לִמְחֲיֵיהּ עֶשְׂרִים וַחֲדָא, וְכִי מָיֵית בְּהָךְ חֲדָא – לֵימוּת, דְּהָא כִּי מָחֵי אַגַּבָּא דְּחַיָּיא קָא מָחֵי. אֲמַר לֵיהּ: אָמַר קְרָא ״וְנִקְלָה אָחִיךָ לְעֵינֶיךָ״ – אַחַר שֶׁלָּקָה, ״אָחִיךָ״ בָּעֵינָא, וְלֵיכָּא.
Que le tribunal le donne vingt et un coups de fouet, et s’il meurt de ce dernier , qu’il meure. Selon l’évaluation médicale, il sera encore vivant après le vingtième coup. Il n’y aurait aucune crainte de fouetter un homme mort, car lorsque le tribunal le frappe du vingt et unième coup, c’est sur le dos d’un homme vivant que le tribunal frappe. S’il en est ainsi, pourquoi ne devrait-il pas recevoir le dernier coup ? Rav Achi lui dit : Le verset déclare : « Alors ton frère sera déshonoré à tes yeux. » Le verset signifie : Même après qu’il a été frappé, j’ai besoin qu’il demeure ton frère ; et s’il meurt, il n’est plus ton frère.
עִיבּוּר הַחֹדֶשׁ בִּשְׁלֹשָׁה. חִישּׁוּב לָא קָתָנֵי, קִידּוּשׁ לָא קָתָנֵי, אֶלָּא עִיבּוּר. לָא לִיקַדְּשֵׁיהּ, וּמִמֵּילָא לִעַבַּר?
§ La michna enseigne : L’intercalation du mois est effectuée par un collège de trois juges. La Guemara extrapole : Le tanna n’enseigne pas : Le calcul visant à déterminer si le mois doit être prolongé est effectué par trois juges, et il n’enseigne pas : La sanctification du nouveau mois est effectuée par trois juges ; plutôt, il enseigne : L’intercalation du mois, c’est-à-dire la décision de prolonger le mois d’un jour supplémentaire et de commencer le mois suivant le trente et unième jour au lieu du trentième, est effectuée par un collège de trois juges. La Guemara demande : Pourquoi des juges sont-ils nécessaires pour prolonger le mois ? Il suffit de ne pas sanctifier le nouveau mois, et de laisser le mois précédent s’intercaler de lui-même. Lorsque le trentième jour de n’importe quel mois n’est pas déclaré premier jour du nouveau mois, le mois précédent est prolongé par défaut. Pourquoi, alors, la michna précise-t-elle : Intercalation ?
אָמַר אַבָּיֵי: תְּנִי קִידּוּשׁ הַחֹדֶשׁ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: קִידּוּשׁ הַחֹדֶשׁ וְעִיבּוּר הַשָּׁנָה בִּשְׁלֹשָׁה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. אָמַר רָבָא: וְהָא ״עִיבּוּר״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא: קִידּוּשׁ בְּיוֹם עִיבּוּר בִּשְׁלֹשָׁה, אַחַר עִיבּוּר לֵיכָּא קִידּוּשׁ.
Abaye dit : Corrige le texte de la michna et enseigne : La sanctification du nouveau mois est effectuée par trois juges. Cela est également enseigné dans une baraita (Tosefta 2:1) : La sanctification du nouveau mois et l’intercalation de l’année sont effectuées par trois juges ; telle est l’opinion de Rabbi Meir. Rava dit pour objecter à l’explication d’Abaye : Mais la michna enseigne : Intercalation, et non sanctification. Au contraire, Rava dit : Explique la michna ainsi : S’il y a sanctification du nouveau mois le trentième jour du premier mois, qui est le jour qui autrement serait celui de l’intercalation, cela se fait par trois juges. Mais après le jour de l’intercalation, c’est-à-dire si le mois est sanctifié le trente et unième jour, il n’y a pas besoin d’une sanctification active.
וּמַנִּי? רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן צָדוֹק הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן צָדוֹק אוֹמֵר: אִם לֹא נִרְאָה בִּזְמַנּוֹ – אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁכְּבָר קִידְּשׁוּהוּ בַּשָּׁמַיִם.
Et selon l’opinion de qui cela est-il? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Elazar ben Tzadok, comme il est enseigné dans une michna (Rosh HaShana 24a) : Rabbi Elazar ben Tzadok dit : Si la nouvelle lune n’a pas été vue en son temps prévu, le tribunal ne sanctifie pas formellement la Nouvelle Lune le lendemain, car le tribunal céleste dans le Ciel l’a déjà sanctifiée, ce qui rend inutile une sanctification supplémentaire par le tribunal terrestre.
רַב נַחְמָן אָמַר: קִידּוּשׁ אַחַר עִיבּוּר – בִּשְׁלֹשָׁה, בְּיוֹם עִיבּוּר – לֵיכָּא קִידּוּשׁ. וּמַנִּי? פְּלֵימוֹ הִיא, דְּתַנְיָא, פְּלֵימוֹ אוֹמֵר: בִּזְמַנּוֹ – אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ – מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ.
