וְלֵיתָא דְּרַבִּי יַנַּאי. וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר סָבַר: אֵבֶר קָטָן דְּגָדוֹל וְאֵבֶר גָּדוֹל דְּקָטָן בֶּן יוֹמוֹ כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ, וְרַבִּי נָתָן סָבַר: אֵבֶר קָטָן דְּגָדוֹל אִין, אֵבֶר גָּדוֹל דְּקָטָן בֶּן יוֹמוֹ — לָא. מַאי הָוֵי עֲלַהּ? תָּא שְׁמַע: דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: שֶׁמֶן כְּדֵי לָסוּךְ אֵבֶר קָטָן שֶׁל קָטָן בֶּן יוֹמוֹ.
et l’opinion de l’école de Rabbi Yannai n’est pas acceptée. Et ici, dans cette baraita, ils sont en désaccord sur ce point : Rabbi Shimon ben Elazar soutient : Un petit membre d’un adulte et un grand membre d’un enfant d’un jour sont équivalents l’un à l’autre, et Rabbi Natan soutient : Pour le transport d’huile dans une mesure équivalente à celle utilisée pour enduire un petit membre d’un adulte, oui, on est responsable ; cependant, un grand membre d’un enfant d’un jour, non, on en est exempté. La Guemara demande : À quelle conclusion est-on parvenu en cette matière ? Viens et écoute une preuve, car il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Elazar dit explicitement : La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport d’huile est équivalente à celle utilisée pour enduire un petit membre d’un enfant d’un jour.
מַיִם כְּדֵי לָשׁוּף בָּהֶן אֶת הַקִּילוֹר. אָמַר אַבָּיֵי: מִכְּדֵי כׇּל מִילְּתָא דִּשְׁכִיחָא וְלָא שְׁכִיחָא, אֲזוּל רַבָּנַן בָּתַר דִּשְׁכִיחָא לְקוּלָּא. שְׁכִיחָא וּשְׁכִיחָא אֲזוּל רַבָּנַן בָּתַר דִּשְׁכִיחָא לְחוּמְרָא.
Nous avons appris dans la mishna : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter de l’eau est équivalente à celle qui est utilisée pour frotter et étaler sur un bandage pour l’œil. Abaye a dit : À présent, puisque, en ce qui concerne toute substance qui est utilisée à la fois pour des usages courants et inhabituels, les Sages, dans leur décision, ont suivi l’usage courant même comme indulgence, c’est-à-dire qu’on n’est responsable que pour le transport de la mesure la plus grande. Cependant, lorsqu’une substance a différents usages et que l’un est courant et que l’autre est également courant, les Sages, dans leur décision, ont suivi l’usage courant qui mène à une rigueur, c’est-à-dire qu’on est responsable même pour le transport de la plus petite quantité.
יַיִן, שְׁתִיָּיתוֹ שְׁכִיחָא רְפוּאָתוֹ לָא שְׁכִיחָא — אֲזוּל רַבָּנַן בָּתַר שְׁתִיָּיתוֹ דִּשְׁכִיחָא לְקוּלָּא. חָלָב, אֲכִילָתוֹ שְׁכִיחָא רְפוּאָתוֹ לָא שְׁכִיחָא — אֲזוּל רַבָּנַן בָּתַר אֲכִילָתוֹ לְקוּלָּא. דְּבַשׁ, אֲכִילָתוֹ שְׁכִיחָא רְפוּאָתוֹ שְׁכִיחָא — אֲזוּל רַבָּנַן בָּתַר רְפוּאָתוֹ לְחוּמְרָא.
La preuve de ce principe peut être vue dans les exemples suivants. Le vin, son usage pour boire est courant et son usage pour guérir est peu courant. Les Sages, en établissant la mesure qui détermine la responsabilité pour le transport du vin, ont suivi son usage pour boire, qui est courant, ce qui a conduit à une indulgence. La quantité de vin que l’on boit habituellement est supérieure à la quantité de vin utilisée pour guérir. Le lait, sa consommation est courante et son usage pour guérir est peu courant. Les Sages, en établissant la mesure qui détermine la responsabilité pour le transport du lait, ont suivi sa consommation, qui est courante, comme une indulgence. Le miel, sa consommation est courante et son usage pour guérir est également courant. Les Sages, en établissant la mesure qui détermine la responsabilité pour le transport du miel, ont suivi son usage pour guérir, la plus petite quantité, comme une rigueur.
אֶלָּא מַיִם, מִכְּדֵי שְׁתִיָּיתוֹ שְׁכִיחָא רְפוּאָתוֹ לָא שְׁכִיחָא, מַאי טַעְמָא אֲזוּל רַבָּנַן בָּתַר רְפוּאָתוֹ לְחוּמְרָא? אָמַר אַבָּיֵי: בְּגָלִילָא שָׁנוּ. רָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בִּשְׁאָר מְקוֹמוֹת, כְּדִשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל שַׁקְיָינֵי מַסּוּ וּמְטַלְּלִי לְבַר מִמַּיָּא דְּמַסּוּ וְלָא מְטַלְּלִי.
