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וְרַבִּי יְהוּדָה, הַאי ״וְעָנְתָה וְאָמְרָה״, מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְאַגְמוֹרֵי לִלְוִיִּם, דְּבִלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ.
La Guemara demande : Et que fait Rabbi Yehouda de ce verset : « Et elle répondra et dira », à partir duquel les Sages déduisent que la récitation lors du rituel de ḥalitza doit être en hébreu ? La Guemara répond : Il en a besoin afin d’enseigner au sujet des Lévites qu’ils parlaient dans la langue sacrée. Tandis que les Sages déduisent que le rituel de ḥalitza est accompli en hébreu au moyen d’une analogie verbale entre les versets concernant la ḥalitza et les versets au sujet des Lévites, Rabbi Yehouda déduit que les Lévites parlaient en hébreu grâce à cette même analogie verbale, la ḥalitza servant de source.
וְלֵילַף ״קוֹל״ מִמֹּשֶׁה? ״עֲנִיָּיה״ ״עֲנִיָּיה״ גְּמִיר, ״קוֹל״ ״קוֹל״ לָא גְּמִיר.
La Guemara demande : Mais que Rabbi Yehouda déduise que les Lévites parlaient en hébreu à partir d’une analogie verbale entre le mot « voix » qui est écrit au sujet des Lévites (Deutéronome 27:14) et le mot « voix » dans le verset au sujet de Moïse (Exode 19:19). La Guemara répond : Il a appris l’analogie verbale entre « parler » et « parler » de son maître, et il n’a pas appris l’analogie verbale entre « voix » et « voix » de son maître.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״כֹּה״, ״כָּכָה״, ״עֲנִיָּיה״, וַ״אֲמִירָה״ — אֵינוֹ אֶלָּא לְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ. ״כֹּה״ — ״כֹּה תְבָרְכוּ״. ״כָּכָה״ דַּחֲלִיצָה. ״עֲנִיָּיה״ וַ״אֲמִירָה״ דִּלְוִיִּם.
Cela aussi est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda dit : Tout endroit où il est déclaré dans la Torah : « Ainsi [ko] », ou : « Ainsi [kakha] », ou là où le langage de parler et dire est employé, cela se réfère uniquement à la langue sacrée. Le mot ko apparaît dans le contexte de la Bénédiction sacerdotale : « Ainsi [ko] vous bénirez les enfants d’Israël » (Nombres 6:23). Kakha apparaît dans le contexte de la cérémonie de la ḥalitza (Deutéronome 25:9). Le langage de parler et dire apparaît en relation avec les Lévites.
בְּרָכוֹת וּקְלָלוֹת כֵּיצַד? כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ יִשְׂרָאֵל אֶת הַיַּרְדֵּן כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״הֲלֹא הֵמָּה בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן״, מֵעֵבֶר לַיַּרְדֵּן וְאֵילָךְ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. ״אַחֲרֵי דֶּרֶךְ מְבוֹא הַשֶּׁמֶשׁ״ — מְקוֹם שֶׁחַמָּה זוֹרַחַת.
§ Il est indiqué dans la mishna : Comment se déroulait la cérémonie des bénédictions et malédictions ? Lorsque le peuple juif traversa le Jourdain, etc. Les Sages ont enseigné : Lorsque le peuple juif se trouvait en Transjordanie, l’emplacement du mont Garizim et du mont Ébal leur fut décrit ainsi : « Ne sont-ils pas au-delà du Jourdain, derrière le chemin du coucher du soleil, dans le pays des Cananéens qui habitent dans la Arava, en face de Guilgal, près des chênes de Moré ? » (Deutéronome 11:30). « Ne sont-ils pas au-delà du Jourdain » signifie plus loin vers l’ouest, au-delà du fleuve Jourdain ; c’est l’opinion de Rabbi Yehouda. « Derrière le chemin du coucher du soleil » ; cela fait référence à l’endroit où le soleil se lève, c’est-à-dire l’est. En d’autres termes, ils se trouvent à une certaine distance du fleuve Jourdain, qui est à l’est.
