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קָסָבַר: מְגַדֵּף הַיְינוּ מְבָרֵךְ הַשֵּׁם, וּכְתִיב בִּמְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם ״וְנָשָׂא חֶטְאוֹ״.
Il soutient que, concernant le cas du blasphémateur mentionné dans le verset : « Cette personne blasphème le Seigneur et cette âme sera retranchée [karet] du milieu de son peuple » (Nombres 15:30), il s’agit du même cas que celui de celui qui bénit le Nom de Dieu, un euphémisme pour maudire le nom de Dieu. Et il est écrit au sujet de celui qui bénit le Nom de Dieu : « Quiconque maudit son Dieu portera son péché” (Lévitique 24:15). Par conséquent, la peine de karet s’applique à un péché au sujet duquel la Torah dit : portera son péché.
וְגָמַר הַאי ״חֶטְאוֹ״ דְּהָכָא, מֵ״חֶטְאוֹ״ דְּהָתָם: מָה לְהַלָּן כָּרֵת, אַף כָּאן נָמֵי כָּרֵת.
Et Rabbi Yehuda HaNasi a appris le sens de cette expression : « Et il portera son péché, » énoncée ici, au sujet de celui qui n’a pas sacrifié l’agneau pascal, au moyen d’une analogie verbale à partir de l’expression : « Portera son péché » énoncée là-bas, au sujet du blasphémateur. De même que plus loin, au sujet du blasphémateur, il s’agit de la punition de karet, de même ici, au sujet de l’agneau pascal, il s’agit de la punition de karet. Cela conclut l’explication de la Guemara sur l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi.
וְרַבִּי נָתָן סָבַר: ״וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְנִכְרְתָה״, דְּהַאי ״כִּי״ — לְשׁוֹן דְּהָא הוּא, וְהָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: דְּהָא ״קׇרְבַּן ה׳ לֹא הִקְרִיב בְּמוֹעֲדוֹ״ בָּרִאשׁוֹן.
Et Rabbi Natan soutient que le verset doit être compris différemment. Dans le verset : « Et s’abstient d’offrir l’agneau pascal, cette âme sera retranchée de son peuple ; parce que [ki] il n’a pas apporté l’offrande du Seigneur en son temps fixé » (Nombres 9:13), ce mot ki a le sens de : Parce que. Et voici ce que la Torah dit : « Parce qu’il n’a pas apporté l’offrande du Seigneur en son temps fixé, » en référence à la participation à l’agneau pascal lors du premier Pesaḥ, il est passible de karet.
הַאי ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? קָסָבַר: מְגַדֵּף לָאו הַיְינוּ מְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם, וְגָמַר הַאי ״חֶטְאוֹ״ דְּהָתָם מֵהַאי ״חֶטְאוֹ״ דְּהָכָא. מָה הָכָא כָּרֵת — אַף הָתָם כָּרֵת.
La Guemara demande : Si tel est le cas, cette partie du verset qui dit : Il portera son péché, qu’en fait Rabbi Natan ? La Guemara répond : Rabbi Natan soutient que le cas du blasphémateur n’est pas identique au cas de celui qui bénit le Nom de Dieu ; le blasphème désigne plutôt celui qui chante des louanges à de faux dieux. Ainsi, la Torah ne précise pas la punition de celui qui maudit Dieu. Il a appris le sens de cette expression « son péché », là-bas, au sujet de celui qui maudit Dieu, au moyen d’une analogie verbale à partir de cette expression « son péché » ici, dans le cas de celui qui n’a pas offert l’agneau pascal. De même qu’ici, au sujet de l’agneau pascal, la punition est karet, de même là-bas, au sujet de celui qui maudit Dieu, l’expression : Il portera son péché, fait référence à la punition de karet.
וְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא סָבַר: ״וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְנִכְרְתָה״, אִי ״קׇרְבַּן ה׳ לֹא הִקְרִיב בְּמוֹעֲדוֹ״ — בַּשֵּׁנִי.
