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שֶׁדַּעְתּוֹ קְצָרָה. ״וְטוֹב לֵב מִשְׁתֶּה תָמִיד״ – זֶה שֶׁדַּעְתּוֹ רְחָבָה. וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״כׇּל יְמֵי עָנִי רָעִים״. וְהָאִיכָּא שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים? כְּדִשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: שִׁינּוּי וֶסֶת תְּחִלַּת חוֹלִי מֵעַיִים.
quelqu’un qui est intolérant [da’ato ketzara] envers les autres lorsqu’ils agissent contre sa volonté. « Et pour celui qui a bon cœur, c’est toujours un festin » ; cela fait référence à quelqu’un qui est tolérant et accepte les actions des autres. Et Rabbi Yehoshua ben Levi dit au sujet du verset « Tous les jours du pauvre sont pénibles » : Mais n’y a-t-il pas des Shabbatot et des fêtes, où il se repose et mange des repas festifs ? Cela peut s’expliquer conformément à cette déclaration de Shmuel, car Shmuel dit : Un changement dans la routine en matière d’alimentation et de repos provoque l’apparition d’un trouble intestinal. En raison de l’écart marqué, le Shabbat, par rapport à la routine du pauvre, il souffre.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַקּוֹרֵא פָּסוּק שֶׁל שִׁיר הַשִּׁירִים וְעוֹשֶׂה אוֹתוֹ כְּמִין זֶמֶר, וְהַקּוֹרֵא פָּסוּק בְּבֵית מִשְׁתָּאוֹת בְּלֹא זְמַנּוֹ – מֵבִיא רָעָה לָעוֹלָם, מִפְּנֵי שֶׁהַתּוֹרָה חוֹגֶרֶת שַׂק וְעוֹמֶדֶת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְאוֹמֶרֶת לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, עֲשָׂאוּנִי בָּנֶיךָ כְּכִנּוֹר שֶׁמְּנַגְּנִין בּוֹ לֵצִים.
§ Les Sages ont enseigné : Celui qui lit un verset du Cantique des Cantiques et le transforme en une forme de chanson profane, et non en un texte sacré, et celui qui lit n’importe quel verset de la Torah dans une maison de banquet, en dehors de son moment approprié, mais simplement comme une chanson, introduit le mal dans le monde, car la Torah se ceint de sac et se tient devant le Saint, béni soit-Il, et dit devant Lui : Maître de l’Univers, Tes enfants m’ont rendue semblable à une harpe sur laquelle des bouffons jouent.
אָמַר לָהּ: בִּתִּי, בְּשָׁעָה שֶׁאוֹכְלִין וְשׁוֹתִין בַּמֶּה יִתְעַסְּקוּ? אָמְרָה לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אִם בַּעֲלֵי מִקְרָא הֵן – יַעַסְקוּ בַּתּוֹרָה וּבַנְּבִיאִים וּבַכְּתוּבִים. אִם בַּעֲלֵי מִשְׁנָה הֵן – יַעַסְקוּ בַּמִּשְׁנָה, בַּהֲלָכוֹת וּבְהַגָּדוֹת. וְאִם בַּעֲלֵי תַלְמוּד הֵן – יַעַסְקוּ בְּהִלְכוֹת פֶּסַח בַּפֶּסַח, בְּהִלְכוֹת עֲצֶרֶת בָּעֲצֶרֶת, בְּהִלְכוֹת חַג בֶּחָג. הֵעִיד רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן חֲנַנְיָא: כׇּל הַקּוֹרֵא פָּסוּק בִּזְמַנּוֹ מֵבִיא טוֹבָה לָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְדָבָר בְּעִתּוֹ מַה טּוֹב״.
Le Saint, béni soit-Il, dit à la Torah : Ma fille, pendant le temps où ils mangent et boivent, à quoi doivent-ils s’adonner ? La Torah dit devant Lui : Maître de l’Univers, s’ils sont maîtres de la Torah, qu’ils s’adonnent à l’étude de la Torah, des Prophètes et des Écrits. S’ils sont maîtres de la Mishna, qu’ils s’adonnent à l’étude de la Mishna, à l’étude de la halakha, et à l’étude de la aggada. Et s’ils sont maîtres du Talmud, qu’ils s’adonnent à l’étude des halakhot de Pessa'h à Pessa'h, à l’étude des halakhot de Shavouot à Shavouot, et à l’étude des halakhot de Souccot à Souccot. Ils ne doivent pas traiter la Torah avec mépris en l’utilisant pour leur propre divertissement. Rabbi Shimon ben Elazar a témoigné au nom de Rabbi Shimon ben Ḥananya : Quiconque lit un verset en son temps approprié et de la manière appropriée introduit le bien dans le monde, comme il est dit : « Et une parole en son temps, qu’elle est bonne » (Proverbes 15:23).
