לֹא יִמְסְרֵם לַצִּבּוּר יָפֶה יָפֶה, קָא מַשְׁמַע לַן.
il ne les transférera pas au domaine public sans réserve, et dans son cœur il les considérera comme siens, c'est pourquoi la baraitanous enseigne que cela n'est pas sujet à inquiétude.
וְתַנָּא דִּידַן? כֵּיוָן דְּקָתָנֵי: אִם הֵבִיא יָצָא — לָא פְּסִיקָא לֵיהּ.
La Guemara demande : Et pourquoi le tanna de notre michna n’a-t-il pas compté le premier de Nissan comme le Nouvel An pour les sicles ? La Guemara répond : Le tanna de la michna n’énumère que des Nouvels Ans certains. Puisqu’il est enseigné : Si quelqu’un les a apportés de l’ancienne contribution, il s’est acquitté de son obligation, il ne pouvait pas énoncer ce Nouvel An comme une règle définitive, et c’est pourquoi il ne l’a pas enseigné.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף לִשְׂכִירוּת בָּתִּים. תָּנוּ רַבָּנַן: הַמַּשְׂכִּיר בַּיִת לַחֲבֵירוֹ לְשָׁנָה — מוֹנֶה שְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ מִיּוֹם לְיוֹם. וְאִם אָמַר ״לְשָׁנָה זוֹ״, אֲפִילּוּ לֹא עָמַד אֶלָּא בְּאֶחָד בַּאֲדָר, כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ יוֹם אֶחָד בְּנִיסָן — עָלְתָה לוֹ שָׁנָה.
§ Il a été enseigné dans la baraita : Et certains disent que le premier de nissan est aussi le Nouvel An pour la location des maisons. Les Sages ont enseigné la baraita suivante : Si quelqu’un loue une maison à une autre personne pour un an, il compte douze mois de date à date. Mais s’il a dit qu’il la louait pour cette année, alors même si l’accord a été conclu seulement le premier d’adar, dès que le premier de nissan est arrivé un mois plus tard, cela est compté comme une année, et le contrat de location prend fin.
וַאֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה — שָׁאנֵי הָכָא, דְּלָא טָרַח אִינִישׁ לְמֵיגַר בֵּיתָא לִבְצִיר מִתְּלָתִין יוֹמִין.
La Guemara commente : Même selon celui qui a dit qu’un jour dans une année est considéré comme une année, ici c’est différent, en ce qui concerne les halakhot de location, car une personne ne se donne pas la peine de louer une maison pour moins de trente jours. Par conséquent, si quelqu’un a loué une maison après le premier jour d’Adar, les jours restants d’Adar ne sont pas considérés comme une année complète.
וְאֵימָא תִּשְׁרִי? סְתָם כִּי אָגַר אִינִישׁ בֵּיתָא — לְכוּלְּהוּ יְמוֹת הַגְּשָׁמִים אָגַר.
La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas dire que le premier de Tichri est le Nouvel An pour la location des maisons, et ainsi, si quelqu’un loue une maison pour un an en été, l’année se terminerait à Tichri ? La Guemara répond : Une personne qui loue une maison sans précision a l’intention de la louer pour toute la saison des pluies, jusqu’à Nissan, lorsque la saison des pluies prend fin.
וְתַנָּא קַמָּא דְּבָרַיְיתָא, וְתַנָּא דִּידַן? בְּנִיסָן נָמֵי מִישְׁכָּח שְׁכִיחִי קִיטְרֵי.
La Guemara demande : Et pourquoi le premier tanna de la baraita et le tanna de notre michna n’ont-ils pas inclus le premier de Nissan comme le Nouvel An pour la location des maisons ? Ils soutiennent que même en Nissan, il est courant que le ciel soit couvert de nuages et que la pluie tombe. Par conséquent, celui qui loue une maison n’a pas l’intention de la louer seulement jusqu’au premier de Nissan, car il ne veut vraisemblablement pas se retrouver sans logement alors qu’il pleut encore.
בְּאֶחָד בֶּאֱלוּל רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה. מַנִּי — רַבִּי מֵאִיר הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: בְּאֶחָד בֶּאֱלוּל רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה.
§ La michna déclare : Le premier jour d’Eloul est le Nouvel An pour les dîmes du bétail. La Guemara commente : Qui est l’auteur de l’opinion citée dans cette michna ? C’est Rabbi Meïr, comme il est enseigné dans une michna que Rabbi Meïr dit : Le premier jour d’Eloul est le Nouvel An pour les dîmes du bétail.
וְלָרְגָלִים. מַנִּי — רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא. אֵימָא סֵיפָא, רַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: בְּאֶחָד בְּתִשְׁרִי. רֵישָׁא וְסֵיפָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, וּמְצִיעֲתָא רַבִּי מֵאִיר!
La Guemara demande : Et en ce qui concerne les Fêtes, c’est-à-dire que le premier de Nissan est le Nouvel An pour les Fêtes, qui est l’auteur de l’opinion citée dans la michna ? C’est Rabbi Shimon, qui soutient que l’on transgresse l’interdiction de retarder seulement si les trois Fêtes sont passées dans leur ordre approprié, avec Pessa'h en premier. Dis la dernière clause de la michna, qui énonce que Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : Le Nouvel An pour les dîmes animales est au premier de Tichri. Se peut-il que la première clause et la dernière clause suivent l’opinion de Rabbi Shimon, tandis que la clause intermédiaire relative aux dîmes animales suit l’opinion de Rabbi Meir ?
אָמַר רַב יוֹסֵף: רַבִּי הִיא, וְנָסֵיב לַהּ אַלִּיבָּא דְּתַנָּאֵי. בִּרְגָלִים סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וּבְמַעְשַׂר בְּהֵמָה סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר.
Rav Yossef a dit : Toute la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, et il interprète la michna selon les opinions de différents tannaïm. En ce qui concerne les fêtes, il suit l’opinion de Rabbi Shimon, tandis qu’en ce qui concerne les dîmes animales, il suit l’opinion de Rabbi Meir.
אִי הָכִי, אַרְבָּעָה? חֲמִשָּׁה הָווּ! אָמַר רָבָא: אַרְבָּעָה לְדִבְרֵי הַכֹּל; לְרַבִּי מֵאִיר אַרְבָּעָה — דַּל רְגָלִים, לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אַרְבָּעָה — דַּל מַעְשַׂר בְּהֵמָה.
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, comment y a-t-il quatre Nouvels Ans ? Si le tanna de la michna soutient que le premier d’Eloul est le Nouvel An pour les dîmes animales, il y en a cinq : le premier de Nissan, le quinzième de Nissan, le premier d’Eloul, le premier de Tichri et le quinzième de Chevat. Rava a dit : Il y a seulement quatre Nouvels Ans selon chaque opinion : Il y en a quatre selon Rabbi Meïr, qui retire le Nouvel An pour les Fêtes, car selon lui il n’y a pas de moment fixe à partir duquel on commence à compter les Fêtes. Selon l’opinion de Rabbi Shimon aussi, il y a quatre Nouvels Ans, car il retire le Nouvel An pour les dîmes animales, puisque selon lui il tombe le premier de Tichri, qui est déjà mentionné.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: אַרְבָּעָה חֳדָשִׁים וּבָהֶן כַּמָּה רָאשֵׁי שָׁנִים.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit une réponse alternative : La michna doit être comprise comme suit : Il y a quatre mois où il y a plusieurs Nouvels Ans, car en nissan, selon Rabbi Meïr, il y a deux Nouvels Ans : pour les rois le premier jour et pour les Fêtes le quinzième.
מֵיתִיבִי: שִׁשָּׁה עָשָׂר בְּנִיסָן — רֹאשׁ הַשָּׁנָה לָעוֹמֶר. שִׁשָּׁה בְּסִיוָן — רֹאשׁ הַשָּׁנָה לִשְׁתֵּי הַלֶּחֶם. לְרָבָא לִיתְנֵי שִׁשָּׁה, לְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לִיתְנֵי חֲמִשָּׁה?
