דְּעַבְדַהּ כִּי כִיסְתָּא.
La Guemara explique : Il s’agit d’un cas où une protubérance en forme de poche empêche la couture. Par conséquent, on déchire le vêtement et on glisse la partie saillante sous la couture.
מַתְנִי׳ הַקּוֹרֵעַ בַּחֲמָתוֹ וְעַל מֵתוֹ, וְכׇל הַמְקַלְקְלִין — פְּטוּרִין. וְהַמְקַלְקֵל עַל מְנָת לְתַקֵּן — שִׁיעוּרוֹ כִּמְתַקֵּן. שִׁיעוּר הַמְלַבֵּן וְהַמְנַפֵּץ וְהַצּוֹבֵעַ וְהַטּוֹוֶה — כִּמְלֹא רֹחַב הַסִּיט כָּפוּל, וְהָאוֹרֵג שְׁנֵי חוּטִין — שִׁיעוּרוֹ כִּמְלֹא הַסִּיט.
MICHNA :Celui qui déchire son vêtement dans sa colère ou dans l’angoisse à cause de son parent décédé est exempté. Et quiconque accomplit des travaux de manière destructive pendant Chabbat est exempté. Et celui qui accomplit un travail de manière destructive afin de réparer est passible, et sa mesure de responsabilité est équivalente à la mesure de celui qui accomplit ce travail de manière constructive. La mesure qui détermine la responsabilité pour celui qui blanchit, ou celui qui peigne, ou celui qui teint, ou celui qui file la laine est la largeur totale d’un sit double, qui est la distance entre l’index et le majeur. Et pour celui qui tisse deux fils, la mesure qui détermine la responsabilité est un sit.
גְּמָ׳ וּרְמִינְהוּ: הַקּוֹרֵעַ בַּחֲמָתוֹ וּבְאֶבְלוֹ וְעַל מֵתוֹ — חַיָּיב, וְאַף עַל פִּי שֶׁמְּחַלֵּל אֶת הַשַּׁבָּת, יָצָא יְדֵי קְרִיעָה! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּמֵת דִּידֵיהּ, הָא בְּמֵת דְּעָלְמָא.
GEMARA : Nous avons appris dans la michna : Celui qui déchire son vêtement dans la colère ou dans l’angoisse à cause de son parent décédé est exempt. La Guemara soulève une contradiction à cela sur la base d’une baraita : Celui qui déchire son vêtement dans sa colère ou dans son deuil ou dans son angoisse à cause de son parent mort est passible pour avoir accompli un travail interdit pendant Chabbat. Et bien qu’il profane Chabbat en déchirant son vêtement, il a néanmoins accompli son obligation de déchirer son vêtement en signe de deuil. Apparemment, on est passible pour avoir déchiré son vêtement dans l’angoisse à cause du mort. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car cette michna, qui affirme qu’on est passible pour avoir déchiré son vêtement, se réfère à son propre parent mort pour lequel on est obligé de déchirer son vêtement. Et cette autre michna, qui affirme qu’on est exempt pour avoir déchiré son vêtement, se réfère à tout mort sans lien de parenté.
וְהָא ״מֵתוֹ״ קָתָנֵי! לְעוֹלָם בְּמֵת דִּידֵיהּ, וּבְהָנָךְ דְּלָאו בְּנֵי אֲבֵילוּת נִינְהוּ. וְאִי חָכָם הוּא — חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב, דְּתַנְיָא: חָכָם שֶׁמֵּת — הַכֹּל קְרוֹבָיו. הַכֹּל קְרוֹבָיו סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: הַכֹּל כִּקְרוֹבָיו, הַכֹּל קוֹרְעִין עָלָיו, הַכֹּל חוֹלְצִין עָלָיו, הַכֹּל מַבְרִין עָלָיו בָּרְחָבָה. לָא צְרִיכָא, דְּלָאו חָכָם הוּא.
