בָּטְלוּ דִּינֵי קְנָסוֹת מִיִּשְׂרָאֵל, שֶׁפַּעַם אַחַת גָּזְרָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה שְׁמָד עַל יִשְׂרָאֵל – שֶׁכׇּל הַסּוֹמֵךְ יֵהָרֵג, וְכׇל הַנִּסְמָךְ יֵהָרֵג, וְעִיר שֶׁסּוֹמְכִין בָּהּ תֵּיחָרֵב, וּתְחוּמִין שֶׁסּוֹמְכִין בָּהֶן יֵעָקְרוּ.
les lois des amendes auraient cessé d’être appliquées parmi le peuple juif, car ils n’auraient pas été en mesure de juger des affaires relevant de ces lois en raison de l’absence de juges ordonnés. Cela est parce que à un certain moment le royaume impie de Rome a promulgué des décrets de persécution religieuse contre le peuple juif dans le but d’abolir la chaîne de l’ordination et l’autorité des Sages. Ils ont dit que quiconque ordonne des juges sera tué, et quiconque est ordonné sera tué, et la ville dans laquelle ils ordonnent les juges sera détruite, et les signes identifiant les limites de la ville dans laquelle ils ordonnent des juges seront déracinés. Ces mesures visaient à dissuader les Sages d’accomplir ou de recevoir l’ordination par crainte pour le bien-être de la population locale.
מָה עָשָׂה יְהוּדָה בֶּן בָּבָא? הָלַךְ וְיָשַׁב לוֹ בֵּין שְׁנֵי הָרִים גְּדוֹלִים, וּבֵין שְׁתֵּי עֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת, וּבֵין שְׁנֵי תְּחוּמֵי שַׁבָּת, בֵּין אוּשָׁא לִשְׁפַרְעָם, וְסָמַךְ שָׁם חֲמִשָּׁה זְקֵנִים. וְאֵלּוּ הֵן: רַבִּי מֵאִיר, וְרַבִּי יְהוּדָה, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ. רַב אַוְיָא מוֹסִיף: אַף רַבִּי נְחֶמְיָה.
Que fit le rabbin Yehuda ben Bava ? Il alla s’asseoir entre deux grandes montagnes, entre deux grandes villes, et entre deux limites de Chabbat : entre Usha et Shefaram, c’est-à-dire dans un lieu désolé qui n’était associé à aucune ville particulière, afin de ne mettre en danger personne qui ne soit directement impliqué, et là il ordonna cinq anciens. Et ils étaient : rabbin Meir, rabbin Yehuda, rabbin Shimon, rabbin Yosei et rabbin Elazar ben Shammua. Rav Avya ajoute que rabbin Neḥemya était également parmi ceux qui furent ordonnés. Cet incident indique que l’ordination peut être accomplie par un seul Sage.
כֵּיוָן שֶׁהִכִּירוּ אוֹיְבֵיהֶם בָּהֶן, אָמַר לָהֶן: בָּנַיי, רוּצוּ! אָמְרוּ לוֹ: רַבִּי, מָה תְּהֵא עָלֶיךָ? אָמַר לָהֶן: הֲרֵינִי מוּטָל לִפְנֵיהֶם כְּאֶבֶן שֶׁאֵין לָהּ הוֹפְכִים. אָמְרוּ: לֹא זָזוּ מִשָּׁם עַד שֶׁנָּעֲצוּ בּוֹ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת לוּנְכִיאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל וַעֲשָׂאוּהוּ כִּכְבָרָה.
Lorsque leurs ennemis les découvrirent, Rabbi Yehouda ben Bava dit aux Sages nouvellement ordonnés : Mes fils, fuyez pour sauver vos vies. Ils lui dirent : Mon maître, qu’adviendra-t-il de vous ? Rabbi Yehouda ben Bava était âgé et incapable de courir. Il leur dit : En tout cas, je suis jeté devant eux comme une pierre qu’on ne peut retourner ; même si vous essayez de m’aider, je ne pourrai pas m’échapper à cause de ma faiblesse, mais si vous ne vous échappez pas sans moi, vous serez vous aussi tués. Les gens disent à propos de cet incident : Les soldats romains ne partirent pas de là avant d’avoir enfoncé en lui trois cents lances de fer [lunkhiyot] le rendant semblable à un tamis percé de nombreux trous.
רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא אַחֲרִינֵי הֲווֹ בַּהֲדֵיהּ, וְהַאי דְּלָא חָשֵׁיב לְהוּ – מִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא. וְרַבִּי מֵאִיר, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא סַמְכֵיהּ? וְהָא אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הָאוֹמֵר רַבִּי מֵאִיר לֹא סְמָכוֹ רַבִּי עֲקִיבָא אֵינוֹ אֶלָּא טוֹעֶה! סַמְכֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא וְלֹא קַיבְּלוּהּ, סְמָכֶיהָ רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא וְקַיבְּלוּהּ.
Cette preuve est réfutée : Il se peut qu’il y ait eu d’autres Sages accomplissant l’ordination avec Rabbi Yehuda ben Bava, qui furent ajoutés afin d’atteindre le nombre requis de trois Sages, et ce fait qu’ils n’aient pas été mentionnés est dû à l’honneur de Rabbi Yehuda ben Bava, qui était le plus grand parmi eux. La Guemara demande : Et en ce qui concerne Rabbi Meir, est-ce que Rabbi Yehuda ben Bava l’a réellement ordonné ? Mais Rabba bar bar Ḥana ne dit-il pas que Rabbi Yoḥanan dit : Quiconque dit que Rabbi Akiva n’a pas ordonné Rabbi Meir ne se trompe pas simplement, il est entièrement dans l’erreur. La Guemara répond : Rabbi Akiva a bien ordonné Rabbi Meir, mais le peuple n’a pas accepté cette nomination, car Rabbi Meir était encore très jeune. Par conséquent, quelque temps plus tard, Rabbi Yehuda ben Bava l’ordonna une seconde fois, et ils l’acceptèrent.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: אֵין סְמִיכָה בְּחוּצָה לָאָרֶץ. מַאי ״אֵין סְמִיכָה״? אִילֵּימָא דְּלָא דָּיְינִי דִּינֵי קְנָסוֹת כְּלָל בְּחוּצָה לָאָרֶץ, וְהָא תְּנַן: סַנְהֶדְרִין נוֹהֶגֶת בֵּין בָּאָרֶץ וּבֵין בְּחוּצָה לָאָרֶץ! אֶלָּא, דְּלָא סָמְכִינַן בְּחוּצָה לָאָרֶץ.
§ Rabbi Yehoshua ben Levi dit : il n’y a pas d’ordination en dehors d’Eretz Yisrael. La Guemara demande : Quel est le sens de : il n’y a pas d’ordination ? Si nous disons qu’ils ne peuvent pas juger des affaires relevant des lois sur les amendes du tout en dehors d’Eretz Yisrael, cela pose une difficulté : N’avons-nous pas appris dans une michna (Makkot 7a) : le Sanhédrin et son autorité fonctionnent à la fois en Eretz Yisrael et en dehors d’Eretz Yisrael ? Au contraire, l’intention est que nous n’ordonnons pas de juges en dehors d’Eretz Yisrael.
פְּשִׁיטָא: סוֹמְכִין בְּחוּצָה לָאָרֶץ וְנִסְמָכִין בָּאָרֶץ, הָא אָמְרִינַן דְּלָא. אֶלָּא, סוֹמְכִין בָּאָרֶץ וְנִסְמָכִין בְּחוּצָה לָאָרֶץ – מַאי?