Et Rabbi Ḥananya ben Akavya soutient que le mot ki dans le verset doit être rendu par : Si, comme Rabbi Yehuda HaNasi l’a interprété, mais le verset doit être compris ainsi : « Et s’est abstenu de participer à l’offrande de l’agneau pascal, cette âme sera retranchée de son peuple s’il n’a pas apporté l’offrande du Seigneur en son temps fixé, » qui est au second Pesaḥ.
וְהַאי ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? כְּדַאֲמַרַן.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne cette expression : « Il portera son péché », qu’en fait Rabbi Ḥananya ben Akavya ? La Guemara répond : Il l’utilise de la même manière que Rabbi Natan, comme nous l’avons dit plus haut, pour déduire la punition de celui qui maudit Dieu.
הִלְכָּךְ: הֵזִיד בָּזֶה וּבָזֶה — דִּבְרֵי הַכֹּל חַיָּיב, שָׁגַג בָּזֶה וּבָזֶה — דִּבְרֵי הַכֹּל פָּטוּר.
Par conséquent, si quelqu’un s’est délibérément abstenu d’offrir l’agneau pascal lors du premier et du second Pesaḥ, tous s’accordent à dire qu’il est passible de karet. Si quelqu’un a involontairement oublié lors du premier et du second Pesaḥ, tous s’accordent à dire qu’il est exempt de karet.
הֵזִיד בָּרִאשׁוֹן וְשָׁגַג בַּשֵּׁנִי, לְרַבִּי וּלְרַבִּי נָתָן — מִחַיְּיבִי, לְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא — פָּטוּר.
Si quelqu’un s’est délibérément abstenu d’offrir l’agneau pascal au premierPesaḥet a involontairement oublié au second, selon les opinions de Rabbi Yehuda HaNasi et Rabbi Natan, il est passible de karet, parce qu’il s’est délibérément abstenu d’offrir le sacrifice au premier Pesaḥ et n’a pas rectifié son erreur au second Pesaḥ ; cependant, selon l’opinion de Rabbi Ḥananya ben Akavya il est exempt, parce qu’il soutient qu’on n’est passible que si l’on s’est délibérément abstenu les deux fois d’offrir l’agneau pascal.
שָׁגַג בָּרִאשׁוֹן וְהֵזִיד בַּשֵּׁנִי, לְרַבִּי — חַיָּיב. לְרַבִּי נָתָן וּלְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא — פָּטוּר.
Si quelqu’un a par inadvertance oublié au premierPesaḥet s’est intentionnellement abstenu d’apporter l’offrande au secondPesaḥ, selon l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi il est passible, car Rabbi Yehuda HaNasi considère le second Pesaḥ comme une fête indépendante qui est obligatoire pour tous ceux qui n’ont pas offert l’agneau pascal lors du premier Pesaḥ. Selon les opinions de Rabbi Natan et Rabbi Ḥananya ben Akavya, qui soutiennent que le second Pesaḥ est une occasion de réparer la faute du premier Pesaḥ, puisqu’il n’a pas intentionnellement omis d’offrir l’agneau pascal lors du premier Pesaḥ, il est exempt de la punition de karet même s’il a intentionnellement omis d’offrir l’agneau pascal lors du second Pesaḥ.
מַתְנִי׳ אֵיזוֹ הִיא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה? מִן הַמּוֹדִיעִים וְלַחוּץ, וּכְמִדָּתָהּ לְכׇל רוּחַ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מֵאִיסְקוּפַּת הָעֲזָרָה וְלַחוּץ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי: לְפִיכָךְ נָקוּד עַל ה׳, לוֹמַר: לָא מִפְּנֵי שֶׁרָחוֹק וַדַּאי, אֶלָּא מֵאִיסְקוּפַּת הָעֲזָרָה וְלַחוּץ.
