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עִמָּךְ״, ״עִמָּךְ״ – וְאַתְּ בַּהֲדַיְיהוּ. וְרַבִּי יְהוּדָה: ״עִמָּךְ״ מִשּׁוּם שְׁכִינָה.
« avec toi » (Nombres 11:16), c’est-à-dire qu’ils se tiendront « avec toi », et toi tu dois être compté avec eux, ce qui conduit à un total de soixante et onze. Et Rabbi Yehuda soutient que l’expression « avec toi » est mentionnée en raison de la Présence divine qui reposait sur Moïse. Selon Rabbi Yehuda, Moïse reçut l’instruction de rester avec les soixante-dix Anciens afin que la Présence divine repose également sur eux. Il ne faisait pas formellement partie de leur tribunal, et par conséquent le nombre de Sages dans le Grand Sanhédrin est de soixante-dix.
וְרַבָּנַן, אָמַר קְרָא: ״וְנָשְׂאוּ אִתְּךָ בְּמַשָּׂא הָעָם״, ״אִתְּךָ״ – וְאַתְּ בַּהֲדַיְיהוּ. וְרַבִּי יְהוּדָה: ״אִתְּךָ״ – בְּדוֹמִין לָךְ.
La Guemara demande : Et comment les Sages répondraient-ils à ce raisonnement ? La Guemara répond : Le verset déclare : « Et ils porteront avec toi le fardeau du peuple » (Nombres 11:17), ce qui indique : « Avec toi », et toi aussi, tu dois être compté avec eux. Et comment Rabbi Yehouda répondrait-il à cela ? Il expliquerait que l’expression « avec toi » signifie semblables à toi, c’est-à-dire que les Anciens nommés au tribunal devaient être de lignée appropriée et sans défaut, comme Moïse.
וְרַבָּנַן, מִ״וְהָקֵל מֵעָלֶיךָ וְנָשְׂאוּ אִתָּךְ״ נָפְקָא. וְיָלְפָא סַנְהֶדְרִי גְּדוֹלָה מִסַּנְהֶדְרִי קְטַנָּה.
Et d’où les Rabbins tirent-ils cette halakha ? Ils la tirent de ce qui a été énoncé au sujet de la nomination des chefs de milliers et des chefs de centaines : « Et ils te soulageront, et porteront le fardeau avec toi » (Exode 18:22), comprenant le terme « avec toi » comme signifiant : Semblables à toi. Et la halakha des juges du Grand Sanhédrin de soixante-dix est dérivée de la halakha des juges du petit Sanhédrin, c’est-à-dire ces chefs que Moïse a nommés.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וַיִּשָּׁאֲרוּ שְׁנֵי אֲנָשִׁים בַּמַּחֲנֶה״. יֵשׁ אוֹמְרִים: בַּקַּלְפִּי נִשְׁתַּיְּירוּ.
§ À propos de la nomination des Anciens par Moïse, la Guemara examine des aspects supplémentaires de cet événement. Il y avait soixante-douze candidats pour être Ancien, mais seulement soixante-dix étaient nécessaires. Ils furent choisis par tirage au sort, leurs noms étant placés dans une boîte. Les Sages ont enseigné : Le verset déclare : « Et deux hommes restèrent dans le camp ; le nom de l’un était Eldad et le nom de l’autre Medad, et l’esprit reposa sur eux, et ils étaient parmi ceux qui avaient été inscrits mais qui ne sortirent pas vers la tente, et ils prophétisèrent dans le camp » (Nombres 11:26). Où restèrent-ils ? Certains disent que cela signifie qu’eux, c’est-à-dire leurs noms, restèrent exclus de ceux sélectionnés par les tirages au sort dans la boîte.
שֶׁבְּשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: ״אֶסְפָה לִּי שִׁבְעִים אִישׁ מִזִּקְנֵי יִשְׂרָאֵל״, אָמַר מֹשֶׁה: כֵּיצַד אֶעֱשֶׂה? אֶבְרוֹר שִׁשָּׁה מִכׇּל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט – נִמְצְאוּ שְׁנַיִם יְתֵירִים. אֶבְרוֹר חֲמִשָּׁה חֲמִשָּׁה מִכׇּל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט – נִמְצְאוּ עֲשָׂרָה חֲסֵרִים. אֶבְרוֹר שִׁשָּׁה מִשֵּׁבֶט זֶה וַחֲמִשָּׁה מִשֵּׁבֶט זֶה – הֲרֵינִי מֵטִיל קִנְאָה בֵּין הַשְּׁבָטִים.
