquée pour le fait de s’y allonger, et on ne peut pas couvrir une sukka avec elle. Et Rabbi Eliezer vient dire que tant une petite natte qu’une grande, fabriquées sans désignation, sont aptes à la couverture.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אִי הָכִי, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַחַת קְטַנָּה וְאַחַת גְּדוֹלָה, ״אַחַת גְּדוֹלָה וְאַחַת קְטַנָּה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
Abaye lui dit : Si c’est le cas, si leur différend ne porte que sur une petite natte, alors, au lieu de dire : Rabbi Eliezer dit : Aussi bien une petite natte qu’une grande natte, la michna aurait dû dire : Aussi bien une grande natte qu’une petite natte. Dans une expression du type : Aussi bien ceci que cela, on mentionne généralement d’abord l’élément le plus évident. Pourquoi donc Rabbi Eliezer mentionne-t-il d’abord la petite natte, si c’est au sujet de la petite natte qu’ils sont en désaccord ?
וְעוֹד: כִּי פְּלִיגִי, בִּגְדוֹלָה הוּא דִּפְלִיגִי — וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְחוּמְרָא. דְּתַנְיָא: מַחְצֶלֶת הַקָּנִים גְּדוֹלָה מְסַכְּכִין בָּהּ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם אֵינָהּ מְקַבֶּלֶת טוּמְאָה — מְסַכְּכִין בָּהּ.
De plus, il y a une preuve que lorsqu’ils sont en désaccord, cela concerne une grande natte, et l’opinion de Rabbi Eliezer est une rigueur et non une indulgence, comme cela est enseigné dans une baraita : Dans le cas d’une natte de roseaux, avec une grande natte on peut couvrir une soukka. Rabbi Eliezer dit : Si elle n’est pas susceptible d’impureté rituelle, on peut couvrir sa soukkaavec elle. Apparemment, Rabbi Eliezer soutient que, sans désignation, on ne peut pas couvrir sa soukka avec une grande natte.
אֶלָּא אָמַר רַב פָּפָּא: בִּקְטַנָּה כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּסְתָמָא לִשְׁכִיבָה. כִּי פְּלִיגִי בִּגְדוֹלָה, תַּנָּא קַמָּא סָבַר: סְתַם גְּדוֹלָה לְסִיכּוּךְ, וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סָבַר: סְתַם גְּדוֹלָה נָמֵי לִשְׁכִיבָה.
Au contraire, Rav Pappa a dit : La résolution proposée par Rava est rejetée. Au contraire, en ce qui concerne une petite natte, tout le monde convient que, si elle a été fabriquée sans désignation, elle est vraisemblablement pour le fait de s’y allonger. Là où ils sont en désaccord, c’est au sujet d’une grande natte : Le premier tanna soutient qu’une natte grande fabriquée sans désignation est vraisemblablement pour la couverture, et Rabbi Eliezer soutient qu’une natte grande fabriquée sans désignation est aussi vraisemblablement pour le fait de s’y allonger.
וּמַאי עֲשָׂאָהּ לִשְׁכִיבָה דְּקָאָמַר — הָכִי קָאָמַר: סְתַם עֲשִׂיָּיתָהּ נָמֵי לִשְׁכִיבָה, עַד דְּעָבֵיד לְסִיכּוּךְ.
Quel, alors, est le sens de : Si on l’a fabriquée pour le but de s’allonger dessus, est-ce cela que Rabbi Eliezer affirme ? Voici ce qu’il dit : Fabriquer des nattes sans désignation, c’est aussi pour le but de s’allonger dessus, jusqu’à ce qu’on la fasse spécifiquement pour couverture.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַחְצֶלֶת שֶׁל שִׁיפָה וְשֶׁל גֶּמִי, גְּדוּלָה — מְסַכְּכִין בָּהּ, קְטַנָּה — אֵין מְסַכְּכִין בָּהּ. שֶׁל קָנִים וְשֶׁל חִילָת, גְּדוֹלָה — מְסַכְּכִין בָּהּ, אֲרוּגָה — אֵין מְסַכְּכִין בָּהּ.
§ Les Sages ont enseigné dans la Tosefta : Dans le cas d’une natte [maḥatzelet] tissée de papyrus ou de joncs, s’il s’agit d’une grande natte, on peut couvrir une sukka avec elle, car elle n’est généralement pas fabriquée pour qu’on s’y allonge. S’il s’agit d’une petite natte, on ne peut pas couvrir une sukka avec elle, car elle est généralement fabriquée pour qu’on s’y allonge. Cependant, en ce qui concerne une natte faite de roseaux ordinaires ou de roseaux utilisés spécialement pour le tressage, si la natte est tressée avec un tissage large et grossier, on peut couvrir une sukka avec elle, car elle n’a certainement pas été fabriquée pour qu’on s’y allonge. Si elle est tissée avec un tissage petit et fin, on ne peut pas couvrir la sukka avec elle, car les nattes de ce genre sont généralement tissées uniquement pour qu’on s’y allonge.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר מִשּׁוּם אָבִיו: אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ מְסַכְּכִין בָּהּ. וְכֵן הָיָה רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר כִּדְבָרָיו.
Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, a dit au nom de son père : Aussi bien avec cette natte tressée qu’avec cette autre natte tissée, on peut couvrir une soukka, car sans désignation spécifique contraire, elles ne sont pas fabriquées pour qu’on s’y couche, et elles sont donc rituellement pures. Et de même, Rabbi Dosa disait conformément à son avis.
תְּנַן הָתָם: כׇּל הַחוֹצָלוֹת מְטַמְּאִין טְמֵא מֵת, דִּבְרֵי רַבִּי דּוֹסָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מִדְרָס.
Nous avons appris dans une michna là-bas : Tous les types de ḥotzalot peuvent devenir rituellement impurs par l’impureté transmise par un cadavre. Puisque leur statut juridique est celui d’un ustensile, ils deviennent une source primaire d’impureté rituelle. C’est l’avis de Rabbi Dosa. Et les Sages disent : Ils deviennent impurs par l’impureté transmise par le foulage. Si un zav s’allonge ou s’assoit sur l’un des ḥotzalot, ils deviennent une source primaire d’impureté rituelle, comme une chaise ou un lit de zav.
מִדְרָס אִין, טְמֵא מֵת לָא? וְהָא אֲנַן תְּנַן: כׇּל הַמִּטַּמֵּא מִדְרָס — מִטַּמֵּא טְמֵא מֵת. אֵימָא: אַף מִדְרָס.
La Guemara demande : Impureté transmise par le piétinement, oui ; impureté transmise par un cadavre, non ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna : Tout objet qui devient rituellement impur par une impureté transmise par le piétinement devient aussi rituellement impur par d’autres types d’impureté, y compris l’impureté transmise par un cadavre, bien que l’inverse ne soit pas nécessairement vrai. L’opinion des Sages est difficile. La Guemara explique : Corrige la michna et dis : Ils deviennent rituellement impurs même par l’impureté transmise par le piétinement. Ces nattes ne sont pas simplement des ustensiles indéterminés, qui deviennent des sources primaires d’impureté rituelle par exposition à un cadavre ; ce sont des ustensiles destinés à s’asseoir et à s’allonger dessus, et ils deviennent donc aussi des sources primaires d’impureté rituelle si un zav s’assoit ou s’allonge sur elles.
מַאי חוֹצָלוֹת? אָמַר רַב אַבְדִּימִי בַּר הַמְדּוּרֵי: מַרְזוֹבְלֵי. מַאי מַרְזוֹבְלֵי? אָמַר רַבִּי אַבָּא: מַזְבְּלֵי. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אוֹמֵר: מַחְצָלוֹת מַמָּשׁ.
La Guemara demande au sujet du terme employé dans la michna : Quelle est la signification de ḥotzalot ? Rav Avdimi bar Hamduri a dit : Ce sont des marzovelei. La Guemara ne connaît pas ce terme et demande : Quelle est la signification de marzovelei ? Rabbi Abba a dit : En Babylonie, on les appelle mezablei. Ce sont des sacs en cuir utilisés par les bergers pour nourrir leurs animaux. Les bergers les placent sous leur tête lorsqu’ils s’allongent. Rabbi Shimon ben Lakish dit : Ḥotzalot est un autre terme pour de véritables nattes.
וְאַזְדָּא רֵישׁ לָקִישׁ לְטַעְמֵיהּ. דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: הֲרֵינִי כַּפָּרַת רַבִּי חִיָּיא וּבָנָיו, שֶׁבִּתְחִלָּה כְּשֶׁנִּשְׁתַּכְּחָה תּוֹרָה מִיִּשְׂרָאֵל — עָלָה עֶזְרָא מִבָּבֶל וְיִסְּדָהּ. חָזְרָה וְנִשְׁתַּכְּחָה — עָלָה הִלֵּל הַבַּבְלִי וְיִסְּדָהּ. חָזְרָה וְנִשְׁתַּכְּחָה — עָלוּ רַבִּי חִיָּיא וּבָנָיו וְיִסְּדוּהָ. וְכֵן אָמַר רַבִּי חִיָּיא וּבָנָיו: לֹא נֶחְלְקוּ רַבִּי דּוֹסָא וַחֲכָמִים עַל מַחְצָלוֹת שֶׁל אוּשָׁא
La Guemara note : Et Reish Lakish suit sa ligne de raisonnement énoncée ailleurs, comme Reish Lakish l’a dit : Je suis l’expiation pour Rabbi Ḥiyya et ses fils, car au début, lorsque certaines lois de la Torah furent oubliées par le peuple juif en Eretz Yisrael, Ezra monta de Babylonie et les rétablit. Des parties de la Torah furent de nouveau oubliées en Eretz Yisrael, et Hillel le Babylonien monta et rétablit les sections oubliées. Lorsque des parties de la Torah furent de nouveau oubliées en Eretz Yisrael, Rabbi Ḥiyya et ses fils montèrent et rétablirent les sections oubliées. Cette expression de déférence envers Rabbi Ḥiyya introduit la halakha que Reish Lakish cite en son nom. Et ainsi dirent Rabbi Ḥiyya et ses fils : Rabbi Dosa et les Sages n’étaient pas en désaccord au sujet des nattes souples de Usha,

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