חוּץ מִפָּרָשַׁת סוֹטָה בִּלְבַד. רַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר מִשְּׁמוֹ: חוּץ מִפָּרָשַׁת סוֹטָה שֶׁל מִקְדָּשׁ. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לִמְחוֹק לָהּ מִן הַתּוֹרָה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
sauf l’encre utilisée pour écrire le passage de la Torah au sujet de la sota, même lorsqu’il est écrit dans un rouleau de la Torah. Rabbi Ya’akov dit au nom de Rabbi Meir : c’est sauf l’encre utilisée pour écrire le rouleau avec le passage de la sota utilisé dans le Temple. La Guemara demande : Quelle est la différence entre ces deux opinions ? La Guemara répond : Rabbi Yirmeya dit qu’il y a une différence entre elles quant à savoir s’il est permis d’effacer le passage pour la sota d’un rouleau de la Torah. Selon Rabbi Yehouda, Rabbi Meir soutient que cela est permis, et par conséquent le passage dans le rouleau de la Torah doit être écrit avec une encre qui ne contient pas de sulfate de fer, afin qu’il puisse être effacé. En revanche, selon Rabbi Ya’akov, Rabbi Meir soutient qu’il est interdit d’effacer le passage d’un rouleau de la Torah, et par conséquent le passage peut être écrit avec une encre contenant du sulfate de fer.
וְהָנֵי תַּנָּאֵי כִי הָנֵי תַּנָּאֵי. דְּתַנְיָא: אֵין מְגִילָּתָהּ כְּשֵׁירָה לְהַשְׁקוֹת בָּהּ סוֹטָה אַחֶרֶת. רַבִּי אַחַי בַּר יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר: מְגִילָּתָהּ כְּשֵׁירָה לְהַשְׁקוֹת בָּהּ סוֹטָה אַחֶרֶת.
La Guemara suppose que, selon Rabbi Ya’akov, il est interdit d’effacer le passage d’un rouleau de la Torah, car il soutient que le rouleau doit être écrit pour la sota, tandis que Rabbi Yehuda, qui le permet, soutient que le rouleau n’a pas besoin d’être écrit pour la sota. Et, par conséquent, les opinions de ces tanna’im sont parallèles aux opinions de ces tanna’im-là, comme cela a été enseigné dans une baraita : Le rouleau d’une sota n’est pas valable pour être utilisé dans la préparation de l’eau à donner à boire à une autre sota, car il n’a pas été écrit pour l’autre sota. Rabbi Aḥai bar Yoshiya dit : Son rouleau est valable pour être utilisé dans la préparation de l’eau à donner à boire à une autre sota, puisqu’il n’a pas besoin d’être écrit pour la sota.
אָמַר רַב פָּפָּא, דִּילְמָא לָא הִיא: עַד כָּאן לָא קָאָמַר תַּנָּא קַמָּא הָתָם, אֶלָּא כֵּיוָן דְּאִינְּתִיק לְשׁוּם רָחֵל — לָא הָדְרָא מִינַּתְקָא לְשׁוּם לֵאָה, אֲבָל תּוֹרָה, דִּסְתָמָא כְּתִיבָה — הָכִי נָמֵי דְּמָחֲקִינַן.
Rav Pappa a dit : Peut-être n’en est-il pas ainsi, et les deux débats ne sont pas comparables. Il est possible que le premier tanna de la baraita soutienne que le rouleau ne peut pas être utilisé pour une autre sota seulement là, dans le cas d’un rouleau écrit pour une femme précise ; puisqu’il a été à l’origine désigné au nom de une femme, par exemple Rachel, il ne peut plus être de nouveau désigné au nom de une autre femme, par exemple Léa. Cependant, dans le cas d’un rouleau de la Torah, qui est écrit sans préciser qui que ce soit, nous pouvons effectivement effacer le passage pour préparer l’eau pour une sota, même s’il n’a pas été écrit pour elle.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: דִּילְמָא לָא הִיא, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי אַחַי בַּר יֹאשִׁיָּה הָתָם אֶלָּא בִּמְגִילָּה, דְּאִיכְּתוּב לְשׁוּם אָלוֹת בָּעוֹלָם. אֲבָל תּוֹרָה, דִּלְהִתְלַמֵּד כְּתִיבָה, הָכִי נָמֵי דְּלָא מָחֲקִינַן.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit que la comparaison entre les deux différends peut être réfutée pour une autre raison : Peut-être qu’il n’en est pas ainsi. Il est possible que Rabbi Aḥai bar Yoshiya soutienne que le rouleau puisse être utilisé pour une autre sota seulement là, en ce qui concerne le rouleau écrit pour une sota particulière, car il a été écrit dans le but des malédictions d’une sota en général. Cependant, dans le cas d’un rouleau de la Torah, qui est écrit pour être étudié, nous ne pouvons effectivement pas l’effacer pour une sota, car il n’a pas du tout été écrit pour une sota.
