הָא יֵשׁ בְּרַגְלוֹ מַכָּה — נָפֵיק. בְּהֵי מִינַּיְיהוּ נָפֵיק? אָמַר רַב הוּנָא: בְּאוֹתָהּ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מַכָּה. אַלְמָא קָסָבַר, סַנְדָּל לְשׁוּם צַעַר עֲבִיד.
Par déduction : S'il y a une blessure à son pied, il peut sortir avec une sandale. Dans ce cas, avec une sandale à lequel de ses pieds sort-il ? Rav Huna a dit : Avec une sandale au pied qui a une blessure. Apparemment, il soutient : Une sandale est faite dans le but d'éviter la douleur. En général, une personne porte des sandales uniquement pour éviter la douleur de marcher sur des pierres et autres choses semblables. Lorsqu'on la voit avec une seule sandale, il est clair qu'elle ne se soucie pas de cette douleur et que la seule raison pour laquelle elle porte la sandale est due à la blessure à son pied. Par conséquent, personne ne soupçonnera qu'elle est sortie en portant deux sandales et que, si elle en porte une, elle doit porter l'autre.
וְחִיָּיא בַּר רַב אָמַר: בְּאוֹתָהּ שֶׁאֵין בָּהּ מַכָּה. אַלְמָא קָסָבַר, לְשׁוּם תַּעֲנוּג עֲבִיד, וְזוֹ שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מַכָּה — מַכָּתָהּ מוֹכַחַת עָלֶיהָ.
Et Ḥiyya bar Rav dit : Il sort avec une sandale au pied qui n’a pas de blessure. Apparemment, il soutient que la sandale est faite dans le but de procurer du confort, et il la porte à son pied sain. Et cela n’éveille pas de soupçon, car, en ce qui concerne ce pied sur lequel il y a une blessure, sa blessure indique qu’il est incapable de porter une sandale sur ce pied, et il est clair qu’il a laissé l’autre sandale à la maison.
וְאַף רַבִּי יוֹחָנָן סָבַר לַהּ לְהָא דְּרַב הוּנָא. דְּאָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא: הַב לִי מְסָנַאי. יְהַב לֵיהּ דְּיָמִין. אֲמַר לֵיהּ עֲשִׂיתוֹ מַכָּה.
La Guemara commente : Et Rabbi Yoḥanan soutient également que l’opinion de Rav Huna, selon laquelle on ne porte des sandales que pour éviter la douleur, est correcte. Comme Rabbi Yoḥanan dit à Rav Shemen bar Abba, son assistant : Donne-moi ma sandale. Il lui donna la sandale droite. Il lui dit : Tu as rendu ce pied comme ayant une blessure. Selon l’opinion de Rabbi Yoḥanan, on doit toujours mettre d’abord sa chaussure gauche. Celui qui met d’abord la chaussure droite n’est plus autorisé à mettre la gauche. En lui tendant sa sandale droite, il force Rabbi Yoḥanan à sortir avec une seule sandale, amenant les observateurs à conclure qu’il a une blessure à ce pied. Cet incident correspond à l’opinion de Rav Huna selon laquelle on porte la sandale au pied blessé.
וְדִילְמָא כְּחִיָּיא בַּר רַב סְבִירָא לֵיהּ, וְהָכִי קָאָמַר: עָשִׂיתָ שֶׁל שְׂמֹאל מַכָּה.
La Guemara rejette cela : Et peut-être soutient-il conformément à l’opinion de Ḥiyya bar Rav, selon laquelle on met la sandale au pied sain, et il dit ce qui suit : En me tendant ma chaussure droite, tu as rendu mon pied gauche, sur lequel je n’ai pas de chaussure, semblable à un pied avec une blessure. Aucune preuve ne peut être tirée de cet incident, car l’opinion de Rabbi Yoḥanan ne peut pas être établie à partir de l’échange avec son assistant.
וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ. דַּאֲמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּתְפִילִּין כָּךְ מִנְעָלִין. מַה תְּפִילִּין בִּשְׂמֹאל, אַף מִנְעָלִין בִּשְׂמֹאל.
Et Rabbi Yoḥanan suit sa ligne habituelle de raisonnement. Comme l’a dit Rabbi Yoḥanan : De même que l’on met les phylactères, de même, on met les chaussures. De même que les phylactères sont placés sur le bras gauche, de même, lorsqu’on met les chaussures, on commence par le gauche.
מֵיתִיבִי: כְּשֶׁהוּא נוֹעֵל — נוֹעֵל שֶׁל יָמִין וְאַחַר כָּךְ נוֹעֵל שֶׁל שְׂמֹאל!
La Guemara soulève une objection à l’opinion de Rabbi Yoḥanan à partir d’une baraita : Lorsqu’une personne met ses chaussures, elle met d’abord la chaussure droite puis met la chaussure gauche.
אָמַר רַב יוֹסֵף: הַשְׁתָּא דְּתַנְיָא הָכִי, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי, דַּעֲבַד הָכִי — עֲבַד, וְדַעֲבַד הָכִי — עֲבַד.
Rav Yosef a dit : Maintenant que cela a été enseigné dans une baraita de cette manière, et que Rabbi Yoḥanan a énoncé la halakha de cette autre manière, celui qui a agi ainsi a agi correctement, et celui qui a agi de cette autre manière a agi correctement, car chaque coutume a un fondement.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: דִּילְמָא רַבִּי יוֹחָנָן הָא מַתְנִיתִין לָא הֲוָה שְׁמִיעַ לֵיהּ, וְאִי הֲוָה שְׁמִיעַ לֵיהּ הֲוָה הָדַר בֵּיהּ. וְאִי נָמֵי שְׁמִיעַ לֵיהּ, וְקָסָבַר אֵין הֲלָכָה כְּאוֹתָהּ מִשְׁנָה.
Abaye lui dit : Pourquoi la Guemara est-elle certaine que Rabbi Yoḥanan est en désaccord avec la baraita ? Peut-être que Rabbi Yoḥanan n’avait pas entendu cette baraita, et que, s’il l’avait entendue, il se serait rétracté de son opinion. Et même s’il l’a entendue, peut-être l’a-t-il entendue et a-t-il soutenu que la halakha n’est pas conforme à cette michna. En tout cas, il est nécessaire de trancher conformément à l’un des avis.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: יְרֵא שָׁמַיִם יוֹצֵא יְדֵי שְׁתֵּיהֶן. וּמַנּוּ? — מָר בְּרֵיהּ דְּרַבְנָא. הֵיכִי עָבֵיד? — סָיֵים דְּיַמִּינֵיהּ וְלָא קָטַר, וְסָיֵים דִּשְׂמָאלֵיהּ וְקָטַר, וַהֲדַר קָטַר דְּיַמִּינֵיהּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: חֲזֵינָא לְרַב כָּהֲנָא דְּלָא קָפֵיד.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Et celui qui craint le Ciel accomplit les deux avis. Et qui est cet homme craignant Dieu ? Mar, fils de Rabbana. Comment agit-il ? Il met sa chaussure droite et ne lace pas les lacets. Puis il met sa chaussure gauche et la lace, et ensuite lace les lacets de sa chaussure droite. Rav Ashi a dit : J’ai vu que Rav Kahana n’était pas pointilleux quant à l’ordre dans lequel il mettait ses chaussures.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁהוּא נוֹעֵל — נוֹעֵל שֶׁל יָמִין וְאַחַר כָּךְ נוֹעֵל שֶׁל שְׂמֹאל. כְּשֶׁהוּא חוֹלֵץ — חוֹלֵץ שֶׁל שְׂמֹאל וְאַחַר כָּךְ חוֹלֵץ שֶׁל יָמִין.
Après avoir cité cet extrait de Hilkhot Derekh Eretz au sujet du fait de mettre des chaussures, la Guemara cite l’ensemble de la question. Les Sages ont enseigné : Lorsqu’une personne met ses chaussures, elle met d’abord la chaussure droite puis met la chaussure gauche, car la droite a toujours la préséance. Lorsqu’elle les enlève, elle enlève la gauche puis enlève la droite, afin que la chaussure droite reste plus longtemps au pied.
כְּשֶׁהוּא רוֹחֵץ — רוֹחֵץ שֶׁל יָמִין וְאַחַר כָּךְ רוֹחֵץ שֶׁל שְׂמֹאל. כְּשֶׁהוּא סָךְ — סָךְ שֶׁל יָמִין וְאַחַר כָּךְ שֶׁל שְׂמֹאל. וְהָרוֹצֶה לָסוּךְ כׇּל גּוּפוֹ — סָךְ רֹאשׁוֹ תְּחִילָּה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מֶלֶךְ עַל כׇּל אֵיבָרָיו.
Quand on lave ses pieds, on lave le droit d’abord puis on lave le gauche. Et celui qui souhaite étendre de l’huile sur ses pieds étend de l’huile sur le droit d’abord puis en étend sur le gauche. Et celui qui souhaite étendre de l’huile sur tout son corps en étend d’abord sur sa tête, car elle est le roi de tous ses autres membres.
וְלֹא בִּתְפִילִּין. אָמַר רַב סָפְרָא: לָא תֵּימָא אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאָמַר שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא. אֶלָּא אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא — לֹא יֵצֵא, דִּילְמָא אָתֵי לְאֵיתוּיֵי בִּרְשׁוּת הָרַבִּים.
Nous avons appris dans la michna : Et il ne peut pas non plus sortir avec des phylactères. Rav Safra a dit : Ne dis pas que cette halakha est seulement conforme à l’opinion de celui qui a dit que le Chabbat n’est pas un moment approprié pour mettre des phylactères, c’est-à-dire qu’il est interdit de mettre des phylactères pendant Chabbat, et c’est la raison pour laquelle on ne peut pas sortir avec eux dans le domaine public. Au contraire, même selon celui qui a dit que le Chabbat est un moment approprié pour mettre des phylactères, il ne peut pas sortir avec eux en raison de la crainte qu’il n’en vienne à les porter dans sa main dans le domaine public, ce qui est interdit par la loi de la Torah.