״בְּאֶרֶץ הַכְּנַעֲנִי הַיּוֹשֵׁב בָּעֲרָבָה״ — אֵלּוּ הַר גְּרִיזִים וְהַר עֵיבָל, שֶׁיּוֹשְׁבִין בָּהֶם כּוּתִיִּים. ״מוּל הַגִּלְגָּל״ — סָמוּךְ לַגִּלְגָּל, ״אֵצֶל אֵלוֹנֵי מֹרֶה״ — שְׁכֶם. וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר: ״וַיַּעֲבֹר אַבְרָם בָּאָרֶץ עַד מְקוֹם שְׁכֶם עַד אֵלוֹן מוֹרֶה״, מָה אֵלוֹן מוֹרֶה הָאָמוּר לְהַלָּן — שְׁכֶם, אַף כָּאן — שְׁכֶם.
«Dans le pays des Cananéens qui habitent dans la Arava»; cela fait référence au mont Garizim et au mont Ébal, où les Samaritains habitent à présent. «En face de Guilgal»; cela signifie près de Guilgal. «Près des chênes de Moré»; cela fait référence à Sichem. Et d’où est-il déduit qu’il s’agit de Sichem ? Là, au sujet d’Abraham, le verset déclare : «Et Abram passa dans le pays jusqu’au lieu de Sichem, jusqu’aux chênes de Moré» (Genèse 12:6). De même que les chênes de Moré mentionnés là-bas sont identifiés comme Sichem, de même ici, il s’agit de Sichem.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי: בְּדָבָר זֶה זִיַּיפְתִּי סִפְרֵי כוּתִיִּים. אָמַרְתִּי לָהֶם: זִיַּיפְתֶּם תּוֹרַתְכֶם, וְלֹא הֶעֱלִיתֶם בְּיֶדְכֶם כְּלוּם. שֶׁאַתֶּם אוֹמְרִים אֵלוֹנֵי מוֹרֶה שְׁכֶם, אַף אָנוּ מוֹדִים שֶׁאֵלוֹנֵי מוֹרֶה שְׁכֶם. אָנוּ לְמַדְנוּהָ בִּגְזֵרָה שָׁוָה, אַתֶּם בַּמֶּה לְמַדְתֶּום?
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yossei, a dit : Dans cette affaire, j’ai prouvé la fausseté des livres des Samaritains. Je leur ai dit : Vous avez falsifié votre Torah en y ajoutant des éléments, et vous n’avez rien gagné par cela, car vous dites que les chênes de Moré font référence à Sichem, et nous aussi, nous reconnaissons que les chênes de Moré font référence à Sichem. Cependant, nous l’avons déduit au moyen d’une analogie verbale entre les versets. Vous, qui n’utilisez pas d’analogies verbales, comment l’avez-vous déduit ?
רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: ״הֲלֹא הֵמָּה בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן״ — סָמוּךְ לַיַּרְדֵּן, דְּאִי מֵעֵבֶר הַיַּרְדֵּן וְאֵילָךְ, הֲלֹא כְּתִיב: ״וְהָיָה בְּעׇבְרְכֶם אֶת הַיַּרְדֵּן״.
Rabbi Elazar n’est pas d’accord avec Rabbi Yehuda et dit : « Ne sont-ils pas au-delà du Jourdain » signifie près du fleuve Jourdain, car, si cela signifiait plus loin vers l’ouest au-delà du Jourdain, n’est-il pas écrit : « Et ce sera lorsque vous aurez passé le Jourdain, que vous dresserez ces pierres que je vous ordonne aujourd’hui, sur le mont Ebal » (Deutéronome 27:4) ? Cela implique que le mont Ebal était proche de l’endroit où le peuple juif a traversé le Jourdain.
״אַחֲרֵי דֶּרֶךְ מְבוֹא הַשֶּׁמֶשׁ״ — מָקוֹם שֶׁהַחַמָּה שׁוֹקַעַת. ״בְּאֶרֶץ הַכְּנַעֲנִי״, אֶרֶץ חִוִּי הִיא!
« Derrière le chemin du coucher du soleil, » selon Rabbi Elazar, cela fait référence à l’endroit où le soleil se couche, à l’ouest. Cet endroit est éloigné de Shekhem, qui se trouve au centre d’Eretz Yisrael. De plus, le verset déclare : « Dans le pays des Cananéens, » et Shekhem est située dans le pays des Hivites (voir Torah 34:2).
״הַיּוֹשֵׁב בָּעֲרָבָה״ — וַהֲלֹא בֵּין הָרִים וּגְבָעוֹת הֵן יוֹשְׁבִין! ״מוּל הַגִּלְגָּל״ — וַהֲלֹא לֹא רָאוּ אֶת הַגִּלְגָּל!
