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וְהָנֵי תְּרֵי קְרָאֵי לְמָה לִי? חַד בְּעוֹלָה, וְחַד בִּשְׁלָמִים. וּצְרִיכָא, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא בְּעוֹלָה, הֲוָה אָמֵינָא: עוֹלָה הִיא דַּחֲמִירָא, שֶׁכֵּן כָּלִיל, אֲבָל שְׁלָמִים דְּלָא חֲמִירִי, אֵימָא לָא.
La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin de ces deux parties du verset ? Selon l’opinion de Rabbi Yehoshua, la halakha selon laquelle le sang et la viande sont tous deux essentiels est dérivée deux fois du verset. La Guemara répond : Une partie du verset fait référence à un holocauste et une partie fait référence à une offrande de paix. La Guemara note que les deux dérivations sont nécessaires, car si le Miséricordieux avait écrit la halakha selon laquelle la viande doit être propre à la consommation seulement en ce qui concerne un holocauste, j’aurais dit que cela ne s’applique qu’à un holocauste, qui est plus rigoureux, puisqu’il est entièrement consumé sur l’autel. Cependant, en ce qui concerne une offrande de paix, qui n’est pas rigoureuse, puisque la majeure partie de sa viande est mangée par les prêtres et par celui qui a apporté l’offrande, dis que sa viande n’est pas essentielle.
וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא שְׁלָמִים, הֲוָה אָמֵינָא: אַדְּרַבָּה, דְּאִית בְּהוּ שְׁתֵּי אֲכִילוֹת. אֲבָל עוֹלָה דְּלֵית בָּהּ שְׁתֵּי אֲכִילוֹת, אֵימָא לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
Et si le Miséricordieux avait écrit cette halakha au sujet d'un sacrifice de paix, j'aurais dit : Au contraire, la viande d'un sacrifice de paix est plus importante parce qu'elle a deux formes de consommation. Les parties sacrificielles sont brûlées sur l'autel, et les propriétaires ainsi que les prêtres mangent le reste de la viande. Mais en ce qui concerne un holocauste, qui est entièrement brûlé sur l'autel et qui, par conséquent, n'a pas deux formes de consommation, dis que sa viande n'est pas essentielle. Pour cette raison, elle nous enseigne la halakha dans les deux cas.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר נָמֵי, הָכְתִיב ״וְהַבָּשָׂר תֹּאכֵל״! אָמַר לָךְ: הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ אַשֶּׁאֵין הַבָּשָׂר מוּתָּר בַּאֲכִילָה עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם.
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Rabbi Eliezer également, n’est-il pas écrit : « Et vous mangerez la chair » ? La Guemara répond que Rabbi Eliezer aurait pu te dire : Cette partie du verset est nécessaire pour enseigner que la viande d’une offrande n’est pas permise à la consommation tant que le sang n’a pas été aspergé.
אִי הָכִי, אֵימָא כּוּלֵּיהּ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא! דָּם אַף עַל פִּי שֶׁאֵין שָׁם בָּשָׂר מְנָלַן?
La Guemara demande : Si c’est le cas, dis que tout le verset vient pour ce but, et dans ce cas, d’où dérivons-nous la halakha selon laquelle on asperge le sang même s’il n’y a pas de viande appropriée, parce qu’elle est devenue rituellement impure ou a été perdue ?
אָמַר לָךְ: אִם כֵּן, נִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״הַבָּשָׂר תֹּאכֵל״ וַהֲדַר ״וְדַם זְבָחֶיךָ יִשָּׁפֵךְ״, כְּדִכְתִיב בְּרֵישָׁא ״וְעָשִׂיתָ עֹלֹתֶיךָ הַבָּשָׂר וְהַדָּם״, מַאי שְׁנָא דְּאַקְדְּמֵיהּ לְ״דַם זְבָחֶיךָ״? שְׁמַע מִינַּהּ: דָּם אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בָּשָׂר, וּשְׁמַע מִינַּהּ: שֶׁאֵין הַבָּשָׂר מוּתָּר בַּאֲכִילָה עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם.
