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בּוֹעֵל נִדָּה כִּטְמֵא מֵת. לְמַאי? אִילֵימָא לְטוּמְאָתָם, הַאי טוּמְאַת שִׁבְעָה כְּתִיב בֵּיהּ, וְהַאי טוּמְאַת שִׁבְעָה כְּתִיב בֵּיהּ.
Nous avons appris dans la suite de la michna citée précédemment que la loi concernant celui qui a eu des relations avec une femme menstruée est comme la loi concernant celui qui est rituellement impur à cause d’un cadavre. À propos de quoi ont-ils formulé cette comparaison ? Si nous disons qu’ils ont fait la comparaison au sujet de leur impureté, à savoir qu’ils sont tous deux impurs pendant sept jours, l’impureté pendant sept jours est explicitement écrite à propos de celui-ci, celui qui a eu des relations avec une femme menstruée, et l’impureté pendant sept jours est explicitement écrite à propos de celui-là, celui qui est impur à cause d’un cadavre, et il n’y aurait donc pas besoin que la michna nous enseigne ces lois.
אֶלָּא לָאו, לְמַחֲנוֹתָם. וּמִדְּסֵיפָא לְמַחֲנוֹתָם הָוֵי — רֵישָׁא נָמֵי לְמַחֲנוֹתָם! מִידֵּי אִירְיָא?! הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא.
Ne serait-ce pas plutôt qu’ils sont comparés en ce qui concerne leurs camps, pour enseigner que celui qui a eu des relations avec une femme menstruée est renvoyé du même camp que quelqu’un rituellement impur à cause d’un cadavre ? Et du fait que la comparaison dans la clause finale de la michna concerne leurs camps, il est raisonnable d’en déduire que la comparaison dans la clause précédente de cette même michna entre celui qui a eu une émission séminale et celui qui est devenu rituellement impur par contact avec un animal rampant concerne elle aussi leurs camps, et non comme nous l’avons expliqué plus tôt. La Guemara rejette cet argument : Les cas sont-ils comparables ? Ce cas est comme il est, et cet autre cas est comme il est ; chaque partie de la michna formule sa propre comparaison.
מֵיתִיבִי: מְצוֹרָע חָמוּר מִזָּב, וְזָב חָמוּר מִטְּמֵא מֵת, יָצָא בַּעַל קֶרִי שֶׁטְּמֵא מֵת חָמוּר מִמֶּנּוּ.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné : Le statut juridique d’un lépreux est plus sévère que celui d’un zav, et le statut juridique d’un zav est plus sévère que celui d’une personne rituellement impure par l’impureté transmise par un cadavre, en ce qui concerne les camps dans lesquels il leur est interdit d’entrer ; à l’exclusion d’une personne qui a eu une émission séminale, car le statut juridique d’une personne rituellement impure par l’impureté transmise par un cadavre est plus sévère que le sien.
מַאי יָצָא? לָאו: יָצָא מִכְּלַל זָב וּבָא לִכְלַל טְמֵא מֵת, דְּהָא טְמֵא מֵת חָמוּר מִמֶּנּוּ — וּמוּתָּר בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה!
La Guemara souhaite clarifier cette déclaration énigmatique : Quel est le sens des mots, à l’exclusion d’une personne qui a eu une émission séminale ? N’est-ce pas l’intention qu’il soit exclu de la catégorie d’un zav et entre dans la catégorie de quelqu’un qui est rituellement impur par l’impureté transmise par un cadavre, car le statut juridique de quelqu’un qui est rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre est plus sévère que le sien, puisque son impureté dure sept jours, et, néanmoins, il est autorisé dans le camp lévitique. Nous devrions donc apprendre de là que quelqu’un qui a eu une émission séminale est également autorisé dans le camp lévitique.
לֹא, יָצָא מִמַּחֲנֵה טְמֵא מֵת וְנִכְנַס לְמַחֲנֵה זָב, וְאַף עַל גַּב דִּטְמֵא מֵת חָמוּר מִמֶּנּוּ (דְּמוּתָּר) בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה — לְמַאי דְּדָמֵי לֵיהּ מְדַמֵּינַן לֵיהּ.