La Guemara demande : N’avons-nous pas appris dans la michna : Au sujet de son mort parent ? La Guemara répond : En réalité, la michna, qui dit qu’il est exempté, fait référence à son propre mort ; cependant, elle fait référence à ces parents qui ne sont pas soumis à l’obligation de deuil selon la loi de la Torah. La Guemara demande : Et malgré cela, si le défunt est un érudit de la Torah, on est obligé de déchirer son vêtement dans l’angoisse de sa mort, comme cela a été enseigné dans une baraita : Lorsqu’un érudit de la Torah meurt, tout le monde est son parent. La Guemara demande : Vous vient-il à l’esprit que tout le monde est son parent ? Dites plutôt : Tout le monde est considéré comme son parent, en ce sens que tout le monde déchire son vêtement dans l’angoisse à son sujet, et tout le monde découvre son épaule à son sujet en deuil, et tout le monde prend le repas du endeuillé à son sujet sur la place publique comme le font les endeuillés. La mort d’un érudit de la Torah est une perte personnelle pour chaque Juif. La Guemara répond : Il n’était nécessaire que la michna enseigne cette halakha que dans un cas où le défunt n’est pas un érudit de la Torah.
וְאִי אָדָם כָּשֵׁר הוּא חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב, דְּתַנְיָא: מִפְּנֵי מָה מֵתִים בָּנָיו וּבְנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כְּשֶׁהֵן קְטַנִּים — כְּדֵי שֶׁיִּבְכֶּה וְיִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר. כְּדֵי שֶׁיִּבְכֶּה?! עֶרְבוֹנָא שָׁקְלִי מִינֵּיהּ?! אֶלָּא: מִפְּנֵי שֶׁלֹּא בָּכָה וְהִתְאַבֵּל עַל אָדָם כָּשֵׁר, שֶׁכׇּל הַבּוֹכֶה עַל אָדָם כָּשֵׁר מוֹחֲלִין לוֹ עַל כׇּל עֲוֹנוֹתָיו בִּשְׁבִיל כָּבוֹד שֶׁעָשָׂה. לָא צְרִיכָא, דְּלָאו אָדָם כָּשֵׁר הוּא.
La Guemara demande : Et s’il était une personne droite, tous ceux qui étaient présents à sa mort ne sont-ils pas tenus de déchirer leurs vêtements à cause de sa mort ? Comme il a été enseigné dans une baraita : Pourquoi les fils et les filles d’une personne meurent-ils jeunes ? Ils meurent afin qu’il pleure et fasse le deuil de la mort d’une personne droite et digne. La Guemara demande : Ils meurent afin qu’il pleure ? Prend-on de lui une garantie à l’avance pour s’assurer qu’il remplisse son obligation ? Plutôt, corrige l’énoncé et dis : C’est parce qu’il n’a pas pleuré ni fait le deuil d’une personne droite qui est morte, car quiconque pleure une personne droite qui est morte, on lui pardonne toutes ses transgressions en raison de l’honneur qu’il a accordé au défunt. Néanmoins, la difficulté demeure, car on est tenu de déchirer son vêtement à la mort d’une personne droite. La Guemara répond : Il n’était nécessaire pour la michna d’enseigner cette halakha que dans un cas où le défunt n’était pas une personne droite.
וְאִי דְּקָאֵי בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה — חַיּוֹבֵי מִיחַיַּיב, דְּתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הָעוֹמֵד עַל הַמֵּת בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה — חַיָּיב לִקְרוֹעַ, הָא לְמָה זֶה דּוֹמֶה — לְסֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּשְׂרָף! לָא צְרִיכָא, דְּלָא קָאֵי בִּשְׁעַת יְצִיאַת נְשָׁמָה.