De même, l’expression « qui habitent dans la Arava » ne peut pas être une description des montagnes connues sous les noms de mont Garizim et mont Ébal, qui se trouvent à côté de Sichem ; ne sont-elles pas situées parmi des montagnes et des collines ? La description « vis-à-vis de Guilgal » est également difficile ; ils ne pouvaient pas voir Guilgal depuis Sichem, car il est loin. Selon Rabbi Elazar, au contraire, le mont Garizim et le mont Ébal mentionnés dans la Torah sont situés plus près du Jourdain. Ce ne sont pas les montagnes connues sous les mêmes noms qui se trouvent près de Sichem.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: לֹא בָּא הַכָּתוּב אֶלָּא לְהַרְאוֹת לָהֶן דֶּרֶךְ בַּשְּׁנִיָּה כְּדֶרֶךְ שֶׁהֶרְאָה לָהֶן בָּרִאשׁוֹנָה. ״דֶּרֶךְ״ — בַּדֶּרֶךְ לֵכוּ, וְלֹא בְּשָׂדוֹת וּכְרָמִים. ״הַיּוֹשֵׁב״ — בַּיִּשּׁוּב לֵכוּ, וְלֹא בְּמִדְבָּרוֹת. ״בָּעֲרָבָה״ — בַּעֲרָבָה לֵכוּ, וְלֹא בְּהָרִים וּגְבָעוֹת.
Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : le verset ne vient pas établir l’emplacement du mont Garizim et du mont Ebal. Au contraire, il vient montrer au peuple juif le chemin une seconde fois, lorsqu’ils entraient dans la terre de Canaan, comme Il leur avait montré le chemin la première fois, lorsqu’ils sont sortis d’Égypte et qu’une colonne de nuée allait devant eux et rendait le terrain plus facile à traverser. Le but du verset est d’enseigner au peuple juif comment entrer dans la terre de Canaan avec une relative facilité, malgré l’absence de la colonne de nuée. Le mot « chemin » leur indique de suivre un chemin préétabli, et non à travers champs et vignobles. L’expression « qui habitent » leur indique de passer par des zones habitées et non par le désert. « Dans la Arava, » c’est-à-dire la plaine, leur enseigne d’aller par les plaines et non par les montagnes et les collines.
תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד עָבְרוּ יִשְׂרָאֵל אֶת הַיַּרְדֵּן? בְּכׇל יוֹם אָרוֹן נוֹסֵעַ אַחַר שְׁנֵי דְגָלִים, וְהַיּוֹם נָסַע תְּחִילָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנֵּה אֲרוֹן הַבְּרִית אֲדוֹן כׇּל הָאָרֶץ עֹבֵר לִפְנֵיכֶם״. בְּכׇל יוֹם וָיוֹם לְוִיִּם נוֹשְׂאִין אֶת הָאָרוֹן, וְהַיּוֹם נְשָׂאוּהוּ כֹּהֲנִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה כְּנוֹחַ כַּפּוֹת רַגְלֵי הַכֹּהֲנִים נוֹשְׂאֵי אֲרוֹן ה׳ וְגוֹ׳״.
§ Les Sages ont enseigné (Tosefta 8:1) : Comment le peuple juif a-t-il traversé le Jourdain ? Chaque jour, l’Arche avançait derrière les deux étendards de Juda et de Ruben, mais ce jour-là l’Arche avançait devant, comme il est dit : « Voici, l’Arche de l’Alliance du Seigneur de toute la terre passe devant vous » (Josué 3:11). Les autres jours, les Lévites portaient l’Arche, mais ce jour-là ce furent les prêtres qui la portèrent, comme il est dit : « Et lorsque les plantes des pieds des prêtres qui portent l’Arche du Seigneur, le Seigneur de toute la terre, se poseront » (Josué 3:13).
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בִּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת נָשְׂאוּ כֹּהֲנִים אֶת הָאָרוֹן: כְּשֶׁעָבְרוּ אֶת הַיַּרְדֵּן, וּכְשֶׁהֵסֵיבּוּ אֶת יְרִיחוֹ, וּכְשֶׁהֶחְזִירוּהוּ לִמְקוֹמוֹ.
Il est enseigné dans une baraita (Tosefta 8:2) que Rabbi Yossei dit : En trois différents endroits les prêtres portèrent l’Arche. Ils la portèrent lorsque le peuple juif traversa le Jourdain, et lorsqu’ils entourèrent Jéricho (Josué 6:6), et lorsqu’ils la ramenèrent à sa juste place dans le Saint des Saints pendant le règne du roi Salomon (I Rois 8:6).

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