וְהַלּוֹחֵשׁ עַל הַמַּכָּה וְכוּ׳. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּבְרוֹקֵק בָּהּ, לְפִי שֶׁאֵין מַזְכִּירִין שֵׁם שָׁמַיִם עַל הָרְקִיקָה. אִיתְּמַר: רַב אָמַר, אֲפִילּוּ ״נֶגַע צָרַעַת״. רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: אֲפִילּוּ ״וַיִּקְרָא אֶל מֹשֶׁה״.
§ La michna enseigne : Et parmi ceux qui n’ont pas de part au Monde à venir se trouve celui qui murmure des invocations sur une blessure. Rabbi Yoḥanan dit : Et cela ne s’applique que lorsqu’il crache dans la blessure pendant qu’il murmure, car on ne mentionne pas le nom du Ciel sur de la salive, et agir ainsi est un acte de mépris envers Dieu. Il a été déclaré que Rav dit : Même le verset : « Lorsqu’une marque de lèpre est sur un homme, alors il sera amené au prêtre » (Lévitique 13:9), dans lequel il n’y a aucune mention du nom de Dieu, ne peut pas être murmuré comme invocation. Rabbi Ḥanina dit : Même un verset sans rapport avec la maladie précise en question, par exemple : « Et Il appela Moïse » (Lévitique 1:1), ne peut pas être murmuré comme invocation.
תָּנוּ רַבָּנַן: סָכִין וּמְמַשְׁמְשִׁין בִּבְנֵי מֵעַיִים בְּשַׁבָּת, וְלוֹחֲשִׁין לְחִישַׁת נְחָשִׁים וְעַקְרַבִּים בְּשַׁבָּת, וּמַעֲבִירִין כְּלִי עַל גַּב הָעַיִן בְּשַׁבָּת. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בִּכְלִי הַנִּיטָּל, אֲבָל בִּכְלִי שֶׁאֵינוֹ נִיטָּל – אָסוּר. וְאֵין שׁוֹאֲלִין בִּדְבַר שֵׁדִים בְּשַׁבָּת. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף בַּחוֹל אָסוּר.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : On peut enduire d’huile et frotter la région intestinale pendant Chabbat pour soulager la douleur, et cela n’est pas interdit comme forme de guérison. On peut murmurer des incantations contre les serpents et les scorpions pendant Chabbat pour soulager la douleur de leur morsure. Et on peut passer un récipient froid sur un œil infecté pendant Chabbat, pour apaiser l’inflammation. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Dans quel cas ces choses ont-elles été dites ? Elles ont été dites dans le cas d’un récipient qui peut être déplacé pendant Chabbat. Mais en ce qui concerne un récipient qui ne peut pas être déplacé, il est interdit de le passer sur l’œil infecté pendant Chabbat. Et on ne peut pas consulter les paroles des démons pendant Chabbat. Rabbi Yossei dit : Même pendant la semaine, il est interdit de consulter des démons.
אָמַר רַב הוּנָא: (אֵין) הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי. וְאַף רַבִּי יוֹסֵי לֹא אֲמָרָהּ אֶלָּא מִשּׁוּם סַכָּנָה, כִּי הָא דְּרַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף דְּאִיבְּלַע בְּאַרְזָא, וְאִתְעֲבִיד לֵיהּ נִיסָּא – פְּקַע אַרְזָא וּפַלְטֵיהּ.
Rav Houna a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei. La Guemara note : Et même Rabbi Yossei n’a pas dit que cela est interdit pendant la semaine en raison de l’interdit de sorcellerie de la Torah ; plutôt, cela est interdit à cause du danger, de peur que les démons ne lui fassent du mal. Cela pouvait arriver, comme dans cet incident concernant Rav Yitzḥak bar Yossef, qui consulta un démon et, par conséquent, fut englouti dans un cèdre, et un miracle fut accompli pour lui, et le cèdre se fendit et le rejeta.