Cependant, l’eau, puisque sa consommation est courante et que son usage pour la guérison est peu courant, quelle est la raison pour laquelle les Sages ont suivi son usage pour la guérison comme une rigueur ? D’après le principe ci-dessus, les Sages auraient dû déterminer la mesure d’après son usage pour boire. Abaye a dit : Ils ont enseigné cette halakha en Galilée, où l’on boit habituellement du vin. Là-bas, l’eau est utilisée pour la guérison aussi couramment que pour boire (Tosafot). Rava a dit : Même si vous dites que cette halakha s’applique dans les autres endroits aussi bien qu’en Galilée, l’usage de l’eau pour traiter l’œil est courant, conformément à l’opinion de Shmuel, car Shmuel a dit : Tous les liquides placés sur l’œil produisent une guérison et troublent la vision, sauf l’eau, qui guérit et ne trouble pas la vision.
וּשְׁאָר כׇּל הַמַּשְׁקִין בִּרְבִיעִית. תָּנוּ רַבָּנַן: דָּם וְכׇל מִינֵי מַשְׁקִין בִּרְבִיעִית. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: דָּם, כְּדֵי לִכְחוֹל בְּעַיִן אַחַת, שֶׁכֵּן כּוֹחֲלִין לְבַרְקִית. וּמַאי נִינְהוּ? דְּמָא דְתַרְנוּגְלָא בַּרָּא. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: דָּם כְּדֵי לִכְחוֹל בּוֹ עַיִן אַחַת, שֶׁכֵּן כּוֹחֲלִין לְיָארוּד. וּמַאי נִיהוּ? דְּמָא דִכְרוּשְׁתִּינָא. וְסִימָנָיךְ: גַּוָּא לְגַוָּא, בַּרָּא לְבַרָּא.
Nous avons appris dans la mishna : Et la mesure qui détermine la responsabilité pour tous les autres liquides est un quart de log. Les Sages ont enseigné dans une Tosefta : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter du sang et toutes sortes de liquides pendant Chabbat est un quart de log. Rabbi Shimon ben Elazar dit : La mesure qui détermine la responsabilité pour le sang est inférieure à cela. La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter du sang est équivalente à celle utilisée pour appliquer sur un œil, comme on applique du sang pour guérir une verrue sur l’œil. La Guemara demande : Et quel type de sang produit cette guérison ? Le sang d’une poule sauvage. Rabbi Shimon ben Gamliel dit : La mesure qui détermine la responsabilité pour le fait de transporter du sang est équivalente à celle utilisée pour appliquer sur un œil, comme on applique du sang pour guérir une cataracte. Et quel type de sang produit cette guérison ? Le sang d’une chauve-souris. Et un moyen mnémotechnique pour vous assurer que vous ne confondez pas ces remèdes : Intérieur pour intérieur, extérieur pour extérieur. Le sang d’une chauve-souris, qui vit dans des zones habitées, pour la cataracte, qui est à l’intérieur de l’œil ; le sang d’une poule sauvage, qui vit hors des zones habitées, pour la verrue, qui est extérieure à l’œil.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמוֹצִיא, אֲבָל בְּמַצְנִיעַ — כׇּל שֶׁהוּא חַיָּיב. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמַצְנִיעַ, אֲבָל בְּמוֹצִיא — אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא בִּרְבִיעִית. וּמוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמוֹצִיא שׁוֹפְכִין לִרְשׁוּת הָרַבִּים שֶׁשִּׁיעוּרָן בִּרְבִיעִית.
La Guemara cite une Tosefta : Dans quel cas ces règles, les mesures pour les substances dans la michna, ont-elles été énoncées ? Elles ont été énoncées au sujet de celui qui les transporte dehors d’un domaine à un autre sans leur attribuer une importance particulière. Cependant, en ce qui concerne celui qui les entrepose, leur attribuant ainsi de l’importance, la règle est qu’il est responsable pour le fait de transporter dehors n’importe quelle mesure. Rabbi Shimon dit : Dans quel cas ces règles ont-elles été énoncées ? Elles ont été énoncées au sujet de celui qui entrepose ces quantités. Cependant, si quelqu’un ne fait que les transporter dehors, il n’est responsable que s’il transporte dehors un quart de log. Et les Sages sont d’accord avec Rabbi Shimon au sujet de celui qui transporte des eaux usées dans le domaine public, à savoir que même lorsque quelqu’un ne fait que les transporter dehors, la mesure qui détermine la responsabilité est un quart de log.