La Guemara répond que Rabbi Eliezer aurait pu te dire : Si tel était le cas, le Miséricordieux aurait dû écrire « et tu mangeras la chair », puis « et le sang de tes offrandes sera versé », comme cela est écrit dans la première proposition de ce verset : « Et tu sacrifieras tes holocaustes, la chair et le sang, » en énumérant la chair avant le sang. Qu’y a-t-il de différent qui a amené le verset à faire précéder « et tu mangeras la chair » par l’expression « le sang de tes offrandes » ? Apprends-en que le sang apporte l’expiation même lorsqu’il n’y a pas de chair, et apprends-en aussi que la chair n’est pas permise à la consommation tant que le sang n’a pas été aspergé.
וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, אֵין הַבָּשָׂר מוּתָּר בַּאֲכִילָה עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם — קַל וָחוֹמֶר הוּא, וּמָה אֵימוּרִין דְּכִי לֵיתַנְהוּ — לָא מְעַכְּבִי, כִּי אִיתַנְהוּ — מְעַכְּבִי, דָּם, דְּכִי לֵיתֵיהּ — מְעַכֵּב, כִּי אִיתֵיהּ — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן דִּמְעַכֵּב!
La Guemara demande : Et d’où Rabbi Yehoshua déduit-il la halakha selon laquelle la viande n’est pas permise à la consommation tant que le sang n’a pas été aspergé ? La Guemara répond que, selon son opinion, c’est une déduction a fortiori : De même que concernant les portions sacrificielles offertes sur l’autel, qui n’empêchent pas l’acceptation de l’offrande lorsqu’elles ne sont pas présentes, lorsqu’elles sont présentes elles empêchent la consommation de la viande ; concernant le sang, qui empêche l’acceptation de l’offrande lorsqu’il n’est pas présent, par exemple lorsqu’il est devenu rituellement impur ou a été perdu, alors lorsqu’il est présent, à plus forte raison n’est-il pas clair qu’il empêche la poursuite du service et la consommation de la viande jusqu’à ce qu’il soit aspergé ?
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר טָרַח וְכָתֵב לַהּ קְרָא. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ? כׇּל הֵיכָא דְּאִיכָּא לְמִדְרַשׁ — דָּרְשִׁינַן.
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Rabbi Eliezer, s’il existe une inférence a fortiori, pourquoi la Torah a-t-elle dû écrire cette halakha explicitement dans un verset ? La Guemara répond : Une chose qui pouvait être déduite au moyen d’une inférence a fortiori, le verset a néanmoins pris la peine de l’écrire explicitement. Même lorsqu’une halakha peut être déduite par une inférence a fortiori, la Torah l’écrit parfois explicitement afin de souligner la halakha. La Guemara demande : Comment Rabbi Yehoshua répond-il à cette affirmation ? La Guemara répond : Partout où il y a une possibilité d’interpréter le verset et d’en déduire ainsi une nouvelle halakha, nous l’interprétons plutôt que d’expliquer que le verset n’a enseigné qu’une halakha qui aurait aussi pu être déduite d’une autre manière.
הַשְׁתָּא לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּכֵיוָן דְּאָמַר בָּעֵינַן תַּרְתֵּי, וְצִיץ אַאֲכִילוֹת לֹא מְרַצֶּה, הֵיכִי אָתֵי בְּטוּמְאָה?
Maintenant, après ces introductions, disons que la michna n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Yehoshua : puisqu'il a dit que nous exigeons que les deux parties de l'offrande soient valides, c'est-à-dire la viande et le sang, et puisqu'il tient vraisemblablement que la plaque frontale n'apaise pas Dieu pour l'impureté des portions des offrandes qui sont censées être mangées, et par conséquent seul le sang de ces offrandes est valide, comment peuvent-elles être offertes en état d'impureté rituelle ?
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, אֶלָּא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הָעוֹלִין.
La Guemara réfute cette affirmation : Même si vous dites que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua, cela ne pose pas de difficulté. Au contraire, Rabbi Yehoshua soutient que la plaque frontale obtient l’expiation devant Dieu pour l’impureté de ce qui monte, c’est-à-dire les parties sacrificielles qui sont apportées sur l’autel et brûlées. Ces portions peuvent être brûlées sur l’autel même lorsqu’elles sont impures. Cela est considéré comme une forme de consommation. Puisqu’une partie de la viande est donc propre à la consommation, le sang peut être aspergé.
הָא תִּינַח זְבָחִים דְּאִיכָּא עוֹלִין, אֶלָּא עוֹמֶר וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם דְּלֵיכָּא עוֹלִין, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אָמְרִי: כִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי דְּבָעֵינַן תַּרְתֵּי — בִּזְבָחִים, בִּמְנָחוֹת לָא אָמַר.
La Guemara demande : Cela s’explique bien en ce qui concerne les offrandes communautaires animales, dont certaines portions montent sur l’autel. Mais qu’en est-il de l’omer et des deux pains, dont aucune partie ne monte sur l’autel ? Ces offrandes sont entièrement consommées par les prêtres, à l’exception de la poignée de farine qui est prélevée et brûlée sur l’autel, et qui remplit la même fonction pour une offrande de farine que l’aspersion du sang pour une offrande animale. Que peut-on dire au sujet de ces offrandes ? Dis en réponse à cette question : Lorsque Rabbi Yehoshua a dit que nous exigeons que les deux parties de l’offrande soient valides, il l’a dit à l’égard des offrandes animales ; mais à l’égard des offrandes de farine, il ne l’a pas dit.
וּבִמְנָחוֹת לָא אָמַר? וְהָתְנַן: נִטְמְאוּ שְׁיָרֶיהָ, אָבְדוּ שְׁיָרֶיהָ, כְּמִדַּת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר — כְּשֵׁירָה, כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ — פְּסוּלָה.
La Guemara exprime son étonnement : Est-il vrai que concernant les offrandes de farine il n’a pas dit qu’il existe une exigence selon laquelle à la fois la poignée et le reste de l’offrande de farine doivent demeurer valides ? N’avons-nous pas appris dans une michna : Si le reste de l’offrande de farine, c’est-à-dire tout ce qui demeure après que la poignée a été séparée, est devenu rituellement impur, ou si le reste a été perdu, selon le principe de Rabbi Eliezer, qui dit que le sang est valide même s’il n’y a pas de viande, c’est valide, mais selon le principe de Rabbi Yehoshua c’est disqualifié ?
כְּמִדַּת וְלֹא כְּמִדַּת: כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּבָעֵינַן תַּרְתֵּי. וְלֹא כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּאִילּוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּזְבָחִים אָמַר, בִּמְנָחוֹת — לָא אָמַר, וְאִילּוּ הַאי תַּנָּא סָבַר: אֲפִילּוּ בִּמְנָחוֹת.
La Guemara répond : Cela est conforme au principe de Rabbi Yehoshua, mais non entièrement conforme au principe de Rabbi Yehoshua, ce qui signifie que l’énoncé de la michna est semblable à l’opinion de Rabbi Yehoshua sans toutefois y correspondre totalement. Cela est conforme au principe de Rabbi Yehoshua en ce que nous avons besoin que les deux parties de l’offrande soient valides. Et cela n’est pas conforme au principe de Rabbi Yehoshua, parce que, tandis que Rabbi Yehoshua lui-même a dit cela au sujet des offrandes animales, au sujet des offrandes de farine il ne l’a pas dit, ce tanna cité dans la michna a étendu l’opinion de Rabbi Yehoshua et soutient qu’elle s’applique même aux offrandes de farine.
וּמַנּוּ הַאי תַּנָּא דְּקָאֵי כְּווֹתֵיהּ וּמַחְמֵיר טְפֵי מִינֵּיהּ? וְעוֹד, תַּנְיָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: רוֹאֶה אֲנִי אֶת דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּמְנָחוֹת וּבִזְבָחִים, וְדִבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּזְבָחִים וּבִמְנָחוֹת.
