תְּנֵינָא: הַמּוֹצִיא יַיִן — כְּדֵי מְזִיגַת כּוֹס, וְתָנֵי עֲלַהּ: כְּדֵי מְזִיגַת כּוֹס יָפֶה. וְקָתָנֵי סֵיפָא: ״וּשְׁאָר כׇּל הַמַּשְׁקִין בִּרְבִיעִית״. וְרָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רָבָא: כֹּל חַמְרָא דְּלָא דָּרֵי עַל חַד תְּלָת מַיָּא לָאו חַמְרָא הוּא.
on a appris que dans la michna : Celui qui transporte du vin non dilué n’est passible que s’il transporte une mesure équivalente au vin habituellement dilué pour une coupe. Et il a été enseigné au sujet de la michna : une mesure équivalente au vin dilué pour une coupe importante de vin. Et il a été enseigné dans la dernière clause de la michna : Et la mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de tous les autres liquides est un quart de log. Puisqu’un quart de log est la mesure significative pour les liquides, c’est aussi la mesure significative pour le vin dilué. Et Rava est cohérent avec son raisonnement, car Rava a dit : Tout vin qui ne supporte pas une part de vin diluée par trois parts d’eau n’est pas du vin. Le vin doit être suffisamment fort pour pouvoir être dilué avec de l’eau jusqu’à trois fois sa mesure.
אָמַר אַבָּיֵי: שְׁתֵּי תְּשׁוּבוֹת בַּדָּבָר — חֲדָא, דִּתְנַן: וְהַמָּזוּג שְׁנֵי חֶלְקֵי מַיִם וְאֶחָד יַיִן, מִן הַיַּיִן הַשֵּׁירוֹנִי. וְעוֹד: מַיִם בַּכַּד וּמִצְטָרְפִין?!
Abaye dit : Il y a deux réponses possibles concernant cette question. L’une, comme nous l’avons appris dans une michna : Le vin dilué, qui est utilisé pour déterminer la teinte exacte du rouge, est composé de deux parts d’eau et d’une part de vin, du vin du Sharon. Apparemment, le vin constitue un tiers et non un quart de la coupe diluée. Et de plus : L’opinion de Rava est que la mesure qui détermine la responsabilité pour le transport du vin est une mesure qui, une fois diluée, équivaudrait à un quart de log, c’est-à-dire un quart d’un quart de log de vin non dilué. Est-il possible que l’eau soit dans la cruche et pourtant s’associe au vin ? Le vin qu’il transporte est inférieur à la mesure requise et n’est pas propre à la consommation.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הָא דְּקָאָמְרַתְּ שְׁנֵי חֶלְקֵי מַיִם וְאֶחָד יַיִן מִן הַיַּיִן הַשֵּׁירוֹנִי — יַיִן הַשֵּׁירוֹנִי לְחוּד, דְּרָפֵי. אִי נָמֵי, הָתָם מִשּׁוּם חֲזוּתָא, אֲבָל לְטַעְמָא בָּעֵי טְפֵי. וּדְקָאָמְרַתְּ: מַיִם בַּכַּד וּמִצְטָרְפִין — לְעִנְיַן שַׁבָּת מִידֵּי דַּחֲשִׁיב בָּעֵינַן, וְהָא נָמֵי — הָא חֲשִׁיב.
Rava lui dit : Ce que tu as dit, à savoir que le ratio de dilution qui détermine la couleur rouge est de deux parts d’eau et une part de vin, du vin du Sharon, ne constitue pas une preuve. Le vin du Sharon est unique en ce qu’il est faible, et par conséquent deux parts d’eau suffisent pour le diluer. Autrement, là-bas le ratio de dilution mentionné est pour déterminer l’apparence de la couleur rouge ; cependant, pour ce qui est du goût, davantage d’eau est nécessaire. Et ce que tu as dit : Est-il possible que l’eau soit dans la cruche et pourtant se joigne au vin ? En ce qui concerne la responsabilité de transporter pendant Shabbat, nous exigeons un objet qui ait de l’importance, et ce quart d’un quart de log de vin est également important.