אָמַר מָר: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמוֹצִיא, אֲבָל בְּמַצְנִיעַ — כׇּל שֶׁהוּא. אַטּוּ מַצְנִיעַ לָאו מוֹצִיא הוּא? אָמַר אַבָּיֵי: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּתַלְמִיד שֶׁאָמַר לוֹ רַבּוֹ: לֵךְ וּפַנֵּה לִי הַמָּקוֹם לִסְעוּדָה. הָלַךְ וּפִנָּה לוֹ. דָּבָר חָשׁוּב לַכֹּל — חַיָּיב עִילָּוֵיהּ, דָּבָר שֶׁאֵינוֹ חָשׁוּב לַכֹּל, אִי אַצְנְעֵיהּ רַבֵּיהּ — מִיחַיַּיב עִילָּוֵיהּ, וְאִי לָא — לָא מִיחַיַּיב.
Le Maître a dit dans la Tosefta : Dans quel cas ces questions, les mesures concernant les substances dans la michna, ont-elles été énoncées ? Elles ont été énoncées à l’égard de celui qui les transporte dehors d’un domaine à un autre sans leur attribuer une importance particulière. Cependant, à l’égard de celui qui les entrepose, il est passible pour n’importe quelle quantité. La Guemara s’en étonne : Celui qui entrepose n’est-il pas aussi celui qui transporte dehors ? On n’est pas passible pour le simple entreposage. On n’est passible que pour le transport dehors de l’objet entreposé. Abaye a dit : De quoi parlons-nous ici ? Du cas d’un élève dont le maître lui a dit : Va et dégage-moi de la place pour un repas, et il est allé et a dégagé de la place pour lui et a déplacé les objets vers un autre domaine. S’il a dégagé un objet qui est important pour tous, il est passible de le transporter dehors. S’il a dégagé un objet qui n’est pas important pour tous, alors, si son maître l’avait entreposé, il est passible de le transporter dehors, et si son maître ne l’avait pas entreposé, il n’est pas passible de le transporter dehors, puisque l’élève accomplit la volonté de son maître.
אָמַר מָר: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמוֹצִיא שׁוֹפְכִין לִרְשׁוּת הָרַבִּים שֶׁשִּׁיעוּרָן בִּרְבִיעִית. שׁוֹפְכִין לְמַאי חֲזוּ? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לְגַבֵּל בָּהֶן אֶת הַטִּיט. וְהָתַנְיָא: טִיט כְּדֵי לַעֲשׂוֹת בָּהֶן פִּי כוּר! לָא קַשְׁיָא: הָא דְּמִיגַּבַּל, הָא דְּלָא מִיגַּבַּל — לְפִי שֶׁאֵין אָדָם טוֹרֵחַ לְגַבֵּל טִיט לַעֲשׂוֹת פִּי כוּר.
Le Maître a dit dans la Tosefta : Et les Sages sont d’accord avec Rabbi Shimon au sujet de celui qui transporte des eaux usées dans le domaine public, à savoir que la mesure qui détermine la responsabilité est un quart de log. La Guemara demande : À quel usage les eaux usées sont-elles propres ? Rabbi Yirmeya a dit : Elles servent à pétrir de l’argile. La Guemara demande : Si tel est leur usage, pourquoi une quantité si grande est-elle requise ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : La mesure qui détermine la responsabilité pour avoir transporté de l’argile pendant Chabbat est équivalente à celle utilisée pour faire une ouverture pour que le soufflet soit placé dans un creuset, ce qui est une mesure bien plus petite ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Ceci, où la mesure pour l’argile est équivalente à celle utilisée pour faire une ouverture pour que le soufflet soit placé dans un creuset, fait référence à un cas où elle a déjà été pétrie ; cela, où la mesure pour les eaux usées est un quart de log pour pétrir de l’argile, fait référence à un cas où elle n’est pas encore pétrie, car une personne ne se donne pas la peine de pétrir de l’argile simplement pour faire une ouverture pour que le soufflet soit placé dans un creuset. Lorsqu’on transporte de l’eau pour pétrir de l’argile, une grande quantité est requise ; cependant, l’argile déjà préparée est également propre à être utilisée pour des objets plus petits.
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא חֶבֶל — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת אוֹזֶן לַקּוּפָּה. גֶּמִי — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת תְּלַאי לַנָּפָה וְלַכְּבָרָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי לִיטּוֹל מִמֶּנּוּ מִדַּת מִנְעָל לַקָּטָן. נְיָיר — כְּדֵי לִכְתּוֹב עָלָיו קֶשֶׁר מוֹכְסִין. וְהַמּוֹצִיא קֶשֶׁר מוֹכְסִין — חַיָּיב.
MISHNA :Celui qui transporte une corde est passible dans une mesure équivalente à celle qui est utilisée pour faire une anse en forme d’oreille pour un panier. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de roseau est équivalente à celle qui est utilisée pour faire une boucle afin de suspendre un tamis ou un crible. Rabbi Yehuda dit : La mesure de responsabilité est équivalente à celle qui est utilisée pour mesurer une chaussure pour un enfant, car le roseau sert à mesurer la taille du pied. La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de papier est équivalente à celle qui est utilisée pour écrire un reçu d’impôt. Et celui qui transporte un reçu d’impôt lui-même pendant Chabbat est passible.