La baraita explique : Au moment où le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : « Rassemble pour Moi soixante-dix hommes parmi les Anciens d’Israël » (Nombres 11:16), Moïse dit : Comment ferai-je cela ? Si je sélectionne six de chaque tribu, il y aura un total de soixante-douze, soit deux en trop. Mais si je sélectionne cinq de chaque tribu, il y aura un total de soixante, il en manquera dix. Et si je sélectionne six de cette tribu et cinq de cette autre tribu, je susciterai de la jalousie entre les tribus, car celles qui auront moins de représentants en voudront aux autres.
מָה עָשָׂה? בֵּירַר שִׁשָּׁה שִׁשָּׁה, וְהֵבִיא שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם פִּיתְקִין. עַל שִׁבְעִים כָּתַב ״זָקֵן״, וּשְׁנַיִם הִנִּיחַ חָלָק. בְּלָלָן וּנְתָנָן בְּקַלְפִּי. אָמַר לָהֶם: בּוֹאוּ וּטְלוּ פִּיתְקֵיכֶם! כׇּל מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ ״זָקֵן״, אָמַר: כְּבָר קִידֶּשְׁךָ שָׁמַיִם. מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ חָלָק, אָמַר: הַמָּקוֹם לֹא חָפֵץ בְּךָ, אֲנִי מָה אֶעֱשֶׂה לָךְ?
Qu’a-t-il fait ? Il a sélectionné six de chaque tribu et il a apporté soixante-douze billets [pitakin]. Sur soixante-dix d’entre eux il a écrit : Ancien, et il en a laissé deux vierges. Il les a mélangés et les a placés dans la boîte. Puis il a dit aux soixante-douze candidats choisis : Venez tirer vos billets. Quiconque tira de sa main un billet sur lequel il était écrit : Ancien, il lui dit : Le Ciel t’a déjà sanctifié. Et quiconque tira de sa main un billet vierge, il lui dit : l’Omniprésent ne te désire pas ; que puis-je faire pour toi ?
כְּיוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וְלָקַחְתָּ חֲמֵשֶׁת חֲמֵשֶׁת שְׁקָלִים לַגֻּלְגֹּלֶת״. אָמַר מֹשֶׁה: כֵּיצַד אֶעֱשֶׂה לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל? אִם אוֹמַר לוֹ: תֵּן לִי פִּדְיוֹנְךָ וָצֵא, יֹאמַר לִי: כְּבָר פְּדָאַנִי בֶּן לֵוִי.
La Guemara commente : Tu peux dire quelque chose de semblable à cela pour expliquer le verset sur la rédemption des premiers-nés par les Lévites : « Prends les Lévites à la place de tous les premiers-nés des enfants d’Israël... et quant à la rédemption des 273 premiers-nés des enfants d’Israël qui dépassent le nombre des Lévites... tu prendras cinq sicles par tête” (Nombres 3:45–47). On peut expliquer que Moïse dit : Comment ferai-je cela pour les Juifs ? Si je dis à l’un des premiers-nés : Donne-moi de l’argent pour ta rédemption et tu peux partir, puisque tu fais partie des 273 premiers-nés excédentaires, il me dira : Un Lévite m’a déjà racheté ; pour quelle raison penses-tu que je fais partie de ceux qui n’ont pas été rachetés ?
מָה עָשָׂה? הֵבִיא עֶשְׂרִים וּשְׁנַיִם אֲלָפִים פִּיתְקִין, וְכָתַב עֲלֵיהֶן ״בֶּן לֵוִי״, וְעַל שְׁלֹשָׁה וְשִׁבְעִים וּמָאתַיִם כָּתַב עֲלֵיהֶן ״חֲמִשָּׁה שְׁקָלִים״. בְּלָלָן וּנְתָנָן בְּקַלְפִּי. אָמַר לָהֶן: טְלוּ פִּיתְקֵיכֶם. מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ ״בֶּן לֵוִי״, אָמַר לוֹ: כְּבָר פְּדָאֲךָ בֶּן לֵוִי. מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ ״חֲמֵשֶׁת שְׁקָלִים״, אָמַר לוֹ: תֵּן פִּדְיוֹנְךָ וָצֵא.