La Guemara commente : Il est évident que si ceux qui ordonnent les nouveaux juges se trouvaient en dehors d’Eretz Israël, et ceux qui sont ordonnés se trouvaient à l’intérieur d’Eretz Israël, nous disons que ils ne peuvent pas procéder à l’ordination. Mais si ceux qui ordonnent les nouveaux juges se trouvaient à l’intérieur d’Eretz Israël, et ceux qui sont ordonnés se trouvaient en dehors d’Eretz Israël, quelle est la halakha ? L’ordination peut-elle être conférée à distance dans cette situation ?
תָּא שְׁמַע: דְּרַבִּי יוֹחָנָן הֲוָה מִצְטַעֵר עֲלֵיהּ דְּרַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא, דְּלָא הֲוָה גַּבַּיְיהוּ דְּלִיסְמְכֵיהּ. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן זֵירוּד וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ? רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן עַכְמַאי. וְאָמְרִי לַהּ: רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן עַכְמַאי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ? רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן זֵירוּד. חַד דַּהֲוָה גַּבַּיְיהוּ – סַמְכוּהּו, וְחַד דְּלָא הֲוָה גַּבַּיְיהוּ – לָא סַמְכוּהּו.
La Guemara précise : Viens et écoute une résolution du dilemme à partir du fait que Rabbi Yoḥanan était peiné au sujet de Rav Shemen bar Abba, car ce dernier n’était pas avec les autres Sages au moment où ils reçurent le consentement du Nasiafin que Rabbi Yoḥanan puisse l’ordonner. De plus, concernant Rabbi Shimon ben Zeirud et celui qui était avec lui, la Guemara intercale : Et qui est-ce ? Rabbi Yoḥanan ben Akhmai. Et certains disent qu’il s’agissait de Rabbi Yoḥanan ben Akhmai et de celui qui était avec lui ; la Guemara intercale : Et qui est-ce ? Rabbi Shimon ben Zeirud. La Guemara poursuit : Bien que ces deux Sages fussent d’égale stature, les Sages ordonnèrent seulement celui qui était avec eux en Eretz Yisrael, et ils n’ordonnèrent pas l’autre, qui n’était pas avec eux. Cela indique que l’ordination ne peut être accordée qu’en Eretz Yisrael.
רַבִּי חֲנִינָא וְרַבִּי הוֹשַׁעְיָא הֲוָה קָא מִשְׁתְּקִיד רַבִּי יוֹחָנָן לְמִיסְמְכִינְהוּ. לָא הֲוָה מִסְתַּיְּיעָא מִילְּתָא, הֲוָה קָא מִצְטַעַר טוּבָא. אֲמַרוּ לֵיהּ: לָא נִצְטַעַר מָר, דַּאֲנַן מִדְּבֵית עֵלִי קָאָתֵינַן.
La Guemara rapporte plusieurs autres incidents concernant l’ordination. Rabbi Yoḥanan essaya avec persistance d’ordonner Rabbi Ḥanina et Rabbi Hoshaya, car c’étaient des érudits et des hommes justes. Mais il n’y parvint pas en ce qui concerne l’affaire, car divers incidents vinrent à plusieurs reprises contrarier son projet, et il en était très affligé. Ils lui dirent : Ne sois pas affligé, notre Maître, car nous venons de, c’est-à-dire que nous sommes descendants de la maison du grand prêtre Éli.
דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָן אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מִנַּיִין שֶׁאֵין נִסְמָכִין לְבֵית עֵלִי? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יִהְיֶה זָקֵן בְּבֵיתְךָ כׇּל הַיָּמִים״. מַאי זָקֵן? אִילֵּימָא זָקֵן מַמָּשׁ, וְהָכְתִיב: ״כׇּל מַרְבִּית בֵּיתְךָ יָמוּתוּ אֲנָשִׁים״! אֶלָּא סְמִיכָה.
