נְיָיר מָחוּק — כְּדֵי לִכְרוֹךְ עַל צְלוֹחִית קְטַנָּה שֶׁל פִּלְיָיטוֹן. עוֹר — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת קָמֵיעַ. דּוּכְסוּסְטוֹס — כְּדֵי לִכְתּוֹב מְזוּזָה. קְלָף — כְּדֵי לִכְתּוֹב עָלָיו פָּרָשָׁה קְטַנָּה שֶׁבַּתְּפִילִּין, שֶׁהִיא ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל״. דְּיוֹ — כְּדֵי לִכְתּוֹב שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת.
La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de papier dont l’écriture a été effacée et qui ne peut plus être utilisé pour écrire est équivalente à celle utilisée pour envelopper un petit flacon de parfum. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de peau animale est équivalente à celle utilisée pour fabriquer une amulette. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport du dokhsostos, une couche de la peau de l’animal, est équivalente à celle utilisée pour écrire une mezouza. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de parchemin est équivalente à celle utilisée pour écrire la plus courte section dans les phylactères, qui est le passage de Shema Yisrael. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de l’encre est équivalente à celle utilisée pour écrire deux lettres.
כְּחוֹל — כְּדֵי לִכְחוֹל עַיִן אַחַת. דֶּבֶק — כְּדֵי לִיתֵּן בְּרֹאשׁ הַשַּׁפְשָׁף. זֶפֶת וְגׇפְרִית — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת נֶקֶב. שַׁעֲוָה — כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי נֶקֶב קָטָן. חַרְסִית — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת פִּי כוּר שֶׁל צוֹרְפֵי זָהָב. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי לַעֲשׂוֹת פִּיטְפּוּט. סוּבִּין — כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי כוּר שֶׁל צוֹרְפֵי זָהָב. סִיד — כְּדֵי לָסוּד קְטַנָּה שֶׁבַּבָּנוֹת. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי לַעֲשׂוֹת כִּלְכּוּל. רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: כְּדֵי לָסוּד אוּנְדִּפֵי.
La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de fard bleu pour les yeux est équivalente à celle utilisée pour peindre un œil en bleu. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de colle est équivalente à celle utilisée pour placer au sommet d’une planche afin d’attraper des oiseaux. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de goudron et soufre est équivalente à celle utilisée pour sceller un trou dans un récipient et pour faire un petit trou dans ce scellement. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de cire est équivalente à celle utilisée pour placer sur l’ouverture d’un petit trou afin de le sceller. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de terre cuite broyée est équivalente à celle utilisée pour pétrir et faire avec cela une ouverture pour que le soufflet soit placé dans un creuset de raffineurs d’or. Rabbi Yehuda dit : Équivalente à celle utilisée pour faire un petit trépied [pitput] pour le creuset. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de son est équivalente à celle utilisée pour placer sur l’orifice d’un creuset de raffineurs d’or. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de chaux est équivalente à celle utilisée pour étendre comme dépilatoire sur la plus petite des filles. Rabbi Yehuda dit : Équivalente à celle utilisée pour étendre sur les cheveux qui poussent sur la tempe afin qu’ils restent plats. Rabbi Neḥemya dit : Équivalente à celle utilisée pour étendre sur la tempe afin d’enlever les poils fins.
גְּמָ׳ חֶבֶל נָמֵי לִיחַיֵּיב כְּדֵי לַעֲשׂוֹת תְּלַאי לַנָּפָה וְלַכְּבָרָה! כֵּיוָן דְּחָרֵיק בְּמָנָא לָא עָבְדִי אִינָשֵׁי. תָּנוּ רַבָּנַן: הוּצִין כְּדֵי לַעֲשׂוֹת אוֹזֶן לְסַל כְּפִיפָה מִצְרִית. סִיב — אֲחֵרִים אוֹמְרִים: כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי מַשְׁפֵּךְ קָטָן לְסַנֵּן אֶת הַיַּיִן. רְבָב — כְּדֵי לָסוּךְ תַּחַת אֶסְפּוֹגִית קְטַנָּה. וְכַמָּה שִׁיעוּרָהּ? — כְּסֶלַע. וְהָתַנְיָא כִּגְרוֹגֶרֶת! אִידֵּי וְאִידֵּי חַד שִׁיעוּרָא הוּא. מוֹכִין כְּדֵי לַעֲשׂוֹת כַּדּוּר קְטַנָּה, וְכַמָּה שִׁיעוּרוֹ? — כֶּאֱגוֹז.