La Guemara rejette cette preuve : Non, l’intention est que celui qui a eu une émission séminale est exclu du camp de celui qui est rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre, et il entre dans le camp d’un zav, c’est-à-dire qu’il est exclu du camp lévitique, tout comme un zav. Et bien que le statut juridique de celui qui est rituellement impur par une impureté transmise par un cadavre soit plus sévère que le sien et qu’il soit autorisé dans le camp lévitique, et qu’il semblerait donc que celui qui a eu une émission séminale devrait également y être autorisé, néanmoins, nous le comparons à ce à quoi il ressemble. L’impureté rituelle de celui qui a eu une émission séminale est fondamentalement semblable à celle d’un zav, et différente de celle de celui qui est rituellement impur à cause d’un cadavre.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: ״וְיָצָא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה שְׁכִינָה. ״לֹא יָבֹא אֶל תּוֹךְ הַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה לְוִיָּה. מִכָּאן לְבַעַל קֶרִי שֶׁיֵּצֵא חוּץ לִשְׁתֵּי מַחֲנוֹת.
Un tanna enseigna une baraita devant Rav Yitzḥak bar Avdimi : « S’il se trouve parmi vous un homme qui soit impur en raison d’un événement nocturne, il sortira hors du camp, il n’entrera pas à l’intérieur du camp » (Deutéronome 23:11). Ce verset peut être interprété ainsi : « Il sortira hors du camp » — c’est le camp de la Présence divine. « Il n’entrera pas à l’intérieur du camp » — c’est le camp lévitique. De là, nous déduisons qu’une personne qui a eu une émission séminale doit sortir de deux camps.
אֲמַר לֵיהּ: אַכַּתִּי לָא עַיֵּילְתֵּיהּ, אַפֵּיקְתֵּיהּ. לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: אַכַּתִּי לָא אַפֵּיקְתֵּיהּ, עַיֵּילְתֵּיהּ. אֶלָּא אֵימָא: ״מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה לְוִיָּה. ״לָא יָבֹא אֶל תּוֹךְ הַמַּחֲנֶה״ — זוֹ מַחֲנֵה שְׁכִינָה.
Rav Yitzḥak dit au tanna : Il y a un problème dans la formulation de cette baraita : Tu ne l’as pas encore fait entrer et tu le fais déjà sortir ? Autrement dit, pour dire que les mots « il n’entrera pas dans le camp » enseignent qu’une personne ayant eu une émission séminale doit quitter le camp lévitique, il faut d’abord prouver qu’elle s’y trouvait au départ. Une autre version, qui diffère de la précédente seulement dans la formulation mais non dans le fond : Tu ne l’as pas encore fait sortir et tu le fais déjà entrer ? Autrement dit, comment peux-tu dire que les mots « il n’entrera pas dans le camp » se rapportent au camp lévitique si nous n’avons pas encore appris qu’il doit quitter ce camp en premier lieu ? Au contraire, corrige la baraita et dis qu’elle se lit ainsi : « Hors du camp », c’est le camp lévitique. « Il n’entrera pas dans le camp », c’est le camp de la Présence divine.
מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: אֵימָא אִידֵּי וְאִידֵּי לְמַחֲנֵה שְׁכִינָה, וְלַעֲבוֹר עָלָיו בַּעֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה! אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא: ״וְיָצָא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְלֹא יָבֹא אֶל תּוֹךְ״, ״הַמַּחֲנֶה״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִיתֵּן לוֹ מַחֲנֶה אַחֶרֶת.
Ravina s’oppose fermement à cette explication du verset : Dis que ceci et cela se rapportent tous deux au camp de la Présence divine, qu’il doit quitter le camp de la Présence divine et qu’il ne peut pas y entrer ; et la répétition vient enseigner qu’il transgresse un commandement positif de quitter le camp et un commandement négatif interdisant d’entrer dans le camp. La Guemara répond : Si tel est le cas, que le verset dise seulement : « Il sortira hors du camp, il n’entrera pas à l’intérieur, » ou « à l’intérieur de celui-ci ». Pourquoi ai-je besoin de la répétition du mot « le camp » ? Conclus de cela que c’est pour lui attribuer un camp différent ; cela ne renvoie pas au même camp qu’il a quitté, mais plutôt à un autre.
וּמִיחוּי קְרָבָיו וְכוּ׳. מַאי מִיחוּי קְרָבָיו? רַב הוּנָא אָמַר: שֶׁמְּנַקְּבָן בְּסַכִּין. (רַב) חִיָּיא בַּר רַב אָמַר: שִׁירְקָא דִמְעִיָּיא דְּנָפְקָא אַגַּב דּוּחְקָא דְסַכִּינָא.
Nous avons appris dans la michna que le nettoyage des intestins de l’agneau pascal repousse le Chabbat. La Guemara demande : Que signifie nettoyer les intestins ? Rav Houna a dit : Cela signifie qu’il les perce avec un couteau, permettant aux excréments de sortir. Rav Ḥiyya bar Rav a dit : Cela fait référence au retrait des sécrétions de l’intestin, qui sortent sous la pression du couteau et ruineraient tout le sacrifice et le feraient devenir putride si on les laissait dans les intestins.
אָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): מַאי טַעְמָא דְּחִיָּיא בַּר רַב? דִּכְתִיב: ״וְחׇרְבוֹת מֵחִים גָּרִים יֹאכֵלוּ״, מַאי מַשְׁמַע? כְּדִמְתַרְגֵּם רַב יוֹסֵף ״וְנִכְסֵיהֹן דְּרַשִּׁיעַיָּא צַדִּיקַיָּא יַחְסְנוּן״.
Rabbi Eliezer a dit : Quelle est la raison de Ḥiyya bar Rav pour expliquer le terme de cette manière ? Comme il est écrit : « Alors les agneaux paîtront comme dans leur pâturage, et les ruines des gras [meḥim] les étrangers mangeront » (Isaïe 5:17). D’où peut-on déduire que ce verset est lié d’une quelconque manière à notre discussion ? Comme Rav Yosef traduit ce verset : « Et les justes hériteront des biens des méchants. » Cela indique que le mot meḥim, compris par Rav Yosef comme désignant les méchants, est un terme dépréciatif. Cela a conduit Ḥiyya bar Rav à interpréter la clause de la michna concernant le nettoyage [miḥui] des intestins comme se référant au retrait de la matière répugnante qui se trouve à l’intérieur.
״וְרָעוּ כְבָשִׂים כְּדׇבְרָם״, אָמַר מְנַשְּׁיָא בַּר יִרְמְיָה אָמַר רַב: כַּמְדוּבָּר בָּם. מַאי כַּמְדוּבָּר בָּם? אָמַר אַבָּיֵי: ״וְחׇרְבוֹת מֵחִים גָּרִים יֹאכֵלוּ״. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: בִּשְׁלָמָא אִי כְּתִיב ״חׇרְבוֹת״ — כִּדְקָאָמְרַתְּ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״וְחׇרְבוֹת״, מִילְּתָא אַחֲרִיתִי קָאָמַר.
Après avoir expliqué la dernière partie du verset dans Isaïe, la Guemara se tourne vers le début de ce même verset. « Alors les agneaux paîtront comme dans leur pâturage [kedavram]. » Menashya bar Yirmeya a dit que Rav a dit : Comme il a été dit à leur sujet [kamedubar bam], c’est-à-dire comme le prophète l’a promis. À quelle prophétie le verset fait-il référence avec l’expression « comme il a été dit à leur sujet » ? Abaye a dit : Cela fait référence à la suite du verset : « Et les ruines des gras, les étrangers les mangeront. » Rava lui dit que cela ne peut pas être le cas : Certes, s’il était écrit seulement « les ruines » des gras, il serait possible d’expliquer comme tu l’as dit. Maintenant qu’il est écrit « et les ruines », avec l’ajout du mot « et », cela indique que cela dit autre chose, et le verset contient deux prophéties distinctes.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: כִּדְרַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב. דְּאָמַר רַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב: עֲתִידִין צַדִּיקִים שֶׁיְּחַיּוּ אֶת הַמֵּתִים. כְּתִיב הָכָא: ״וְרָעוּ כְבָשִׂים כְּדׇבְרָם״, וּכְתִיב הָתָם: ״יִרְעוּ בָשָׁן וְגִלְעָד כִּימֵי עוֹלָם״.
Au contraire, Rava a dit : Ce verset doit être compris conformément à ce que Rav Ḥananel a dit au nom de Rav. Car Rav Ḥananel a dit au nom de Rav : À l’avenir, les justes ressusciteront les morts. Il est écrit ici : « Alors les agneaux paîtront [vera’u] comme dans leur pâturage », les agneaux servant d’allusion aux justes, et il est écrit là-bas : « Pais ton peuple avec ton bâton, le troupeau de ton héritage, qui demeure seul dans la forêt, au milieu du Carmel ; qu’ils paissent [yiru] en Bashân et en Galaad comme aux jours d’autrefois » (Michée 7:14).
בָּשָׁן — זֶה אֱלִישָׁע הַבָּא מִן הַבָּשָׁן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיַעְנַי וְשָׁפָט בַּבָּשָׁן״, וּכְתִיב: ״פֹּה אֱלִישָׁע בֶּן שָׁפָט אֲשֶׁר יָצַק מַיִם עַל יְדֵי אֵלִיָּהוּ״. גִּלְעָד — זֶה אֵלִיָּהוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר אֵלִיָּהוּ הַתִּשְׁבִּי מִתּוֹשָׁבֵי גִלְעָד וְגוֹ׳״.
« Bashan » est une allusion au prophète Élisée, qui venait de Bashan. Comment savons-nous qu’Élisée venait de Bashan ? Comme il est dit : « Joël le chef, et Shafam le second, et Yanai et Shafat en Bashan » (I Chroniques 5:12), et il est écrit : « Voici Élisée ben Shafat, qui versait de l’eau sur les mains d’Élie » (II Rois 3:11). « Gilad » est une allusion à Élie, comme il est dit : « Et Élie le Tishbite, qui était des habitants de Gilad, dit » (I Rois 17:1). Sur la base de la similitude des versets et de l’analogie verbale entre les deux occurrences du mot « paître », nous apprenons que, dans l’avenir, les justes seront comme Élie et Élisée, qui ont ressuscité les morts.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: עֲתִידִים צַדִּיקִים שֶׁיְּחַיּוּ מֵתִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עוֹד יֵשְׁבוּ זְקֵנִים וּזְקֵנוֹת בִּרְחֹבוֹת יְרוּשָׁלִָים וְאִישׁ מִשְׁעַנְתּוֹ בְּיָדוֹ מֵרֹב יָמִים״, וּכְתִיב: ״וְשַׂמְתָּ מִשְׁעַנְתִּי עַל פְּנֵי הַנָּעַר״.
Cette idée provient également d’une autre source. Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : À l’avenir, les justes ressusciteront les morts, comme il est dit : « Des vieillards et des vieilles femmes s’assiéront encore dans les rues de Jérusalem, chacun avec son bâton à la main à cause de son grand âge » (Zacharie 8:4). Et le bâton sera alors utilisé comme il l’a été par Guehazi lorsque Élisha l’envoya ramener à la vie le fils de la femme sunamite, comme il est écrit : « Et tu placeras mon bâton sur le visage de l’enfant » (II Rois 4:29).
עוּלָּא רָמֵי, כְּתִיב: ״בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח״, וּכְתִיב: ״כִּי הַנַּעַר בֶּן מֵאָה שָׁנָה יָמוּת״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּיִשְׂרָאֵל, כָּאן בַּגּוֹיִם. וְגוֹיִם מַאי בָּעוּ הָתָם? דִּכְתִיב: ״וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם וּבְנֵי נֵכָר אִכָּרֵיכֶם וְכֹרְמֵיכֶם״.
Comme nous discutions du monde futur et de la résurrection des morts, la Guemara cite des déclarations supplémentaires sur ces sujets. Oulla a soulevé une contradiction entre deux versets : Dans un verset il est écrit : « Il anéantira la mort pour toujours, et le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages, et Il ôtera de toute la terre l’opprobre de Son peuple ; car le Seigneur a parlé » (Isaïe 25:8). Et dans un autre verset il est écrit : « Il n’y aura plus là d’enfant vivant seulement quelques jours, ni de vieillard qui n’ait pas accompli ses jours ; car le plus jeune mourra à cent ans” (Isaïe 65:20), ce qui implique que les gens vivront longtemps, mais que la mort ne sera pas totalement éradiquée. Oulla répond : Cela n’est pas difficile : Ici, dans le premier verset, il s’agit des Juifs, qui ne mourront pas du tout, tandis que là-bas, dans le second verset, il s’agit des gentils, qui vivront extrêmement longtemps mais finiront par mourir. La Guemara demande : Que font là les gentils dans le monde futur ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Des étrangers se tiendront là et feront paître vos troupeaux, et les fils de l’étranger seront vos laboureurs et vos vignerons » (Isaïe 61:5).
רַב חִסְדָּא רָמֵי, כְּתִיב: ״וְחָפְרָה הַלְּבָנָה וּבוֹשָׁה הַחַמָּה״, וּכְתִיב: ״וְהָיָה אוֹר הַלְּבָנָה כְּאוֹר הַחַמָּה וְאוֹר הַחַמָּה יִהְיֶה שִׁבְעָתַיִם כְּאוֹר שִׁבְעַת הַיָּמִים״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן לָעוֹלָם הַבָּא, כָּאן לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ.
Rav Ḥisda a soulevé une contradiction entre deux versets : Dans un verset il est écrit : « Alors la lune sera confuse et le soleil honteux, quand le Seigneur des Armées régnera sur le mont Sion et à Jérusalem, et devant Ses anciens sera Sa gloire » (Isaïe 24:23), ce qui indique qu’à l’avenir il n’y aura aucune lumière provenant du soleil ou de la lune. Et ailleurs il est écrit : « De plus, la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera septuple, comme la lumière de sept jours, au jour où le Seigneur bandera la plaie de Son peuple et guérira le coup de sa blessure » (Isaïe 30:26), ce qui indique que la lumière du soleil et de la lune sera encore plus brillante qu’auparavant. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Ici, là où il est dit que le soleil et la lune auront honte devant l’éclat de la Présence divine, cela se réfère au Monde-à-Venir, qui est un monde entièrement différent ; tandis que là-bas, là où il est dit que leur lumière augmentera, cela se réfère aux jours du Messie.
וְלִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר: אֵין בֵּין הָעוֹלָם הַזֶּה לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ אֶלָּא שִׁיעְבּוּד מַלְכִיּוֹת בִּלְבַד, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אִידֵּי וְאִידֵּי לָעוֹלָם הַבָּא, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן — בְּמַחֲנֵה שְׁכִינָה, כָּאן — בְּמַחֲנֵה צַדִּיקִים.
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Shmuel, qui a dit qu’il n’y a pas de différence entre ce monde-ci et les jours du Messie, si ce n’est l’assujettissement aux royaumes étrangers, mais à tous les autres égards, y compris l’illumination des corps célestes, l’ordre du monde restera inchangé, que peut-on dire pour concilier ces versets ? La Guemara répond : Ceci et cela se rapportent au Monde-à-Venir, et il n’y a pas de difficulté : Ici, là où il est dit que le soleil et la lune seront totalement honteux, cela se rapporte au camp de la Présence divine ; tandis que là-bas, là où il est dit que la lumière du soleil et de la lune sera grandement amplifiée, cela se rapporte au camp des justes.
רָבָא רָמֵי, כְּתִיב: ״אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה״, וּכְתִיב: ״מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא״. הַשְׁתָּא אַחוֹיֵי מַחֲיֵי, מְרַפֵּא לֹא כׇּל שֶׁכֵּן! אֶלָּא, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מָה שֶׁאֲנִי מֵמִית — אֲנִי מְחַיֶּה, כְּמוֹ שֶׁמָּחַצְתִּי — וַאֲנִי אֶרְפָּא.
Rava a soulevé une contradiction entre deux parties d’un verset. Il est écrit : « Je fais mourir et Je fais vivre » (Deutéronome 32:39) et dans ce même verset il est écrit : « Je blesse et Je guéris. » Or, puisqu’il est dit qu’Il donne la vie aux morts, à plus forte raison n’est-il pas clair qu’Il peut guérir ceux qui sont encore en vie ? Qu’ajoute donc la seconde proposition à la première ? Au contraire, la seconde proposition éclaire la première : Le Saint, béni soit-Il, a dit : Ceux mêmes que Je fais mourir, Je les ferai vivre, de même que ceux que J’ai blessés, Je les guérirai. En d’autres termes, le verset veut dire que, de même que Dieu guérira les mêmes personnes qu’Il a blessées, ainsi fera-t-Il revivre celles qu’Il a fait mourir ; et non, comme on aurait autrement pu comprendre le verset, qu’Il fait mourir certaines personnes et donne la vie à d’autres.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה״ יָכוֹל מִיתָה בְּאֶחָד וְחַיִּים בְּאֶחָד, כְּדֶרֶךְ שֶׁהָעוֹלָם נוֹהֵג, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא״, מָה מַכָּה וּרְפוּאָה בְּאֶחָד, אַף מִיתָה וְחַיִּים בְּאֶחָד. מִכָּאן תְּשׁוּבָה לָאוֹמְרִים אֵין תְּחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה. דָּבָר אַחֵר: בַּתְּחִלָּה מַה שֶּׁאֲנִי מֵמִית אֲנִי מְחַיֶּה, וַהֲדַר מַה שֶּׁמָּחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא.
De même, les Sages ont enseigné dans une baraita : « Je fais mourir et Je fais vivre » ; on aurait pu penser que cela se réfère à la mort d’une personne et à la vie, c’est-à-dire à la naissance, d’une autre personne, selon l’ordre habituel du monde. C’est pourquoi le verset déclare : « Je blesse et Je guéris » ; de même que la blessure et la guérison mentionnées ici se rapportent clairement à la même personne, de même la mort et la vie se rapportent à la même personne. De ce verset, il y a une réfutation de ceux qui disent qu’il n’y a pas de source dans la Torah pour la résurrection des morts, car cela est explicitement mentionné dans ce verset. Autrement, le verset peut être expliqué ainsi : D’abord, ceux que Je fais mourir, Je les ferai vivre, mais ils seront ramenés à la vie avec les mêmes blessures qu’ils avaient lorsqu’ils sont morts ; et ensuite, ceux que J’ai blessés, Je les guérirai, c’est-à-dire que leurs blessures seront guéries après leur résurrection.

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