וְרַבִּי אַחַי בַּר יֹאשִׁיָּה לֵית לֵיהּ כָּתַב לְגָרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ וְנִמְלַךְ, מְצָאוֹ בֶּן עִירוֹ וְאָמַר לוֹ: שְׁמִי כְּשִׁמְךָ, וְשֵׁם אִשְׁתִּי כְּשֵׁם אִשְׁתְּךָ — פָּסוּל לְגָרֵשׁ בּוֹ?
La Guemara demande : Rabbi Aḥai bar Yoshiya ne soutient-il donc pas conformément à ce qui est enseigné dans une michna (Guittin 24a) : En ce qui concerne quelqu’un qui a écrit un acte de divorce pour divorcer de sa femme mais qui ensuite s’est ravisé et n’a pas divorcé d’elle, si un habitant de sa ville l’a trouvé et lui a dit : Mon nom est le même que ton nom, et le nom de ma femme est le même que le nom de ta femme ; donne-moi l’acte de divorce, et je l’utiliserai pour divorcer de ma femme, il n’est pas valable pour divorcer l’autre femme avec celui-ci. La raison en est qu’il a été écrit pour une autre femme. Apparemment, le même principe devrait s’appliquer également au rouleau d’une sota.
אָמְרִי: הָתָם ״וְכָתַב לָהּ״ אָמַר רַחֲמָנָא, בָּעִינַן כְּתִיבָה לִשְׁמָהּ: הָכָא נָמֵי ״וְעָשָׂה לָהּ״! מַאי עֲשִׂיָּיה — מְחִיקָה.
Les Sages disent en réponse : Là-bas, en ce qui concerne un acte de divorce, la Torah déclare : « Et il écrira pour elle un acte de divorce » (Deutéronome 24:1). Cela enseigne que nous exigeons que l’écriture soit effectuée pour la femme en question. Cependant, aucune exigence similaire n’est mentionnée concernant une sota. La Guemara demande : Ici aussi, concernant la sota, le verset déclare : « Et le prêtre devra accomplir pour elle toute cette loi » (Nombres 5:30), indiquant que le rituel doit être accompli pour la femme en question. La Guemara répond : Qu’est-ce que l’accomplissement mentionné dans le verset ? Il s’agit de l’effacement, tandis que l’écriture n’a pas besoin d’être faite pour une femme en particulier.
אֵינָהּ מַסְפֶּקֶת לִשְׁתּוֹת עַד שֶׁפָּנֶיהָ [כּוּ׳]. מַנִּי — רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: מַקְרִיב אֶת מִנְחָתָהּ וְאַחַר כָּךְ מַשְׁקָהּ. דְּכַמָּה דְּלָא קָרְבָה מִנְחָתַהּ — לָא בָּדְקִי לַהּ מַיָּא, דִּכְתִיב: ״מִנְחַת זִכָּרוֹן מַזְכֶּרֶת עָוֹן״,
§ La michna déclare : Lorsqu’une femme coupable boit, elle ne parvient pas à finir de boire avant que son visage ne devienne verdâtre, que ses yeux ne ressortent, et que sa peau ne se couvre de veines saillantes. La Guemara demande : Selon l’opinion de qui est cette michna, qui indique que l’eau l’évalue alors qu’elle est encore en train de boire ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Shimon, qui dit : le prêtre offre son offrande de farine puis la fait boire, parce que selon l’opinion des Sages l’offrande de farine n’est offerte qu’après qu’elle a bu, et tant que son offrande de farine n’a pas été offerte, l’eau ne l’évalue pas, comme il est écrit : « Et il apportera son offrande pour elle... car c’est une offrande de farine de jalousie, une offrande de farine de souvenir, un rappel d’iniquité » (Nombres 5:15).