GUEMARA : Nous avons appris dans la mishna : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter une corde est équivalente à celle qui est utilisée pour faire une poignée en forme d’oreille pour un panier. La Guemara demande : Dans le cas de la corde aussi, qu’on soit responsable pour le transport d’une mesure équivalente à celle qui est utilisée pour faire une boucle afin de suspendre un crible ou un tamis, comme c’est le cas avec un roseau. La Guemara répond : Puisque la corde est dure et creuserait des rainures dans l’ustensile, les gens n’en font pas des boucles. Les Sages ont enseigné : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter des feuilles de palmier dures est équivalente à celle qui est utilisée pour faire une poignée en forme d’oreille pour un panier égyptien en osier, fabriqué à partir de branches de palmier tressées. Aḥerim disent : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter du liber est équivalente à celle qui est utilisée pour placer sur l’ouverture d’un petit entonnoir afin de filtrer le vin. La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter de la graisse est équivalente à celle qui est utilisée pour enduire sous un petit gâteau. Et quelle est sa mesure ? Équivalente à la taille d’un sela. La Guemara demande : N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que sa mesure est équivalente à une figue sèche ? La Guemara répond : Ceci, la largeur d’un sela, et cela, le volume d’une figue sèche, sont une seule mesure. La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter une matière molle est équivalente à celle qui est utilisée pour faire une petite boule. Et quelle est sa mesure ? Elle est comme la taille d’une noix.
נְיָיר — כְּדֵי לִכְתּוֹב עָלָיו קֶשֶׁר מוֹכְסִין. תָּנָא: כַּמָּה קֶשֶׁר מוֹכְסִין? שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת שֶׁל קֶשֶׁר מוֹכְסִין. וּרְמִינְהוּ: הַמּוֹצִיא נְיָיר חָלָק, אִם יֵשׁ בּוֹ כְּדֵי לִכְתּוֹב שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת — חַיָּיב, וְאִם לָאו — פָּטוּר. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: מַאי שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת? שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת שֶׁל קֶשֶׁר מוֹכְסִין. רָבָא אָמַר: שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת דִּידַן וּבֵית אֲחִיזָה, דְּהַיְינוּ קֶשֶׁר מוֹכְסִין.
Nous avons appris dans la michna : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter du papier est équivalente à celle utilisée pour écrire un reçu fiscal. Un tanna a enseigné dans une Tosefta : Quelle est la mesure d'un reçu fiscal ? Assez pour écrire deux lettres caractéristiques d'un reçu fiscal, qui sont plus grandes que des lettres ordinaires. Et la Guemara soulève une contradiction : Celui qui transporte du papier vierge ; s'il a un espace équivalent à celui utilisé pour écrire deux lettres, il est responsable, et sinon il est exempt. Ce papier est plus petit qu'un reçu fiscal. Rav Sheshet a dit : Que sont les deux lettres enseignées dans la Tosefta ? Deux lettres d'un reçu fiscal. Rava a dit : La Tosefta peut même être expliquée comme se référant à deux lettres standard des nôtres et à un espace blanc avec lequel tenir le papier sur lequel le texte est écrit, ce qui est la taille d'un reçu fiscal.