תָּנוּ רַבָּנַן: סָכִין וּמְמַשְׁמְשִׁין בִּבְנֵי מֵעַיִים בְּשַׁבָּת, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה כְּדֶרֶךְ שֶׁהוּא עוֹשֶׂה בַּחוֹל. הֵיכִי עָבֵיד? רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: סָךְ וְאַחַר כָּךְ מְמַשְׁמֵשׁ. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: סָךְ וּמְמַשְׁמֵשׁ בְּבַת אַחַת.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : On peut enduire d’huile et frotter la région intestinale pendant Chabbat, et cela ne constitue pas une forme de guérison interdite, à condition de ne pas le faire de la manière dont on le fait en semaine. La Guemara demande : Comment, alors, fait-on cela pendant Chabbat ? Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit : On enduit d’abord d’huile puis on frotte le corps. Et Rabbi Yoḥanan dit : On enduit d’huile et on frotte le corps simultanément.
תָּנוּ רַבָּנַן: שָׂרֵי שֶׁמֶן וְשָׂרֵי בֵיצִים מוּתָּרִין לִשְׁאוֹל בָּהֶן, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁמְּכַזְּבִין. לוֹחֲשִׁין עַל שֶׁמֶן שֶׁבִּכְלִי, וְאֵין לוֹחֲשִׁין עַל שֶׁמֶן שֶׁבַּיָּד. לְפִיכָךְ סָכִין מִשֶּׁמֶן שֶׁבַּיָּד, וְאֵין סָכִין מִשֶּׁמֶן שֶׁבִּכְלִי.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne les démons de l’huile et les démons des œufs, c’est-à-dire les démons consultés au moyen de l’huile et des œufs, respectivement, il est permis de les consulter ; mais il est inutile de le faire, en raison du fait qu’ils trompent. On peut murmurer une incantation pour la guérison sur de l’huile qui se trouve dans un récipient, et on ne peut pas murmurer une incantation sur de l’huile qui se trouve dans la main de quelqu’un. Par conséquent, on peut s’oindre d’huile avec de l’huile qui lui est apportée dans la main d’un autre, et il n’y a pas lieu de craindre que quelqu’un ait peut-être murmuré sur elle ; et on ne peut pas s’oindre avec de l’huile qui lui est apportée dans un récipient, car quelqu’un a peut-être murmuré sur elle et cela lui causera du tort.
רַב יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָא אִיקְּלַע לְהָהוּא אוּשְׁפִּיזָא. אַיְיתִי לֵיהּ מִישְׁחָא בְּמָנָא. שָׁף, נְפַקוּ לֵיהּ צִימְחֵי בְּאַפֵּיהּ. נְפַק לְשׁוּקָא. חֲזֵיתֵיהּ הָהִיא אִיתְּתָא, אֲמַרָה: זִיקָא דְּחֵמֶת קָא חָזֵינָא הָכָא. עֲבַדָא לֵיהּ מִלְּתָא וְאִיתַּסִּי.
La Guemara raconte : Rav Yitzḥak bar Shmuel bar Marta se trouva arriver dans une certaine auberge, et on lui apporta de l’huile dans un récipient. Il s’en frotta le visage, et des furoncles apparurent sur son visage. Il sortit au marché, et une certaine femme le vit et dit : Je vois ici l’esprit mauvais de Ḥamat sur ton visage. Elle accomplit une action pour lui, c’est-à-dire murmura une incantation, et il fut guéri.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְרַבָּה בַּר מָרִי: כְּתִיב ״כׇּל הַמַּחֲלָה אֲשֶׁר שַׂמְתִּי בְמִצְרַיִם לֹא אָשִׂים עָלֶיךָ כִּי אֲנִי ה׳ רֹפְאֶךָ״, וְכִי מֵאַחַר שֶׁלֹּא שָׂם, רְפוּאָה לָמָּה? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִקְרָא זֶה מֵעַצְמוֹ נִדְרָשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיֹּאמֶר אִם שָׁמוֹעַ תִּשְׁמַע לְקוֹל ה׳ אֱלֹהֶיךָ״ – אִם תִּשְׁמַע לֹא אָשִׂים, וְאִם לֹא תִּשְׁמַע אָשִׂים. אַף עַל פִּי כֵן, ״כִּי אֲנִי ה׳ רֹפְאֶךָ״.