La Guemara demande : Et qui est ce tanna qui soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua et est plus rigoureux que lui ? Et de plus, il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei a dit : Je considère comme correcte la déclaration de Rabbi Eliezer tant en ce qui concerne les offrandes de farine qu’en ce qui concerne les offrandes animales ; et je considère comme correcte la déclaration de Rabbi Yehoshua tant en ce qui concerne les offrandes animales qu’en ce qui concerne les offrandes de farine.
דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּזְבָחִים, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: דָּם — אַף עַל פִּי שֶׁאֵין שָׁם בָּשָׂר. וְדִבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּזְבָחִים, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: אִם אֵין דָּם — אֵין בָּשָׂר, אִם אֵין בָּשָׂר — אֵין דָּם. דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּמְנָחוֹת, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: קוֹמֶץ — אַף עַל פִּי שֶׁאֵין שִׁירַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּמְנָחוֹת, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: אִם אֵין קוֹמֶץ — אֵין שִׁירַיִם, אִם אֵין שִׁירַיִם — אֵין קוֹמֶץ.
Rabbi Yossei explique : La déclaration de Rabbi Eliezer est correcte en ce qui concerne les offrandes animales, car il dirait que le sang apporte l’expiation bien qu’il n’y ait pas de viande. La déclaration de Rabbi Yehoshua est correcte en ce qui concerne les offrandes animales, car il dirait que s’il n’y a pas de sang, il n’y a pas de viande, et s’il n’y a pas de viande, il n’y a pas de sang. La déclaration de Rabbi Eliezer est correcte en ce qui concerne les offrandes de farine, car il dirait que la poignée est valable bien qu’il n’y ait pas de reste. La déclaration de Rabbi Yehoshua est correcte en ce qui concerne les offrandes de farine, car il dirait que s’il n’y a pas de poignée valable, il n’y a pas de reste, et s’il n’y a pas de reste, il n’y a pas de poignée. Cela indique que Rabbi Yehoshua conteste l’opinion de Rabbi Eliezer concernant les offrandes de farine, tout comme il conteste son opinion concernant les offrandes animales.
אֶלָּא, קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל [הָעוֹלִין וְעַל] הָאֲכִילוֹת.
Au contraire, la réponse précédente doit être rejetée, et la réponse est la suivante : Rabbi Yehoshua soutient que la plaque frontale apaise Dieu à la fois pour l’impureté des membres sacrificiels qui montent sur l’autel et pour l’impureté des portions des offrandes qui doivent être mangées. La Guemara a maintenant rejeté son hypothèse précédente selon laquelle, d’après l’opinion de Rabbi Yehoshua, la plaque frontale n’apaise pas Dieu pour l’impureté des portions des offrandes qui sont mangées. Par conséquent, la michna, qui statue que les offrandes communautaires impures sont valides, est conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua.
אִי הָכִי, אַמַּאי כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ פְּסוּלָה? אַאָבוּד וְשָׂרוּף.
La Guemara exprime son étonnement : Si tel est le cas, pourquoi la michna citée plus haut dit-elle que, conformément au principe de Rabbi Yehoshua, une offrande impure est disqualifiée ? La Guemara répond : Cette opinion n’a été énoncée qu’au sujet de la viande qui était perdue ou brûlée ; toutefois, si elle est devenue rituellement impure, la plaque frontale apaise Dieu, et les offrandes demeurent valides.
אֶלָּא נִטְמָא, לְמַאן קָתָנֵי? לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — פְּשִׁיטָא, הַשְׁתָּא יֵשׁ לוֹמַר אָבוּד וְשָׂרוּף דְּלֵיתַנְהוּ, מַכְשִׁיר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, נִטְמָא דְּאִיתֵיהּ — מִיבַּעְיָא? אֶלָּא פְּשִׁיטָא לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְקָתָנֵי פְּסוּלָה.
La Guemara demande : Mais si c’est le cas, selon qui la michna enseigne-t-elle le cas d’une offrande de farine qui est devenue impure ? Selon l’opinion de Rabbi Eliezer, il est évident que l’offrande de farine demeure valide : Maintenant qu’il a été mentionné que, dans un cas où elle a été perdue ou brûlée, lorsqu’elles ne sont pas présentes du tout, Rabbi Eliezer valide l’offrande, est-il nécessaire de mentionner que lorsqu’elle est devenue impure, lorsqu’elle est encore existante, l’offrande est valide ? Au contraire, il est évident que ce cas est mentionné afin d’enseigner l’opinion de Rabbi Yehoshua, et cela enseigne que selon lui elle est disqualifiée.