מֵיתִיבִי: הַמּוֹצִיא נְיָיר מָחוּק וּשְׁטָר פָּרוּעַ, אִם יֵשׁ בַּלּוֹבֶן שֶׁלּוֹ כְּדֵי לִכְתּוֹב שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת, אוֹ בְּכוּלּוֹ כְּדֵי לִכְרוֹךְ עַל פִּי צְלוֹחִית קְטַנָּה שֶׁל פִּלְיָיטוֹן — חַיָּיב, וְאִם לָאו — פָּטוּר. בִּשְׁלָמָא לְרַב שֵׁשֶׁת דְּאָמַר מַאי ״שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת״, שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת שֶׁל קֶשֶׁר מוֹכְסִין — שַׁפִּיר. אֶלָּא לְרָבָא דְּאָמַר שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת דִּידַן וּבֵית אֲחִיזָה, דְּהַיְינוּ קֶשֶׁר מוֹכְסִין — הָכָא בֵּית אֲחִיזָה לָא צְרִיךְ! קַשְׁיָא.
La Guemara soulève une objection : Celui qui transporte du papier dont l’écriture a été effacée ou un billet à ordre dont la dette a été remboursée, s’il y a dans sa partie blanche, l’espace sans texte, une mesure équivalente à celle utilisée pour écrire deux lettres, ou si tout le papier équivaut à ce qui sert à envelopper un petit flacon de parfum, il est passible ; et sinon, s’il est plus petit, il est exempt. La Guemara développe : Certes, selon Rav Sheshet, qui a dit : Que sont les deux lettres enseignées dans la Tosefta ? Deux lettres d’un reçu fiscal, cela s’explique bien. Cependant, selon Rava, qui a dit : Deux lettres standard des nôtres et un espace blanc permettant de tenir le papier sur lequel le texte est écrit, ce qui est de la taille d’un reçu fiscal, ici, sur ce papier ou ce document, l’espace blanc permettant de tenir le papier n’est pas nécessaire, puisqu’on peut le tenir par la partie effacée ou par le texte du billet à ordre annulé. Néanmoins, la mesure de responsabilité dans la Tosefta pour le transport de papier dont l’écriture a été effacée n’est pas moindre. La Guemara conclut : En effet, cela est difficile.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא קֶשֶׁר מוֹכְסִין, עַד שֶׁלֹּא הֶרְאָהוּ לַמּוֹכֵס — חַיָּיב. מִשֶּׁהֶרְאָהוּ לַמּוֹכֵס — פָּטוּר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף מִשֶּׁהֶרְאָהוּ לַמּוֹכֵס חַיָּיב מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹ. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר אַבָּיֵי: אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ רָהִיטֵי מוֹכְסָא. רָבָא אָמַר: מוֹכֵס גָּדוֹל וּמוֹכֵס קָטָן אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ. רַב אָשֵׁי אָמַר: חַד מוֹכֵס אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹ לְהַרְאוֹת לְמוֹכֵס שֵׁנִי, דְּאָמַר לֵיהּ: חֲזִי, גַּבְרָא דְמוֹכֵס אֲנָא.
Les Sages ont enseigné dans une Tosefta : Celui qui transporte un reçu d’impôt pendant le Chabbat avant de l’avoir montré au percepteur, et qu’il en a encore besoin, est passible pour avoir transporté pendant le Chabbat. Une fois qu’il l’a montré au percepteur, il est exempt, car il n’a plus d’importance. Rabbi Yehouda dit : Même une fois qu’il l’a montré au percepteur, il est passible, parce qu’il y a un moment où il en a besoin. La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre leurs opinions ? Abaye a dit : Il y a une différence pratique entre leurs opinions en ce qui concerne les poursuivants fiscaux. Il arrive que les percepteurs envoient des inspecteurs à la suite de ceux qui ont déjà passé le contrôle fiscal afin de vérifier qu’ils ont bien payé. Dans ce cas, même s’il l’a déjà montré au percepteur initial, il devra le présenter de nouveau. Rava a dit : Il y a une différence pratique entre leurs opinions en ce qui concerne un percepteur principal et un percepteur subalterne. Parfois, lorsque le premier percepteur que l’on rencontre est un fonctionnaire subalterne, il faudra garder le reçu sur soi et le présenter si l’on rencontre un fonctionnaire plus haut placé. Rav Achi a dit : Il y a une différence entre eux même dans un cas où il n’y a qu’un seul percepteur. Néanmoins, il est à son avantage de le garder en sa possession parce qu’il en a besoin pour le montrer à un second percepteur qu’il pourrait rencontrer à l’avenir, car il lui dit : Regarde, je suis un homme digne de confiance aux yeux du percepteur. Le document en sa possession prouve qu’il est en bons termes avec les autorités fiscales.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא שְׁטַר חוֹב, עַד שֶׁלֹּא פְּרָעוֹ — חַיָּיב, מִשֶּׁפְּרָעוֹ — פָּטוּר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף מִשֶּׁפְּרָעוֹ — חַיָּיב, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹ. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר רַב יוֹסֵף: אָסוּר לְשַׁהוֹת שְׁטָר פָּרוּעַ אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ. רַבָּנַן סָבְרִי: אָסוּר לְשַׁהוֹת שְׁטָר פָּרוּעַ. וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: מוּתָּר לְשַׁהוֹת שְׁטָר פָּרוּעַ.