Rabbi Abba dit à Rabba bar Mari qu’il y a une contradiction apparente dans un verset. Il est écrit : « Toute la maladie que J’ai mise sur l’Égypte, Je ne la mettrai pas sur toi, car Je suis le Seigneur, ton Guérisseur » (Exode 15:26). Et puisque Dieu ne met pas la maladie sur le peuple juif, pourquoi la guérison est-elle nécessaire ? Rabba bar Mari lui dit que c’est ce que dit Rabbi Yoḥanan : Ce verset peut être interprété et la contradiction résolue à partir du contenu du verset lui-même, comme il est dit : « Et Il dit : Si tu écoutes attentivement la voix du Seigneur, ton Dieu » (Exode 15:26). Si tu écoutes la voix de Dieu, Je ne mettrai pas la maladie sur toi, et si tu n’écoutes pas la voix de Dieu, Je mettrai la maladie sur toi. Néanmoins, même si tu n’écoutes pas la voix de Dieu et que Je mette la maladie sur toi, sache que Je te guérirai, « car Je suis le Seigneur, ton Guérisseur. »
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, נִכְנְסוּ תַּלְמִידָיו לְבַקְּרוֹ. אָמַר לָהֶן: חֵמָה עַזָּה יֵשׁ בָּעוֹלָם. הִתְחִילוּ הֵן בּוֹכִין, וְרַבִּי עֲקִיבָא מְשַׂחֵק. אָמְרוּ לוֹ: לָמָּה אַתָּה מְשַׂחֵק? אָמַר לָהֶן: וְכִי מִפְּנֵי מָה אַתֶּם בּוֹכִים? אָמְרוּ לוֹ: אֶפְשָׁר סֵפֶר תּוֹרָה שָׁרוּי בְּצַעַר וְלֹא נִבְכֶּה?
§ Rabba bar bar Ḥana dit : Lorsque Rabbi Eliezer tomba malade, ses élèves entrèrent pour lui rendre visite. Rabbi Eliezer leur dit : Il y a une colère intense dans le monde, et c’est à cause de cette colère du Saint, béni soit-Il, Qui est en colère contre Son monde, que je souffre de ces afflictions. Ses élèves se mirent à pleurer à cause de la souffrance de leur maître, et Rabbi Akiva riait. Ils lui dirent : Pourquoi ris-tu ? Rabbi Akiva leur dit : Et pour quelle raison pleurez-vous ? Ils lui dirent : Est-il possible que Rabbi Eliezer, qui est autant un modèle de Torah qu’un rouleau de la Torah, soit affligé de douleur et que nous ne pleurions pas ?
אָמַר לָהֶן: לְכָךְ אֲנִי מְשַׂחֵק, כׇּל זְמַן שֶׁאֲנִי רוֹאֶה רַבִּי שֶׁאֵין יֵינוֹ מַחְמִיץ וְאֵין פִּשְׁתָּנוֹ לוֹקֶה וְאֵין שַׁמְנוֹ מַבְאִישׁ וְאֵין דּוּבְשָׁנוֹ מַדְבִּישׁ, אָמַרְתִּי שֶׁמָּא חַס וְשָׁלוֹם קִיבֵּל רַבִּי עוֹלָמוֹ. וְעַכְשָׁיו שֶׁאֲנִי רוֹאֶה רַבִּי בְּצַעַר, אֲנִי שָׂמֵחַ. אָמַר לוֹ: עֲקִיבָא, כְּלוּם חִיסַּרְתִּי מִן הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ? אָמַר לוֹ: לִימַּדְתָּנוּ רַבֵּינוּ, ״כִּי אָדָם אֵין צַדִּיק בָּאָרֶץ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה טּוֹב וְלֹא יֶחֱטָא״.