תָּנָא: יָבֵשׁ בִּכְזַיִת, דִּבְרֵי רַבִּי נָתָן. אָמַר רַב יוֹסֵף: רַבִּי נָתָן וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד. רַבִּי נָתָן — הָא דַּאֲמַרַן, וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שִׁשָּׁה דְּבָרִים מִקּוּלֵּי בֵּית שַׁמַּאי וּמֵחוּמְרֵי בֵּית הִלֵּל. דַּם נְבֵלָה — בֵּית שַׁמַּאי מְטַהֲרִין, וּבֵית הִלֵּל מְטַמְּאִין. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה: אַף כְּשֶׁטִּמְּאוּ בֵּית הִלֵּל, לֹא טִמְּאוּ אֶלָּא בְּדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ רְבִיעִית, הוֹאִיל וְיָכוֹל לִקְרוֹשׁ וְלַעֲמוֹד עַל כְּזַיִת.
Un tannaa enseigné dans une Tosefta : La mesure qui détermine la responsabilité pour avoir transporté du vin coagulé pendant le Chabbat est un volume d’olive ; c’est l’avis de Rabbi Natan. Rav Yossef a dit : Rabbi Natan et Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, ont dit la même chose. L’avis de Rabbi Natan est celui que nous venons d’énoncer. Et l’avis de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, est tel qu’il a été enseigné dans une baraita où Rabbi Yehouda dit : Six points figurent parmi les indulgences de Beit Shammaï et parmi les rigueurs de Beit Hillel. Parmi eux figure le sang d’une carcasse. Beit Shammaï le considèrent rituellement pur, car, selon eux, seule la chair d’une carcasse transmet l’impureté ; et Beit Hillel le considèrent rituellement impur. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, a dit : Même lorsque Beit Hillel l’ont considéré impur, ils n’ont considéré impur que une mesure de sang contenant un quart de log, puisqu’il peut se coaguler et constituer un volume d’olive. Rav Yossef établit un parallèle entre les deux avis. Les deux tanna’im conviennent qu’un quart de log de liquide se coagule jusqu’à atteindre la taille d’un volume d’olive.
אָמַר אַבָּיֵי: דִּילְמָא לָא הִיא. עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי נָתָן הָכָא דִּכְזַיִת בָּעֵי רְבִיעִית — אֶלָּא בְּיַיִן דִּקְלִישׁ, אֲבָל בְּדָם דִּסְמִיךְ — כְּזַיִת לָא בָּעֵי רְבִיעִית. אִי נָמֵי, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה הָתָם דִּכְזַיִת סַגִּי לֵיהּ בִּרְבִיעִית — אֶלָּא בְּדָם דִּסְמִיךְ, אֲבָל יַיִן דִּקְלִישׁ — כְּזַיִת הָוֵי יוֹתֵר מֵרְבִיעִית, וְכִי מַפֵּיק פָּחוֹת מִכְּזַיִת לִיחַיַּיב.
Abaye a dit : Peut-être que ce n’est pas le cas, car Rabbi Natan a dit qu’un quart de log n’est requis qu’ici, en ce qui concerne le vin, qui est liquide ; cependant, en ce qui concerne le sang, qui est visqueux, pour produire un volume d’olive lorsqu’il se fige, un quart de log n’est pas requis. Moins d’un quart de log de sang se fige en un volume d’olive. Autrement, Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda, a dit que pour créer un volume d’olive figé, un quart de log suffit seulement là, en ce qui concerne le sang, qui est visqueux ; cependant, le vin, qui est liquide, pour créer un volume d’olive figé, nécessite plus qu’un quart de log de vin. Et, par conséquent, même lorsqu’il transporte moins qu’un volume d’olive pendant le Chabbat, qu’il soit passible. Il n’y a aucune preuve que les deux opinions tannaïtiques soient parallèles.
חָלָב כְּדֵי גְמִיעָה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״כְּדֵי גְמִיאָה״, אוֹ ״כְּדֵי גְמִיעָה״. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״הַגְמִיאִינִי נָא מְעַט מַיִם מִכַּדֵּךְ״.
Nous avons appris dans la michna : La mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de lait est équivalente à ce qui est avalé [kedei gemia] en une seule gorgée. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : la version correcte de la michna est-elle : kedei gemia avec un alef ou kedei gemia avec un ayin ? Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Cela doit s’écrire avec un alef, comme nous le trouvons dans la Torah : « Et il dit : Donne-moi à avaler [hagmi’ini avec un alef] s’il te plaît, un peu d’eau de ta cruche” (Genèse 24:17).
אִיבַּעְיָא לְהוּ:
Un dilemme similaire concernant l’orthographe a déjà été soulevé auparavant devant les Sages.