Les Sages ont enseigné : Celui qui transporte un billet à ordre pendant le Chabbat avant d’avoir remboursé la dette est passible ; cependant, une fois qu’il l’a remboursée, il est exempt. Rabbi Yehouda dit : Même une fois qu’il l’a remboursée, la dette, il est passible pour avoir transporté le document parce qu’il en a besoin. La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre leurs opinions ? Rav Yossef a dit : Il y a une différence pratique entre leurs opinions concernant la halakha de savoir s’il est interdit de conserver un billet à ordre remboursé en sa possession ou non. Les Sages soutiennent : Il est interdit de conserver un billet à ordre remboursé en sa possession, afin que le créancier ne l’utilise pas pour recouvrer la dette une seconde fois. Puisqu’il est interdit de conserver un billet à ordre remboursé, le document n’a aucune valeur. Et Rabbi Yehouda soutient : Il est permis de conserver un billet à ordre remboursé en sa possession et de l’utiliser comme papier.
אַבָּיֵי אֲמַר: דְּכוּלֵּי עָלְמָא אָסוּר לְשַׁהוֹת שְׁטָר פָּרוּעַ, וְהָכָא בְּמוֹדֶה בִּשְׁטָר שֶׁכְּתָבוֹ שֶׁצָּרִיךְ לְקַיְּימוֹ קָמִיפַּלְגִי: תַּנָּא קַמָּא סָבַר מוֹדֶה בִּשְׁטָר שֶׁכְּתָבוֹ — צָרִיךְ לְקַיְּימוֹ. וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר מוֹדֶה בִּשְׁטָר שֶׁכְּתָבוֹ — אֵין צָרִיךְ לְקַיְּימוֹ. וּמַאי ״עַד שֶׁלֹּא פְּרָעוֹ״ וּ״מִשֶּׁפְּרָעוֹ״?
Abaye a dit : Tous sont d’accord sur le fait qu’il est interdit de conserver en sa possession un billet à ordre déjà remboursé, et ici ils sont en désaccord sur la question de savoir si, dans un cas où un débiteur reconnaît avoir rédigé un billet à ordre, le créancier doit le faire ratifier au tribunal. Le premier tanna soutient : Lorsqu’un débiteur reconnaît avoir rédigé un billet à ordre, le créancier doit le faire ratifier au tribunal afin de confirmer qu’il ne s’agit pas d’un faux. S’il ne peut pas être ratifié, le débiteur peut prétendre qu’il a déjà remboursé la dette. Et Rabbi Yehouda soutient : Lorsqu’un débiteur reconnaît avoir rédigé un billet à ordre, le créancier n’a pas besoin de le faire ratifier au tribunal et peut recouvrer sa dette sans ratification. Le document est considéré comme plus fiable que les affirmations du débiteur. Et que signifie : Avant qu’il ne rembourse la dette et une fois qu’il l’a remboursée ?