Adoptant l’opinion opposée, Rav Naḥman dit : Dans le cas de la santification de la nouvelle lune après l’intercalation du mois par l’ajout d’un trentième jour au mois précédent, la sanctification est effectuée par trois juges. Mais si la nouvelle lune est déclarée le jour de l’intercalation, de sorte que le mois précédent ne compte que vingt-neuf jours, il n’y a pas de santification active. C’est le moment habituel de la nouvelle lune, et aucune intervention n’est nécessaire. Et conformément à l’opinion de qui cela est-il ? C’est conformément à l’opinion de Peleimu, comme cela est enseigné dans une baraita : Peleimu dit : Si la nouvelle lune a été signalée à son moment prévu, le tribunal ne sanctifie pas la nouvelle lune. Mais si la nouvelle lune a été signalée pas à son moment prévu, le tribunal sanctifie la nouvelle lune.
רַב אָשֵׁי אָמַר: לְעוֹלָם חִישּׁוּב קָתָנֵי, וּמַאי עִיבּוּר? חִישּׁוּב דְּעִיבּוּר. וְאַיְּדֵי דְּקָבָעֵי לְמִיתְנֵי עִיבּוּר שָׁנָה, תְּנָא נָמֵי עִיבּוּר חוֹדֶשׁ.
Rav Ashi a dit : En réalité, la michna enseigne que trois juges sont nécessaires pour le calcul afin de déterminer quand la Nouvelle Lune doit être proclamée. Et que signifie le terme : Intercalation, mentionné dans la michna ? C’est le calcul de l’intercalation. Et, bien que la formulation de la michna soit imprécise, elle est rédigée ainsi pour une raison : Puisque la michna devait enseigner le nombre de juges nécessaires pour l’intercalation de l’année, la michna a aussi enseigné : L’intercalation du mois, afin de décrire les processus similaires d’ajout à l’année et d’ajout au mois avec le même verbe.
חִישּׁוּב חוֹדֶשׁ – אִין, קִידּוּשׁ חוֹדֶשׁ – לָא. מַנִּי? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר, בֵּין בִּזְמַנּוֹ בֵּין שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ אֵין מְקַדְּשִׁין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקִדַּשְׁתֶּם אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה״. שָׁנִים אַתָּה מְקַדֵּשׁ, וְאִי אַתָּה מְקַדֵּשׁ חֳדָשִׁים.
La Guemara note : En ce qui concerne le calcul du mois, oui, cela requiert trois juges. Mais en ce qui concerne la santification du mois, cela ne requiert pas trois juges. Conformément à l’opinion de qui cela est-il ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Eliezer. Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer dit : Que cela ait été rapporté en son temps prévu ou que cela ait été rapporté pas en son temps prévu, nous ne sanctifions pas formellement la nouvelle lune, comme il est dit : « Et vous sanctifierez la cinquantième année » (Lévitique 25:10), ce qui enseigne : Vous devez formellement sanctifier les années, mais vous ne devez pas formellement sanctifier les mois, car ils sont sanctifiés automatiquement. En tout état de cause, le calcul, lorsqu’il est nécessaire, est effectué par trois juges.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בִּשְׁלֹשָׁה כּוּ׳. תַּנְיָא: כֵּיצַד אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל? בִּשְׁלֹשָׁה מַתְחִילִין, וּבַחֲמִשָּׁה נוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין, וְגוֹמְרִין בְּשִׁבְעָה. אֶחָד אוֹמֵר לֵישֵׁב, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים שֶׁלֹּא לֵישֵׁב – בָּטֵל יָחִיד בְּמִיעוּטוֹ.
§ La michna enseigne : Rabban Shimon ben Gamliel dit que l’intercalation se fait par étapes : Les délibérations commencent avec trois juges, ils débattent de la question avec cinq juges, et ils concluent l’affaire avec sept juges. La Guemara développe : Il est enseigné dans une baraita (Tosefta 2:1) : Comment Rabban Shimon ben Gamliel dit-il que l’intercalation doit être menée ? Le tribunal commence la délibération avec trois juges, et ils débattent de la question avec cinq, et ils concluent avec sept. Au début, trois juges se réunissent pour une discussion préliminaire concernant la nécessité d’ajouter un mois à l’année. Si un dit qu’il est nécessaire de siéger et de délibérer sur la question de l’intercalation et que deux disent qu’il n’y a pas besoin de siéger et de continuer, l’avis isolé en faveur de l’intercalation est annulé du fait de sa minorité, c’est-à-dire qu’il s’agit de l’avis minoritaire, et le processus prend fin.