La Guemara demande : Et si quelqu’un se tient debout près du défunt au moment où l’âme quitte le corps, il est obligé de déchirer son vêtement, comme cela a été enseigné dans une baraita : Rabbi Shimon ben Elazar dit : Celui qui se tient debout auprès du défunt au moment du départ de l’âme est obligé de déchirer son vêtement. À quoi cela ressemble-t-il ? Cela ressemble à un rouleau de la Torah qui a été brûlé. La Guemara répond : Cela n’était nécessaire pour la michna d’enseigner cette halakha que dans un cas où il ne se tient pas debout là au moment du départ de l’âme.
תִּינַח מֵתוֹ, אֶלָּא חֲמָתוֹ אַחֲמָתוֹ קַשְׁיָא! חֲמָתוֹ אַחֲמָתוֹ נָמֵי לָא קַשְׁיָא, הָא — רַבִּי יְהוּדָה, הָא — רַבִּי שִׁמְעוֹן. הָא רַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ — חַיָּיב עָלֶיהָ. הָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר מְלָאכָה שֶׁאֵין צְרִיכָה לְגוּפָהּ — פָּטוּר עָלֶיהָ.
La Guemara demande en outre : Cela fonctionne bien pour résoudre la contradiction concernant son parent mort. Cependant, la contradiction entre la décision dans la michna selon laquelle celui qui déchire son vêtement dans sa colère n’est pas passible, et la décision dans la baraita selon laquelle celui qui déchire son vêtement dans sa colère est passible, reste encore difficile. La michna exempte celui qui déchire des vêtements dans la colère, tandis que la baraita le tient pour passible. La Guemara répond : La contradiction entre sa colère dans la michna et sa colère dans la baraita n’est pas non plus difficile, car cette décision dans la baraita qui le tient pour passible est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, et cette décision dans la michna qui l’exempte est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon. La Guemara développe : Cette décision dans la baraita suit Rabbi Yehouda, qui a dit que celui qui accomplit un travail interdit pendant Chabbat qui n’est pas nécessaire pour lui-même est passible de l’accomplir. Par conséquent, celui qui déchire son vêtement dans la colère est passible. Cette décision dans la michna qui l’exempte est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, qui a dit que celui qui accomplit un travail qui n’est pas nécessaire pour lui-même est exempt de l’accomplir.
אֵימַר דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה בִּמְתַקֵּן, בִּמְקַלְקֵל מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ? אָמַר רַבִּי אָבִין: הַאי נָמֵי מְתַקַּן הוּא, דְּקָעָבֵיד נַחַת רוּחַ לְיִצְרוֹ. וּכְהַאי גַּוְונָא מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם חִילְפָא בַּר אַגְרָא שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי: הַמְקָרֵע בְּגָדָיו בַּחֲמָתוֹ, וְהַמְשַׁבֵּר כֵּלָיו בַּחֲמָתוֹ, וְהַמְפַזֵּר מְעוֹתָיו בַּחֲמָתוֹ, יְהֵא בְּעֵינֶיךָ כְּעוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. שֶׁכָּךְ אוּמָּנוּתוֹ שֶׁל יֵצֶר הָרָע: הַיּוֹם אוֹמֵר לוֹ עֲשֵׂה כָּךְ, וּלְמָחָר אוֹמֵר לוֹ עֲשֵׂה כָּךְ, עַד שֶׁאוֹמֵר לוֹ עֲבוֹד עֲבוֹדָה זָרָה וְהוֹלֵךְ וְעוֹבֵד. אָמַר רַבִּי אָבִין: מַאי קְרָאָה — ״לֹא יִהְיֶה בְךָ אֵל זָר וְלֹא תִשְׁתַּחֲוֶה לְאֵל נֵכָר״, אֵיזֶהוּ אֵל זָר שֶׁיֵּשׁ בְּגוּפוֹ שֶׁל אָדָם? הֱוֵי אוֹמֵר, זֶה יֵצֶר הָרָע.