Rabbi Akiva leur dit : C’est pour cette raison que je ris. Tant que je voyais chez mon maître que son vin ne fermentait pas et ne se gâtait pas, que son lin n’était pas frappé, que son huile ne se gâtait pas et que son miel ne devenait pas rance, je me disais : Peut-être, à Dieu ne plaise, mon maître a déjà reçu son monde en récompense des mitsvot qu’il a accomplies, et ne recevra pas de récompense dans le Monde à venir. Mais maintenant que je vois mon maître accablé de souffrances, je suis heureux. Il reçoit une punition dans ce monde pour les quelques transgressions qu’il a pu commettre, afin de recevoir une récompense complète dans le Monde à venir. Rabbi Eliezer lui dit : Akiva, ai-je manqué d’accomplir une quelconque partie de toute la Torah ? Rabbi Akiva lui dit : tu nous as enseigné, notre maître : « Car il n’y a pas d’homme juste sur la terre qui fasse le bien sans pécher » (Ecclésiaste 7:20).
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, נִכְנְסוּ אַרְבָּעָה זְקֵנִים לְבַקְּרוֹ: רַבִּי טַרְפוֹן, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, וְרַבִּי עֲקִיבָא.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Lorsque Rabbi Eliezer tomba malade, quatre Sages entrèrent pour lui rendre visite : Rabbi Tarfon, Rabbi Yehoshua, Rabbi Elazar ben Azarya et Rabbi Akiva.
נַעֲנָה רַבִּי טַרְפוֹן וְאָמַר: טוֹב אַתָּה לְיִשְׂרָאֵל מִטִּיפָּה שֶׁל גְּשָׁמִים, שֶׁטִּיפָּה שֶׁל גְּשָׁמִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְרַבִּי בָּעוֹלָם הַזֶּה וּבָעוֹלָם הַבָּא.
Rabbi Tarfon répondit à la situation par des paroles d’encouragement et dit : Tu es meilleur pour le peuple juif qu’une goutte de pluie, car une goutte de pluie apporte un bienfait dans ce monde, et mon maître leur apporte un bienfait dans ce monde et dans le Monde à venir.
נַעֲנָה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְאָמַר: טוֹב אַתָּה לְיִשְׂרָאֵל יוֹתֵר מִגַּלְגַּל חַמָּה, שֶׁגַּלְגַּל חַמָּה בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְרַבִּי בָּעוֹלָם הַזֶּה וּבָעוֹלָם הַבָּא.
Rabbi Yehoshua répondit et dit : Tu es meilleur pour le peuple juif que la sphère du soleil, car la sphère du soleil apporte un bénéfice dans ce monde, et mon maître apporte un bénéfice dans ce monde et dans le Monde à venir.
נַעֲנָה רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה וְאָמַר: טוֹב אַתָּה לְיִשְׂרָאֵל יוֹתֵר מֵאָב וָאֵם, שֶׁאָב וָאֵם בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְרַבִּי בָּעוֹלָם הַזֶּה וּבָעוֹלָם הַבָּא.
Rabbi Elazar ben Azarya répondit et dit : Tu es meilleur pour le peuple juif qu’un père et une mère, car un père et une mère apportent un bienfait dans ce monde, et mon maître apporte un bienfait dans ce monde et dans le Monde à Venir.
נַעֲנָה רַבִּי עֲקִיבָא וְאָמַר: חֲבִיבִין יִסּוּרִין. אָמַר לָהֶם: סַמְּכוּנִי וְאֶשְׁמְעָה דִּבְרֵי עֲקִיבָא תַּלְמִידִי שֶׁאָמַר חֲבִיבִין יִסּוּרִין. אָמַר לוֹ: עֲקִיבָא, זוֹ מִנַּיִן לָךְ? אָמַר: מִקְרָא אֲנִי דּוֹרֵשׁ: ״בֶּן שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה שָׁנָה מְנַשֶּׁה בְמׇלְכוֹ וַחֲמִשִּׁים וְחָמֵשׁ שָׁנָה מָלַךְ בִּירוּשָׁלִָים [וְגוֹ׳] וַיַּעַשׂ הָרַע בְּעֵינֵי ה׳״, וּכְתִיב:
Rabbi Akiva répondit et dit : Les afflictions sont précieuses. Lorsque Rabbi Eliezer entendit cela, il dit à ses assistants : Soutenez-moi afin que je puisse m’asseoir et entendre la déclaration d’Akiva, mon élève, qui a dit : Les afflictions sont précieuses. Rabbi Eliezer lui dit : Akiva, d’où tires-tu cela ? Rabbi Akiva dit : J’interprète un verset afin de le déduire. Il est écrit : « Manassé avait douze ans lorsqu’il commença à régner, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem… Et il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur » (II Rois 21:1–2). Et il est écrit :

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