Comme le dit Rabbi Shmuel bar Naḥman que Rabbi Yonatan dit : D’où sait-on qu’il ne faut pas ordonner des Sages de la maison d’Éli ? Comme il est dit au sujet de la maison d’Éli : « Et il n’y aura pas d’ancien dans ta maison à jamais » (I Samuel 2:32). La Guemara explique : Que signifie « ancien » dans ce verset ? Si nous disons que cela signifie un ancien au sens littéral, c’est-à-dire une personne âgée, n’est-il pas déjà écrit : « Et tous ceux élevés dans ta maison mourront jeunes hommes » (I Samuel 2:33) ? Au contraire, le terme « ancien » est un terme honorifique pour un Sage, et cela signifie que l’ordination ne sera pas accordée aux descendants de la maison d’Éli.
רַבִּי זֵירָא הֲוָה מִיטַּמַּר מִלְּמִיסְמְכֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְעוֹלָם הֱוֵה קָבֵל וְקַיָּים. כֵּיוָן דְּשַׁמְעַהּ לְהָא דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, אֵין אָדָם עוֹלֶה לִגְדוּלָּה אֶלָּא אִם כֵּן מוֹחֲלִין לוֹ עַל כׇּל עֲוֹנוֹתָיו, אַמְצִי נַפְשֵׁיהּ.
La Guemara raconte : Rabbi Zeira avait l’habitude de se cacher afin qu’on ne l’ordonne pas. Il faisait cela en raison du fait que Rabbi Elazar a dit : Sois toujours discret et reste en vie, c’est-à-dire que plus tu te rends humble et inconnu, plus tu vivras longtemps. Lorsqu’il entendit ce que Rabbi Elazar a aussi dit : Une personne ne s’élève à la grandeur que si tous ses péchés sont pardonnés, il comprit qu’il y a aussi des avantages à la grandeur, et il se présenta devant le Nasi afin que celui-ci l’ordonne.
כִּי סַמְכוּהּ לְרַבִּי זֵירָא, שָׁרוּ לֵיהּ הָכִי: ״לֹא כַּחַל וְלֹא שָׂרָק וְלֹא פִּירְכּוּס, וְיַעֲלַת חֵן״. כִּי סַמְכוּהּ לְרַבִּי אַמֵּי וּלְרַבִּי אַסִּי, שָׁרוּ לְהוּ הָכִי: ״כֹּל מִן דֵּין, כֹּל מִן דֵּין, סְמוּכוּ לַנָא. לָא תִּסְמְכוּ לַנָא לָא מִסַּרְמִיטִין וְלָא מִסַּרְמִיסִין״. וְאָמְרִי לַהּ: ״לָא מֵחֲמִיסִין וְלָא מִטּוּרְמִיסִין״.
La Guemara raconte : Lorsqu’ils ordonnèrent Rabbi Zeira, les Sages présents à la cérémonie lui chantèrent cette ode de louange traditionnellement chantée à une mariée lors de son mariage : Elle ne porte ni fard bleu ni rouge sur son visage, ni teinture pour les cheveux, et pourtant elle rayonne de grâce. La mariée est décrite comme si belle qu’elle n’a besoin d’aucun cosmétique ni ornement, et, métaphoriquement, Rabbi Zeira est loué comme étant exceptionnellement et manifestement qualifié pour sa nomination. De même, lorsqu’ils ordonnèrent Rabbi Ami et Rabbi Assi, ils leur chantèrent cette ode de louange : Quelqu’un comme ceux-ci, quelqu’un comme ceux-ci, ordonnez-nous-en, car ils incarnaient le candidat idéal à l’ordination. Mais n’ordonnez pas pour nous ceux qui sont comptés parmi les haillons [misarmitin] ou parmi les déformateurs [misarmisin]. Et certains disent qu’ils dirent : n’ordonnez pas pour nous ceux qui sont comptés parmi les voleurs [meḥamisin] ou parmi les piétineurs [miturmisin].