Qu’a-t-il fait ? Il apporta 22 000 billets (voir Nombres 3:39), et il écrivit dessus : Lévite, et sur 273 autres il écrivit : Cinq sicles. Il les mélangea et les plaça dans une boîte. Il leur dit : Tirez vos billets. Quiconque tira de sa main un billet sur lequel il était écrit : Lévite, il lui dit : Un lévite t’a déjà racheté. Quiconque tira de sa main un billet sur lequel il était écrit : Cinq sicles, il lui dit : Paie ta rédemption et tu peux partir.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בַּמַּחֲנֶה נִשְׁתַּיְּירוּ. בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה ״אֶסְפָה לִּי שִׁבְעִים אִישׁ״, אָמְרוּ אֶלְדָּד וּמֵידָד: אֵין אָנוּ רְאוּיִין לְאוֹתָהּ גְּדוּלָּה. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: הוֹאִיל וּמִיעַטְתֶּם עַצְמְכֶם, הֲרֵינִי מוֹסִיף גְּדוּלָּה עַל גְּדוּלַּתְכֶם. וּמָה גְּדוּלָּה הוֹסִיף לָהֶם? שֶׁהַנְּבִיאִים כּוּלָּן נִתְנַבְּאוּ וּפָסְקוּ, וְהֵם נִתְנַבְּאוּ וְלֹא פָּסְקוּ.
Rabbi Shimon dit : Eldad et Medad restèrent dans le camp, car ils ne voulaient pas venir au tirage au sort pour les Anciens. Au moment où le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : Rassemble pour Moi soixante-dix Anciens, Eldad et Medad dirent : Nous ne sommes pas dignes de ce niveau de grandeur ; nous ne sommes pas dignes d’être nommés parmi les Anciens. Le Saint, béni soit-Il, dit : Puisque vous vous êtes rendus humbles, J’ajouterai de la grandeur à votre grandeur. Et quelle est la grandeur qu’Il leur ajouta ? C’était que tous les prophètes, c’est-à-dire les autres Anciens, qui reçurent la prophétie, prophétisèrent pendant un temps puis s’arrêtèrent de prophétiser, mais eux prophétisèrent et ne s’arrêtèrent pas.
וּמָה נְבוּאָה נִתְנַבְּאוּ? אָמְרוּ: מֹשֶׁה מֵת, יְהוֹשֻׁעַ מַכְנִיס אֶת יִשְׂרָאֵל לָאָרֶץ. אַבָּא חָנִין אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: עַל עִסְקֵי שְׂלָיו הֵן מִתְנַבְּאִים: עֲלִי שְׂלָיו, עֲלִי שְׂלָיו.
À propos du fait qu’Eldad et Medad étaient des prophètes, la Guemara demande : Et quelle prophétie ont-ils prophétisée ? Ils ont dit : Moïse mourra, et Josué fera entrer le peuple juif dans la Terre d’Israël. Abba Ḥanin dit au nom de Rabbi Eliezer : Ils ont prophétisé au sujet des cailles qui sont venues ensuite (Nombres 11:31–33), en disant : Levez-vous, cailles, levez-vous, cailles, puis les cailles sont venues.
רַב נַחְמָן אָמַר: עַל עִסְקֵי גּוֹג וּמָגוֹג הָיוּ מִתְנַבְּאִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ אֱלֹהִים הַאַתָּה הוּא אֲשֶׁר דִּבַּרְתִּי בְּיָמִים קַדְמוֹנִים בְּיַד עֲבָדַי נְבִיאֵי יִשְׂרָאֵל הַנִּבְּאִים בַּיָּמִים הָהֵם שָׁנִים לְהָבִיא אֹתְךָ עֲלֵיהֶם וְגוֹ׳״. אַל תִּיקְרֵי ״שָׁנִים״ אֶלָּא ״שְׁנַיִם״. אֵילּוּ הֵן שְׁנַיִם נְבִיאִים שֶׁנִּתְנַבְּאוּ בְּפֶרֶק אֶחָד נְבוּאָה אַחַת? הֱוֵי אוֹמֵר: אֶלְדָּד וּמֵידָד.