וְאִיכָּא דְמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא: וְאִם יָצָא אֵינוֹ חַיָּיב חַטָּאת. אָמַר רַב סָפְרָא: לָא תֵּימָא אַלִּיבָּא דְמַאן דְּאָמַר שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא, אֶלָּא אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא — אֵינוֹ חַיָּיב חַטָּאת. מַאי טַעְמָא? — דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ עֲבִידָא.
Et certains enseignent la déclaration de Rav Safra comme se rapportant à la clause finale de la michna : Et s’il est sorti dans le domaine public avec des phylactères, il n’est pas tenu d’apporter un sacrifice expiatoire. Rav Safra a dit : Ne dis pas que cette halakha n’est valable que selon l’opinion de celui qui a dit que le Chabbat est un moment approprié pour mettre des phylactères, et qu’il ne transgresse donc pas une interdiction de la Torah en sortant dans le domaine public avec des phylactères et n’est pas tenu d’apporter un sacrifice expiatoire. Au contraire, même selon l’opinion de celui qui a dit que le Chabbat n’est pas un moment approprié pour mettre des phylactères, il n’est pas tenu d’apporter un sacrifice expiatoire. Quelle est la raison pour laquelle il est exempté ? Mettre des phylactères se fait à la manière de porter un vêtement ou un ornement. Bien qu’on ne puisse pas utiliser les phylactères pendant le Chabbat, il n’y a pas d’interdiction de la Torah de les déplacer.
וְלֹא בְּקָמֵיעַ בִּזְמַן שֶׁאֵינוֹ מִן הַמּוּמְחֶה. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא תֵּימָא עַד דְּמוּמְחֶה גַּבְרָא וּמוּמְחֶה קָמֵיעַ, אֶלָּא כֵּיוָן דְּמוּמְחֶה גַּבְרָא, אַף עַל גַּב דְּלָא מוּמְחֶה קָמֵיעַ.
Nous avons appris dans la michna : Ni avec une amulette lorsqu’elle ne provient pas d’un expert. Rav Pappa a dit : Ne dis pas que le sens de la michna est qu’on ne peut sortir que avec une amulette si la personne qui l’a écrite est un expert et que l’amulette s’est révélée efficace. Au contraire, si la personne qui l’a écrite est un expert, bien que l’amulette n’ait pas prouvé son efficacité, il peut sortir avec elle.
דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: ״וְלֹא בְּקָמֵיעַ בִּזְמַן שֶׁאֵינוֹ מִן הַמּוּמְחֶה״, וְלָא קָתָנֵי: ״בִּזְמַן שֶׁאֵינוֹ מוּמְחֶה״. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara commente : Le langage de la michna est également précis, car elle enseigne : Ni avec une amulette lorsqu’elle n’est pas d’un expert, et elle n’enseigne pas : Lorsque l’amulette n’est pas efficace. Apparemment, il suffit que l’auteur de l’amulette soit un expert, même si l’efficacité de l’amulette n’a pas été prouvée. La Guemara commente : En effet, apprends-le de cela.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ קָמֵיעַ מוּמְחֶה — כֹּל שֶׁרִיפֵּא, וְשָׁנָה, וְשִׁלֵּשׁ. אֶחָד קָמֵיעַ שֶׁל כְּתָב וְאֶחָד קָמֵיעַ שֶׁל עִיקָּרִין, אֶחָד חוֹלֶה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ סַכָּנָה וְאֶחָד חוֹלֶה שֶׁאֵין בּוֹ סַכָּנָה.
Les Sages ont enseigné dans la Tosefta : Qu’est-ce qu’une amulette efficace ? C’est toute amulette qui a guéri une personne une fois, et l’a guérie de nouveau, et l’a guérie une troisième fois. Tel est le critère d’une amulette efficace, et il s’applique à la fois à une amulette écrite et à une amulette de racines de plantes ; à la fois si elle s’est révélée efficace pour guérir une personne malade en danger, et si elle s’est révélée efficace pour guérir une personne malade qui n’est pas en danger. Il est permis de sortir avec ces types d’amulettes pendant le Chabbat.
לֹא שֶׁנִּכְפָּה, אֶלָּא שֶׁלֹּא יִכָּפֶה.
Et une amulette n’était pas permise seulement dans un cas où quelqu’un est déjà tombé à cause de l’épilepsie et porte l’amulette afin d’éviter une chute supplémentaire. Au contraire, même si quelqu’un n’est jamais tombé, et qu’il porte l’amulette afin qu’il ne contracte pas la maladie et tombe, il lui est permis de sortir avec elle pendant le Chabbat.
וְקוֹשֵׁר וּמַתִּיר אֲפִילּוּ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים. וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִקְשְׁרֶנּוּ
Et il peut l’attacher et le détacher même dans le domaine public, à condition de ne pas l’attacher