וְעַד כַּמָּה — עַד אַרְבְּעִין שְׁנִין. אִינִי? וְהָא רַבָּה אוֹרִי! בְּשָׁוִין.
Et jusqu’à quand est-il considéré comme trop prématuré pour qu’un érudit rende des décisions halakhiques ? C’est jusqu’à quarante ans. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rabba n’a-t-il pas rendu des décisions, bien qu’il n’ait vécu que quarante ans ? La Guemara répond : Il est permis à un érudit qui n’a pas étudié aussi longtemps de rendre des décisions lorsque son savoir atteint le niveau du plus grand érudit de sa ville et qu’ils sont égaux.
וּמַכּוֹת פְּרוּשִׁין וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן, שִׁבְעָה פְּרוּשִׁין הֵן: פָּרוּשׁ שִׁיכְמִי, פָּרוּשׁ נִקְפִּי, פָּרוּשׁ קִיזַּאי, פָּרוּשׁ מְדוּכְיָא, פָּרוּשׁ ״מָה חוֹבָתִי וְאֶעֱשֶׂנָּה״, פָּרוּשׁ מֵאַהֲבָה, פָּרוּשׁ מִיִּרְאָה.
§ Il est dit dans la mishna : Et ceux qui se blessent eux-mêmes par fausse abstinence [perushin] sont des gens qui érodent le monde. Les Sages ont enseigné : Il y a sept sortes de personnes pseudo-justes qui érodent le monde : le juste de Sichem, le juste auto-flagellant, le juste saigneur, le juste semblable à un pilon, le juste qui dit : Dites-moi quelle est mon obligation et je l’accomplirai, ceux qui sont justes par amour, et ceux qui sont justes par crainte.
פָּרוּשׁ שִׁיכְמִי — זֶה הָעוֹשֶׂה מַעֲשֵׂה שְׁכֶם. פָּרוּשׁ נִקְפִּי — זֶה הַמְנַקֵּיף אֶת רַגְלָיו. פָּרוּשׁ קִיזַּאי — אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: זֶה הַמַּקִּיז דָּם לַכְּתָלִים. פָּרוּשׁ מְדוּכְיָא — אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: דִּמְשַׁפַּע כִּי מְדוּכְיָא.
La Guemara explique : Le juste de Shekhem [shikhmi] ; c’est quelqu’un qui accomplit des actes comparables à l’acte des habitants de Shekhem, qui ont accepté de se circoncire pour un gain personnel (voir Torah, Genèse, chapitre 34) ; de même, il n’agit avec droiture que pour être honoré. Le juste auto-flagellant ; c’est quelqu’un qui se blesse les pieds, car il marche lentement, traînant les pieds sur le sol dans une tentative de paraître humble, et se blesse ainsi les pieds. Le juste qui fait couler le sang ; Rav Naḥman bar Yitzḥak dit que c’est quelqu’un qui fait couler le sang en se cognant la tête contre les murs parce qu’il marche les yeux fermés, ostensiblement par modestie. Le juste semblable au pilon ; Rabba bar Sheila dit que c’est quelqu’un qui marche courbé comme le pilon d’un mortier.
פָּרוּשׁ ״מָה חוֹבָתִי וְאֶעֱשֶׂנָּה״. הָא מְעַלְּיוּתָא הִיא! אֶלָּא דְּאָמַר ״מָה חוֹבָתִי תּוּ וְאֶעֱשֶׂנָּה״.
En ce qui concerne le juste qui dit : Dis-moi quelle est mon obligation et je l’accomplirai, la Guemara demande : N’est-ce pas là un comportement vertueux, puisqu’il souhaite connaître ses obligations ? Au contraire, cela fait référence à celui qui dit : Dis-moi quelles obligations supplémentaires incombent à moi et je les accomplirai, indiquant ainsi qu’il accomplit parfaitement toutes ses mitzvot et cherche donc des obligations supplémentaires.
פָּרוּשׁ מֵאַהֲבָה, פָּרוּשׁ מִיִּרְאָה. אֲמַרוּ לֵיהּ אַבָּיֵי וְרָבָא לְתַנָּא: לָא תִּיתְּנֵי פָּרוּשׁ מֵאַהֲבָה פָּרוּשׁ מִיִּרְאָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם יַעֲסוֹק אָדָם בַּתּוֹרָה וּבְמִצְוֹת אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ בָּא לִשְׁמָהּ.
