וְאוֹמֵר: ״מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בְּכֹהֲנָיו וּשְׁמוּאֵל בְּקוֹרְאֵי שְׁמוֹ״, שָׁקַל הַכָּתוּב שְׁלֹשָׁה קַלֵּי עוֹלָם כִּשְׁלֹשָׁה חֲמוּרֵי עוֹלָם,
Et ainsi il est dit dans un autre verset : « Moïse et Aaron parmi Ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquent Son nom ; ils ont invoqué le Seigneur, et Il leur a répondu » (Psaumes 99:6). Ce verset met Samuel sur un pied d’égalité avec Moïse et Aaron. De cette manière, le verset a mis en balance trois personnages modestes du monde, c’est-à-dire qu’il a considéré les trois figures moins éminentes que sont Gédéon, Samson et Jephté comme égales à trois personnages importants du monde, Moïse, Aaron et Samuel, trois des plus grands dirigeants du peuple juif.
לוֹמַר לָךְ: יְרוּבַּעַל בְּדוֹרוֹ — כְּמֹשֶׁה בְּדוֹרוֹ, בְּדָן בְּדוֹרוֹ — כְּאַהֲרֹן בְּדוֹרוֹ, יִפְתָּח בְּדוֹרוֹ — כִּשְׁמוּאֵל בְּדוֹרוֹ. לְלַמֶּדְךָ: שֶׁאֲפִילּוּ קַל שֶׁבַּקַּלִּין וְנִתְמַנָּה פַּרְנָס עַל הַצִּבּוּר — הֲרֵי הוּא כְּאַבִּיר שֶׁבָּאַבִּירִים.
Cela vient te dire que Jerubaal dans sa génération mérite d’être traité comme Moïse dans sa génération ; Bedân dans sa génération est comme Aaron dans sa génération ; et Jephté dans sa génération est comme Samuel dans sa génération. Cela sert à t’enseigner que même le plus léger des légers, c’est-à-dire l’individu le moins distingué, une fois qu’il a été nommé chef de la communauté, il doit être traité comme le plus grand des grands, et tous sont tenus de l’écouter et d’obéir à ses décisions.
וְאוֹמֵר: ״וּבָאתָ אֶל הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם וְאֶל הַשֹּׁפֵט אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם״, וְכִי תַּעֲלֶה עַל דַּעְתְּךָ שֶׁאָדָם הוֹלֵךְ אֵצֶל הַדַּיָּין שֶׁלֹּא הָיָה בְּיָמָיו? הָא אֵין לְךָ לֵילֵךְ אֶלָּא אֵצֶל שׁוֹפֵט שֶׁבְּיָמָיו. וְאוֹמֵר: ״אַל תֹּאמַר מֶה הָיָה שֶׁהַיָּמִים הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ טוֹבִים מֵאֵלֶּה״.
Et cela dit encore : « Tu viendras vers les prêtres, les Lévites, et vers le juge qui sera en ces jours-là » (Deutéronome 17:9). Mais peut-il te venir à l’esprit qu’une personne puisse aller vers un juge qui n’est pas vivant de son temps ? Quel est donc le sens de l’expression « en ces jours-là » ? Elle enseigne que tu dois aller seulement vers le juge de ton temps, c’est-à-dire qu’il est autorisé à juger et à trancher les affaires. Et cela dit aussi : « Ne dis pas : Comment se fait-il que les jours passés étaient meilleurs que ceux-ci ? Car ce n’est pas par sagesse que tu t’enquiers de cela » (Ecclésiaste 7:10). Au contraire, on doit accepter les décisions des dirigeants de sa génération.
נָטַל מַקְלוֹ וּמְעוֹתָיו בְּיָדוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיוָן שֶׁרָאָה אוֹתוֹ, עָמַד מִכִּסְּאוֹ וּנְשָׁקוֹ עַל רֹאשׁוֹ, אָמַר לוֹ: שָׁלוֹם עָלֶיךָ רַבִּי וְתַלְמִידִי! רַבִּי — שֶׁלִּמַּדְתַּנִי תּוֹרָה בָּרַבִּים, וְתַלְמִידִי — שֶׁאֲנִי גּוֹזֵר עָלֶיךָ גְּזֵירָה וְאַתָּה מְקַיְּימָהּ כְּתַלְמִיד. אַשְׁרֵי הַדּוֹר שֶׁהַגְּדוֹלִים נִשְׁמָעִים לַקְּטַנִּים, קַל וָחוֹמֶר קְטַנִּים לַגְּדוֹלִים.
§ La michna a enseigné : Rabbi Yehoshua prit son bâton et son argent dans sa main, et se présenta devant Rabban Gamliel le jour où Yom Kippour tombait selon son calcul, comme Rabban Gamliel lui avait ordonné de le faire. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Lorsque Rabban Gamliel vit Rabbi Yehoshua, il se leva de son siège et l’embrassa sur la tête et lui dit : Paix sur toi, mon maître et mon élève. Mon maître, car tu m’as enseigné la Torah en public, et mon élève, car je décrète contre toi et tu l’accomplis comme un élève à moi. Heureuse est la génération dans laquelle les plus grands prêtent attention aux plus petits, et il s’agit d’une inférence a fortiori que la génération dans laquelle les plus petits prêtent attention aux plus grands est certainement heureuse elle aussi.
קַל וָחוֹמֶר?! חִיּוּבָא הוּא! אֶלָּא: מִתּוֹךְ שֶׁהַגְּדוֹלִים נִשְׁמָעִים לַקְּטַנִּים — נוֹשְׂאִין קְטַנִּים קַל וָחוֹמֶר בְּעַצְמָן.
La Guemara remet en question ce dernier point : cela est-il déduit par une inférence a fortiori ? Cela est incorrect, car c’est une obligation pour le plus petit d’écouter ceux qui sont plus grands que lui. Au contraire, Rabbi Gamliel voulait dire ce qui suit : Puisque les plus grands écoutent les plus petits, les plus petits appliquent une inférence a fortiori à eux-mêmes et écoutent les dirigeants de la génération.
הֲדַרַן עֲלָךְ אִם אֵינָן מַכִּירִין
רָאוּהוּ בֵּית דִּין וְכׇל יִשְׂרָאֵל, נֶחְקְרוּ הָעֵדִים וְלֹא הִסְפִּיקוּ לוֹמַר ״מְקוּדָּשׁ״ עַד שֶׁחָשֵׁיכָה — הֲרֵי זֶה מְעוּבָּר.
MICHNA : Si le tribunal et tout le peuple juif ont vu la nouvelle lune, et les témoins ont été interrogés, mais le tribunal n’a pas réussi à dire : Sanctifié, avant la tombée de la nuit, de sorte que le trentième jour est déjà passé, le mois précédent est rendu plein, un mois de trente jours, et le jour suivant est observé comme la Nouvelle Lune.
רָאוּהוּ בֵּית דִּין בִּלְבַד — יַעַמְדוּ שְׁנַיִם וְיָעִידוּ בִּפְנֵיהֶם, וְיֹאמְרוּ: ״מְקוּדָּשׁ מְקוּדָּשׁ״. רָאוּהוּ שְׁלֹשָׁה וְהֵן בֵּית דִּין — יַעַמְדוּ הַשְּׁנַיִם וְיוֹשִׁיבוּ מֵחֲבֵירֵיהֶם אֵצֶל הַיָּחִיד, וְיָעִידוּ בִּפְנֵיהֶם, וְיֹאמְרוּ: ״מְקוּדָּשׁ מְקוּדָּשׁ״, שֶׁאֵין הַיָּחִיד נֶאֱמָן עַל יְדֵי עַצְמוֹ.