רַבִּי אֲבָהוּ, כִּי הֲוָה אָתֵי מִמְּתִיבְתָּא לְבֵי קֵיסָר, נָפְקִי מַטְרוֹנְיָתָא דְּבֵי קֵיסָר וּמְשַׁרְיָין לֵיהּ: ״רַבָּה דְּעַמֵּיהּ, מְדַבְּרָנָא דְּאוּמְּתֵיהּ, בּוּצִינָא דִּנְהוֹרָא, בְּרִיךְ מֵתְיָיךְ לִשְׁלָם״.
Puisque les chants composés pour divers Sages ont été mentionnés, la Guémara raconte également que lorsque Rabbi Abbahou venait de la yeshiva à la maison de l’empereur, les femmes de la maison de l’empereur sortaient et chantaient devant lui : Ô grand de son peuple, chef de sa nation, bougie lumineuse, que ton arrivée soit bénie dans la paix.
עֲרִיפַת עֶגְלָה בִּשְׁלֹשָׁה. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְיָצְאוּ זְקֵנֶיךָ וְשֹׁפְטֶיךָ״. ״זְקֵנֶיךָ״ – שְׁנַיִם, ״שֹׁפְטֶיךָ״ – שְׁנַיִם, וְאֵין בֵּית דִּין שָׁקוּל מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן עוֹד אֶחָד, הֲרֵי כָּאן חֲמִשָּׁה. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״זְקֵנֶיךָ״ – שְׁנַיִם, וְאֵין בֵּית דִּין שָׁקוּל מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶם עוֹד אֶחָד, הֲרֵי כָּאן שְׁלֹשָׁה.
§ La michna enseigne que la rupture de la nuque de la génisse est effectuée devant un collège de trois juges, et que Rabbi Yehouda dit qu’il doit y avoir cinq juges. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et tes anciens et tes juges sortiront et mesureront jusqu’aux villes qui sont autour du cadavre » (Deutéronome 21:2). « Tes anciens » est au pluriel, ce qui indique un minimum de deux, et « tes juges » est également au pluriel, indiquant encore deux, et comme un tribunal ne peut pas être composé d’un nombre pair de juges, on leur en ajoute un supplémentaire, de sorte qu’il y a cinq juges ici ; c’est l’avis de Rabbi Yehouda. Rabbi Chimon dit : « Tes anciens, » indiquent deux, et comme un tribunal ne peut pas être composé d’un nombre pair de juges, on leur en ajoute un supplémentaire, de sorte qu’il y a trois juges ici.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, הַאי ״שֹׁפְטֶיךָ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לִמְיוּחָדִין שֶׁבְּשׁוֹפְטֶיךָ. וְרַבִּי יְהוּדָה? מִ״זִּקְנֵי״ ״זְקֵנֶיךָ״ נָפְקָא.
La Guemara demande : Mais, selon Rabbi Shimon, que fait-il de cette expression supplémentaire : « Tes juges » ? La Guemara répond : Il en a besoin pour enseigner que ces juges doivent être parmi les plus éminents de tes juges, c’est-à-dire qu’ils doivent être membres du Sanhédrin. La Guemara demande : Et comment Rabbi Yehouda déduit-il la halakha selon laquelle les juges doivent être membres du Sanhédrin ? Il la déduit du fait que le verset n’a pas simplement dit : « Anciens », mais plutôt : « Tes anciens », ce qui indique les anciens qui sont uniques à l’ensemble du peuple juif, c’est-à-dire les Sages du Sanhédrin.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן: אִי מִ״זִּקְנֵי״ הֲוָה אָמֵינָא זִקְנֵי הַשּׁוּק, כְּתַב רַחֲמָנָא ״זְקֵנֶיךָ״. וְאִי כְּתִיב ״זְקֵנֶיךָ״ – הֲוָה אָמֵינָא סַנְהֶדְרִי קְטַנָּה, כְּתַב רַחֲמָנָא ״וְשֹׁפְטֶיךָ״ – מִמְּיוּחָדִין שֶׁבְּשׁוֹפְטֶיךָ. וְרַבִּי יְהוּדָה גָּמַר ״זִקְנֵי״ ״זִקְנֵי״ מִ״וְסָמְכוּ זִקְנֵי הָעֵדָה אֶת יְדֵיהֶם״ – מָה לְהַלָּן מְיוּחָדִין שֶׁבָּעֵדָה, אַף כָּאן מְיוּחָדִין שֶׁבִּזְקֵנֶיךָ.
