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שֶׁבָּא נָחָשׁ עַל חַוָּה הֵטִיל בָּהּ זוּהֲמָא, יִשְׂרָאֵל שֶׁעָמְדוּ עַל הַר סִינַי — פָּסְקָה זוּהֲמָתָן, גּוֹיִם שֶׁלֹּא עָמְדוּ עַל הַר סִינַי — לֹא פָּסְקָה זוּהֲמָתָן. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: גֵּרִים מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אַף עַל גַּב דְּאִינְהוּ לָא הֲווֹ, מַזָּלַיְיהוּ הֲווֹ. דִּכְתִיב: ״אֶת אֲשֶׁר יֶשְׁנוֹ פֹּה עִמָּנוּ עוֹמֵד הַיּוֹם לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֵינוּ וְאֵת אֲשֶׁר אֵינֶנּוּ פֹּה וְגוֹ׳״.
le serpent s’approcha d’Ève, c’est-à-dire que, lorsqu’il la séduisit pour qu’elle mange de l’Arbre de la Connaissance, il l’infecta d’une contamination morale, et cette contamination demeura chez tous les êtres humains. Lorsque le peuple juif se tint au mont Sinaï, leur contamination cessa, tandis que les gentils ne se tinrent pas au mont Sinaï, et leur contamination ne cessa jamais. Rav Aḥa, fils de Rava, dit à Rav Ashi : Qu’en est-il des convertis ? Comment expliques-tu la cessation de leur contamination morale ? Rav Ashi lui dit : Bien qu’eux-mêmes n’aient pas été au mont Sinaï, leurs anges gardiens y étaient présents, comme il est écrit : « Ce n’est pas avec vous seuls que je conclus cette alliance et ce serment, mais avec celui qui se tient ici avec nous aujourd’hui devant le Seigneur notre Dieu, et avec celui qui n’est pas ici avec nous aujourd’hui » (Deutéronome 29:13–14), et cela inclut les convertis.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא. דַּאֲמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: עַד שְׁלֹשָׁה דּוֹרוֹת לֹא פָּסְקָה זוּהֲמָא מֵאֲבוֹתֵינוּ: אַבְרָהָם הוֹלִיד אֶת יִשְׁמָעֵאל, יִצְחָק הוֹלִיד אֶת עֵשָׂו, יַעֲקֹב הוֹלִיד שְׁנֵים עָשָׂר שְׁבָטִים שֶׁלֹּא הָיָה בָּהֶן שׁוּם דּוֹפִי.
La Guemara souligne que cette opinion est en désaccord avec Rabbi Abba bar Kahana, car Rabbi Abba bar Kahana a dit : Jusqu’à trois générations se sont écoulées, la contamination morale n’a pas cessé chez nos ancêtres : Abraham engendra Ismaël, qui était d’une basse stature morale ; Isaac engendra Ésaü ; enfin, Jacob engendra douze tribus en lesquelles il n’y avait aucun défaut. Rabbi Abba bar Kahana soutient que la contamination morale a cessé chez les Patriarches bien avant la Révélation au Sinaï.
מַתְנִי׳ שׁוֹבֵר אָדָם אֶת הֶחָבִית לֶאֱכוֹל הֵימֶנָּה גְּרוֹגְרוֹת וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת כְּלִי. וְאֵין נוֹקְבִין מְגוּפָה שֶׁל חָבִית, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים מַתִּירִין, וְלֹא יִקְּבֶנָּה מִצִּדָּהּ. וְאִם הָיְתָה נְקוּבָה, לֹא יִתֵּן עָלֶיהָ שַׁעֲוָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְמָרֵחַ. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בָּא לִפְנֵי רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי בַּעֲרָב, וְאָמַר: חוֹשְׁשַׁנִי לוֹ מֵחַטָּאת.
MICHNA :Une personne peut briser un tonneau pendant le Chabbat afin d’en manger des figues sèches, à condition qu’elle n’ait pas l’intention d’en faire un ustensile. Et l’on ne peut pas percer le bouchon d’un tonneau pour en extraire du vin ; au contraire, il faut retirer entièrement le bouchon afin d’éviter de créer une nouvelle ouverture dans le tonneau. Telle est la déclaration de Rabbi Yehouda. Et les Sages permettent de percer le bouchon, mais eux aussi limitent cette indulgence et disent que l’on ne peut pas percer le bouchon du tonneau sur son côté. Et s’il était déjà percé, on ne peut pas y appliquer de la cire pour sceller le trou, parce que ce faisant il étale la cire uniformément sur le tonneau et enfreint ainsi le travail interdit de lisser. Rabbi Yehouda a dit : Un incident de ce genre s’est présenté devant Rabban Yoḥanan ben Zakkaï à la ville de Arav, et il a dit : Je suis préoccupé pour lui, car il pourrait être tenu d’apporter un sacrifice expiatoire à cause de cela.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא דְּרוּסוֹת, אֲבָל מְפוֹרָדוֹת — לֹא. וּמְפוֹרָדוֹת לֹא?
GUEMARA :Rabbi Oshaya a dit : Ils n’ont enseigné que qu’il est permis de briser un tonneau lorsque les figues étaient pressées ensemble. Cela s’explique par le fait que, dans ce cas, il est permis d’utiliser un ustensile pour séparer les figues, et cet ustensile peut également être utilisé pour briser le tonneau. Cependant, si les figues étaient déjà séparées, il n’est pas permis de manipuler un ustensile dans le seul but de briser le tonneau. La Guemara demande : Et n’est-il pas permis de briser le tonneau pour des figues séparées ?
מֵיתִיבִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מֵבִיא אָדָם אֶת הֶחָבִית שֶׁל יַיִן וּמַתִּיז רֹאשָׁהּ בְּסַיִיף, וּמַנִּיחָהּ לִפְנֵי הָאוֹרְחִים בְּשַׁבָּת וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ! הַהִיא רַבָּנַן, מַתְנִיתִין רַבִּי נְחֶמְיָה הִיא.
La Guemara soulève une objection sur la base d’une baraita : Rabban Shimon ben Gamliel dit : Une personne peut apporter un tonneau de vin et en couper le dessus du tonneau avec une épée et le placer devant les invités pendant Chabbat sans crainte qu’il soit interdit de déplacer l’épée ou que cela constitue la création d’un nouvel ustensile, ce qui est interdit. Apparemment, il est permis de déplacer une épée afin d’ouvrir un tonneau pendant Chabbat même si elle n’est pas nécessaire pour couper le contenu du tonneau. La Guemara répond au nom de Rabbi Oshaya : Cette baraita, qui cite l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, est conforme à l’opinion des Sages, tandis que notre michna est conforme à l’opinion de Rabbi Neḥemya, qui a dit qu’il est interdit de déplacer tout ustensile pendant Chabbat pour toute autre fin que celle à laquelle l’ustensile est destiné.
וּמַאי דּוּחְקֵיהּ דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא לְאוֹקוֹמֵי מַתְנִיתִין כְּרַבִּי נְחֶמְיָה וּבִדְרוּסוֹת, לוֹקְמַהּ בִּמְפוֹרָדוֹת וְרַבָּנַן! אָמַר רָבָא, מַתְנִיתִין קְשִׁיתֵיהּ: מַאי אִירְיָא דְּתָנֵי ״גְּרוֹגְרוֹת״? לִיתְנֵי ״פֵּירוֹת״! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ בִּדְרוּסוֹת.
La Guemara demande : Qu’est-ce qui a contraint Rabbi Oshaya à établir la michna conformément à l’opinion minoritaire de Rabbi Neḥemya et à dire qu’elle ne se rapporte qu’au cas de figues sèches pressées ? Qu’il établisse que la michna se rapporte même à des figues séparées et qu’elle est conforme à l’opinion des Sages. Rava a dit : La michna lui a posé une difficulté ; pourquoi le tanna a-t-il enseigné précisément au sujet des figues sèches ? Qu’il enseigne une halakha plus générale concernant les fruits. Au contraire, apprends de là que la michna se rapporte spécifiquement à des figues sèches pressées, et c’est parce qu’un ustensile est nécessaire pour les séparer qu’il peut aussi l’utiliser pour ouvrir le tonneau.
תַּנְיָא חֲדָא: חוֹתָלוֹת שֶׁל גְּרוֹגְרוֹת וְשֶׁל תְּמָרִים — מַתִּיר וּמַפְקִיעַ וְחוֹתֵךְ. וְתַנְיָא אִידַּךְ: מַתִּיר אֲבָל לֹא מַפְקִיעַ וְלֹא חוֹתֵךְ! לָא קַשְׁיָא, הָא — רַבָּנַן, הָא — רַבִּי נְחֶמְיָה. דְּתַנְיָא, רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ תַּרְווֹד וַאֲפִילּוּ טַלִּית וַאֲפִילּוּ סַכִּין — אֵין נִיטָּלִין אֶלָּא לְצוֹרֶךְ תַּשְׁמִישָׁן.
Il a été enseigné dans une baraita : Si quelqu’un a des paniers scellés, en osier, de figues sèches ou de dattes, on peut défaire le nœud du panier pendant Chabbat, et défaire le tressage du panier et le couper pour l’ouvrir. Et il a été enseigné dans une autre baraita : On peut défaire le nœud, mais on ne peut ni défaire le tressage ni couper le panier. Il y a une contradiction entre ces deux baraitot. La Guemara résout cette contradiction : Ce n’est pas difficile. Cette baraita, qui permet toutes ces actions, est conforme à l’opinion des Sages. Cette autre baraita, qui interdit de défaire le tressage et de couper, est conforme à l’opinion de Rabbi Neḥemya. Comme il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Neḥemya dit : Même une grande cuillère, même un manteau et même un couteau ne peuvent être pris pendant Chabbat que pour leur usage désigné, et il est donc interdit de prendre un couteau pour couper des paniers de fruits.
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת: מַהוּ לְמִיבְרַז חָבִיתָא בְּבוּרְטְיָא בְּשַׁבְּתָא? לְפִיתְחָא קָמִיכַּוֵּין, וַאֲסִיר, אוֹ דִילְמָא: לְעַיִן יָפָה קָמִיכַּוֵּין, וּשְׁרֵי? אֲמַר לֵיהּ: לְפִיתְחָא קָא מְכַוֵּין, וַאֲסִיר.
Les étudiants soulevèrent un dilemme devant Rav Sheshet : Quelle est la halakha concernant la question de savoir s’il est permis ou non de percer un tonneau avec une lance [burtiya] pendant Chabbat ? Faut-il présumer que l’on a l’intention de faire une ouverture dans le tonneau et que c’est donc interdit, ou peut-être faut-il présumer que l’on a simplement l’intention de faire preuve de générosité et que c’est permis ? Rav Sheshet leur dit : Il a l’intention de faire une ouverture dans le tonneau et c’est interdit.
מֵיתִיבִי, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מֵבִיא אָדָם חָבִית שֶׁל יַיִן וּמַתִּיז רֹאשָׁהּ בְּסַיִיף? הָתָם — וַדַּאי לְעַיִן יָפָה קָמִיכַּוֵּין, הָכָא — אִם אִיתָא דִּלְעַיִן יָפָה קָמִיכַּוֵּין — לִפְתְּחֵיהּ מִיפְתָּח.
La Guemara soulève une objection sur la base de ce qui a été enseigné dans la baraita, selon quoi Rabban Shimon ben Gamliel dit : On peut apporter un tonneau de vin pendant Chabbat et en couper le dessus avec une épée. Cela contredit-il l’opinion de Rav Sheshet selon laquelle ouvrir un tonneau avec une lance est interdit ? Il leur répondit : Là-bas, dans le cas de l’épée, puisqu’il détruit essentiellement le tonneau en en coupant le dessus, il a certainement l’intention de faire preuve de générosité en brisant le tonneau en l’honneur de ses invités. Cependant, ici, dans le cas où l’on perce un trou dans le tonneau, s’il était vrai qu’il a l’intention de faire preuve de générosité, qu’il ouvre le dessus du tonneau en retirant son bouchon. En perforant le tonneau, il indique qu’il veut précisément qu’il y ait un petit trou.
אֵין נוֹקְבִין מְגוּפָה וְכוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: מַחֲלוֹקֶת לְמַעְלָה, אֲבָל מִן הַצַּד — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר. וְהַיְינוּ דְּקָתָנֵי: ״לֹא יִקְּבֶנָּה מִצִּדָּהּ״. וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מַחֲלוֹקֶת מִן הַצַּד, אֲבָל עַל גַּבָּהּ — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּר. וְהָא דְּקָתָנֵי ״לֹא יִקְּבֶנָּה מִצִּדָּהּ״ — הָתָם בְּגוּפָהּ דְּחָבִית.
Nous avons appris dans la michna : Et l’on ne peut pas percer le bouchon d’un tonneau ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda, et les Sages le permettent. Rav Houna a dit : Cette divergence ne concerne qu’un cas où l’on cherche à faire une perforation sur le dessus du bouchon ; cependant, s’il cherche à le percer sur le côté, tous s’accordent à dire que c’est interdit, car il arrive que des gens percent un tonneau sous le bouchon de cette manière. Et c’est ce que la michna enseigne : On ne peut pas le percer sur le côté. Tandis que Rav Ḥisda a dit : Cette divergence concerne un cas où l’on cherche à le percer sur le côté ; cependant, si l’on cherche à le percer sur le dessus, tous s’accordent à dire que c’est permis, et quant à ce que la michna enseigne : On ne peut pas le percer sur le côté, là il s’agit de percer le tonneau lui-même, et non le bouchon.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין נוֹקְבִין נֶקֶב חָדָשׁ בְּשַׁבָּת, וְאִם בָּא לְהוֹסִיף — מוֹסִיף. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אֵין מוֹסִיפִין. וְשָׁוִין, שֶׁנּוֹקְבִין נֶקֶב יָשָׁן לְכַתְּחִילָּה. וְתַנָּא קַמָּא: מַאי שְׁנָא מִנֶּקֶב חָדָשׁ דְּלָא — דְּקָא מְתַקֵּן פִּיתְחָא, אוֹסוֹפֵי נָמֵי — קָא מְתַקֵּן פִּיתְחָא!
Les Sages ont enseigné dans une baraita : On ne peut pas créer un nouveau trou dans un récipient pendant Shabbat. Et si l’on cherche à agrandir et à élargir un trou déjà existant, on peut l’agrandir ; et certains disent qu’on ne peut pas même agrandir un trou déjà existant. Et tous les avis, même ceux qui interdisent généralement de créer de nouveaux trous, s’accordent à dire qu’on peut perforer le sceau sur un ancien trou, même ab initio. Et concernant l’avis du premier tanna, la Guemara demande : Quelle est la différence dans le fait de perforer le sceau sur un ancien trou qui le rend permis, alors que créer un nouveau trou n’est pas permis ? Est-ce parce qu’en créant le nouveau trou il crée une ouverture ? Si c’est le cas, en agrandissant un trou déjà existant, il crée lui aussi une ouverture.
אָמַר רַבָּה: דְּבַר תּוֹרָה — כׇּל פֶּתַח שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא — אֵינוֹ פֶּתַח, וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזוּר מִשּׁוּם לוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין, דְּעָבֵיד לְעַיּוֹלֵי אַוֵּירָא וּלְאַפּוֹקֵי הַבְלָא. וְאִם בָּא לְהוֹסִיף — מוֹסִיף, אוֹסוֹפֵי וַדַּאי בְּלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים — לָא אָתֵי לְאוֹסוֹפֵי
Rabba a dit : En réalité, même créer un nouveau trou n’est pas interdit, car selon la loi de la Torah, toute ouverture qui n’est pas faite à la fois pour faire entrer et pour faire sortir n’est pas considérée comme une ouverture, et un trou que l’on perce dans un tonneau est destiné exclusivement à retirer le contenu du tonneau. Et ce sont les Sages qui ont décrété qu’on ne peut pas percer un ustensile parce que cela ressemble au fait de percer un poulailler, qui est destiné à être utilisé dans les deux sens, par exemple pour laisser entrer l’air et laisser sortir la chaleur, et c’est donc interdit par la Torah. Et c’est pourquoi nous avons appris que si l’on cherche à agrandir un trou existant, on peut l’agrandir. Il n’y a aucune raison de l’interdire par crainte qu’on puisse faire de même dans un poulailler, car on n’en viendra certainement pas à agrandir un trou déjà existant dans un poulailler,

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