Si seul le tribunal a vu la nouvelle lune, deux membres du tribunal doivent se lever et témoigner devant les autres, et le tribunal doit dire : Sanctifié, sanctifié. Si trois personnes ont vu la nouvelle lune, et elles sont elles-mêmes membres d'un tribunal à cette fin, deux d'entre elles doivent se lever et faire asseoir deux de leurs collègues à côté de l'individu qui reste des trois, formant ainsi un nouveau tribunal de trois. Les deux juges debout doivent alors témoigner devant les trois juges assis qu'ils ont vu la nouvelle lune, et les juges assis doivent dire : Sanctifié, sanctifié. Cette procédure est nécessaire parce qu'un individu n'est pas autorisé à déclarer le mois sanctifié par lui-même. Au contraire, un tribunal de trois est requis.
גְּמָ׳ לְמָה לִי לְמִיתְנֵא רָאוּהוּ בֵּית דִּין וְכׇל יִשְׂרָאֵל? אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְרָאוּהוּ בֵּית דִּין וְכׇל יִשְׂרָאֵל — אִיפַּרְסְמָא לַהּ וְלָא לִיעַבְּרוּהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
GUEMARA : La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin que la michna enseigne : Si le tribunal et tout le peuple juif ont vu la nouvelle lune ? Il aurait suffi de dire simplement que le tribunal a vu la lune, puisque sa sanctification dépend d’eux. La Guemara répond : C’était nécessaire pour que la michna enseigne que même dans ce cas, le mois est intercalaire. Car on pourrait penser que, puisque le tribunal et tout le peuple juif ont vu la nouvelle lune, cela a été rendu public que ce jour-là était la Néoménie, et qu’ils ne doivent plus intercaler le mois. Par conséquent, le tanna de la michna nous enseigne que même dans le cas où tout le peuple juif a vu la nouvelle lune, la Néoménie doit être proclamée par le tribunal.
וְכֵיוָן דִּתְנָא לֵיהּ רָאוּהוּ בֵּית דִּין וְכׇל יִשְׂרָאֵל — נֶחְקְרוּ הָעֵדִים לְמָה לִי! הָכִי קָאָמַר: אִי נָמֵי נֶחְקְרוּ הָעֵדִים וְלֹא הִסְפִּיקוּ לוֹמַר ״מְקוּדָּשׁ״ עַד שֶׁחָשֵׁיכָה — הֲרֵי זֶה מְעוּבָּר.
La Guemara demande en outre : Mais puisque la michna déclare : Si le tribunal et tout le peuple juif ont vu la nouvelle lune, pourquoi ai-je besoin qu’elle dise : Et les témoins ont été interrogés ? Pourquoi des témoins sont-ils nécessaires si la nouvelle lune a déjà été vue par le tribunal ? La Guemara répond que voici ce que le tannadit : Alternativement, si les témoins ont été interrogés, mais le tribunal n’a pas eu le temps de dire : Sanctifié, avant la tombée de la nuit, le mois précédent est intercalé et devient un mois complet de trente jours.
וְכֵיוָן דִּתְנָא עַד שֶׁחָשֵׁיכָה הֲרֵי זֶה מְעוּבָּר — לְמָה לִי לְמִיתְנְיַיהּ חֲקִירַת הָעֵדִים כְּלָל?
La Guemara soulève une autre difficulté. Mais puisque la michna a enseigné : Mais le tribunal n’a pas réussi à dire : Sanctifié, avant la tombée de la nuit, le mois précédent devient un mois plein de trente jours, pourquoi ai-je besoin que la michna enseigne au sujet de l’interrogatoire des témoins ? Cette halakha a déjà été énoncée au sujet d’un cas où le tribunal lui-même a vu la nouvelle lune.
אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: תֶּיהְוֵי חֲקִירַת עֵדִים כִּתְחִילַּת דִּין, וּ״מְקוּדָּשׁ מְקוּדָּשׁ״ כִּגְמַר דִּין, וּלְקַדְּשֵׁיהּ בְּלֵילְיָא, מִידֵּי דְּהָוֵה אַדִּינֵי מָמוֹנוֹת, דִּתְנַן: דִּינֵי מָמוֹנוֹת דָּנִין בַּיּוֹם וְגוֹמְרִין בַּלַּיְלָה — הָכָא נָמֵי מְקַדְּשִׁין בְּלֵילְיָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara explique : Cela était nécessaire, car il pourrait vous venir à l’esprit de dire : que l’interrogatoire des témoins soit considéré comme le début de la procédure judiciaire, et que la déclaration : Sanctifié, sanctifié, soit considérée comme la conclusion de la procédure judiciaire, et qu’ils sanctifient le mois la nuit, puisque la procédure a commencé pendant la journée. Cette procédure serait alors tout comme elle l’est en matière de droit pécuniaire, comme nous l’avons appris dans une michna : En matière de droit pécuniaire, bien qu’elles doivent être jugées pendant la journée, le tribunal peut juger la majeure partie d’une affaire pendant la journée, et achever le procès et rendre la décision la nuit. Ici aussi, on pourrait supposer que le tribunal peut sanctifier le mois la nuit, puisque la procédure a commencé pendant la journée. Par conséquent, la michna nous enseigne que le tribunal ne peut pas le faire.
וְאֵימָא הָכִי נָמֵי? אָמַר קְרָא: ״כִּי חֹק לְיִשְׂרָאֵל הוּא מִשְׁפָּט לֵאלֹהֵי יַעֲקֹב״, אֵימַת הָוֵי ״חֹק״ — בִּגְמַר דִּין, וְקָא קָרֵי לֵיהּ רַחֲמָנָא ״מִשְׁפָּט״, מָה מִשְׁפָּט בַּיּוֹם — אַף הָכָא נָמֵי בַּיּוֹם.
La Guemara soulève une autre difficulté : Pourquoi ne pas dire que, de fait, la sanctification du mois devrait être traitée comme les affaires pécuniaires ? La Guemara répond : Le verset déclare au sujet de Roch Hachana : « Car c’est une loi pour Israël, un jugement [mishpat] du Dieu de Jacob » (Psaumes 81:5). Quand la sanctification du mois devient-elle une loi ? À la fin du processus judiciaire, et le Miséricordieux l’appelle aussi un jugement, enseignant ainsi que, de même que le moment principal d’un jugement est pendant le jour, ici aussi, en ce qui concerne la sanctification de la nouvelle lune, le processus doit avoir lieu pendant le jour, et non la nuit.
רָאוּהוּ בֵּית דִּין — יַעַמְדוּ שְׁנַיִם וְיָעִידוּ בִּפְנֵיהֶם. וְאַמַּאי? לֹא תְּהֵא שְׁמִיעָה גְּדוֹלָה מֵרְאִיָּיה!
§ La michna continue : Si le tribunal seul a vu la nouvelle lune, deux membres du tribunal doivent se lever et témoigner devant les autres. La Guemara s’interroge : Si le tribunal a vu la nouvelle lune, pourquoi est-il nécessaire que deux de ses membres témoignent devant les autres ? Entendre leur témoignage ne devrait pas être supérieur au fait de réellement voir la nouvelle lune.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: כְּגוֹן שֶׁרָאוּהוּ בַּלַּיְלָה.
La Guemara répond que Rabbi Zeira a dit : La michna traite d’un cas où le tribunal a vu la nouvelle lune la nuit. Parce qu’ils l’ont vue la nuit, leur témoignage est irrecevable à ce moment-là, car les témoignages ne sont recevables que pendant la journée. Ils doivent donc attendre le lendemain et témoigner comme n’importe quelle personne ordinaire.
רָאוּהוּ שְׁלֹשָׁה וְהֵן בֵּית דִּין — יַעַמְדוּ שְׁנַיִם וְיוֹשִׁיבוּ מֵחֲבֵירֵיהֶם אֵצֶל הַיָּחִיד. אַמַּאי? הָכָא נָמֵי נֵימָא: לֹא תְּהֵא שְׁמִיעָה גְּדוֹלָה מֵרְאִיָּיה! וְכִי תֵּימָא הָכָא נָמֵי — כְּגוֹן שֶׁרָאוּהוּ בַּלַּיְלָה הַיְינוּ הָךְ!