La Guemara demande : Disons que tu as entendu que Rabbi Yehouda statue qu’on est passible pour l’accomplissement d’un travail qui n’est pas nécessaire à sa propre fin dans le cas d’un acte constructif ; l’as-tu entendu rendre quelqu’un passible dans le cas d’un acte destructeur ? Rabbi Avin a dit : Ce cas, où quelqu’un déchire son vêtement dans sa colère, est lui aussi constructif, car ce faisant il apaise sa colère. Déchirer son vêtement le calme ; on peut donc dire qu’il tire profit de l’acte de déchirer, et qu’il s’agit par conséquent d’un acte constructif. La Guemara demande : Et est-il seulement permis de déchirer de cette manière ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Elazar dit au nom de Ḥilfa bar Agra, qui a dit au nom de Rabbi Yoḥanan ben Nouri : Celui qui déchire ses vêtements dans sa colère, ou qui brise ses ustensiles dans sa colère, ou qui disperse son argent dans sa colère, doit être à tes yeux comme un idolâtre, car tel est l’artisanat du mauvais penchant. Aujourd’hui il lui dit : fais ceci, et demain il lui dit : fais cela, jusqu’à ce que finalement, lorsqu’il ne se maîtrise plus, il lui dise : adore les idoles, et il va les adorer. Rabbi Avin a dit : Quel verset fait allusion à cela ? « Il n’y aura pas en toi de dieu étranger, et tu ne te prosterneras pas devant un dieu étranger » (Psaumes 81:10). Quel est le dieu étranger qui se trouve dans le corps d’une personne ? Dis que c’est le mauvais penchant. Il est interdit à une personne de déchirer ses vêtements dans sa colère, car ce faisant elle tire du plaisir à satisfaire le mauvais penchant.
לָא צְרִיכָא, דְּקָא עָבֵיד לְמִירְמָא אֵימְתָא אַאִינָשֵׁי בֵּיתֵיהּ. כִּי הָא דְּרַב יְהוּדָה שָׁלֵיף מְצָבְיָיתָא, רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב תָּבַר מָאנֵי תְּבִירֵי, רַב שֵׁשֶׁת רָמֵי לַהּ לְאַמְתֵּיהּ מוֹנִינֵי אַרֵישָׁא, רַבִּי אַבָּא תָּבַר נִכְתְּמָא.
La Guemara répond : Il n’est nécessaire que de discuter cela dans un cas où quelqu’un fait ainsi afin d’inspirer de la crainte aux membres de sa maisonnée. Afin de leur montrer qu’il est très en colère, il déchire et casse des objets bien qu’il ne soit pas si en colère. Dans ce cas, il garde le contrôle de lui-même et ne risque pas de succomber au mauvais penchant. C’est comme l’incident où Rav Yehuda chercha à manifester sa colère et arracha des fils de son vêtement. Rav Aḥa bar Ya’akov brisa des récipients déjà cassés, Rav Sheshet jeta de petits poissons sur la tête de sa servante, et Rabbi Abba cassa le couvercle d’une cruche. Tous ces Sages causèrent des dommages minimes en donnant l’impression qu’ils étaient en colère.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: כָּל הַמּוֹרִיד דְּמָעוֹת עַל אָדָם כָּשֵׁר, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא סוֹפְרָן וּמַנִּיחָן בְּבֵית גְּנָזָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נֹדִי סָפַרְתָּה אָתָּה שִׂימָה דִמְעָתִי בְנֹאדֶךָ הֲלֹא בְּסִפְרָתֶךָ״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמִּתְעַצֵּל בְּהֶסְפֵּדוֹ שֶׁל חָכָם — רָאוּי לְקוֹבְרוֹ בְּחַיָּיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקְבְּרוּ אוֹתוֹ בִּגְבוּל נַחֲלָתוֹ בְּתִמְנַת סֶרַח אֲשֶׁר בְּהַר אֶפְרָיִם מִצְּפוֹן לְהַר גָּעַשׁ״, מְלַמֵּד שֶׁרָגַשׁ עֲלֵיהֶן הַר לְהוֹרְגָן. אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמִּתְעַצֵּל בְּהֶסְפֵּדוֹ שֶׁל חָכָם, אֵינוֹ מַאֲרִיךְ יָמִים — מִדָּה כְּנֶגֶד מִדָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּסַאסְּאָה בְּשַׁלְּחָהּ תְּרִיבֶנָּה״.