אֵימָא סֵיפָא: יֵשׁ לָהּ זְכוּת הָיְתָה תּוֹלָה לָהּ, אֲתָאן לְרַבָּנַן, דְּאִי רַבִּי שִׁמְעוֹן, הָאָמַר: אֵין זְכוּת תּוֹלָה בַּמַּיִם הַמָּרִים!
La Guemara demande : Dis la clause finale de la michna : Si elle a du mérite, cela retarde sa punition pour elle. Nous arrivons à l’opinion des Sages, car, si cette déclaration était conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, n’a-t-il pas dit : Le mérite ne retarde pas la punition dans le cas de l’eau amère d’une sota ?
אָמַר רַב חִסְדָּא: הָא מַנִּי — רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר: מַקְרִיב אֶת מִנְחָתָהּ וְאַחַר כָּךְ מַשְׁקָהּ, וּבִזְכוּת סָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן.
Rav Ḥisda a dit : Selon l’opinion de qui est cette michna ? C’est selon l’opinion de Rabbi Akiva, qui dit : Le prêtre offre son offrande de farine puis la fait boire. En ce qui concerne l’ordre du rituel, il suit l’opinion de Rabbi Shimon, et en ce qui concerne la question du mérite qui retarde la punition, il suit l’opinion des Sages.
וְהֵם אוֹמְרִים הוֹצִיאוּהָ וְכוּ׳. מַאי טַעְמָא — דְּדִילְמָא מֵתָה. לְמֵימְרָא דְּמֵת אָסוּר בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה?
§ La michna déclare : Et les personnes qui se tiennent dans le Temple disent : Faites-la sortir, afin qu’elle ne rende pas impure la cour du Temple. La Guemara explique : Quelle en est la raison ? C’est de peur qu’elle ne meure là immédiatement et ne rende impure la cour des femmes, où elle boit l’eau. La Guemara demande : Faut-il en déduire qu’un cadavre est interdit de se trouver dans la cour des femmes, qui a le même statut que le camp des Lévites dans le désert ?
וְהָתַנְיָא: טְמֵא מֵת מוּתָּר לִיכָּנֵס לְמַחֲנֵה לְוִיָּה. וְלֹא טְמֵא מֵת בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא אֲפִילּוּ מֵת עַצְמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקַּח מֹשֶׁה אֶת עַצְמוֹת יוֹסֵף עִמּוֹ״, עִמּוֹ בִּמְחִיצָתוֹ!
Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Celui qui est rituellement impur par l’impureté transmise par un cadavre est autorisé à entrer dans le camp lévitique. Et les Sages ont dit cela non seulement au sujet de celui qui est rituellement impur par l’impureté transmise par un cadavre ; plutôt, même un cadavre lui-même peut être introduit dans le camp lévitique, comme il est écrit : « Et Moïse prit avec lui les ossements de Joseph » (Exode 13:19), ce qui est interprété comme signifiant : Avec lui, à proximité de lui, bien que Moïse se trouvât dans le camp lévitique.
אָמַר אַבָּיֵי: שֶׁמָּא תִּפְרוֹס נִדָּה. לְמֵימְרָא דְּבִיעֲתוּתָא מְרַפְּיָא? אִין, דִּכְתִיב: ״וַתִּתְחַלְחַל הַמַּלְכָּה מְאֹד״, וְאָמַר רַב: שֶׁפֵּירְסָה נִדָּה. וְהָא אֲנַן תְּנַן: חֲרָדָה מְסַלֶּקֶת דָּמִים! פַּחְדָּא צָמֵית, בִּיעֲתוּתָא מְרַפְּיָא.