וְעוֹד, תַּנְיָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: כׇּל זְבָחִים שֶׁבַּתּוֹרָה, בֵּין שֶׁנִּטְמָא בָּשָׂר וְחֵלֶב קַיָּים, וּבֵין שֶׁנִּטְמָא חֵלֶב וּבָשָׂר קַיָּים — זוֹרֵק אֶת הַדָּם. אֲבָל נִטְמְאוּ תַּרְוַויְיהוּ — לָא. אַלְמָא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֵין הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הָעוֹלִין וְלֹא עַל הָאֲכִילוֹת!
De plus, il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehoshua dit : En ce qui concerne toutes les offrandes animales dans la Torah, que la viande soit devenue rituellement impure et que la graisse de l’offrande, qui est la partie brûlée sur l’autel, demeure valide, ou que la graisse soit devenue impure et que la viande demeure valide, on peut asperger le sang. L’inférence suivante peut être tirée de cette baraita : Mais si toutes deux sont devenues rituellement impures, il ne peut pas asperger le sang. Apparemment, Rabbi Yehoshua soutient que la plaque frontale n’obtient pas l’expiation devant Dieu pour l’impureté des parties de l’offrande qui montent sur l’autel ou pour l’impureté des portions des offrandes qui sont censées être mangées.
אֶלָּא: לְעוֹלָם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא מַתְנִיתִין, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן — לְכַתְּחִלָּה, כָּאן — דִּיעֲבַד. כִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ — לְכַתְּחִלָּה, דִּיעֲבַד לָא.
Au contraire, les réponses précédentes ont été rejetées, et la réponse est la suivante : En réalité, la michna est même conforme à l’opinion de Rabbi Yehoshua, et cela n’est pas difficile : Là-bas, Rabbi Yehoshua faisait référence à la halakha a priori ; ici, dans la michna, il s’agit de la halakha a posteriori. Lorsque Rabbi Yehoshua a dit que si la viande est disqualifiée, le sang ne peut pas être apporté à l’autel, cela n’était vrai que a priori ; a posteriori il ne l’a pas disqualifié.
וּמְנָא תֵּימְרָא דְּשָׁנֵי לֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֵּין לְכַתְּחִלָּה לְדִיעֲבַד — דְּתַנְיָא: נִטְמָא בָּשָׂר אוֹ שֶׁנִּפְסַל אוֹ שֶׁיָּצָא חוּץ לַקְּלָעִים, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יִזָּרֵק, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: לֹא יִזָּרֵק. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם זָרַק — הוּרְצָה.
Et d’où dis-tu que Rabbi Yehoshua fait une distinction entre a priori et après coup ? Comme cela a été enseigné dans une baraita : Si la viande est devenue impure ou a été disqualifiée par contact avec une personne qui s’est immergée pendant la journée mais ne devient pleinement pure qu’à la tombée de la nuit, ou si la viande est sortie au-delà des tentures et a ainsi été disqualifiée, Rabbi Eliezer dit que le sang peut être aspergé et que c’est valide ; Rabbi Yehoshua dit qu’il ne peut pas être aspergé. Et Rabbi Yehoshua concède que si quelqu’un a aspergé le sang, l’offrande est acceptée.
חֲדָא, דִּ״פְסוּלָה״ — דִּיעֲבַד מַשְׁמַע. וְעוֹד, ״חֲמִשָּׁה דְּבָרִים בָּאִין״ — לְכַתְּחִלָּה מַשְׁמַע.
La Guemara rejette cette réponse pour deux raisons. Une raison de la rejeter est que le terme disqualifié indique que l’offrande est invalide même a posteriori et non seulement ab initio. Et de plus, l’énoncé de la michna selon lequel cinq éléments peuvent être apportés dans un état d’impureté rituelle indique qu’ils peuvent être apportés même ab initio.

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