À propos des lois du deuil pour une personne droite et un érudit de Torah, la Guemara cite ce que Rabbi Shimon ben Pazi a dit, à savoir que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit au nom de Bar Kappara : Quiconque verse des larmes pour une personne droite, le Saint, béni soit-Il, compte ses larmes et les place dans Son trésor, comme il est dit : “Tu as compté mes errances ; mets mes larmes dans Ton outre ; ne sont-elles pas dans Ton livre ?” (Psaumes 56:9). Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Quiconque est négligent dans l’éloge funèbre d’un érudit de Torah, il convient de l’enterrer vivant, comme il est dit : “Et ils l’enterrèrent dans la limite de son héritage à Timnat-Séraḥ, qui est dans la région montagneuse d’Éphraïm, au nord de la montagne de Ga’ash” (Josué 24:30). Cela enseigne que la montagne s’est déchaînée contre eux pour les tuer parce qu’ils ne lui ont pas rendu un éloge funèbre approprié. Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quiconque est négligent dans l’éloge funèbre d’un Sage ne vit pas longtemps, et sa punition est mesure pour mesure. Puisqu’il ne s’est pas soucié de la mort du Sage, dans les cieux on ne se souciera pas de sa mort. Le Saint, béni soit-Il, agit ainsi, comme il est dit : “Avec pleine mesure [besase’a], quand Tu la renvoies, Tu contestes avec elle” (Isaïe 27:8), et les Sages ont déduit que Dieu punit à partir des mots : “Tu contestes avec elle”, et Il le fait mesure pour mesure, se’a pour se’a, à partir du mot sase’a dans le verset ci-dessus.
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן: ״וַיַּעַבְדוּ הָעָם אֶת ה׳ כֹּל יְמֵי יְהוֹשֻׁעַ וְכֹל יְמֵי הַזְּקֵנִים אֲשֶׁר הֶאֱרִיכוּ יָמִים אַחֲרֵי יְהוֹשֻׁעַ״! אֲמַר לֵיהּ, בַּבְלַאי: יָמִים הֶאֱרִיכוּ, שָׁנִים לֹא הֶאֱרִיכוּ. אֶלָּא מֵעַתָּה: ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם״ — יָמִים וְלֹא שָׁנִים? בְּרָכָה שָׁאנֵי.
Rabbi Ḥiyya bar Abba souleva une objection à Rabbi Yoḥanan : Il est dit : « Et la nation adora le Seigneur tous les jours de Josué et tous les jours des Anciens, qui vécurent de nombreux jours après Josué » (Juges 2:7), ce qui indique que les Anciens vécurent longtemps même s’ils ne firent pas correctement l’éloge funèbre de Josué. Rabbi Yoḥanan lui dit : Babylonien, tu dois être plus précis dans ta lecture. Ils vécurent bien de nombreux jours ; cependant, ils ne vécurent pas de nombreuses années. En réalité, ils ne vécurent pas jusqu’à la fin de cette année-là. Il demanda de nouveau : Mais alors, au sujet du verset « Afin que vos jours et les jours de vos enfants se multiplient » sur la terre que le Seigneur votre Dieu a juré de donner à vos pères, comme les jours des cieux au-dessus de la terre (Deutéronome 11:21), dirais-tu aussi qu’ici la récompense est de vivre de nombreux jours mais non des années ? Il lui répondit : Une bénédiction est différente et doit être interprétée dans son sens le plus large.
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֶחָד מִן הָאַחִין שֶׁמֵּת —
Et Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Si l’un des frères meurt,