La Guemara soulève une objection à partir de la baraita suivante : Le seize nissan est le Nouvel An pour l’offrande du omer, car à partir de cette date il est permis de manger de la nouvelle récolte de céréales. Le six sivan est le Nouvel An pour les deux pains, c’est-à-dire l’offrande publique de deux pains faits du nouveau blé apportée à Shavouot, car à partir de ce jour il est permis d’offrir au Temple des offrandes de farine provenant du nouveau grain. Si tel est le cas, selon Rava, que la michna enseigne qu’il y a six Nouvels Ans, y compris le seize nissan et le six sivan, et selon Rav Naḥman bar Yitzḥak qu’elle enseigne qu’il y a cinq Nouvels Ans, puisque sivan est un mois dans lequel il y a un Nouvel An.
אָמַר רַב פָּפָּא: כִּי קָא חָשֵׁיב — מִידֵּי דְּחָיֵיל מֵאוּרְתָּא. מִידֵּי דְּלָא חָיֵיל מֵאוּרְתָּא — לָא קָא חָשֵׁיב.
Rav Pappa a dit : Lorsque le tanna de la michna compte les Nouvels Ans, il ne compte que ceux qui commencent le soir ; ceux qui ne commencent pas le soir, il ne les compte pas. Puisque les Nouvels Ans associés à l’omer et aux deux pains ne commencent pas le soir mais seulement à partir du moment où ils sont offerts en sacrifice, il ne les inclut pas.
וַהֲרֵי רְגָלִים, דְּלָא חָיְילִי מֵאוּרְתָּא, וְקָחָשֵׁיב! כֵּיוָן שֶׁצָּרִיךְ לְאֵיתוֹיֵי מֵעִיקָּרָא, מִיחַיַּיב וְקָאֵי.
La Guemara demande : Mais il y a le Nouvel An des Fêtes, qui ne commence pas le soir, puisque l’interdiction de retarder n’est pas transgressée le soir, lorsque la Fête commence, mais seulement le matin, après que l’offrande quotidienne a été apportée et que l’on est en mesure d’amener l’animal voué à l’autel, et pourtant le tannale compte. La Guemara répond : Puisqu’il devait apporter son vœu pour la Fête, il est passible dès le début de la Fête de transgresser l’interdiction de retarder.
וַהֲרֵי יוֹבְלוֹת, דְּלָא חָיְילִי מֵאוּרְתָּא, וְקָחָשֵׁיב! רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא הִיא, דְּאָמַר: מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה חָיֵיל יוֹבֵל.
La Guemara demande en outre : Mais il y a le Nouvel An pour le Jubilé, qui ne commence pas le soir, mais à partir du moment de la sonnerie du shofar à Yom Kippour pendant la journée, et, malgré cela, le tannale compte. La Guemara répond : La michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka, qui a dit que l’année du Jubilé commence à Roch Hachana, et que la sonnerie du shofar ne fait qu’achever la libération des esclaves. Par conséquent, le Nouvel An du Jubilé est inclus.
רַב שִׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי אָמַר: כִּי קָא חָשֵׁיב — מִידֵּי דְּלָא תְּלֵי בְּמַעֲשֶׂה, מִידֵּי דִּתְלֵי בְּמַעֲשֶׂה — לָא קָא חָשֵׁיב.
Rav Sheisha, fils de Rav Idi, a dit une explication différente de la raison pour laquelle le Nouvel An pour l’offrande du omer et le Nouvel An pour les deux pains ne sont pas mentionnés dans la michna : Lorsque le tanna de la michna compte les Nouvels Ans, il ne compte que ceux qui ne dépendent pas d’une action ; ceux qui dépendent d’une action, par exemple l’offrande du omer ou les deux pains, il ne les compte pas.
וַהֲרֵי רְגָלִים, מִידֵּי דִּתְלֵי בְּמַעֲשֶׂה, וְקָא חָשֵׁיב! ״בַּל תְּאַחֵר״ מִמֵּילָא חָיֵיל.
La Guemara demande : Mais il y a le Nouvel An pour les Fêtes, qui dépend d’un acte, c’est-à-dire le sacrifice de l’offrande quotidienne, puisqu’aucune offrande ne peut être apportée avant l’offrande quotidienne, et néanmoins le tannale compte. La Guemara répond : Ce n’est pas le cas, car la transgression de l’interdiction : Tu ne tarderas pas, ne dépend de rien d’autre ; au contraire, elle commence d’elle-même dès que la Fête commence.