MICHNA :Quelle est la définition d’un voyage lointain qui dispense quelqu’un d’observer le premier Pessaḥ ? Tout endroit à partir de la ville de Modi’im et au-delà, et tout endroit situé à une distance égale de Jérusalem et au-delà dans n’importe quelle direction ; telle est l’opinion de Rabbi Akiva. Rabbi Eliezer dit : À partir du seuil de la cour du Temple et au-delà est considéré comme un voyage lointain ; par conséquent, quiconque se trouve hors de la cour au moment où l’agneau pascal est abattu est dispensé d’observer le premier Pessaḥ. Rabbi Yossei lui dit : Par conséquent, le mot est pointé au-dessus de la lettre heh dans le mot « lointain [reḥoka] » pour dire que le sens du mot doit être nuancé : Il faut comprendre que ce n’est pas parce qu’il est réellement loin ; plutôt, cela inclut quiconque se trouve à partir du seuil de la cour du Temple et au-delà.
גְּמָ׳ אָמַר עוּלָּא: מִן הַמּוֹדִיעִים לִירוּשָׁלַיִם חֲמִשָּׁה עָשָׂר מִילִין הָוְיָא. סָבַר לַהּ כִּי הָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כַּמָּה מַהֲלַךְ אָדָם בַּיּוֹם — עֲשָׂרָה פַּרְסָאוֹת: מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר וְעַד הָנֵץ הַחַמָּה חֲמֵשֶׁת מִילִין, מִשְּׁקִיעַת הַחַמָּה וְעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים חֲמֵשֶׁת מִילִין. פָּשׁוּ לֵהּ תְּלָתִין: חֲמֵיסַר מִצַּפְרָא לְפַלְגָא דְיוֹמָא, וַחֲמֵיסַר מִפַּלְגָא דְיוֹמָא לְאוּרְתָּא.
GUEMARA :Oulla a dit : La distance de la ville de Modi’im à Jérusalem est de quinze mil. Il soutenait l’opinion suivante selon laquelle Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Jusqu’où une personne moyenne peut-elle marcher en une journée moyenne ? On peut marcher dix parasanges [parsaot], soit quarante mil. Cela se divise de la manière suivante : De l’aube au lever du soleil on peut parcourir une distance de cinq mil, et du coucher du soleil à l’apparition des étoiles on peut parcourir encore cinq mil. Il reste trentemil que l’on peut parcourir en une journée : Quinze du matin jusqu’à midi, et quinze de midi jusqu’au soir.
עוּלָּא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר עוּלָּא: אֵי זֶה הוּא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה? כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה.
La Guemara explique que Oulla est conforme à sa ligne habituelle de raisonnement ci-dessous, comme Oulla l’a dit : Quelle est la définition d’un voyage lointain ? C’est toute distance à partir de laquelle on ne peut pas atteindre Jérusalem et entrer dans le Temple au moment le plus tôt de l’abattage de l’agneau pascal. L’obligation d’abattre l’agneau pascal commence à midi ; par conséquent, si quelqu’un se trouve à une distance de quinze mil du Temple le matin, il ne pourra pas y arriver avant le moment où l’offrande peut être abattue.
אָמַר מָר: מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד הָנֵץ הַחַמָּה חֲמֵשֶׁת מִילִין, מְנָא לַן? דִּכְתִיב: ״וּכְמוֹ הַשַּׁחַר עָלָה וַיָּאִיצוּ הַמַּלְאָכִים וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״הַשֶּׁמֶשׁ יָצָא עַל הָאָרֶץ וְלוֹט בָּא צוֹעֲרָה״. וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לְדִידִי חֲזֵי לִי הָהוּא אַתְרָא וְהָוְיָא חֲמִשָּׁה מִילִין.
La Guemara aborde la discussion mentionnée précédemment : Le Maître a dit que de l’aube jusqu’au lever du soleil, on peut parcourir une distance de cinq mil. D’où tirons-nous cela ? Comme il est écrit : « Et lorsque le matin se leva, les anges pressèrent Lot, disant : Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, de peur que tu ne sois emporté par l’iniquité de la ville » (Genèse 19:15), et il est écrit : « Le soleil s’était levé sur la terre lorsque Lot arriva à Tsoar » (Genèse 19:23). Par conséquent, la distance entre Sodome et Tsoar est la distance que l’on peut parcourir entre l’aube et le lever du soleil, et Rabbi Ḥanina a dit : J’ai moi-même vu cet endroit, et il est à une distance de cinq mil. Cela sert de preuve tirée de la Torah qu’on peut parcourir cinq mil entre l’aube et le lever du soleil.