שְׁנַיִם אוֹמְרִים לֵישֵׁב, וְאֶחָד אוֹמֵר שֶׁלֹּא לֵישֵׁב – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶם עוֹד שְׁנַיִם, וְנוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין בַּדָּבָר. שְׁנַיִם אוֹמְרִים צְרִיכָה, וּשְׁלֹשָׁה אוֹמְרִים אֵינָהּ צְרִיכָה – בָּטְלוּ שְׁנַיִם בְּמִיעוּטָן. שְׁלֹשָׁה אוֹמְרִים צְרִיכָה, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים אֵינָהּ צְרִיכָה – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶם עוֹד שְׁנַיִם, שֶׁאֵין הַמִּנְיָן פָּחוֹת מִשִּׁבְעָה.
La baraita continue : Si deux disent de s’asseoir et un dit de ne pas s’asseoir, la décision de la majorité fait passer le processus à l’étape suivante, et le tribunal leur ajoute alors deux autres juges et tous les cinq débattent de la question. Si deux disent : L’année a besoin du mois supplémentaire, et trois disent : Elle n’en a pas besoin, l’opinion des deux est annulée du fait de leur minorité. Si trois disent : L’année en a besoin, et deux disent : Elle n’en a pas besoin, le tribunal leur ajoute deux autres juges, car le quorum pour déclarer une intercalation ne peut pas être inférieur à sept.
הָנֵי שְׁלֹשָׁה חֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה, כְּנֶגֶד מִי? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ? רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי. וְאָמְרִי לַהּ: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי וְחַד דְּעִימֵּיהּ, וּמַנּוּ? רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי. חַד אָמַר: כְּנֶגֶד בִּרְכַּת כֹּהֲנִים, וְחַד אָמַר: שְׁלֹשָׁה – כְּנֶגֶד שׁוֹמְרֵי הַסַּף, חֲמִשָּׁה – מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, שִׁבְעָה – רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ.
La Guemara demande : À quoi correspondent ces nombres de trois, cinq et sept juges, au point qu’il a été établi que la procédure d’intercalation devait incorporer ces nombres ? Rabbi Yitzḥak bar Naḥmani et un autre Sage qui était avec lui sont en désaccord à ce sujet. Et qui est cet autre érudit ? Rabbi Shimon ben Pazi. Et certains disent qu’il s’agissait d’un différend entre Rabbi Shimon ben Pazi et un autre érudit qui était avec lui. Et qui est cet autre érudit ? Rabbi Yitzḥak bar Naḥmani. L’un a dit : Ces nombres correspondent au nombre de mots hébreux dans chacun des trois versets de la bénédiction sacerdotale (voir Nombres 6:24–26). Et l’autre a dit : Trois correspond aux trois gardiens de la porte (voir II Rois 25:18), cinq correspond à cinq des officiers qui voyaient la face du roi (voir II Rois 25:19), et sept correspond à sept officiers qui voyaient la face du roi (voir Jérémie 52:25). Puisque ces nombres représentent des nominations de distinction, les Sages ont jugé bon de les employer également dans la composition du tribunal.
תָּנֵי רַב יוֹסֵף: הָנֵי שְׁלֹשָׁה וַחֲמִשָּׁה וְשִׁבְעָה, שְׁלֹשָׁה – כְּנֶגֶד שׁוֹמְרֵי הַסַּף, חֲמִשָּׁה – מֵרוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, שִׁבְעָה – רוֹאֵי פְּנֵי הַמֶּלֶךְ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: עַד הָאִידָּנָא מַאי טַעְמָא לָא פָּרֵישׁ לַן מָר הָכִי? אֲמַר לְהוּ: לָא הֲוָה יָדַעְנָא דִּצְרִיכִיתוּ. מִי בְּעֵיתוּ מִנַּאי מִילְּתָא וְלָא אֲמַרִי לְכוּ?
De même, Rav Yosef a enseigné une baraita : Ces nombres : trois, cinq et sept membres du tribunal pour l’intercalation, sont tirés de différents nombres de serviteurs du roi. Trois correspond à : gardiens de la porte ; cinq correspond à : de ces officiers qui voyaient la face du roi, mentionnés dans le livre de II Rois ; et sept correspond à : des officiers qui voyaient la face du roi, mentionnés dans le livre de Jérémie. Lorsque Rav Yosef enseigna cela, Abaye dit à Rav Yosef : Quelle est la raison pour laquelle jusqu’à présent le Maître ne nous a pas expliqué la chose de cette manière, bien que tu aies déjà enseigné cette matière auparavant ? Rav Yosef dit à Abaye et aux autres avec lui : Je ne savais pas que vous aviez besoin de cette information, car je pensais que vous connaissiez déjà la baraita. M’avez-vous jamais demandé quelque chose sans que je vous le dise ?
זְמַן, נָשִׂיא, צָרִיךְ, גְּדִי – סִימָן. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְעַבְּרִין אֶת הַשָּׁנָה אֶלָּא
§ La Guemara présente un moyen mnémotechnique pour plusieurs autres sources citées au sujet de l’intercalation de l’année : Zeman, Nasi, tzarikh, gedi. Les Sages ont enseigné dans une baraita : L’année ne peut être intercalée que