Rav Naḥman dit : Ils prophétisaient au sujet de l’affaire de Gog et Magog, comme il est dit au sujet de Gog et Magog : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : N’es-tu pas celui dont j’ai parlé aux jours anciens, par l’intermédiaire de mes serviteurs, les prophètes d’Israël, qui prophétisaient en ces jours-là pendant de nombreuses années [shanim], que je t’amènerais contre eux ? » (Ézéchiel 38:17). Ne lis pas cela comme : « Années [shanim] » ; plutôt, lis-le comme : Deux [shenayim]. Et qui sont les deux prophètes qui ont prophétisé la même prophétie au même moment ? Tu dois dire : Eldad et Medad.
אָמַר מָר: כׇּל הַנְּבִיאִים כּוּלָּן נִתְנַבְּאוּ וּפָסְקוּ, וְהֵן נִתְנַבְּאוּ וְלֹא פָּסְקוּ. מְנָא לַן דְּפָסְקוּ? אִילֵּימָא מִדִּכְתִיב: ״וַיִּתְנַבְּאוּ וְלֹא יָסָפוּ״? אֶלָּא מֵעַתָּה: ״קוֹל גָּדוֹל וְלֹא יָסָף״ – הָכִי נָמֵי דְּלָא אוֹסֵיף הוּא? אֶלָּא דְּלָא פְּסַק הוּא!
Le Maître dit : La baraita a dit : Tous les prophètes ont prophétisé puis se sont arrêtés, mais Eldad et Médad ont prophétisé et ne se sont pas arrêtés. La Guemara demande : D’où déduisons-nous que les autres prophètes se sont arrêtés de prophétiser ? Si nous disons que cela vient de ce qui est écrit à leur sujet : « Ils prophétisèrent, mais ne continuèrent plus [velo yasafu] » (Nombres 11:25), cela pose une difficulté : Mais si c’est le cas, alors, concernant ce qui est dit au sujet du don de la Torah : « Ces paroles, le Seigneur les adressa à toute votre assemblée… d’une grande voix, et elle ne cessa pas [velo yasaf] » (Deutéronome 5:19), faudra-t-il aussi comprendre que la grande voix n’a pas continué ? Au contraire, l’intention là-bas est qu’elle ne s’est pas arrêtée, en interprétant le mot yasafu comme lié à sof, c’est-à-dire : fin. Par conséquent, en ce qui concerne également les soixante-dix Anciens, le mot peut être interprété comme signifiant qu’ils ne cessèrent pas de prophétiser.
אֶלָּא, הָכָא כְּתִיב: ״וַיִּתְנַבְּאוּ״, הָתָם כְּתִיב: ״מִתְנַבְּאִים״. עֲדַיִין מִתְנַבְּאִים וְהוֹלְכִים.
Au contraire, la preuve est la suivante : Il est écrit ici au sujet des soixante-dix Anciens : « Ils prophétisèrent » (Nombres 11:25), et il est écrit là-bas : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp » (Nombres 11:27), d’où l’on peut déduire qu’ils prophétisaient continuellement.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר מֹשֶׁה מֵת, הַיְינוּ דִּכְתִיב ״אֲדֹנִי מֹשֶׁה כְּלָאֵם״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר הָנָךְ תַּרְתֵּי, מַאי ״אֲדֹנִי מֹשֶׁה כְּלָאֵם״? דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא, דְּהָוֵה לֵיהּ כְּתַלְמִיד הַמּוֹרֶה הֲלָכָה לִפְנֵי רַבּוֹ.
Concernant le contenu de la prophétie d’Eldad et Medad, la Guemara demande : Soit, selon celui qui dit que leur prophétie était que Moïse mourra, c’est la raison de ce qui est écrit là-bas : « Et Josué, fils de Noun, serviteur de Moïse depuis sa jeunesse, répondit et dit : Mon maître Moïse, emprisonne-les » (Nombres 11:28), car leur prophétie semblait être une rébellion contre Moïse. Mais selon celui qui dit ces autres deux opinions concernant le contenu de la prophétie, selon lesquelles leur prophétie n’avait aucun lien avec Moïse, quelle est la raison pour laquelle Josué a dit : « Mon maître Moïse, emprisonne-les » ? La Guemara répond : Il a dit cela parce que ce n’est pas une conduite appropriée pour eux de prophétiser publiquement à proximité immédiate de Moïse, car ce faisant ils sont comme un élève qui enseigne une halakha en présence de son maître, ce qui est inapproprié.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר הָנָךְ תַּרְתֵּי, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״מִי יִתֵּן״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מֹשֶׁה מֵת, מֵינָח הֲוָה נִיחָא לֵיהּ? לָא סַיְּימוּהָ קַמֵּיהּ.