גּוּפָא, אָמַר עוּלָּא: אֵיזֶה הוּא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה? כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה. וְרַב יְהוּדָה אָמַר: כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה.
La Guemara discute la question de la déclaration ci-dessus elle-même. Oulla a dit : Quelle est la définition d'un voyage lointain ; tout voyage d'une distance depuis laquelle on ne peut pas atteindre Jérusalem et entrer dans le Temple au moment le plus tôt de l'abattage de l'agneau pascal. Et Rav Yehouda a dit : Tout voyage d'une distance depuis laquelle on ne peut pas atteindre Jérusalem, où l'agneau pascal est mangé, et entrer pendant le temps du repas, la nuit suivante.
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה לְעוּלָּא: לְדִידָךְ קַשְׁיָא וּלְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא. לְדִידָךְ קַשְׁיָא, דְּאָמְרַתְּ: כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה, וְהָא טְמֵא שֶׁרֶץ — דְּאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה, וְקָאָמְרַתְּ: שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ.
Rabba dit à Oulla : Selon ton avis, cela est difficile, et selon l’avis de Rav Yehouda cela est aussi difficile. Selon ton avis, cela est difficile, car tu as dit que tout trajet depuis une distance à partir de laquelle on ne peut pas atteindre Jérusalem et entrer dans la cour du Temple au moment de l’abattage de l’agneau pascal est considéré comme un voyage lointain. Cependant, en ce qui concerne celui qui est rituellement impur en raison d’un contact avec un reptile mort, qui ne peut pas entrer dans la cour du Temple au moment de l’abattage à cause de son impureté, tu as dit : On peut abattre l’agneau pascal et asperger son sang pour celui qui est rituellement impur en raison d’un contact avec un reptile mort, même s’il ne deviendra pur qu’après la tombée de la nuit, lorsque l’agneau pascal est mangé.
וּלְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא, דְּאָמַר: כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה, וְהָא טְמֵא שֶׁרֶץ — דְּיָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה, וְקָאָמַר: אֵין שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ!
Et selon l’avis de Rav Yehouda cela est difficile, car il a dit que tout voyage d’une distance depuis laquelle on ne peut pas entrer à Jérusalem au moment du repas est considéré comme un voyage lointain ; pourtant, en ce qui concerne celui qui est rituellement impur en raison d’un contact avec un reptile mort, qui peut entrer à Jérusalem et participer à la consommation de l’offrande au moment du repas, il a dit le contraire : On ne peut pas abattre l’agneau pascal ni asperger son sang pour celui qui est rituellement impur en raison d’un contact avec un reptile mort, même s’il pourra s’immerger et devenir rituellement pur à la tombée de la nuit, lorsque l’offrande doit être mangée.
אֲמַר לֵיהּ: לָא לְדִידִי קַשְׁיָא וְלָא לְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא. לְדִידִי לָא קַשְׁיָא: דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּהוֹר, וְאֵין דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּמֵא.
Oulla lui dit : Selon mon avis, cela n’est pas difficile, et selon l’avis de Rav Yehuda cela n’est pas difficile. Selon mon avis, cela n’est pas difficile parce que je soutiens que le concept de voyage lointain ne s’applique qu’à celui qui est rituellement pur, et le principe de voyage lointain ne s’applique pas à celui qui est rituellement impur. Si quelqu’un est rituellement impur au moment de l’abattage, son obligation est immédiatement reportée au second Pesaḥ, indépendamment du fait qu’il deviendra rituellement pur à temps pour manger l’offrande à la tombée de la nuit.

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