Et comment Rabbi Shimon répond-il à cette affirmation ? Il soutient que si le verset avait écrit seulement : « Anciens », je dirais que le verset fait référence à n’importe quels anciens sur la place du marché qui ne sont pas membres du Sanhédrin. C’est pourquoi le Miséricordieux écrit : « Tes anciens ». Et s’il était écrit : « Tes anciens », je dirais qu’il s’agit des membres d’un petit Sanhédrin. C’est pourquoi le Miséricordieux écrit : « Et tes juges », pour indiquer qu’ils doivent être les plus éminents parmi tes juges. Et comment Rabbi Yehouda répondrait-il à cette affirmation ? Il l’apprend au moyen d’une analogie verbale à partir du mot « anciens » écrit dans ce verset et du mot « anciens » écrit dans le verset : « Et les anciens de l’assemblée poseront leurs mains sur la tête du taureau » (Lévitique 4:15). De même que là-bas il s’agit des plus éminents de l’assemblée, de même ici, il s’agit des plus éminents parmi tes anciens.
אִי יָלֵיף – לֵילַף כּוּלַּהּ מֵהָתָם! ״זְקֵנֶיךָ״ ״וְשֹׁפְטֶיךָ״ לְמָה לִי? אֶלָּא, וָיו ״וְשֹׁפְטֶיךָ״ לְמִנְיָינָא. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן – וָיו לָא דָּרֵישׁ.
La Guemara demande : S’il apprend cette analogie verbale, il devrait l’apprendre en entier, c’est-à-dire toute la halakha, y compris le nombre des juges ainsi que leur rang, de là-bas, c’est-à-dire du verset dans le Lévitique, et si tel est le cas, pourquoi ai-je besoin des expressions supplémentaires : « Tes anciens » et : « Et tes juges » ? Plutôt, il n’accepte certainement pas cette analogie verbale. Au contraire, il soutient que la lettre supplémentaire vav, correspondant au mot « et » dans l’expression : « Et tes juges », est là pour le décompte, ce qui signifie que l’expression « tes juges » enseigne qu’ils doivent être membres du Grand Sanhédrin, et le vav supplémentaire sert à ajouter deux de plus au nombre des juges. Et comment Rabbi Shimon répond-il à cela ? Il n’interprète pas la lettre supplémentaire vav.
אֶלָּא מֵעַתָּה, ״וְיָצְאוּ״ – שְׁנַיִם, ״וּמָדְדוּ״ – שְׁנַיִם, לְרַבִּי יְהוּדָה הֲרֵי תִּשְׁעָה, לְרַבִּי שִׁמְעוֹן שִׁבְעָה? הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״וְיָצְאוּ״ – הֵן וְלֹא שְׁלוּחָן, ״וּמָדְדוּ״ – שֶׁאֲפִילּוּ נִמְצָא
La Guemara demande : Si tel est le cas, si chacun des verbes au pluriel est compris comme ajoutant deux juges supplémentaires, alors l’expression : « Et ils sortiront », dans la suite du verset (Deutéronome 21:2) indique encore deux, et l’expression : « Et ils mesureront », ajoute encore deux, ce qui signifie que, selon Rabbi Yehouda là-bas, il devrait y avoir neuf juges, et selon Rabbi Shimon, sept. La Guemara répond : Il a besoin de cette explication pour ce qui est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et ils sortiront », afin de souligner que ce sont eux qui doivent sortir, et non leurs agents, et le verset déclare : « Et ils mesureront », pour enseigner que cette mesure est elle-même une mitsva, de sorte que même si le cadavre est trouvé