La Guemara demande : Soit, selon celui qui dit ces autres deux opinions, telle est la raison de ce qui est écrit : « Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Puisse tout le peuple du Seigneur être prophète » (Nombres 11:29). Mais selon celui qui dit qu’Eldad et Médad ont prophétisé que Moïse mourra et que Josué fera entrer Israël dans le pays, cela aurait-il été satisfaisant pour Moïse que tout le peuple de Dieu prononce des prophéties semblables ? La Guemara répond : Ils ne l’ont pas conclu devant lui. Moïse ne savait pas ce qu’ils avaient dit, mais seulement qu’ils prophétisaient.
מַאי ״כְּלָאֵם״? אֲמַר לֵיהּ: הַטֵּל עֲלֵיהֶן צׇרְכֵי צִיבּוּר, וְהֵן כָּלִין מֵאֵילֵיהֶן.
La Guemara demande : Que signifie : « Emprisonne-les [kela’em] » ? La Guemara répond : Josué lui dit : Confie-leur la responsabilité des besoins du public, afin qu’ils soient occupés comme les autres Anciens d’Israël et qu’ils cessent [kalin] de prophétiser, d’eux-mêmes. En raison du fardeau de la responsabilité publique, ils ne pourraient pas être prophètes.
מִנַּיִין לְהָבִיא עוֹד שְׁלֹשָׁה?
§ La michna déduit la halakha selon laquelle il y a vingt-trois juges dans un petit Sanhédrin à partir des versets : « Et l’assemblée jugera » et : « Et l’assemblée sauvera » (Nombres 35:24–25). La michna comprend que le terme « assemblée » renvoie à dix juges, de sorte que les deux assemblées, une dans chaque verset, totalisent vingt juges. La michna demande ensuite : D’où est-il dérivé qu’il faut ajouter encore trois juges au tribunal ? La michna répond : L’implication du verset : « Tu ne suivras pas la majorité pour condamner » (Exode 23:2), est que ton inclination à suivre une majorité pour acquitter n’est pas comme ton inclination à suivre une majorité pour condamner, et une condamnation doit se faire à une majorité de deux.
סוֹף סוֹף, לְרָעָה עַל פִּי שְׁנַיִם לָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. אִי אַחַד עָשָׂר מְזַכִּין וּשְׁנֵים עָשָׂר מְחַיְּיבִין – אַכַּתִּי חַד הוּא. אִי עֲשָׂרָה מְזַכִּין וּשְׁלֹשָׁה עָשָׂר מְחַיְּיבִין – תְּלָתָא הָווּ. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אִי אַתָּה מוֹצֵא אֶלָּא בְּמוֹסִיפִין, וְדִבְרֵי הַכֹּל, וּבְסַנְהֶדְרִי גְּדוֹלָה, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר שִׁבְעִים.
La Guemara objecte : En fin de compte, vous ne trouvez pas de cas d’inclination vers le mal selon une majorité de deux juges. Si onze juges votent pour acquitter l’accusé et douze votent pour condamner, cela reste seulement une majorité de un, et si dix votent pour acquitter et treize votent pour condamner, ils constituent une majorité de trois. Avec un tribunal de vingt-trois juges, il n’existe aucun moyen de condamner à une majorité de deux. Rabbi Abbahou dit : Vous ne trouvez un tel scénario que dans un cas où ils ajoutent deux juges supplémentaires parce que l’un des juges s’est abstenu de la délibération, les autres juges sont partagés dans leurs décisions, et les deux juges ajoutés votent tous deux pour condamner. Et cela est possible selon tous les tannaïm, et dans une affaire jugée par le Grand Sanhédrin selon l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit qu’il y a soixante-dix juges au Grand Sanhédrin. Avec un nombre pair, il est possible d’avoir une majorité de deux.
וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: בְּמוֹסִיפִין עוֹשִׂין בֵּית דִּין שָׁקוּל לְכַתְּחִילָּה. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: הַאי דְּקָאָמַר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ כְּמַאן דְּאִיתֵיהּ דָּמֵי, וְאִי אָמַר מִילְּתָא – שָׁמְעִינַן לֵיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן דְּהַאי דְּקָאָמַר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ דָּמֵי, וְאִי אָמַר טַעְמָא – לָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ.
Et Rabbi Abbahu dit : Lorsqu’ils ajoutent des juges supplémentaires, ils constituent un tribunal composé d’un nombre pair de juges ab initio. La Guemara demande : N’est-ce pas évident ? Quelle est la nouveauté dans la déclaration de Rabbi Abbahu ? La Guemara répond : De peur que tu ne dises : Ce juge qui dit : Je ne sais pas, est considéré comme quelqu’un qui est encore là, et s’il dit quelque chose ensuite, nous l’écoutons et l’incluons dans le compte, de sorte qu’il y a en réalité un nombre impair de juges dans le tribunal ; c’est pourquoi Rabbi Abbahu nous enseigne que ce juge qui dit : Je ne sais pas, est considéré comme quelqu’un qui n’est pas encore là, et s’il donne une raison pour statuer d’une certaine manière ensuite, nous ne l’écoutons pas. Par conséquent, le tribunal se compose d’un nombre pair de juges.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: סַנְהֶדְרִי שֶׁרָאוּ כּוּלָּן לְחוֹבָה – פּוֹטְרִין אוֹתוֹ. מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דִּגְמִירִי הֲלָנַת דִּין לְמֶעְבַּד לֵיהּ זְכוּתָא, וְהָנֵי תּוּ לָא חָזוּ לֵיהּ.
§ Rav Kahana dit : Dans un Sanhédrin où tous les juges ont jugé bon de condamner l’accusé dans une affaire passible de la peine capitale, ils l’acquittent. La Guemara demande : Quel est le raisonnement de cette halakha ? C’est parce qu’il est enseigné par tradition que la suspension du procès pendant la nuit est nécessaire afin de créer une possibilité d’acquittement. La halakha est qu’ils ne peuvent pas rendre un verdict de culpabilité le même jour où les preuves ont été entendues, car peut-être qu’au cours de la nuit l’un des juges pensera à une raison d’acquitter l’accusé. Et, puisque ces juges ont tous jugé bon de le condamner, ils ne verront aucune possibilité supplémentaire de l’acquitter lui, car il n’y aura personne pour plaider en faveur d’un tel verdict. Par conséquent, il ne peut pas être condamné.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מוֹשִׁיבִין בְּסַנְהֶדְרִי אֶלָּא בַּעֲלֵי קוֹמָה, וּבַעֲלֵי חׇכְמָה, וּבַעֲלֵי מַרְאֶה, וּבַעֲלֵי זִקְנָה, וּבַעֲלֵי כְשָׁפִים, וְיוֹדְעִים בְּשִׁבְעִים לָשׁוֹן – שֶׁלֹּא תְּהֵא סַנְהֶדְרִי שׁוֹמַעַת מִפִּי הַמְתוּרְגְּמָן.
§ Rabbi Yoḥanan dit : On nomme au Grand Sanhédrin seulement des hommes de haute stature, de sagesse, et d’une apparence agréable, et d’un âge approprié afin qu’ils soient respectés. Et ils doivent aussi être maîtres en sorcellerie, c’est-à-dire connaître la nature de la sorcellerie, afin de pouvoir juger les sorciers, et ils doivent connaître les soixante-dix langues afin que le Sanhédrin n’ait pas besoin d’entendre un témoignage de la bouche d’un traducteur dans un cas où un témoin parle une autre langue.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אֵין מוֹשִׁיבִין בְּסַנְהֶדְרִין אֶלָּא מִי שֶׁיּוֹדֵעַ לְטַהֵר אֶת הַשֶּׁרֶץ מִן הַתּוֹרָה. אָמַר רַב: אֲנִי אָדוּן וַאֲטַהֲרֶנּוּ.
Rav Yehouda dit que Rav dit : On ne place au Sanhédrin que quelqu’un qui sait comment déclarer pure la carcasse d’un animal rampant selon la loi de la Torah. Les juges du Sanhédrin doivent être si habiles dans le raisonnement logique qu’ils pourraient même produire un argument convaincant selon lequel les animaux rampants, que la Torah déclare explicitement rituellement impurs, sont en réalité purs. Rav dit : Je vais exposer la halakha de l’animal rampant et le déclarer pur, c’est-à-dire que je suis capable de démontrer comment il est possible de construire une telle preuve :

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