La baraita inclut également dans la liste des personnes pseudo-justes ceux qui sont justes par amour et ceux qui sont justes par crainte, c’est-à-dire quelqu’un qui accomplit les mitzvot par amour de leur récompense ou par crainte du châtiment. Abaye et Rava dirent au tanna qui transmit cette baraita : N’enseigne pas dans la baraita : Ceux qui sont justes par amour et ceux qui sont justes par crainte, car Rav Yehuda dit que Rav dit : Une personne doit toujours s’engager dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des mitzvot, même si elle ne le fait pas pour elles-mêmes, car en les accomplissant non pour elles-mêmes, on en vient à les accomplir pour elles-mêmes.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: דְּמִטַּמְּרָא מִטַּמְּרָא, וּדְמִגַּלְּיָא מִגַּלְּיָא, בֵּי דִינָא רַבָּה לִיתְפְּרַע מֵהָנֵי דְּחָפוּ גּוּנְדֵי. אֲמַר לַהּ יַנַּאי מַלְכָּא לִדְבֵיתֵיהּ: אַל תִּתְיָרְאִי מִן הַפְּרוּשִׁין, וְלֹא מִמִּי שֶׁאֵינָן פְּרוּשִׁין, אֶלָּא מִן הַצְּבוּעִין שֶׁדּוֹמִין לִפְרוּשִׁין, שֶׁמַּעֲשֵׂיהֶן כְּמַעֲשֵׂה זִמְרִי וּמְבַקְּשִׁין שָׂכָר כְּפִנְחָס.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Ce qui est caché est caché, et ce qui est révélé est révélé, mais au Ciel tout est connu, et le grand tribunal au Ciel fera rendre des comptes à ceux qui portent le manteau des justes alors qu’en réalité ils en sont indignes. La Guemara rapporte : Le roi Yannai dit à sa femme avant de mourir : N’aie pas peur des pharisiens [perushin], ni non plus de ceux qui ne sont pas pharisiens, c’est-à-dire les sadducéens ; mais plutôt, méfie-toi des hypocrites qui paraissent être des pharisiens, car leurs actes sont comme l’acte du méchant Zimri et ils demandent une récompense comme celle du juste Pinḥas (voir Torah, Nombres, chapitre 25).
מַתְנִי׳ רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֵין זְכוּת תּוֹלָה בְּמַיִם הַמָּרִים. וְאִם אַתָּה אוֹמֵר הַזְּכוּת תּוֹלָה בַּמַּיִם הַמְאָרְרִין — מַדְהֶה אַתָּה אֶת הַמַּיִם בִּפְנֵי כׇּל הַנָּשִׁים הַשּׁוֹתוֹת. וּמוֹצִיא אַתָּה שֵׁם רַע עַל הַטְּהוֹרוֹת שֶׁשָּׁתוּ, שֶׁאוֹמְרִים: טְמֵאוֹת הֵן, אֶלָּא שֶׁתָּלְתָה לָהֶן זְכוּת. רַבִּי אוֹמֵר: הַזְּכוּת תּוֹלָה בְּמַיִם הַמְאָרְרִים, וְאֵינָהּ יוֹלֶדֶת וְאֵינָהּ מַשְׁבַּחַת, אֶלָּא מִתְנַוְּונָה וְהוֹלֶכֶת, לְסוֹף הִיא מֵתָה בְּאוֹתָהּ מִיתָה.
MICHNA :Rabbi Shimon dit : Le mérite ne retarde pas la punition de l’eau amère d’une sota, et si tu dis que le mérite retarde la punition de l’eau qui apporte la malédiction, comme cela a été dit plus haut par les Sages (20a), tu affaiblis [madhe] la puissance de l’eau amère aux yeux de toutes les femmes qui boivent l’eau, qui n’en auront plus peur, car elles compteront sur leur mérite pour les sauver. Et tu diffames les femmes innocentes qui ont bu l’eau et ont survécu, car les gens disent : Elles sont souillées, mais c’est leur mérite qui a retardé la punition pour elles. Rabbi Yehouda HaNassi dit : Le mérite retarde la punition de l’eau qui apporte la malédiction, mais une femme dont la punition est retardée n’enfante pas et ne prospère pas ; au contraire, elle dépérit progressivement. Finalement, elle meurt de la même mort qu’une sota qui meurt immédiatement.
נִטְמֵאת מִנְחָתָהּ עַד שֶׁלֹּא קָדְשָׁה בִּכְלִי — הֲרֵי הִיא כְּכׇל הַמְּנָחוֹת, וְתִפָּדֶה. וְאִם מִשֶּׁקָּדְשָׁה בִּכְלִי — הֲרֵי הִיא כְּכׇל הַמְּנָחוֹת, וְתִשָּׂרֵף. וְאֵלּוּ שֶׁמִּנְחוֹתֵיהֶן נִשְׂרָפוֹת:
§ Si l’offrande de farine de la sota devient impure avant d’avoir été sanctifiée dans le récipient de service, son statut est comme celui de toutes les autres offrandes de farine qui deviennent impures avant d’être sanctifiées dans un récipient de service, et elle est rachetée. Mais si elle devient impure après avoir été sanctifiée dans le récipient de service, son statut est comme celui de toutes les autres offrandes de farine qui deviennent impures après avoir été sanctifiées dans un récipient de service, et elle est brûlée. Et voici les femmes sota dont les offrandes de farine sont brûlées si elles ont déjà été sanctifiées dans un récipient de service: