חֲדָא מִינַּיְיהוּ בַּטּוֹלֵי מְבַטֵּיל, קָא מַשְׁמַע לַן. אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: הֲלָכָה, מִכְּלָל דִּפְלִיגִי. אֲמַר לֵיהּ: מַאי נָפְקָא לָךְ מִינַּהּ? אֲמַר לֵיהּ: גְּמָרָא גְּמוֹר זְמוֹרְתָּא תְּהֵא?!
que l’un des nœuds on défait, parce qu’il peut permettre à l’animal de sortir, quoique difficilement, après avoir défait un nœud ; par conséquent, cela nous enseigne que tous deux sont considérés comme des nœuds temporaires, et qu’il est permis de les nouer. Rav Yosef a dit que Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov. Abaye dit à Rav Yosef : Si tu tranches la halakha conformément à son opinion, cela signifie-t-il, par déduction, que les Sages sont en désaccord, ou peut-être n’y a-t-il pas de désaccord et tout le monde accepte l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov ? Rav Yosef lui dit : Quelle différence cela te fait-il que les Sages soient en désaccord ou non ? Dans tous les cas, la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Ya’akov. Abaye répondit à Rav Yosef en utilisant une expression populaire : S’agit-il simplement d’apprendre la leçon, de la laisser être comme une chanson ? En d’autres termes, suffit-il simplement de répéter mécaniquement la décision halakhique ? Au contraire, il est nécessaire d’examiner la question pour la comprendre, même si cela n’aboutit pas à une différence halakhique pratique.
מַתְנִי׳ קוֹשְׁרִין דְּלִי בְּפָסִקְיָא, אֲבָל לֹא בְּחֶבֶל. רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר. כְּלָל אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: כׇּל קֶשֶׁר שֶׁאֵינוֹ שֶׁל קַיָּימָא — אֵין חַיָּיבִין עָלָיו.
MICHNA :On peut attacher un seau avec une ceinture pendant Chabbat, car il ne le laissera certainement pas attaché au seau, et ce n’est donc pas un nœud permanent. Mais on ne peut pas attacher un seau avec une corde. Rabbi Yehouda le permet. Rabbi Yehouda a énoncé un principe : En ce qui concerne tout nœud qui n’est pas permanent, on n’est pas passible pour l’avoir noué.
גְּמָ׳ חֶבֶל דְּמַאי? אִי לֵימָא חֶבֶל דְּעָלְמָא, רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר? קֶשֶׁר שֶׁל קַיָּימָא הוּא! אֶלָּא חֶבֶל דְּגַרְדִּי. לְמֵימְרָא דְּרַבָּנַן סָבְרִי גָּזְרִינַן חֶבֶל דְּגַרְדִּי אַטּוּ חֶבֶל דְּעָלְמָא, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר לָא גָּזְרִינַן?
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna que, selon le premier tanna, il est interdit d’attacher une corde à un seau pendant Chabbat, et Rabbi Yehouda le permet. La Guemara demande : Une corde de quelle sorte ? Si tu dis qu’il s’agit d’une corde ordinaire, est-ce que Rabbi Yehouda permet cela ? C’est un nœud permanent. Plutôt, il s’agit d’une corde de tisserand ; puisque le tisserand en a besoin pour son travail, il la défera après Chabbat. La Guemara demande : Faut-il en déduire que les Sages soutiennent que nous décrétons, en interdisant une corde de tisserand à cause d’une corde ordinaire, et Rabbi Yehouda soutient que nous ne décrétons pas ?
וּרְמִינְהוּ: חֶבֶל דְּלִי שֶׁנִּפְסַק לֹא יְהֵא קוֹשְׁרוֹ אֶלָּא עוֹנְבוֹ. וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כּוֹרֵךְ עָלָיו פּוּנְדָּא אוֹ פָּסִקְיָא, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַעַנְבֶנּוּ.
La Guemara soulève une contradiction à partir de ce qui a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne la corde d’un seau qui s’est rompue pendant Chabbat, on ne peut pas la nouer avec un nœud ordinaire ; plutôt, il peut faire une boucle. Et Rabbi Yehouda dit : On peut enrouler autour d’elle une ceinture creuse ou une écharpe, à condition de ne pas la nouer en boucle.
קַשְׁיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן.
Cela est difficile, car il y a une contradiction entre une déclaration de Rabbi Yehouda et une autre déclaration de Rabbi Yehouda, car dans la baraita il a décrété l’interdiction de faire une boucle en raison du fait de faire un nœud, tandis que dans la michna il n’a émis aucun décret. Et cela est aussi difficile, car il y a une contradiction entre une déclaration des Sages et une autre déclaration des Sages, car dans la baraita ils n’émettent pas de décret, tandis que dans la michna ils émettent un décret.
דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן לָא קַשְׁיָא: חֶבֶל בְּחֶבֶל — מִיחַלַּף. עֲנִיבָה בִּקְשִׁירָה — לָא מִיחַלְּפָא. דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קַשְׁיָא: הָתָם — לָא מִשּׁוּם דְּמִיחַלְּפָא עֲנִיבָה בִּקְשִׁירָה, אֶלָּא עֲנִיבָה גּוּפָהּ קְשִׁירָה הִיא.
La Guemara répond : La contradiction entre une déclaration des Sages et l’autre déclaration des Sages n’est pas difficile, car ils sont d’avis qu’une corde peut être confondue avec une autre corde. Par conséquent, les Sages ont décrété l’interdiction d’une corde de tisserand, car si elle était permise, on pourrait par erreur en venir à attacher une corde ordinaire. Cependant, une boucle n’est pas confondue avec un nœud, et c’est pourquoi ils n’ont pas décrété d’interdiction concernant une boucle. La contradiction entre une déclaration de Rabbi Yehouda et l’autre déclaration de Rabbi Yehouda n’est pas difficile, car là-bas, où il a interdit de faire une boucle, ce n’est pas parce qu’une boucle peut être confondue avec un nœud, mais parce que, selon son avis, une boucle elle-même est un véritable nœud et n’est pas interdite en raison d’un décret.
אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: מֵבִיא אָדָם חֶבֶל מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ, וְקוֹשְׁרוֹ בַּפָּרָה וּבָאֵיבוּס אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי אַחָא אֲרִיכָא דְּהוּא רַבִּי אַחָא בַּר פָּפָּא לְרַבִּי אַבָּא: חֶבֶל שֶׁבָּאֵיבוּס — קוֹשְׁרוֹ בַּפָּרָה, וְשֶׁבַּפָּרָה — קוֹשְׁרוֹ בָּאֵיבוּס, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא חֶבֶל מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ וְיִקְשׁוֹר בַּפָּרָה וּבָאֵיבוּס! הָתָם — חֶבֶל דְּעָלְמָא הָכָא חֶבֶל דְּגַרְדִּי.
Rabbi Abba a dit que Rav Ḥiyya bar Ashi a dit que Rav a dit : Une personne peut apporter une corde de l’intérieur de sa maison pendant le Chabbat et attacher une extrémité de celle-ci à une vache et l’autre extrémité à une mangeoire. Cela n’est pas considéré comme un nœud permanent, car il défera certainement la corde. Rabbi Aḥa Arikha, qui était surnommé Rabbi Aḥa le Grand en raison de sa taille, qui est aussi appelé Rabbi Aḥa bar Pappa, a soulevé une objection à Rabbi Abba à partir de la baraita : En ce qui concerne une corde qui est attachée à la mangeoire, on peut l’attacher à une vache, et une corde qui est attachée à la vache, on peut l’attacher à la mangeoire, à condition de ne pas apporter une corde de l’intérieur de sa maison et de l’attacher à la vache et à la mangeoire. La Guemara répond : Là-bas, là où ils l’ont permis, il s’agit d’une corde de tisserand, qui sera certainement défaite.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּלֵי קִיוָּאֵי מוּתָּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת. בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב יְהוּדָה: כּוֹבֶד הָעֶלְיוֹן וְכוֹבֶד הַתַּחְתּוֹן מַהוּ? אִין וְלָאו וְרַפְיָא בִּידֵיהּ. אִיתְּמַר אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּלֵי קִיוָּאֵי מוּתָּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת, אֲפִילּוּ כּוֹבֶד הָעֶלְיוֹן וְכוֹבֶד הַתַּחְתּוֹן, אֲבָל לֹא אֶת הָעַמּוּדִים.
Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Les outils du tisserand peuvent être déplacés pendant le Chabbat. On souleva un dilemme devant Rav Yehuda : Quelle est la règle concernant la poutre supérieure et la poutre inférieure du métier à tisser du tisserand ? Cette indulgence s’applique-t-elle aussi à elles ? Rav Yehuda ne donna pas de réponse claire. Il dit : Oui et non, et la chose lui était incertaine. Il a été déclaré : Rav Naḥman a dit que Shmuel a dit : Les outils du tisserand peuvent être déplacés pendant le Chabbat, même la poutre supérieure et la poutre inférieure, mais pas les montants.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: מַאי שְׁנָא עַמּוּדִים דְּלָא? אִילֵּימָא דְּקָעָבֵיד גּוּמּוֹת, גּוּמּוֹת מִמֵּילָא קָא הָוְיָין, דִּתְנַן: הַטּוֹמֵן לֶפֶת וּצְנוֹנוֹת תַּחַת הַגֶּפֶן, אִם מִקְצָת עָלָיו מְגוּלִּין — אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ לֹא מִשּׁוּם כִּלְאַיִם, וְלֹא מִשּׁוּם שְׁבִיעִית, וְלֹא מִשּׁוּם מַעֲשֵׂר, וְנִיטָּלִין בְּשַׁבָּת.
Rava dit à Rav Naḥman : Qu’est-ce qui distingue les pieux, pour qu’on ne puisse pas les transporter ? Si nous disons que c’est parce que l’on fait des trous lorsqu’on retire le pieu du sol, les trous se forment d’eux-mêmes et cela n’est pas interdit, comme nous l’avons appris dans une michna : En ce qui concerne quelqu’un qui entrepose un navet ou un radis dans le sol sous une vigne pour le conserver, si certaines de ses feuilles étaient exposées, de sorte qu’il soit possible de saisir le navet ou le radis et de le retirer du sol, il n’a pas à se soucier ni des espèces mélangées, c’est-à-dire d’avoir enfreint l’interdiction de planter des cultures vivrières dans un vignoble, puisqu’il n’y avait pas l’intention de les planter, ni de la crainte d’avoir enfreint l’interdiction de travailler la terre pendant l’Année sabbatique, ni des dîmes, c’est-à-dire que cela serait considéré comme s’il l’avait cueilli du sol et qu’il serait donc tenu d’en prélever la dîme, et ils peuvent être retirés du sol le Shabbat. Apparemment, les Sages n’interdisent pas cela par crainte qu’on en vienne ainsi à créer un trou.
בְּשָׂדֶה — לָא אָתֵי לְאַשְׁווֹיֵי גּוּמּוֹת, הָכָא בְּבַיִת — אָתֵי לְאַשְׁווֹיֵי גּוּמּוֹת. בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי יוֹחָנָן מֵרַבִּי יְהוּדָה בַּר לֵיוַאי: כְּלֵי קִיוָּאֵי, כְּגוֹן כּוֹבֶד הָעֶלְיוֹן וְכוֹבֶד הַתַּחְתּוֹן, מַהוּ לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ: אֵין מְטַלְטְלִין. מַה טַּעַם? לְפִי שֶׁאֵין נִיטָּלִין.
Rav Naḥman lui répondit : Les cas ne sont pas comparables. Dans un champ, on n’en viendra pas à combler des trous ; cependant, ici, où les trous sont créés dans la maison, la crainte est que l’on puisse en venir à aplanir les trous. C’est pourquoi les Sages l’ont interdit. Rabbi Yoḥanan souleva un dilemme devant Rabbi Yehuda bar Liva’ei : En ce qui concerne les outils du tisserand, tels que la barre supérieure et la barre inférieure du métier à tisser, quelle est la règle quant au fait de les transporter pendant Chabbat ? Rabbi Yehuda lui dit : On ne peut pas les transporter. Rabbi Yoḥanan lui demanda : Quelle en est la raison ? Rabbi Yehuda bar Liva’ei répondit : Parce qu’on ne les transporte généralement pas, même en semaine, car ils sont extrêmement lourds et considérés comme fixés à leur place. C’est pourquoi les Sages ont interdit de les transporter pendant Chabbat.
מַתְנִי׳ מְקַפְּלִין אֶת הַכֵּלִים אֲפִילּוּ אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה פְּעָמִים, וּמַצִּיעִין אֶת הַמִּטּוֹת מִלֵּילֵי שַׁבָּת לְשַׁבָּת, אֲבָל לֹא מִשַּׁבָּת לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: מְקַפְּלִין אֶת הַכֵּלִים, וּמַצִּיעִין אֶת הַמִּטּוֹת מִיּוֹם הַכִּיפּוּרִים לְשַׁבָּת. וְחֶלְבֵי שַׁבָּת קְרֵיבִין בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים, אֲבָל לֹא שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים בְּשַׁבָּת. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא שֶׁל שַׁבָּת קְרֵיבִין בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים, וְלֹא שֶׁל יוֹם הַכִּיפּוּרִים קְרֵיבִין בְּשַׁבָּת.
MICHNA :On peut plier les vêtements après les avoir retirés même quatre ou cinq fois, et on peut faire les lits depuis le soir de Chabbat en préparation pour Chabbat de jour, mais non depuis Chabbat en préparation pour la fin de Chabbat, car on ne peut pas accomplir pendant Chabbat une action qui constitue une préparation pour un jour de semaine. Rabbi Yichmaël dit : On peut plier les vêtements et faire les lits depuis Yom Kippour en préparation pour Chabbat si Yom Kippour tombe un vendredi. Et les graisses des offrandes qui ont été sacrifiées pendant Chabbat sont offertes à Yom Kippour, mais non celles de Yom Kippour pendant Chabbat, parce que la sainteté de Chabbat est supérieure à celle de Yom Kippour. Rabbi Akiva dit : Ni les graisses des offrandes sacrifiées pendant Chabbat ne sont offertes à Yom Kippour, ni celles de Yom Kippour ne sont offertes pendant Chabbat.
גְּמָ׳ אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאָדָם אֶחָד, אֲבָל בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם — לֹא. וּבְאָדָם אֶחָד נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא בַּחֲדָשִׁים, אֲבָל בִּישָׁנִים — לָא. וָחֳדָשִׁים נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּלְבָנִים, אֲבָל בִּצְבוּעִים — לָא. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא שֶׁאֵין לוֹ לְהַחֲלִיף, אֲבָל יֵשׁ לוֹ לְהַחֲלִיף — לָא.
GUEMARA : Les Sages de l’école de Rabbi Yanai ont dit : Ils n’ont enseigné que cela est permis lorsqu’une seule personne plie les vêtements seule pendant Chabbat ; cependant, lorsque deux personnes plient les vêtements ensemble, non, elles ne peuvent pas le faire, car lorsque deux personnes plient des vêtements, cela équivaut à réparer le vêtement. Et en ce qui concerne le cas où une seule personne plie les vêtements, nous avons seulement dit que cela est permis lorsqu’elle plie un vêtement neuf, qui peut être porté même s’il n’avait pas été plié ; cependant, en ce qui concerne les vêtements usés, non, elle ne peut pas le faire. Et en ce qui concerne les vêtements neufs, nous avons seulement dit qu’on peut plier les vêtements lorsqu’ils sont blancs ; cependant, lorsqu’ils sont colorés, non, on ne peut pas le faire. Et en ce qui concerne les vêtements blancs, nous avons seulement dit qu’il est permis de les plier pendant Chabbat lorsque l’on n’a pas de vêtements dans lesquels on pourrait se changer ; cependant, si l’on a d’autres vêtements dans lesquels on pourrait se changer, on ne peut pas les plier.
תָּנָא: שֶׁל בֵּית רַבָּן גַּמְלִיאֵל לֹא הָיוּ מְקַפְּלִים כְּלֵי לָבָן שֶׁלָּהֶן, מִפְּנֵי שֶׁהָיָה לָהֶן לְהַחֲלִיף. אָמַר רַב הוּנָא: אִם יֵשׁ לוֹ לְהַחֲלִיף — יַחֲלִיף, וְאִם אֵין לוֹ לְהַחֲלִיף — יְשַׁלְשֵׁל בִּבְגָדָיו. מַתְקִיף לַהּ רַב סָפְרָא: וְהָא מִיתְחֲזֵי כְּרָמוּת רוּחָא. כֵּיוָן דְּכׇל יוֹמָא לָא קָעָבֵיד, וְהָאִידָּנָא הוּא דְּקָא עָבֵיד — לָא מִיתְחֲזֵי כְּרָמוּת רוּחָא.
Et il a été enseigné dans la Tosefta : Les membres de la maison de Rabban Gamliel ne pliaient même pas leurs vêtements blancs, parce qu’ils avaient d’autres vêtements dans lesquels ils pouvaient se changer. Rav Houna a dit : Si quelqu’un a des vêtements neufs dans lesquels il pourrait se changer pendant Chabbat, il se changera pour ces vêtements ; et si quelqu’un n’a pas de vêtements dans lesquels il pourrait se changer, il laisse ses vêtements pendre avant Chabbat afin de s’embellir en l’honneur de Chabbat, comme c’était la coutume des riches de porter leurs vêtements amples. Rav Safra objecte vivement à cela : Cela ne paraît-il pas être de l’arrogance ? La Guemara répond : Puisque chaque jour il ne fait pas cela, et que maintenant en l’honneur de Chabbat il le fait, cela ne paraît pas être de l’arrogance. Au contraire, il est évident qu’il agit en déférence envers Chabbat.
״וְכִבַּדְתּוֹ מֵעֲשׂוֹת דְּרָכֶיךָ״. ״וְכִבַּדְתּוֹ״ — שֶׁלֹּא יְהֵא מַלְבּוּשְׁךָ שֶׁל שַׁבָּת כְּמַלְבּוּשְׁךָ שֶׁל חוֹל, וְכִי הָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן קָרֵי לְמָאנֵיהּ ״מְכַבְּדוֹתַי״. ״מֵעֲשׂוֹת דְּרָכֶיךָ״ — שֶׁלֹּא יְהֵא הִילּוּכְךָ שֶׁל שַׁבָּת כְּהִילּוּכְךָ שֶׁל חוֹל. ״מִמְּצוֹא חֶפְצְךָ״ — חֲפָצֶיךָ אֲסוּרִין, חֶפְצֵי שָׁמַיִם מוּתָּרִין. ״וְדַבֵּר דָּבָר״ —
À ce propos, la Guemara cite ce que nous avons appris au sujet du passage suivant : « Si tu retiens ton pied pendant le Shabbat, de poursuivre tes affaires en Mon saint jour, et que tu appelles le Shabbat un délice, le saint jour du Seigneur honorable, et que tu l’honores en ne suivant pas tes propres voies, en ne vaquant pas à tes affaires et en ne prononçant pas de paroles vaines » (Isaïe 58:13). Les Sages ont déduit des mots « et que tu l’honores » que ton vêtement du Shabbat ne doit pas être comme ton vêtement de la semaine, car Rabbi Yoḥanan appelait ses vêtements mon honneur, indiquant qu’un vêtement approprié est une forme de déférence. Les mots « en ne suivant pas tes propres voies » signifient que ta démarche pendant le Shabbat ne doit pas être comme ta démarche pendant la semaine. « En ne vaquant pas à tes affaires » signifie qu’il est interdit de s’occuper de ses affaires profanes et d’en parler pendant le Shabbat. Cependant, les affaires du Ciel, c’est-à-dire celles qui concernent les mitzvot, sont permises. « Et en ne prononçant pas de paroles vaines »