Abaye a dit : La femme est écartée non pas par crainte qu’elle meure là-bas, mais de peur que la peur de l’eau ne la fasse commencer à menstruer, et il est interdit à une femme menstruée d’entrer dans le camp lévitique. La Guemara demande : Faut-il en déduire que la peur provoque un relâchement musculaire et un saignement menstruel ? La Guemara répond : Oui, comme il est écrit : « Et la reine fut extrêmement bouleversée » (Esther 4:4), et Rav dit : Cela signifie qu’elle a commencé à menstruer. La Guemara demande : Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Nidda 39a) que la trépidation supprime l’écoulement du sang menstruel ? Vraisemblablement, la sota éprouve de la trépidation. La Guemara répond : La trépidation engendrée par une inquiétude prolongée contracte les muscles et empêche le sang de s’écouler, mais la peur soudaine relâche les muscles et fait couler le sang.
יֵשׁ לָהּ זְכוּת הָיְתָה וְכוּ׳. מַנִּי מַתְנִיתִין? לָא אַבָּא יוֹסֵי בֶּן חָנָן, וְלָא רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן יִצְחָק אִישׁ כְּפַר דָּרוֹם, וְלֹא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
§ La michna déclare : Si elle a du mérite, cela retarde la punition…d’un an…de deux ans…de trois ans. La Guemara demande : De qui est l’opinion exprimée dans la michna ? Ce n’est pas l’opinion de Abba Yosei ben Ḥanan, ni l’opinion de Rabbi Elazar ben Yitzḥak de Kefar Darom, ni l’opinion de Rabbi Yishmael.
דְּתַנְיָא: אִם יֵשׁ לָהּ זְכוּת תּוֹלָה לָהּ שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, כְּדֵי הַכָּרַת הָעוּבָּר, דִּבְרֵי אַבָּא יוֹסֵי בֶּן חָנָן. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן יִצְחָק אִישׁ כְּפַר דָּרוֹם אוֹמֵר: תִּשְׁעָה חֳדָשִׁים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנִקְּתָה וְנִזְרְעָה זָרַע״, וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר: ״זֶרַע יַעַבְדֶנּוּ יְסֻפַּר״, זֶרַע הָרָאוּי לְסַפֵּר.
Ceci est comme cela est enseigné dans une baraita : Si elle a du mérite, cela retarde la punition pour elle pendant trois mois, soit le temps nécessaire pour reconnaître le fœtus ; telle est la déclaration d’Abba Yosei ben Ḥanan. Rabbi Elazar ben Yitzḥak de Kefar Darom dit : Le mérite retarde la punition pendant neuf mois, comme il est dit : « Alors elle sera innocentée et concevra une semence » (Nombres 5:28). On peut en déduire que si elle a du mérite, elle sera innocentée temporairement, pendant le temps nécessaire pour concevoir un enfant, et là, dans les Psaumes, il est dit : « Une semence le servira ; il sera parlé du Seigneur à la génération suivante » (Psaumes 22:31). Cela indique que la semence doit être apte à parler du Seigneur une fois parvenue à maturité, et un enfant ne peut vivre que s’il naît après l’achèvement de neuf mois dans le ventre.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר — זֵכֶר לַדָּבָר, דִּכְתִיב: ״לָהֵן מַלְכָּא מִלְכִּי יִשְׁפַּר עֲלָיךְ וַחֲטָיָךְ בְּצִדְקָה פְרֻק וַעֲוָיָתָךְ בְּמִחַן עֲנָיִן
Rabbi Yishmaël dit : Le mérite retarde le châtiment pendant douze mois. Et bien qu’il n’y ait pas de preuve explicite du concept selon lequel le mérite retarde le châtiment pendant douze mois, il y a une allusion au concept, comme il est écrit que Daniel dit à Nabuchodonosor après avoir interprété le rêve de Nabuchodonosor concernant le mal qui lui arriverait : "C’est pourquoi, ô roi, que mon conseil te soit agréable, et rachète tes péchés par la charité, et tes iniquités en faisant miséricorde aux pauvres ;