La michna continue : Si trois personnes ont vu la nouvelle lune, et qu’elles sont elles-mêmes membres d’un tribunal à cette fin, deux d’entre elles doivent se lever et faire asseoir deux de leurs collègues à côté de l’individu qui reste des trois. La Guemara demande : Pourquoi cela est-il nécessaire ? Ici aussi, disons : Entendre leur témoignage ne devrait pas être supérieur au fait de réellement voir la nouvelle lune. Et si vous dites que ici aussi la michna traite d’un cas où ils ont vu la nouvelle lune la nuit, ce cas est identique à celui-là précédent, et il n’y aurait pas besoin de deux décisions distinctes.
סֵיפָא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, דְּאֵין הַיָּחִיד נֶאֱמָן עַל יְדֵי עַצְמוֹ. דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּתְנַן דִּינֵי מָמוֹנוֹת בִּשְׁלֹשָׁה, וְאִם הָיָה מוּמְחֶה לְרַבִּים דָּן אֲפִילּוּ בְּיָחִיד, הָכָא נָמֵי נִיקַדְּשֵׁיהּ בִּיחִידִי — קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : Il était nécessaire d’enseigner la dernière clause, qui énonce : Parce qu’un individu n’est pas considéré comme crédible ni autorisé à déclarer le mois sanctifié par lui-même. Car il pourrait vous venir à l’esprit de dire que, puisque nous avons appris dans une baraita : Les affaires de droit pécuniaire sont jugées par un tribunal de trois juges, mais si une personne était un expert publiquement reconnu, elle peut juger des affaires pécuniaires même individuellement ; alors ici aussi, un juge devrait être autorisé à sanctifier le mois individuellement s’il est un expert reconnu. Par conséquent, la michna nous enseigne qu’il n’en est pas ainsi, et que trois juges sont requis pour la sanctification du mois.
וְאֵימָא הָכָא נָמֵי? אֵין לְךָ מוּמְחֶה לְרַבִּים בְּיִשְׂרָאֵל יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, וְקָאָמַר לֵיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: עַד דְּאִיכָּא אַהֲרֹן בַּהֲדָךְ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל מֹשֶׁה וְאֶל אַהֲרֹן בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם לֵאמֹר. הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם״.
La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas dire qu’ici aussi, un expert reconnu peut sanctifier le mois à lui seul ? La Guemara rejette cette possibilité : Assurément, il n’y avait pas d’expert publiquement reconnu parmi le peuple juif plus grand que notre maître Moïse, et pourtant le Saint, béni soit-Il, lui a dit : Tu ne peux pas sanctifier le nouveau mois tant qu’Aaron n’est pas avec toi, comme il est écrit : « Et le Seigneur parla à Moïse et à Aaron au pays d’Égypte, disant : ce mois sera pour vous le commencement des mois » (Exode 12:1–2), où le mot « vous » est au pluriel. Et puisque, afin d’éviter une impasse, un tribunal ne peut pas être composé d’un nombre pair de juges, il faut ajouter un autre juge. Il est donc évident que trois juges sont requis pour la sanctification du mois selon la loi de la Torah.
לְמֵימְרָא דְּעֵד נַעֲשֶׂה דַּיָּין? לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּתַנְיָא: סַנְהֶדְרִין שֶׁרָאוּ אֶחָד שֶׁהָרַג אֶת הַנֶּפֶשׁ —
La Guemara demande : Faut-il en déduire qu’un témoin devient juge, c’est-à-dire que celui qui a vu un événement peut lui-même siéger comme juge dans cette affaire ? Disons que la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, car il a été enseigné dans une baraita : Si le Sanhédrin a vu quelqu’un tuer une autre personne,